Le « Mois de la Francité » – Liège 1973 – à l’origine du Richelieu en Belgique.

Dans un an, il y aura un demi-siècle que Liège a organisé le Mois de la Francité à propos duquel Le Monde écrit : en donnant rendez-vous, du 13 septembre au 13 octobre, à l’ensemble du monde francophone, Liège n’a regardé ni à la dépense ni à l’imagination. Effectivement, les noms de rues sont débaptisés et portent l’appellation d’un pays francophone. Ainsi la rue Saint-Gilles s’appelle rue du Québec et le président du Comité de la rue porte un patronyme identique à l’homme politique québécois René Levesque ! Chaque jour, Liège reçoit un chef d’État ou de Gouvernement d’un pays francophone. La notoriété de Liège est maximale dans le monde francophone. L’occasion de ce Mois de la Francité en 1973 est la réunion dans la Cité ardente de la Conférence générale de l’Agence de Coopération culturelle et technique. Celle-ci a été fondée à Niamey, en 1970, à l’initiative des Présidents Léopold-Sédar Senghor (Sénégal), Habib Bourguiba (Tunisie), Hamani Diori (Niger) et du Prince Norodom Sihanouk (Cambodge).

 Que faire au lendemain du succès du Mois de la Francité ? Jacques Levaux, un avocat qui deviendra président du Grand-Liège en 1979 invite quelques amis dont Pierre Bertrand (ministre en 1977), Philippe Monfils (ministre en 1981), Michel Foret (ministre en 1999, gouverneur de la Province de Liège en 2004) à en discuter en la maison natale de Nicolas Bassenge, promoteur de la Révolution bienheureuse d’août 1789 et partisan du rattachement de la Principauté de Liège à la France. Il est décidé de s’affilier au Richelieu International. Service-club fondé à Ottawa le 21 février 1944 avec pour objectif d’aider les Canadiens-français à défendre leur langue, leur culture et leur foi dans le contexte majoritairement anglophone de la réalité canadienne. L’affiliation de Liège constitue une première en Belgique. En revanche, la France dispose, depuis 1969, de clubs Richelieu dont le premier a été celui de Rennes.

Tandis que Jacques Levaux entame en novembre 1973 les négociations en vue d’obtenir du Richelieu International la charte qui sera acquise le 13 décembre 1974, la mise en place du nouveau service-club a lieu. Choix d’un lieu pour se réunir. Ce sera rue Charles Morren, au local de réception du traiteur Jean-Marie. Recrutement des premiers membres dont Roger Dehaybe (Administrateur général de l’Agence de la Francophonie en 1998).  Le Richelieu-Liège n’est pas un service-club comme les autres. Ses préoccupations sont moins philanthropiques que politiques, culturelles et économiques a tenu à préciser le secrétaire Fernand Pierot dans son rapport d’activité de la première année du Richelieu-Liège. 

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Réponse du Ministre-Président Jeholet au député Dispa.

L’article de Liège 28 ayant trait aux œuvres mises en danger au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris a suscité une question parlementaire, celle du député Benoît Dispa. Inscrite à deux reprises sous forme de question orale à la séance QR de la Commission internationale bénéficiant d’une retransmission en vidéo et permettant un droit de réplique à la réponse du Ministre-Président, le député de Gembloux a finalement opté pour une question écrite.

Le Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Pierre-Yves Jeholet donne réponse au regard des informations à ma disposition. Pour lui, le Centre s’appelle toujours officiellement le Centre Wallonie-Bruxelles de Paris. L’appellation Centre d’arts dont s’est doté le Centre Wallonie-Bruxelles de Paris depuis 2 ans est considéré comme une corde de plus à l’arc du Centre (. . .) Ce positionnement lui a notamment permis d’accéder à l’adhésion au réseau HACNUM. 

Créé le 12 mars 2020, HACNUM – le Réseau national des arts hybrides et cultures numériques – est une association loi 1901 dont l’objet est de structurer, organiser et développer les écosystèmes des arts hybrides et cultures numériques en France. Peuvent être membres adhérents de l’HACNUM, toutes personnes morales ou indépendant.es impliqués dans le champ des arts hybrides et cultures numériques, à jour de leur cotisation. Être membre d’HACNUM ne nécessite donc pas de modifier la dénomination publique en Centre d’arts au détriment de l’appellation officielle abandonnée !

Si le portrait d’André Delvaux sera raccroché à l’issue des travaux, le sort des fresques d’Alechinsky est incertain puisque l’option de les rapatrier dans le fonds de collections Fédération Wallonie-Bruxelles est envisagée pour les préserver au mieux.  Ces fresques sont sur place et en sécurité depuis plus de 40 ans. Quelle serait la raison de les déménager ? 

Le Centre Wallonie-Bruxelles de Paris a pour mission de diffuser en France nos créateurs. Comment estimer tout naturel de choisir Bruxelles pour présenter l’exposition ‘Hors-Les-Murs’ du Centre, durant les travaux ? Le choix d’une autre ville française ou tout simplement la banlieue parisienne eut été plus judicieux et plus logique.

« Autour d’Auguste Bénard », la pub devient de l’art !

Du milieu du 16ème siècle à nos jours, Liège est terre d’imprimeurs. Gauthier Morberius est le premier à s’installer en 1558 à deux pas de la Cathédrale Notre Dame et Saint-Lambert, ensuite il y a la dynastie Streel, Bassompierre, Desoer, Plomteux, Dessain, Mardaga, Snel et tant d’autres. Plusieurs toiles de Léonard Defrance nous restituent l’atmosphère de ces imprimeries.

Il n’y rien d’étonnant à ce qu’un Parisien de vingt ans, Auguste Bénard, formé à la lithographie à Orléans, vienne à Liège trouver un emploi à l’imprimerie Dessain. Il y reste jusqu’en 1887 date à laquelle il fonde sa propre société d’imprimerie et d’édition. Tout d’abord au 12 de la rue du Jardin Botanique ensuite rue Lambert-le-Bègue 13-15. Il innove, utilise des papiers de couleur, améliore les techniques, se spécialise dans les affiches publicitaires. Ce qui est au départ un simple support publicitaire va atteindre le statut d’œuvre d’art comme l’écrit l’historien Paul Delforge. Auguste Bénard s’entoure d’artistes qui ont nom d’Auguste Donnay, Armand Rassenfosse, Émile Berchmans et Émile Dupuis. Il y en a eu d’autres par après tel Jacques Ochs.

Jusqu’au 30 novembre à l’îlot Saint-Georges, 86 en Féronstrée, se tient une exposition Autour d’Auguste Bénard. Pour les personnes à mobilité réduite, il est loisible d’accéder en ascenseur aux Fonds patrimoniaux via le 10 quai de la Batte. Une trentaine d’affiches imprimées chez Bénard sont exposées. Aucune n’est signée mais chacune porte les préférences de l’artiste. Ainsi Donnay se montre particulièrement sensible à l’atmosphère et à l’émotion tandis que Rassenfosse apprécie des demi-teintes cernées d’un trait tantôt souple tantôt vigoureux. Ces affiches publicitaires ont trait notamment à l’Exposition universelle de Liège en 1905, à une machine à laver le linge, à un spectacle à la Boverie au profit de l’expédition dans l’Antarctique dirigée par Adrien de Gerlache,  à une marque de vélo ou encore à la liaison Bruxelles-Kinshasa effectuée au cours d’un périple de 51 jours  en 1925 par Edmond Thieffry précédant de 10 ans la commercialisation de la ligne par Sabena.

L’exposition Autour d’Auguste Bénard fourmille de panneaux explicatifs dont ceux relatifs à la lithographie et à la chromolithographie, technique d’impression à plat permettant de reproduire un dessin tracé à l’encre ou au crayon sur une pierre calcaire. Ces techniques ont été utilisées notamment par Géricault, Delacroix, Manet, Degas, Renoir et plus spécialement par des affichistes dont parmi les plus talentueux sont les Liégeois Autour d’Auguste Bénard.

PARIS : ŒUVRES EN DANGER AU CENTRE CULTUREL WALLONIE-BRUXELLES.                                                                                                                                

En 1976, alors que sur le plateau de Beaubourg à Paris se poursuivait l’édification du Centre Pompidou, Henri-François van Aal, Ministre de la Culture française décidait d’acquérir, juste en face, un immeuble de 1000 mètres carrés. Ce bâtiment deviendra le premier Centre culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Son inauguration, le 26 septembre 1979, par le Ministre Michel Hansenne avait été précédée d’une commande par le Ministre Jean-Maurice Dehousse à de prestigieux artistes dont Felix Roulin, Jean-Michel Folon, Pol Bury, Pierre Alechinsky et Hergé. Celui-ci veilla personnellement, en décoration de l’escalier principal, à la réalisation d’une fresque comportant plus d’une vingtaine de personnages illustrant les aventures de Tintin.

Depuis plus de 40 ans le Centre culturel Wallonie-Bruxelles de Paris a constitué une formidable vitrine pour notre Communauté et nos Régions. Des compagnies théâtrales, des ballets, des chanteurs (Maurane y a fait ses débuts parisiens), des orchestres ont pu présenter leurs dernières créations. La presse française leur a souvent réservé le meilleur écho et les contacts noués à l’occasion des représentations ont été parfois à la base de tournées en France. Le Centre a été classé régulièrement dans le top-cinq des centres culturels étrangers à Paris. 

Depuis 2019, le Centre Wallonie-Bruxelles n’est plus un Centre culturel mais est devenu un Centre d’Art contemporain et se présente comme tel. Finies les représentations théâtrales, terminés les concerts, ou alors uniquement, sous forme de performances ou en version numérique et, pour rompre avec le passé, on a enlevé le portrait d’André Delvaux qui figurait à l’entrée de la salle qui portait son nom. De même, pourquoi cacher la fresque de Hergé présentant la plupart des personnages des aventures de Tintin.

Depuis cet été et jusqu’au printemps 2023, le Centre est en pleine rénovation et transformation en Centre d’Art contemporain. Ces travaux mettent en danger des œuvres importantes pourtant en excellent état. Exposer ailleurs définitivement les œuvres d’Alechinsky, c’est ne pas prendre en compte le fait que l’artiste s’est, bien évidemment, inspiré du lieu et des dimensions des murs pour créer son œuvre. Quel que soit l’objectif de transformation, la valeur de ces œuvres aurait exigé que les travaux en tiennent compte et respectent leur emplacement.

DE LA MAGIE EN CLÔTURE DU ROYAL FESTIVAL DE SPA.

Ce dimanche 28 août vers 22 heures 45’ les lumières se sont éteintes en la Salle des Fêtes du Centre culturel et ont mis fin au Royal Festival de Spa 2022.

Cette clôture d’une manifestation annuelle qui cette année présentait en douze jours et en huit lieux cinquante représentations de trente spectacles, outre bien des activités annexes, a une nouvelle fois attiré un public nombreux généralement très satisfait des programmes présentés. La grande diversité des représentations de ce Festival ouvert par des prestations circasiennes et clôturé par un spectacle de magie n’offre plus une majorité de pièces de théâtre. Nous préférerions que des compagnies professionnelles servent (sans s’en servir) de grands textes comme ce fut le cas avec le Théâtre National Populaire de Jean Villar en Avignon dès 1947 et pendant 20 ans, lors des années du National à Spa de 1959 à 1987, avec le Théâtre de la Cité de Roger Planchon à Lyon-Villeurbanne dès 1960, avec le Théâtre du Soleil d’Arianne Mnouchkine dès 1970, etc…     

Et où – par exemple – trouverait-on aujourd’hui la dizaine de comédiens capables d’interpréter avec justesse les 1.654 alexandrins des cinq actes du Phèdre de Racine ? Mais laissons-là ces considérations budgétairement irréalistes et jugées obsolètes par ceux qui n’ont pas eu la chance d’apprécier l’accueil enthousiaste que suscite entre autres une juste mise en scène d’une comédie ballet de Molière et Lully.

Dimanche soir à Spa, le magicien bruxellois Jack Cooper présenta avec la fréquente participation du public et le concours de sa sympathique assistante Jolijn Antonissen, les aspects classiques de son art depuis les anneaux qui s’attachent et se détachent jusqu’à la séparation en deux parties de sa comparse. Bien d’autres tours tout aussi incompréhensibles étonnèrent ou firent rire des spectateurs ravis d’une soirée leur rappelant des souvenirs d’enfance. Une réussite puisque l’illusion suscita l’émotion.

Avant cette séance de magie, nous avons assisté à, nous dit-on, un spectacle événement : L’amour vainqueur du théâtre chanté en alexandrins blancs (vers non rimés de douze syllabes) d’après un conte merveilleux allemand écrit en 1850 par les frères Wilhem et Jacob Grimm : la Demoiselle Maleen. Le texte, la mise en scène et la musique d’Olivier Py ont été interprétés par Clémentine Bourgoin, Pierre Lebon, Flannan Obé et Antoni Sikopoulos.

Directeur depuis près de dix ans du Festival d’Avignon Olivier Py n’est pas Jean Vilar. Ce n’est pas un scoop. J’ai pour ma part (contrairement à mon épouse et à la très grande majorité du public de la salle Jacques Huisman) détesté ce conte sans sens ni intérêt, où à l’aube d’une guerre une princesse amoureuse d’un prince est enfermée par son père dans une tour dont à la fin du récit elle sortira pour retrouver son amant. Les chants étaient souvent inaudibles et le jeu se révélait constamment excessif. Je reconnais cependant volontiers l’inventivité des décors mis cela ne me permet pas de devenir moins négatif.  En 1956 et 1957 nous allions un ami et moi en auto-stop (il n’y avait heureusement pas encore d’autoroute et nous pouvions lever le pouce le long de la Nationale 7) aux rencontres des jeunes qu’organisait le TNP en Avignon où nous vivions avec enthousiasme une semaine avec Jean Vilar, Gérard Phillipe, Georges Wilson, Marie Casarès, Geneviève Page, Maurice Jarre (et ses fanfares de Lorenzaccio) sans oublier dans de petits rôles Jean-Pierre Darras ou Philippe Noiret … Des moments que nous ne retrouverons plus …

Jean-Marie Roberti

À SPA, UN TRIO POLYPHONIQUE AU SERVICE DE L’IDENTITÉ WALLONNE. 

Ce vendredi soir nous sommes allés dans un vieux quartier de Spa où rue Deleau (qui tombait à verse à notre arrivée !) il y eut une glacière lors des années 1920. Cette glacière est devenue un lieu culturel aménagé pour offrir un accueil agréable.

Dans ce lieu, une demi des 48 pages (ce qui est peu) de la brochure de présentation du Royal Festival de Spa annonçait : La Crapaude.
Nous avons consulté le Dictionnaire du wallon liégeois où Jean Haust écrivait que la crapôde est une fille, une jeune fille (synonyme bâcèle) et aussi une bonne amie (si prominer avou s’crapôde).

Pour moi, ce mot évoque des souvenirs de la seconde guerre mondiale quand nous vivions à Villers-l’Évêque, village de ma grand-mère maternelle où ses frères Mathieu et Nicolas Fastré étaient fermiers. Les gamins que nous étions aimaient taquiner les plus grandes et les plus grands que nous en leur demandant : Où est ta crapaude ? ou bien « Dis-nous de qui tu es la crapaude ? »

À Spa, la crapaude fut vendredi un groupe de trois jeunes et belles filles qui interprétèrent des chants polyphoniques de Wallonie. Elles révélaient avec talent toute la richesse du patrimoine culturel et vocal wallon. Certes pour beaucoup de spectateurs comprendre chaque mot de leurs textes était impossible et elles présentaient donc le sens de leurs chansons lors d’une brève introduction en français.  Elles associèrent aussi le public à leurs chants ce qui créa une atmosphère très cordiale. Elles demandèrent en outre aux spectateurs de chanter des chansons wallonnes de leur choix et nous entendîmes notamment Li Ptit banc ou Li ptite gayôle plutôt que Leyi‘m plorer ou le Chant des Wallons.

Nous tenons à féliciter Caroline Durieux, Pascale Sépulchre et Lydie Thonnard qui par cette contribution à la renaissance des polyphonies vocales de notre région servent l’identité wallonne et démontrent que li wallon n’est nin mwert.

HOUBEN & COOPER

Avant d’aller à La Glacière nous avons vu et entendu en la Salle des Fêtes du Centre Culturel spadois un récital musical atypique avec Greg Houben, le fils de Steve, et Peggy Lee Cooper qui est le nom de scène d’une Sérésienne sans complexe. Le talent exceptionnel de trompettiste de Greg Houben poète à ses heures et la présence scénique débordante de Peggy Lee Cooper constituèrent un agréable apéritif de notre troisième soirée au Royal Festival de Spa.     

Jean Marie Roberti

À Spa, la plus grande Dame au service de l’Art dramatique en Belgique.

Une longue standing ovation a couronné mercredi soir au Royal Festival à Spa l’interprétation par Jacqueline Bir de la pièce A German Life.

Ce monologue d’une heure et demi a été joué avec une maîtrise exceptionnelle. Ce témoignage a été rendu avec une authenticité naturelle qui paraissait simple mais qui en réalité nécessitait une grande compétence professionnelle.

Une telle prestation requiert une parfaite mémoire et une performance physique non négligeable même si c’est le plus souvent assise que cette artiste nous conte cette vie d’une allemande qui vécut plus d’un siècle et se laissa séduire par le régime nazi. Après une telle interprétation qui pose la question troublante nous qu’aurions nous fait ?, il nous semble intéressant de rappeler qui est Jacqueline Bir et que fut Brunhilde Pomsel. 

Madame Jacqueline Bir est née le 23 novembre 1934 en Algérie de parents français, cultivateurs cultivés. Elle réussit brillamment ses études d’art dramatique aux Conservatoires d’Oran puis de Paris où elle rencontra et épousa Claude Volter (décédé en 2002). Avec celui-ci qui y fonda une Compagnie qui porta son nom, elle s’installa en 1957 en Belgique et interpréta une multitude de rôles importants.

Par exemple, il y a une trentaine d’années, elle vint à deux reprises au Festival de Théâtre de Spa à l’invitation d’André Debaar et de Billy Fasbinder. Elle interpréta avec grand succès les rôles-titres de La vie brève de Paul Willems en 1991 et de Charlotte ou la nuit mexicaine de Liliane Wouters en 1993.

Cette plus grande dame au service de l’art dramatique en Belgique qui en septante ans incarna plus de 200 rôles a accepté de s’engager dans une aventure scénique que constitue un monologue retraçant la vie d’une femme allemande Brunhilde Pomsel, née à Berlin le 11 janvier 1911 et décédée à Munich le 27 janvier 2017 à l’âge de 106 ans. En 2016, à partir de trente heures d’entretien avec cette centenaire, un documentaire intitulé Ein deutsches Leben a été présenté au festival international du film à Munich par Christian Krönes, Olaf Müller, Roland Schrotthofer et Florian Weigensamer.

Brunhide Pomsel a d’abord travaillé comme sténographe pour un avocat juif et pendant un moment simultanément comme dactylo pour l’extrême-droite nationaliste. Ayant, à vingt-deux ans, adhéré au parti national-socialiste, elle a été engagée comme secrétaire dans le service d’information de la radio du troisième Reich. Transférée en 1942 au ministère de l’éducation du peuple et de la propagande, elle fut choisie pour faire partie de l’équipe restreinte des secrétaires et sténographes au service de Joseph Goebbels. Elle était chargée de revoir à la baisse les statistiques des soldats allemands tombés au combat et à la hausse les viols des femmes allemande par l’armée soviétique.

Internée sur ordre du NKVD (la police politique stalinienne) dans les camps spéciaux instaurés dans la zone d’occupation soviétique à Buchenwald, Hohenschönhausen et Sachsenhausen elle y resta cinq ans. Libérée en 1950 elle retrouva pendant une vingtaine d’année (jusqu’à sa mise à la retraite en 1971) du travail comme secrétaire pour des radios SWF (Südwestfunk) à Baden-Baden puis à la direction des programmes de la télévision allemande à Munich. À la fin de sa vie elle s’exprima publiquement contre Goebbels qu’elle définissait comme un excellent acteur.

A German Life, la pièce publiée en 2019 par Christopher Hampton, a été adaptée par Dominique Hollier et mise en scène pour Jacqueline Bir par Simon Paco (assisté par Diana David dans une dramaturgie de Sarah Cuny) est une œuvre troublante qui pose la question de la responsabilité qui est la nôtre quant aux options qui déterminent notre existence. La docilité de la masse des exécutants avait elle pour beaucoup l’alternative de la résistance ? La misère de la crise, les horreurs de la guerre, les mirages de la croissance constituent un siècle tragique de la vie allemande qui fut celle de Brunhilde Pomsel interprétée avec l’authenticité qui caractérise le service exceptionnel que Madame Jacqueline Bir rend à l’art dramatique.

Du Music-Hall burlesque.

Ce mercredi soir en guise d’apéritif nous avons eu droit à un double spectacle sans parole agréablement distrayant. Tout d’abord nous avons apprécié une prestation musicale et comique intitulée De Concerto interprétée par Gaêl Michaux et Maxime Dautremont dans une mise en scène de Christophe Thélier. Les deux acteurs sont des mimes qui présentent des séquences musicales avec un humour porteur de dérision. Ce duo suscite l’amusement des spectateurs qui manifestèrent chaleureusement leur satisfaction.

La deuxième partie de cet apéritif musical nous a permis de découvrir le talent du magicien et marionnettiste français Etienne Saglo. Celui-ci incarne le grand magicien Kosmao et son assistante est la marionnette Goupil. Cet autre duo nous offre une prestation qui nous laisse souvent surpris car nous ne pouvons comprendre comment Goupil et son maître réussissent leurs sketchs burlesques. En bref une prestation digne d’un professionnel de grande qualité. Et un début de soirée meilleur que prévu.

Jean Marie Roberti

UN CONSEIL 

Profitez de la promotion relative aux dernières places accessibles au tarif réduit de huit euros pour les deux spectacles suivants : L’Amour vainqueur (le 20/8 à 21 h. et le 21/8 à 19 h.) et Carabistouille (le 21/8 à 18 h.30 et 21 h.).

OUVERTURE CIRCASIENNE DU LXIIIème ROYAL FESTIVAL DE SPA.

Fondé en 1959 par Jacques Huisman, le Festival de Spa fut sous sa direction jusqu’en 1987 puis notamment sous celles de deux duos (Billy Fasbinder et André Debaar  de 1988 à 1998 et ensuite Armand Delcampe et Cécile Van Snick) un Festival de Théâtre devenu sous l’impulsion d’Axel De Booseré Le Royal Festival. Après deux années marquées par la crise sanitaire et les inondations, une cinquantaine de représentations d’une trentaine de spectacles en une douzaine de jours nous sont proposées en huit lieux par ce soixante-troisième festival. Les affiches théâtrales ne sont plus majoritaires et les grands textes (Molière, Shakespeare, etc…) servis par des professionnels respectueux de leur lettre et de leur esprit restant toujours absents, nous avons opéré un choix rencontrant la diversité de la programmation : cirque, musique, magie etc… Après deux spectacles de cirque aérien ce 10 août, nous apprécierons la semaine prochaine le 17 du music-hall puis un monologue de Jacqueline Bir, le 19 de la musique puis de la polyphonie wallonne et enfin le 21 un conte musical puis de la magie.

LUCIE YERLES: Le Solo 

L’intelligente subtilité des cabrioles intellectuelles et sportives de Lucie Yerlès crée, dans Le Solo, son spectacle de tissus aériens, de lumière et de musique, une complicité avec le public et cette empathie suscite la participation de celui-ci.

Lucie Yernès est à la fois une artiste du cirque, une circasienne, qui s’est formée avec rigueur à Châtellerault puis au Québec , puis, suite à une pause imposée par un accident, une psychologue ayant obtenu un baccalauréat à l’U.L.B. (Université libre de Bruxelles).

Cette double formation l’a même conduite en Afrique du Sud et, pour l’UNICEF (institution des Nations unies pour l’enfance), en Turquie et en Syrie. Ses qualités acrobatiques et la grâce et la douceur de son jeu d’artiste souriante ont permis au Royal Festival de Spa de s’ouvrir par un succès très apprécié par des spectateurs nombreux et enthousiastes.

CHEPTEL ALEIKOUM : Les Princesses 

Aleikoum ou aleikoum salam est le salut arabe : Que la Paix soit avec vous et le cheptel est un ensemble d’animaux. Mais la troupe (et non le troupeau) qui après l’avoir présenté une centaine de fois à travers l’Europe, donnait quatre des dernières représentations d’un spectacle-évènement de cirque aérien au Royal Festival de Spa, est, elle, issue de la quinzième promotion du Centre national des Arts du cirque à Châlons en Champagne qui s’est installée dans le petit village de Saint-Agil à Couëtron-au-Perche dans le nord du Loir-et-Cher. Dans une mise en scène de Christian Lucas, trois belles acrobates musclées Carine, Marie et Gatica secondées par Julien, Marc et Matthieu (Émile) et les compositions musicales de Marjolaine, volèrent au-dessus de nos têtes. Revisitant des contes, pour eux une princesse c’est une façon de parler de l’amour. C’est souvent drôle, parfois coquin, voire osé ou facile comme ici l’expression s’envoyer en l’air, mais cela a enchanté un public bon enfant qui réserva à ces Princesses une standing ovation finale.

Jean Marie Roberti

Le corps des pompiers professionnels de Liège a 200 ans.

Les incendies ont toujours été la hantise de l’humanité. Pour les circonscrire, les moyens ont différé selon les époques. Longtemps, à Liège, l’usage le plus courant a été de chercher à étouffer le feu. D’où le nom étouffeur de flammes donné à ceux qui combattent le feu. Les étouffeurs de flammes se recrutent essentiellement parmi les maçons, les ardoisiers et les charpentiers.

Vers le milieu du XVIème siècle, une ordonnance prescrit aux cinq quartiers de Liège – les vinâves – de s’équiper d’une trentaine de seaux en cuir bouilli, de crocs de fer, d’échelles et autres instruments. Le tout estampillé du sceau du perron liégeois et marqué de l’emblème du vinâve. En cas d’incendie dans un vinâve, il est interdit aux habitants des autres vinâves de se rendre là où il y a le feu.

Pour prévenir d’un incendie en ville, un service de guet est organisé du haut de la tour de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert. Pendant que vous dormez, Messieurs, en pleine joie, / Je veille sur ma tour. Toute la nuit j’emploie / À prendre garde au feu, et je vois partout / Si le feu par hasard ne se prend pas chez vous.

En 1822, au temps où Liège se trouve être une ville du Royaume des Belgiques, elle se dote d’un corps de pompiers professionnels. Trente- cinq hommes pour une population avoisinant les cinquante mille habitants. Ils ont fière allure dans leurs uniformes de gala : casque de cuivre, habit bleu foncé à col rouge, pantalon large en drap bleu et guêtres de drap noir. 

Les 25 ans du « Dernier Carré » de la RTBF-Liège.

Mis en place par la RTBF en 1993, le plan Horizon 97 prévoit le départ anticipé à la retraite du personnel statutaire. Le départ n’est pas obligatoire mais simplement très recommandé via notamment une prime substantielle. De nombreux membres choisissent la prépension. Visant un objectif financier du service public, le plan Horizon 97 a été l’ancêtre du plan Magellan dont la finalité est identique.

En 1995, à l’initiative de Luc Dardenne, directeur des services techniques du Centre de production RTBF-Liège prépensionné se crée un club de 23 membres dont cinq sont encore en vie. Janine Allard, Pierre André, André Beaumariage, Roger Berlemont, Jean Brumioul, Jenny Bodart, Marcel Counson, Louis Cox, Luc Dardenne, Jo Derniest, Léon Dessart, Robert Dewez, Willy Dulier, Jean-Marie Fraikin,   Francette Gerondal, Yvon Godefroid, Jacques Gouverneur, Henri Greindl, Joseph Gustin, Freddy Helaers, Stefan Kurevic, André Lallemand, Marcelle Imhauser. 

Le choix du nom de l’association ne fut pas long. Chacune et chacun se rallie à la suggestion de la dénomination : Dernier Carré. Souvenir de ces carrés de ces Grognards devenus Vieux de la Vieille gardant à l’esprit l’idée de ne jamais se rendre. Le but premier du Dernier Carré tel que le définit Luc Dardenne est de garder le contact entre anciens collègues du Centre RTBF-Liège, de conserver l’air de famille qui y règne. Pour ce, une réunion mensuelle est prévue. La première partie est consacrée à un échange d’informations, la seconde à la réception d’une personnalité exposant une matière dans laquelle elle est experte. Les sujets sont très variés. Un repas en commun termine la réunion mensuelle.

Les activités du Dernier Carré ne se limitent pas aux réunions mensuelles. Il y des visites culturelles du genre Viva Roma, Andy Warhol au musée de la Boverie. Il y a les fabuleuses expositions sur Toutankhamon et Napoléon. Il y a des excusions champêtres dans les bois de Terlamen ou sur les hauteurs d’Aywaille. Il y a les visites touristiques de villes à Verviers, à Diest et autres cités. Il y a la découverte de la centrale hydroélectrique de Coo ou la visite virtuelle des grottes de Lascaux au site préhistorique de Ramioul. Il y a les voyages annuels en direction de la Franconie, de la Corse, de l’Angleterre, de la Bavière, du Val de Loire.

Le vingt-cinquième anniversaire du Dernier Carré a coïncidé avec la pandémie d’où le report à cette année dans les charmes de Thimister. Gisèle Deglin, présidente du Dernier Carré, de dire : Au fil des ans et des changements de mode vie, le Dernier Carré est devenu une association dont les services se révèlent être indispensables pour beaucoup d’entre nous tant son action répond à de véritables besoins. La longévité du Dernier Carré montre aussi que les différents comités ont porté, au travers des années, des projets en phase avec les souhaits, les capacités, l’âge des membres et se sont ouverts au débat.  Cette capacité d’adaptation n’a rien d’évident et mérite d’être saluée.  Car pour maintenir l’association en vie, il ne faut pas seulement avoir des têtes pleines, mais surtout, il faut des cœurs ardents, des oreilles prêtes à écouter, des mains tendues pour aider et offrir de son temps, … beaucoup de temps.