La débâcle de Liège.

Au prétexte que tant à la Région, au Fédéral ou à l’Europe, le Cdh forme une équipe soudée, ce parti indique dans son tract électoral comment bien voter. Nous vous recommandons de voter pour un maximum de candidats de nos listes. Si vous votez pour tous les candidats, chacun recevra une voix pleine et entière. Dans sa sagesse, le législateur n’a pas voulu que l’électrice, l’électeur soit confronté.e à un choix cornélien. Moralité, le nombre de votes de préférence est supérieur à celui des bulletins marqués en faveur d’un ou plusieurs candidats. À ces bulletins s’ajoutent les bulletins marqués en tête de liste pour former le chiffre électoral déterminant le nombre d’élu.e.s. Les votes de préférence jouent un rôle dans la dévolution des sièges attribués à la liste. Ainsi, aux élections communales du 18 octobre 2006, Jean-Pierre Grafé classé en quarante-neuvième position obtient le deuxième siège du CdH.

Au dernier scrutin communal de Liège, le PS a obtenu 25.191 bulletins marqués en faveur d’un ou plusieurs candidats alors qu’il obtient 57.217 votes de préférence soit plus du double, 2.27. Le MR a un chiffre légèrement supérieur, 2.50. Le classement des autres partis en lice : PTB 2.72, DéFI 2.78, CdH 3.31, ex-aequo Vert Ardent et VEGA 3.70.

Ce qui signifie qu’au sein de l’électorat optant pour le vote de préférence, celui du PS vote en faveur de 2 candidat.e.s 27 tandis que celui de VEGA vote en faveur de 3 candidat.e.s 70. Ce qui signifie aussi que la réalité des voix de préférence ne correspond pas à celle affichée. Ainsi, les 11.293 voix attribuées à Willy Demeyer sont à diviser par 2.27 soit 4.975 voix et les 1.300 voix attribuées à François Schreuer sont à diviser par 3.70 soit 352 voix. Compte tenu de ce que chaque personne dans tout électorat ne se comporte pas individuellement de la même manière, les chiffres corrigés sont susceptibles de plus ou moins légères réductions ou augmentations.

Autrefois, c’est-à-dire il y a cinquante, soixante ans, le vote en tête de liste avait la cote. Depuis, le vote préférentiel l’emporte. Généralement, les partis signalent les deux manières de voter valablement, la tête de liste et le vote préférentiel pour un ou plusieurs candidats. Le CdH innove en ne mentionnant pas la tête de liste et en recommandant de voter pour un maximum de candidats voire pour tous les candidats.

Un vent de panique paraît régner au CdH. Il est vrai qu’en extrapolant sur base du dernier sondage Ipsos-Le Soir-RTL-VTM-Het Laatste Nieuws, le politologue Pascal Delwit, professeur à l’ULB,  prévoit que le président du CdH, Maxime Prévot ne serait pas élu député fédéral dans la circonscription électorale de Namur. À cela s’ajoute la débâcle de Liège. En vingt-quatre ans, du 9 octobre 1994 au 14 octobre 2018, le PSC reconverti en CdH est passé de 12 sièges à 3 sièges au Conseil communal de Liège, 75% de perte en cinq scrutins !   

Pourtant, en octobre 2018,  le CdH a présenté une liste de nouvelles têtes en quête d’un mandat électif et parmi ces têtes une ministre, Vice-Présidente du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Vice-Présidente du Gouvernement wallon. On allait voir ce qu’on allait voir. La ministre a fait 581 voix de préférence. 581 à diviser par 3.31 soit moins de 200 voix. Comme il vaut mieux faire envie que pitié, le CdH en recommandant à chaque membre de son électorat de voter pour un maximum de candidats voire pour tous, les candidat.e.s y compris la ministre Vice-Présidentes aurait pu se targuer de 5.202 voix, score des bulletins marqués en faveur d’un ou plusieurs candidats obtenus par le CdH le 14 octobre 2018 !

Les élections du 26 mai.

26 mai, jour d’élection pour près de huit millions d’électeurs – 3.870.047 hommes et 4.119.755 femmes – âgés de 18 ans ou davantage. Selon leur lieu de résidence, le choix de scrutin varie. Si ces personnes habitent la Région wallonne ou flamande, elles émettent trois suffrages, un pour le Parlement wallon ou flamand, un pour la Chambre des représentants et le troisième pour le Parlement européen. Pour les personnes qui habitent les neuf communes de la Province de Liège constituant la Communauté germanophone du Royaume, à ces scrutins s’ajoutent l’élection des vingt-cinq membres du Parlement de la Communauté germanophone.

Enfin, pour les personnes habitant la Région de Bruxelles-Capitale, c’est un peu plus complexe. Si elles optent – peu importe leur langue d’usage – pour le rôle linguistique néerlandais ou français, le nombre d’élus diffère. Le choix du rôle linguistique néerlandais permet d’élire les dix-sept membres au Parlement bruxellois, les six membres au Parlement flamand, les douze membres du Collège électoral néerlandais au Parlement européen. Le choix du rôle linguistique français permet d’élire les septante-deux membres au Parlement bruxellois, les huit membres du Collège électoral français au Parlement européen. Le corps électoral bruxellois procède à l’élection des quinze membres bruxellois  à la Chambre des représentants.

Le 26 mai 2019, les personnes habitant la Région de Bruxelles-Capitale – 588.203 inscrits sur les listes électorales – auront à la Chambre, le choix entre douze listes. Le 25 mai 2014, le choix était beaucoup plus large. À l’époque, vingt-deux listes briguaient les suffrages bruxellois. Une formation politique qui compte actuellement treize parlementaires à la Chambre, le S.PA (Socialistische partij anders) ne figure pas parmi les douze listes de 2019. Il est vrai qu’en 2014, le S.PA n’avait recueilli que 9.613 suffrages. L’électorat socialiste flamand de la Région de Bruxelles-Capitale est orphelin de son parti. Le PS emmené par l’enfant de Beyne-Heusay, Ahmed Laaouej a néanmoins sur ses listes un candidat S.PA, Mohamed Adahchour, de manière à ce que l’électorat socialiste flamand ne s’égare point vers une des cinq listes flamandes adversaires des socialistes.

La Constitution belge prescrit ; le vote est obligatoire et secret. Il est interdit de voter hors l’isoloir. L’isoloir est un passage obligé. Qui refuse d’y entrer est noté comme absent. Cette personne rejoint le camp des abstentionnistes qui, en dépit de l’obligation constitutionnelle, excède les dix pour cent du corps électoral. Ce camp était inférieur à sept pour cent en 1985. Dix pour cent, le chiffre paraît minime, il représente une population avoisinant les sept cent mille personnes. Il est étonnant que les formations politiques héritières des partis qui ont entamé, au dix-neuvième siècle, le combat en faveur du suffrage universel – le SU comme on disait à l’époque –  ne mène pas durant leur campagne électorale, en même temps, une lutte contre l’absentéisme, fléau social.

En principe, huit jours après la proclamation des élu.e.s, il appartient au procureur du Roi d’établir la liste des électeurs qui n’ont pas pris part au vote. Ceux-ci sont appelés par simple avertissement devant le tribunal de police qui statue sans appel. Une première absence est punie d’une réprimande ou d’une amende de cinq à dix euros ce qui oblige l’abstentionniste à payer, compte tenu des décimes additionnels, quarante à quatre-vingts euros. En cas de récidive, l’amende est de dix à vingt-cinq euros. Le multirécidiviste est rayé des listes électorales pour dix ans et pendant ce laps de temps, il ne peut recevoir aucune nomination, ni promotion, ni distinction, d’une autorité publique.  

Les électrices et électeurs ayant un empêchement légitime à leur devoir d’aller voter ont la possibilité de donner procuration à une autre personne pour aller voter à leur place dans son bureau électoral. Le fait notamment d’être malade, infirme, prisonnier, étudiant, en voyage à l’étranger constituent des empêchements légitimes qui doivent être attestés de diverses manières.

Le bulletin de vote prend la forme papier dans trois-cent nonante-six communes du Royaume et la forme du vote électronique avec preuve papier dans cent quatre-vingt-cinq communes réparties pour cent cinquante-sept en Région flamande, dix-neuf en Région de Bruxelles-Capitale et neuf en Communauté germanophone. Sur papier ou en vote électronique avec preuve papier, le vote est valable émis en case de tête de la liste ou en vote préférentiel pour un ou plusieurs candidats effectifs et/ou suppléants. Sur un bulletin portant vote de liste et vote préférentiel, il n’est pas tenu compte du vote de liste.

Hormis le Parlement européen qui exige de ses candidat.e.s d’avoir l’âge de vingt et un ans, tous les autres scrutins du 26 mai sont ouvert à la candidature dès l’âge de dix-huit ans. Chacune des élections du 26 mai a sa propre législation. Ainsi, le Parlement wallon connaît l’apparentement dans les provinces de Hainaut, de Namur et de Liège. Ainsi, le Parlement de la Communauté germanophone et le Parlement bruxellois n’ont point de candidat.e.s suppléant.e.s.

PARLEMENT EUROPÉEN.

Sur trois des sept listes du Collège électoral français du Parlement européen figurent des anciens présidents de parti, Benoît Lutgen au CdH, Olivier Chastel au MR, Paul Magnette au PS.

À la différence des anciens présidents qui se sont mis en première place de leur liste, l’actuel président du DéFI, Olivier Maingain, a choisi de pousser la liste emmenée par Benoît Cassart, éleveur bovin à Porcheresse, secrétaire général de la Fédération du commerce de bétail et viande, licencié en sciences économiques de l’UCLouvain.

Quant à l’épouse du président du Parti Populaire (PP), Mischaël Modrikamen, la secrétaire-générale Yasmine Dehaene, est tête de liste de ce parti.

Confondant quelque peu les élections européennes avec la course cycliste Bordeaux-Paris, Paul Magnette a signalé qu’élu il ne siègerait pas. En quelque sorte, installé sur son derny, Magnette entraîne dans son sillage Marc Tarabella, parlementaire européen depuis 2004 !

Les neuf communes germanophones situées en province de Liège forment le Collège électoral germanophone. Outre les six partis représentés au Parlement de la Communauté – CSP, ProDG, SP, PFF, Vivant, Ecolo -, un septième parti, Dier Animal, est candidat aux élections. En l’absence d’une présentation de liste par les parlementaires, la formalité prévoyant le recours aux électeurs pour le faire nécessite deux cents signatures à récolter parmi les 49.441 électeurs du Collège électoral germanophone tandis qu’il en faut cinq mille dans les deux autres Collèges.

À l’exception de deux candidats ayant réalisé le plus mauvais score en 2014, le Christlich Soziale Partei (CSP) présente aux élections du 26 mai 2019 une liste identique à celle du 25 mai 2014 qui valut à Pascal Arsimont le siège de l’unique député européen germanophone de Belgique.

L’électorat de langue allemande a dû attendre les élections du 12 juin 1994 et l’instauration du Collège électoral germanophone pour obtenir un élu germanophone. Ce premier élu a été le CSP Martin Grosch qui a siégé durant vingt ans.  

Au contraire des autres scrutins qui nécessitent la nationalité belge pour se porter candidat.e., les élections européennes sont ouvertes à chacun.e de nationalité d’un pays de l’Union européenne âgé.e de 21 ans. Trois partis – Ecolo, MR, DéFI – jouent la carte de liste transnationale. Directrice associée du Lisbon Council, un groupe de réflexion spécialisé dans les politiques européennes d’innovation, Stéphanie Lepczynski, française d’origine polonaise, est candidate Écolo. Candidat MR à une place de combat, Nicolas Barnier, fils du négociateur du Brexit, est l’assistant parlementaire à l’Assemblée nationale de Grégory Besson-Moreau, député LREM de l’Aube. Chez DéFI, la candidate Véronique Lederman, directrice générale du Service social juif est française, docteur en sciences de gestion.

 Si dans tous les pays de l’Union européenne, la représentation proportionnelle est de mise tout comme l’exigence de cinq pour cent des suffrages exprimés pour participer à la répartition des élus, chaque pays est libre de choisir le système de vote. La plupart dont la Belgique ont choisi la liberté de voter pour un ou plusieurs candidats d’une liste, cinq pays – Allemagne, Espagne, France, Hongrie, Roumanie – pratiquent le système des listes closes c’est-à-dire que les électeurs ne peuvent pas changer l’ordre des candidats sur les listes.

PARLEMENT WALLON.

Pour l’élection du Parlement wallon, le nombre de circonscriptions électorales est passé de treize à onze par la fusion de Charleroi et Thuin ainsi que celle des deux circonscriptions du Luxembourg. Il y a le même nombre de candidatures à la suppléance qu’il y a de candidat.e.s titulaires. En province de Liège, il y a trois circonscriptions électorales, Liège, Verviers et Huy-Waremme qui élisent respectivement treize parlementaires, six et quatre soit un total de vingt-trois personnes dans un Parlement de septante-cinq membres.

Treize listes sont en lice dans la circonscription de Liège. Trois nouvelles listes présentent des candidat.e.s ayant concouru sous d’autres casaques en 2014. La liste 24, Wallonie Insoumise a, en troisième place effective un ancien candidat de MG. La liste 26, Demain a trois ancien.ne.s  candidat.e.s de VEGA. La liste 13, Listes Destexhe a un ancien élu du PP, Pierre-André Puget. Les trois autres listes nouvelles – liste 20, Dier Animal, liste 23, Nation, liste 25, Collectif citoyen – présentent des candidat.e.s parlementaires pour la première fois. Seule parmi les listes nouvelles, la liste 26, Demain présente une liste complète de vingt-six candidat.e.s titulaires et suppléant.e.s.

Parmi les sept listes ayant participé au scrutin du 25 mai 2014, toutes présentent des listes complètes et l’une a changé de nom. La liste 11, DéFI, la nouvelle appellation du parti d’Olivier Maingain, est emmenée par Camille Périlleux. Pas moins de sept femmes – Véronica Crémasco (Écolo), Alda Greoli (CdH), Vanessa Cibour (PP), Camille Périlleux (DéFI), Alice Bernard (PTB), Leticia Knevels (Nation), Abigael Lechanteur (CC) – sont en tête de liste à Liège. Aucune circonscription ne fait mieux. La circonscription la plus machiste est celle de Charleroi-Thuin où seule une femme emmène une des treize listes.

Toutes les candidatures de DéFI sont nouvelles. Sur Listes Destexhe, vingt-cinq têtes sont nouvelles. Au PP, vingt-quatre nouvelles têtes, deux anciennes candidates. Au PTB, vingt-deux nouvelles têtes, quatre anciennes. L’élu PTB en 2014, le Blégnytois Frédéric Gillot est laissé sur la touche. Deuxième titulaire au PTB en 2014, Sophie Lecron est candidate aux européennes. Au CdH, vingt nouvelles têtes, six anciennes. L’actuelle cheffe de groupe CdH au Parlement wallon, Marie-Dominique Simonet est candidate aux européennes. Écolo aligne également vingt nouvelles têtes et six anciennes. Le PS présente dix-neuf nouvelles têtes et sept anciennes. Hassan Bousetta est candidat aux européennes. Venant de la onzième place où elle avait été élue suppléante, Zoé Istaz-Slangen est devenue, le dix décembre 2018, la plus jeune députée wallonne. Classée en 2014 sixième suppléante, elle obtient en 2019 la deuxième place en suppléance. Le MR aligne dix-huit nouvelles têtes et huit anciennes.

CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS.

Les dix provinces et la Région de Bruxelles-Capitale constituent les circonscriptions électorales fédérales. L’élément neuf de la campagne est la présence dans les cinq provinces wallonnes d’une liste du parti flamand d’extrême-droite, le Vlaams Belang. Liste incomplète au niveau des candidats effectifs – un seul candidat – mais complète au niveau des candidat.e.s suppléant.e.s – six – le nombre requis. Quel est le but poursuivi par le VB ? Il tient du symbole. Sa présence en Wallonie est incongrue mais le VB considère incongrue la présence en Flandre d’une liste DéFI. En ajoutant le financement des voix recueillies en Wallonie à sa dotation obtenue en Flandre, le VB réalise un transfert Sud Nord alors qu’il demeure adversaire des transferts du Nord vers le Sud.  Un sou est un sou se dit le VB. C’est toujours bon à prendre !

Quinze listes sont en lice pour recueillir les suffrages des sept cent septante sept mille quatre cent dix-huit personnes appelées à voter en province de Liège. Sur les deux cent soixante-cinq candidat.e.s de la cuvée 2019, il n’y en a que vingt-sept qui étaient déjà présents à l’un des trois scrutins de 2014. Le renouveau politique ou le dégagisme des anciens a très largement joué lors de l’élaboration des listes.

Chez Écolo, cinq rescapés : Sarah Schlitz, Khalid Hamdaoui, Nicolas Parent, Matthieu Content, Muriel Gerkens. Cinq rescapés également au CdH : Vanessa Matz, Jean-Paul Bastin, Thierry Ancion, Christine Servaes, Benoît Drèze. Le MR est davantage conservateur : Daniel Bacquelaine, Kattrin Jadin, Philippe Goffin, Mélissa Trevisan, Françoise de Laminne de Bex, Katty Firquet, Magali Dock, Jean-Claude Meurens, Laura Iker, Gilles Foret. Le PP conserve son unique élu à la Chambre Aldo Carcaci auquel il adjoint Sabine Snyders. Deux rescapés également au PTB : Raoul Heudebouw, Rafik Rassaa. Au PS, trois rescapé.e.s placé.e.s aux trois premières places de la liste : Frédéric Daerden, Julie Fernandez-Fernandez, Christophe Lacroix.

Par le train, vous y êtes.

Surprise pour les voyageurs embarqués à Liège à bord du train de 17h. en direction d’Ostende le 1er mai. L’itinéraire leur a été donné … en flamand ! Une manière comme une autre d’affirmer la justesse du nouveau slogan de la SNCB « par le train, vous y êtes» ! Un slogan inspiré de celui de l’ancienne compagnie aérienne belge « Avec Sabena, vous y seriez déjà ».

Les 300 ans de la Principauté du Liechtenstein.

Ce 23 janvier, la Principauté de Liechtenstein commémore la date du 23 janvier 1719, jour où elle a été élevée au rang de Principauté impériale au sein du Saint-Empire romain germanique. Elle a acquis sa souveraineté en 1806  lors de la fondation de la Confédération du Rhin. Aujourd’hui, la population des onze communes du Liechtenstein organise à Vaduz, la capitale, une marche symbole de l’union du comté de Vaduz et du dominion Schellenberg en 1719. À l’époque, le prince Antoine-Florian de Liechtenstein devient le premier monarque de la nouvelle Principauté impériale. Antoine-Florian est le descendant d’une famille qui remonte au XIIème siècle.

Le fondateur des Amis du Liechtenstein en Wallonie, Charly Dodet dans son livre Pages d’histoire de la dynastie de Liechtenstein écrit : Des hommes qui ont construit un véritable empire. Les possessions de la famille de Liechtenstein en Bohême, Moravie, Basse Autriche et Silésie étaient dix fois plus grandes en superficie que la Principauté actuelle. Il y avait non seulement de vastes domaines agricoles et forestiers mais aussi 24 villes, 750 villages, 46 châteaux, 11 couvents, 164 fermes soit une population de 350.000 personnes. Tous ces biens ont été confisqués en 1918 et à la fin de la Seconde Guerre mondiale, deux conflits armés auxquels – ironie du sort – la Principauté et ses souverains n’ont pourtant pas participé …En effet, depuis 1868, l’armée est supprimée dans la Principauté qui est restée neutre dans ces deux conflits.  

 D’une superficie de 160 kilomètres carrés, la Principauté a une population de 37810 habitants quasi équivalente à l’offre de 37453 emplois. C’est dire que ceux-ci se partagent avec une main-d’œuvre venue de Suisse ou d’Autriche. Le taux des navetteurs dépasse les 50%. Ces emplois sont répartis entre 4567 entreprises dont la plus connue dans le monde est Hilti spécialisée dans les outils destinés aux professionnels de la construction.

Principauté constitutionnelle parlementaire unitaire, le Liechtenstein a à sa tête le prince Hans-Adam II et un Régent, le prince-héritier Alois en charge des affaires courantes depuis 2004. Ils ne paient pas d’impôt. Dans un entretien au journal Le Temps, le prince Alois s’en explique : Il y a de bonnes raisons pour lesquelles nous ne payons pas d’impôts. A l’inverse d’autres dynasties monarchiques, nous finançons nous-mêmes les coûts de la monarchie. Or ils ne sont pas dérisoires. La libération de l’impôt ne vaut d’ailleurs que pour le prince et le prince héritier. Les autres membres de la famille sont soumis à l’impôt, ainsi que les entreprises princières. LGT est l’une des plus grandes sociétés de la principauté et compte parmi les plus importants contribuables.

Un dernier coup d’œil sur les élections communales du 14 octobre.

Le 3 décembre à partir de 18h30, le Conseil communal de Liège issu des élections du 14 octobre sera mis en place tout comme le Collège communal. Les 49 membres dont 21 femmes sont là jusqu’au 2 décembre 2024, les prochaines élections ayant lieu le dimanche 13 octobre 2024. La séance du 3 décembre sera retransmise en direct sur YouTube, images et sons captés par RTC-Télé Liège.

Un dernier coup d’œil sur les élections du 14octobre. Douze listes ont été en lice, sept ont eu au moins un élu. Alors que le vote est obligatoire, 24895 électeurs inscrits se sont soustraits à cette obligation, constituant ainsi le parti des abstentionnistes. Seul le PS qui recueille 30289 votes fait mieux. Toutefois si au nombre des abstentions on ajoute le nombre de bulletins blancs et nuls, il est permis de déplorer que 33627 personnes – 25%44 – se désintéressent de l’avenir de leur ville. Une personne sur quatre en âge de voter ne le fait pas alors que c’est seulement depuis la loi du 15 avril 1920 que le droit de voter aux communales est accordé aux hommes et aux femmes qui ne sont ni prostituées, ni adultères. Pour obtenir le droit de vote aux élections législatives, les femmes devront attendre la loi du 27 mars 1948.

Par rapport au nombre d’électeurs inscrits (132164), le classement des 12 partis en lice est le suivant:

1- Parti Socialiste PS 22%92,

2- Mouvement Réformateur pour Liège MR 13%39,

3- Parti du Travail de Belgique PTB 12%17,

4- Vert Ardent 11%,

5- centre démocrate Humaniste cdH 5%04,

6- Vert Gauche VEGA 3%37,

7- Démocrate Fédéraliste Indépendant DéFI 2%69,

8- Parti Populaire PP 2%34,

9- Agir 1%11,

10- Wallonie Insoumise WI 0%21,

11- Partij Van Carnavalist PVC 0%16,

12- Mouvement Pour l’Éducation  MPE 0%16.

Les 12 partis en lice représentent 74%56 des électeurs inscrits, le solde 25%44 est le lot des abstentionniste, des votes blancs et nuls.

Aux élections communales du 14 octobre 2012, 16 femmes ont été élues. En 2018, la marche vers la parité est en progrès sensible. En effet, 5 femmes de plus sont élues. Soit un total de 21 élues. Mieux encore, deux partis – le PTB et Vert Ardent – affichent davantage d’élues que d’élus. À Vert Ardent, sur huit élu.e.s cinq conseillères – Caroline Saal, Sarah Schlitz, Éléna Chane-Alune, Véronique Willemart, Laura Goffart – soit une formation politique affichant 62%50 de femmes.  Au PTB, sur neuf élu.e.s cinq conseillères – Sophie Lecron, Céline Fassotte, Louise Defawes, Léa Tuna, Anne Mercenier – soit une formation politique affichant 55%55 de femmes.

Au moment du vote, l’électrice, l’électeur a lechoix soit de se rallier à la liste des candidatures telle que l’ont défini les instances du parti par un vote en tête de liste, soit de personnaliser l’adhésion au parti en accordant un ou des votes préférentiels aux candidat.e.s. Le vote tête de liste équivaut à une adhésion totale au parti, le vote préférentiel marque certes une adhésion aux idées du parti mais en soutenant certaines tendances. À Liège, le record du vote préférentiel est détenu par le PS – 83%17 – suivi par le cdH – 78%06 -, Mouvement Pour l’Éducation – 76%19-, le MR – 75%42-, Wallonie Insoumise – 63%04 -, VEGA – 62%14 -, le PTB – 61%81 -, Vert Ardent – 59%12 -, Partij Van Carnavalist – 57%94 -, DéFI – 52%11 -, Agir – 51%20 -, Parti Populaire – 48%80.

Le retour du vote papier au détriment du vote électronique a changé quelque peu la donne électorale à Liège. Si, comme dans toute la Wallonie, le vote papier a rassuré l’électorat mal à l’aise devant un écran, à Liège, la superficie des bulletins de vote à déplier dans un isoloir exigu a entraîné un phénomène qualifié de syndrome des dernières places. Ces places risque de perdre de leur charme lors de l’élaboration des listes du prochain scrutin communal. Au PS, Michel Faway en 2012, avec ses 2071 votes préférentiels, est élu 9ème conseiller, en 2018, son score tombe à  1142 voix lui donnant la 11ème place de conseiller tandis que Jean-Claude Marcourt en 2012, avec ses 3363 votes préférentiels, est élu 4ème conseiller, en 2018, son score tombe à 2261 voix lui donnant la 6ème place de conseiller. Le dernier de liste MR, Pierre Gilissen en 2012, avec ses 1059 votes préférentiels était élu 8ème conseiller, en 2018, son score tombe à 583 voix et n’est plus élu.

 Le 24 août, Liège 28 a titré « Être tête de liste aux communales, une ambition bien ordinaire … », un article qui  narrait les vagabondages d’une candidate – déçue de son parti – vers le titre convoité de tête de liste d’un autre parti. À l’aune de son résultat personnel, la comparaison avec les autres tête de liste siégeant au Conseil communal est un jeu qui ne manque pas de saveur. Ainsi le score de noss binamé Willy est de trois cent treize fois supérieur. Paraphrasant le titre d’une émission-culte de la RTBF, il y a tête de liste et tête de liste !

Méconnu à Liège, Charles Van den Born est illustre ailleurs notamment à Hong-Kong!

La Biographie nationale consacre deux notices aux frères Van den Boorn, l’un pianiste, compositeur et  musicographe, l’autre Jean, pianiste, compositeur. En revanche, pas la moindre notice sur leur fils et neveu, Charles dont la carrière en mérite bien une . Heureusement, la trilogie de Julien Moës, Des Ailes pour l’Éternité comble cette lacune.

Dans le troisième tome (1), Charles Van den Born – un o s’est évaporé dans les registres de l’état-civil – est au bout de sa carrière de coureur cycliste. Pas plus tard que le 19 septembre 1909, au Grand Prix Robert Protin, disputé à Liège, il a été battu par Gabriel Poulain, son cadet de dix ans.  Fin août, au resto du rapide Bruxelles-Paris, il fait la connaissance de Henry Farman, ancien coureur cycliste, peintre talentueux, reconverti dans l’aviation. Celui-ci l’invite à Mourmelon-le-Grand, au camp de Châlons. Vous prendrez contact avec les très rares premiers aviateurs, vous verrez de près les appareils, vous ferez avec moi un petit vol comme passager ; vous apprécierez ce que c’est. Moins d’une semaine plus tard, Charles Van den Born est à Mourmelon. Il apprécie tellement l’endroit qu’il achète son premier avion, un  Farman III, devient pilote, exécute des acrobaties folles lors de meetings richement dotés tels ceux de Stockel, Rouen, Florence, Bordeaux, etc. Meetings rassemblant des dizaines, voire des centaines de millier de spectateurs parmi lesquels le Roi Albert, le Président Fallières, Victor-Emmanuel III.

Il prodigue quantité de baptêmes de l’air dont le plus mémorable est celui de la comtesse Montretout. En 1910, il est le professeur (on ne disait « moniteur » alors) de la plupart des premiers aviateurs de Farman dont les cinq premiers pilotes de l’armée française. Parmi eux, le lieutenant Albert Féquant qui, le 9 juin 1910, marque les débuts de l’aviation militaire française pionnière. Il forme aussi de nombreux pilotes belges dont le Liégeois Jules de Lamine. La plupart participent à la guerre 14-18 dans la Compagnie des Aviateurs instituée par le Roi Albert le 16 avril 1913. La couverture de l’ouvrage de Julien Moës montre Charles Van den Born, en tenue militaire, en compagnie, en 1915, d’un autre pilote, Victor Boin champion olympique aux Jeux de Londres et de Stockholm.

Après avoir participé en septembre 1910 à la Grande Semaine de l’Aviation à Bordeaux, Charles Van den Born, sur un coup de tête auquel se mêle le hasard embarque à destination de Singapour. Il est accompagné de son épouse et son mécano, Lucien Cotroux ayant dans ses bagages, quatorze caisses contenant un biplan de sa conception –  un Farman Wanda. Démonté, il peut être assemblé rapidement sans réglage supplémentaire, en un laps de temps très court. La traversée est longue et, à bord, l’épouse du Gouverneur Général de l’Indochine le convainc de se rendre à Saïgon à l’issue de l’escale singapourienne. L’accueil par le seul homme habilité à Singapour pour donner l’autorisation de voler a été glacial au point que Van den Born n’a qu’une hâte, gagner Saïgon. Ce 15 décembre 1910, plus de cent mille personnes assistent sur l’hippodrome de Phu Tho au premier vol d’un avion sur le sol asiatique.

1911 est une année de premier vol d’un avion sur le sol du Royaume de Siam (le 30 janvier), sur le sol de la colonie britannique de Hong-Kong (le 18 mars) au-dessus du village de Sha Tin, sur le sol de l’empire chinois (le 10 avril) à Sha Ho. Ce meeting à Canton tourne à l’émeute révolutionnaire, Van den Born – le Diable étranger – incendie la carcasse de son Wanda et revient à Liège via le Transsibérien. Patron de l’aéroport de Liège, il participe, en juin 1911, au Circuit d’Europe qui, en neuf étapes, relie sept villes dont Paris, Londres, Bruxelles.

Incontestablement, Charles van Born fait beaucoup pour inscrire Liège au fronton des villes connues au plan international. Et pas uniquement au début du XXème siècle. Depuis 1998, le hall de l’aéroport international de Hong-Kong – le 8ème au monde – est orné de son avion Wanda, reconstitution à l’identique y compris le moteur. Chacun.e des 72 665 078 passager.e.s apprend que c’est l’avion du Liégeois Charles van Born !

Bien d’autres péripéties jalonnent sa vie que racontent Des Ailes pour l’Éternité. Dans les années 20, il contribue notamment au développement de l’aviation dans les colonies françaises de l’Asie. Puis s’installe comme planteur à Thua Bien, obtient en 1936 la nationalité française, en 1945, sa propriété est incendiée par les Japonais qui l’emprisonnent et  est secouru par Les Vieilles Tiges – association de pionniers de l’aviation – qui l’aiguille vers la Société d’Entraide de la Légion d’Honneur. Il a été reçu Chevalier de cet ordre en 1930 à titre étranger en sa qualité de directeur technique d’une société commerciale de Saïgon. Vingt ans plus tard, il est reçu à titre français, pour la deuxième fois,  au même grade de Chevalier dans cet ordre créé par Napoléon. Une lettre du général Chassin, commandant supérieur des Écoles de l’Air au Grand Chancelier proposant qu’il soit élevé au grade d’Officier de la Légion d’Honneur se heurte à la règle qu’étant Chevalier à titre étranger il ne peut faire l’objet d’une promotion à titre français.

La Ville de Liège n’a point encore dédié une rue ou un boulevard à son enfant de Hocheporte, né dans l’impasse Lacroix devenue, depuis 1945, la rue du Général Modard. Il est permis d’espérer qu’elle le fasse durant la prochaine mandature. Charles van Born l’a bien mérité, homme d’une jeunesse extraordinaire, d’un optimisme indestructible allié à un détachement serein !

(1) Des Ailes pour l’Éternité – Julien Moës, auteur éditeur – 242 pages – 12 € – disponible notamment chez Pax, à Livres aux Trésors, chez l’auteur julien@gmail.com

De vraies nouvelles et pourtant rien ne va plus vite qu’une fausse nouvelle !

Fondateur du théâtre Arlequin, José Brouwers en est à sa trente-sixième création littéraire, un recueil de nouvelles Rien ne va plus vite qu’une fausse nouvelle (1). Un titre inspiré de Sacha Guitry qui, après avoir mis en concurrence mot d’esprit et fausse nouvelle, a accordé la victoire à cette dernière. Les quatorze récits – cent quarante-quatre mille cent dix signes, espace compris, au total – ont eu pour premiers lecteurs les membres du Royal Tennis Club de Liège dans leur revue AD (Avantage Dehors).

La nouvelle  est un genre difficile, exigeant. Certains romanciers, et non des moindres, estiment que son art est plus compliqué que le leur. Si dans l’absolu, une nouvelle compte de cinq à vingt-cinq mille signes, il est rare que deux nouvelles ait un score identique de signe espace compris. C’est pourtant le cas dans le recueil de José Brouwers ; Fausses nouvelles et La messe de minuit sont à égalité – six mille quatre cent quatre-vingt-un signes, espace compris. Hasard ou coquetterie d’auteur ?

José Brouwers a la plume locale. Tout, ou presque tout, se déroule à Liège, dans des décors familiers. Ainsi, on y retrouve, à la Taverne berlinoise, un professeur qui ressemble étrangement à un autre, constitutionnaliste éminent. D’ailleurs, l’un et l’autre se prénomment François ! L’érudition de José Brouwers le conduit à un style léger, voire coquin. Il évoque, tantôt, Mae West qui, à la fin d’un slow, murmure de deux choses l’une…ou vous êtes armé ou je vous fais beaucoup d’effet, tantôt Clémenceau, à la vue d’un couple dansant le tango se demande pourquoi diable  font-ils ça debout ?

Érudition sans pédanterie dans ce conte pour grands enfants qui met en scène deux peintres, Tamara de Lempicka et Philippe Waxweiler. L’une a dit parmi une centaine de tableaux, vous pouvez toujours reconnaître les miens. L’autre peut le dire. À l’étal du libraire, parmi la centaine de couvertures illustrant les livres, chacun.e peut reconnaître Rien ne va plus vite qu’une fausse nouvelle illustré du Carré graphique de Waxweiler !    

(1) Disponible à la librairie Livre aux Trésors – tél/fax : + 32 (0)4 250 38 46 – Place Xavier Neujean 27A, B-4000 Liège – mél : info@livreauxtresors.be