De châteaux en châteaux.

Inscrit depuis 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco comme paysage culturel vivant le Val de Loire attire le tourisme à la découverte des septante neuf châteaux de la Vallée des Rois. En 2019, l’engouement est encore plus grand. Cinq centième anniversaire de la mort, le 2 mai, de Léonard de Vinci au Clos Lucé à Amboise où il résidait, depuis 1516, à l’invitation de François 1er. Il y amène La Joconde, le Saint-Jean Baptiste, la Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne. Cette année, la Pinacothèque du Vatican a prêté la tapisserie tissée en Flandre qui reprend le thème de l’Ultima Cena, fresque de Léonard de Vinci au couvent de Santa Maria delle Grazie à Milan. C’est la première fois depuis le XVIe siècle que cette tapisserie quitte le Vatican pour un pays étranger. À Amboise, la tapisserie est dégagée de la vitre qui la protège à la Pinacothèque du Vatican.

À l’initiative du Dernier Carré – club des retraités de l’ancien Centre de Production de la RTBF-Liège – nous sommes partis en car direction Tours d’où nous rayonnerons vers divers châteaux dont Chambord, Cheverny, Villandry, Blois, Chaumont, Chenonceau. Nous n’avons pas tout vu. Ainsi, dans ce dernier, nous n’avons point vu un pont à bascule en état de fonctionnement (qui) permet d’accéder à un vaste grenier (…) aménagé en couvent au début du XVIIe  siècle. Ce pont intérieur apparaît comme un passage entre le monde terrestre et le monde spirituel, entre les hôtes laïques du château et les religieuses installées au grenier (1).  Ces religieuses, des Capucines, se sont installées à Tours en 1634.

À Chambord, notre guide Thibaut Fourrier nous a expliqué que ce château dont la construction  commence en 1520 est le signe du prestige acquis par François 1er au lendemain de la bataille de Marignan en 1515 par la signature du Concordat de Bologne en 1516. Reconnu par le Pape Léon X comme fils aîné de l’Église, le Roi de France dispose du droit d’aînesse à l’égard des autres souverains. En outre, il dispose du droit de désigner les archevêques, les évêques, les abbés à charge pour le pape de leur conférer l’investiture canonique. Symbole de son pouvoir et de sa grandeur, François 1er n’habitera jamais Chambord dont le domaine entièrement clôturé a une superficie équivalente à Paris intra-muros.

La cour du Roi a  la réputation d’être érudite. Un diplomate, Hubert Thomas de Liège, raconte : les lectures qui s’y faisaient, les matières qui s’y traitaient, les entretiens qu’on tenait étaient si instructifs que même le plus savant trouvait encore de quoi y apprendre (…) entendre parler le Roi, quoiqu’il parlât avec peine et qu’on ne l’entendit qu’avec beaucoup d’attention, ses maladies lui ayant fait perdre la luette. Prince d’un génie presque universel si l’on excepte la langue latine qu’il ignorait.

Nous avons prolongé notre séjour en optant pour la formule gîtes dans les dépendances d’un château du XVIe siècle, La Roche Berthault (2). Situé dans un parc de vingt ha de forêt de feuillus dans lesquels les locataires des gîtes sont libres de se promener, ce château est la propriété d’un ancien diplomate belge. Dans un rayon de cinquante kilomètres de La Roche Berthault se trouvent la majorité des lieux à visiter dans le Val de Loire. Ainsi Montrésor – la plus petite commune de Touraine, 91 ha, 341 habitants en majorité  polonais – qui, outre son château, recèle de beaux gisants en sa collégiale d’un  Village préféré des Français. Ainsi la cité royale de Loches où, en 1539, Charles-Quint rencontre François 1er  avant de se précipiter à Gand pour mater ses sujets en révolte contre l’impôt. Nihil novi sub sole !

 La Roche Berthault est le nom d’un château édifié aux abords de l’an mil sur un promontoire et confié à un dénommé Berthault ayant charge de surveiller le chemin qui mène à l’Espagne. À l’époque, autour du premier millénaire, le comte d’Anjou Foulque Nerra n’a de cesse de guerroyer  contre le comte de Blois pour s’assurer de la conquête de la Touraine. Fin stratège, il n’a rien de la colombe. Violent, craint de Dieu et redouté du diable, il n’a de cesse de se faire pardonner. Infernal, il redoute l’enfer. Quatre pèlerinages à Jérusalem occupé par les Arabes. Au retour du quatrième, il meurt à Metz. Il est enterré à l’abbaye de Beaulieu qu’il a fait construire en rémission de sa cruauté.   

(1)  extrait du Guide secret des Châteaux de la Loire – Florence Macquarez – Editions Ouest-France. Dans la même collection,  Guide secret de Bruxelles.  

(2) Château La Roche Berthault (photo en-tête ©FCW) – Commune de Ciran 37240 en Indre-et-Loire – http://www.larocheberthault.fr/

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