Le Corps consulaire reçu par Delen Private Bank.

Récemment, le Ministre des Affaires étrangères de la République de Maurice, Son Excellence Monsieur Seetanah Lutchmeenaraidoo a visité, en privé, la ville de Liège. En compagnie des consuls honoraires wallons du Belgian Consular Union (BCU), il a notamment participé à la visite des locaux de la Delen Private Bank situé boulevard d’Avroy, à deux pas du Pont d’Avroy qui durant dix siècles a surplombé un bras de la Meuse.

C’est en 1922 que le Crédit Anversois – une banque qui, bien avant la Grande guerre, a entrepris une politique d’expansion – commande à Carlos Thirion l’édification de son siège liégeois. Carlos Thirion appartient à une lignée d’architectes de Verviers. Que ce soit l’Harmonie, le Grand Théâtre, la Gare, etc etc, c’est du Thirion ! En 1913, son père Charles a construit le siège verviétois du Crédit Anversois. À Liège, Carlos opte pour le style néomosan avec des moellons de grès et de calcaires. Au sous-sol, est installée la salle des coffres. Fin des années trente, emporté par la tourmente bancaire, le Crédit Anversois fait faillite. En 1943, Oscar de Schaetzen, un passionné d’orfèvreries liégeoises, acquiert l’immeuble pour y installer sa banque créée en 1928. En 1994, Delen Private Bank reprend la banque de Schaetzen dont le fondateur est mort en 1985.

Delen Private Bank rénove profondément le bâtiment liégeois tout comme l’ont été les sièges de Gand et de Bruxelles. Cette banque affectionne  avoir pour sièges des immeubles de caractère. Ces bâtiments uniques symbolisent la vision à long terme transgénérationnelle de la banque. Cette philosophie permet, en même temps, de protéger et de conserver la richesse du patrimoine belge.

Les étages supérieurs auxquels les hôtes de la Delen Private Bank ont eu accès sont consacrés à l’histoire économique de la Ville et de la Province de Liège au fil des années à partir de documents d’époque. Quant à la salle du Conseil, elle est décorée de scènes évoquant les saisons et signes du zodiaque du peintre anversois du XVIIIème siècle Pieter Snyers, un clin d’œil à André Delen qui, en 1936, s’est établi à Anvers comme agent de change.

ÉTUVE : HOMMAGE À BARBARA PAR LILIANE GUISSET

La frontière est mince entre le poème et la chanson.  D’ailleurs, y en a-t-il une ?  Récemment, Gilles Vignault – 90 ans, ce 27 octobre – a rappelé qu’ayant écrit un poème les gens de mon pays, ses musiciens de lui dire : Ce n’est pas un poème, c’est le premier couplet d’une chanson. Il est donc tout naturel que l’écrivaine et pianiste liégeoise  Liliane Guisset qui se produira bientôt à l’Etuve (1) et dont les poèmes rencontrent un succès réjouissant lors de soirées privées ou publiques, ait été sensible à l’univers de Barbara.   Car chez la grande dame brune, les paroles épousent la musique dans une symbiose poétique parfaite.  Qu’il s’agisse de Göttingen, de Vienne, de Ma plus belle histoire d’amour c’est vous, de La solitude,  de Drouot, de Nantes, de L’aigle noir, de Si la photo est bonne, de Pierre …  (la liste est longue et ne connaît aucune faiblesse !), les chansons de Barbara honorent la splendeur de la langue française sous l’angle d’une poésie subtile et – bien sûr – mélancolique.

Que de poésie en effet dans ces quelques vers : Mais c’est bien joli tout de même, A Göttingen, à Göttingen / Il est si beau l’automne Et j’aimerais le vivre avec toi Que c’est beau Vienne Avec toi Vienne / Oui, je vous fus infidèle, Mais vous revenais quand même, Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous / Allez, va t-en porter ailleurs Ta triste gueule de l’ennui. Je n’ai pas le goût du malheur. Va t-en voir ailleurs si j’y suis ! / Le marteau retomba sur sa voix suppliante Elle vit s’en aller, parmi quelques brocantes Le dernier souvenir de ses amours d’antan / Il voulait avant de mourir Se réchauffer à mon sourire Mais il mourut à la nuit même Sans un adieu, sans un « je t´aime » / Un beau jour, Ou peut-être une nuit Près d’un lac, je m’étais endormie Quand soudain, semblant crever le ciel Et venant de nulle part, Surgit un aigle noir / Qu’on m’amène ce jeune homme, Si la photo est bonne, Si la photo est bonne, Si la photo est bonne… / Quand Pierre rentrera, Il faut que je lui dise, Que le toit de la remise, A fui, Il faut qu’il rentre du bois, Car il commence à faire froid, Ici, Oh, Pierre, Mon Pierre, 

Le théâtre de l’Étuve est certainement l’endroit idéal pour savourer l’hommage à Barbara que Liliane Guisset déclinera sous la forme de quatre concerts piano-voix. Fondée début des années cinquante, l’Étuve ressemblait par bien des côtés aux boîtes à chansons parisiennes telles l’Échelle de Jacob ou l’Écluse. C’est d’ailleurs à l’Écluse que Barbara a entamé sa carrière en France après avoir débuté à Bruxelles.

(1)  9-10-16-17 novembre 2018 à 20h15 – 16/13 € – Réservation par SMS 0492 562910 ou réservationetuve@gmail.com

 

ARLEQUIN : bon appétit au dîner d’adieu!

La saison dernière, la Compagnie royale Théâtre Arlequin a présenté Je veux un Magritte, une pièce écrite à quatre mains, celles de José Brouwers et de Philippe Waxweiler. Ce fut un succès. Cette saison, elle récidive en faisant choix de Un dîner d’adieu, une pièce écrite à quatre mains, celles de Matthieu Delaporte et d’Alexandre de la Patellière.

Le thème de la pièce est l’amitié. Plus exactement, de ses contraintes tels les dîners en ville qui n’apportent rien, ni au point de vue gastronomique – toujours les mêmes menus -, ni au point de vue conversations – toujours les mêmes sujets. Pierre Lecoeur (Serge Swysen), un éditeur, quelque peu lâche, et son épouse Clotilde (Catherine Ledouble), une bourgeoise, quelque peu imprévisible, sont bien décidés à faire le ménage parmi leurs relations qui, d’après les calculs de Pierre, prennent jusqu’à  trente-cinq pour cent de son temps de dîner disponible. La méthode retenue est simple : inviter leurs ami.e.s à un dîner d’adieu dont ils garderont un souvenir impérissable. Un repas fastueux, un vin dont le millésime est celui de la naissance de l’invité, exhiber un objet rappel de l’amitié profonde. L’hôte de Pierre et Clotilde est Antoine Royer (Jean-Louis Maréchal), un vieil ami mais un fâcheux comme l’aurait écrit Molière.

Le metteur en scène Marcel Servan a su éviter le  piège d’en rajouter à cette comédie de mœurs. Comédiens et comédienne excellent dans un décor signé Philippe Waxweiler. Les costumes sont de Marie-Josée Delecour qui a soigné tout particulièrement pour ce repas d’adieu la chemise de Pierre, un cadeau de son ami Antoine. Les éclairages sont confiés à Alex Fontaine et Franco De Bartolomeo. En dépit de la cruauté perverse qui sous-tend un dîner d’adieu, on ne cesse de rire tout au long du spectacle. Et pourtant …

Comment agir dans l’isoloir …

À défaut du Grand Soir auquel aspire moult révolutionnaires, le Grand Jour – le 14 octobre – arrive avec son lot d’évolutions, de surprises, de petites révolutions. Au Grand Jour, durant cinq heures – de huit à treize -, chaque personne âgée de plus de dix-huit ans est faiseur de roi. Elle a le droit de voter. Parmi toutes les listes inscrites sur son bulletin de vote, elle doit en choisir une et rien qu’une. Le panachage est interdit.

Donner sa voix est un acte important. Chaque voix compte comme Jean-Marie Roberti l’a rappelé : Ainsi à Liège, aux communales de 2006, la liste du P.S. connut quelques surprises. L’Échevin Miguel Mévis obtint 1.132 voix de préférence ce qui le classa 22ème candidat du P.S. qui eut 21 élus, le dernier siège étant octroyé à un nouveau venu, un Rocourtois du nom de Roland Léonard qui allait devenir Échevin mais qui l’avait alors emporté de deux voix : 1.134. Deux voix qui valent gros puisque dès le 20 octobre 2008, Roland Léonard est Échevin des Travaux. Les cas où l’élection se joue à quelques voix près est loin d’être unique.

Mais le droit de vote peut s’exercer de diverses manières. La plus simple est le vote en tête de liste. C’est un assentiment à la liste élaborée par les instances du parti, ratifiée lors d’une assemblée générale des militant.e.s. Par ailleurs, il est permis de voter pour l’un.e ou plusieurs candidat.e.s. Le vote nominatif – appelé voix de préférence – détermine à l’intérieur de la liste, l’ordre des élu.e.s et des suppléant.e.s. Si la voix de préférence est unique, elle donne un avantage à la personne qui en bénéficie sur les autres candidat.e.s. Si les voix de préférence sont multiples, elles confèrent un avantage à celles ou ceux qui les ont reçues.

Innovation en 2018 du CdH– en baisse constante depuis une vingtaine d’années –, il recommande de voter pour un maximum de candidat(e)s de sa liste. Il précise : Si vous votez pour tous les candidat(e)s, chacun recevra une voix pleine et entière. Le rêve du CdH est que toutes ses candidates et tous ses candidats obtiennent un nombre de voix de préférences se rapprochant du nombre de votes de la liste. Le nombre de votes de la liste détermine le nombre d’élu.e.s. Quelques soit le nombre d’élus, si le rêve se réalise, le CdH verra figurer dans le top vingt des record.wo.men des votes nominatifs des personnes même non élues !  Il pourra crier victoire, c’est humain …

Quoique figurant sur une même liste, il peut arriver que les candidat.e.s relèvent de chapelles ou d’obédiences diverses. Dans ces cas, les tenant.e.s de l’une ou l’autre cherchent le support des voix de préférence pour l’emporter. Chaque chapelle appelle pour elle, chaque obédience fait de même. En jargon politique, cela se nomme stemblok , expression flamande.

Si une candidature déplaît dans la liste, l’électrice, l’électeur a la possibilité de lui marquer sa défiance. Il leur suffit d’accorder leur confiance en accordant à chacun.e des autres candidat.e.s une voix de préférence.

LE JOUR OÙ SIMENON FAILLI ÊTRE CANDIDAT CONSEILLER COMMUNAL.

Lorsque fin de l’année 1919, est fondé le journal La Wallonie socialiste – le mot socialiste disparaît en 1923 -,  Isi Delvigne entend recruter d’excellents  journalistes. Il a l’œil attiré par une jeune recrue embauchée par la Gazette de Liége dont la plume paraît excellente. Il l’invite à le rencontrer.

Quelques cinquante ans plus tard, la jeune recrue dont le nom est Georges Simenon s’en souvient comme si c’était hier. Voici ce qu’il a raconté à notre confrère Guy Fontaine qui eut l’occasion de l’interviewer  dans sa série Portrait wallon à la TV : Un jour, Isi Delvigne qui était le rédacteur en chef de la Wallonie, qui était, en même temps, un des chefs du Parti socialiste à Bruxelles, au Parlement, m’a fait venir et m’a demandé d’entrer à La Wallonie. Il m’offrait le double de ce que je touchais à la Gazette de Liège. Et en plus de çà, avec comme prime que deux ans après, aux élections municipales, je serais sur la liste socialiste. C’était très tentant mais ça voulait dire que je me destinerais à une carrière politique. Parce qu’après avoir été conseiller communal, vous savez comment ça va, on essaye la députation et ainsi de suite. Alors, j’ai refusé. Mais je suis resté très bon ami avec tous ceux de la Wallonie et ils ont toujours été très gentils avec moi.

Si Simenon avait accepté les propositions d’Isi Delvigne, le soir du 24 avril 1921, vraisemblablement élu, il aurait célébré l’accession du Parti Ouvrier Belge au rang de la première formation au sein du Conseil communal de Liège.  Un séisme aux yeux de la bourgeoisie liégeoise selon Jean-Marie Roberti.

Les politiques n’ont jamais été la tasse de thé de Georges Simenon :  Ils croient être importants mais ils ne le sont pas du tout. Pour la bonne raison que ceux qui dirigent le monde, ce ne sont pas les présidents ou n’importe quel ministre ou haut-fonctionnaire et ambassadeurs, etc. Ce sont les grandes sociétés internationales et les banques, les grandes banques. En réalité, le rôle même des chefs d’États est très faible.

Ville de Liège : si les élections communales nous étaient contées … (9/9)

ÉVOLUTION PAR LISTES DES POURCENTAGES DES VOTES VALABLES LORS DES DIX-SEPT ÉLECTIONS AU SUFFRAGE UNIVERSEL DES CONSEILS COMMUNAUX DE LA VILLE DE LIÈGE DE 1921 À 2012 – LISTES AYANT OBTENU DES SIÈGES

Année 21 26 32 38 46 52 58 64 70 71 76 82 88 94 2000 2006 2012
Socialistes 38 33 31 32 37 42 42 31 24 24 37 41 40 33 35 38 38
Chrétiens 31 35 32 23 36 28 34 19 19 23 25 37** 22 22 20 14 14
Libéraux 29 24 17 19 13 20 19 29 34* 30* 14 37** 18 20 21 28 21
COM/PTB 8 9 11 14 8 5 11 7 6 6           6
Écolo                       12 11 11 15 12 12

*Les élections de 1970 furent annulées et recommencée en 1971. En 1970 et en 1971, il y deux listes libérales : le PLP, 8% et 3% et la liste dissidente du Bourgmestre Destenay, 26 % et 27% ;

**En 82, les 37% des chrétiens et libéraux sont à diviser en deux. Leur liste d’Union pour Liège ayant obtenu 21 sièges, 11 chrétiens et 10 libéraux.

AUTRES POURCENTAGES DE LISTES AYANT EU DES ÉLUS

Extrême droite : 7% en 32 Parti national, 16% en 38 Rex, 5% en 94 et 4% en 06 FN, 6% en 94 Agir

Démocratie Chrétienne. 8 % en 64

Rassemblement Wallon. 15% en 70, 12% en 71, 14% en 76

RÉSULTATS DES ÉLECTIONS COMMUNALES À LIÈGE DE 1921 À 2012 L’ÉVOLUTION DE LA RÉPARTITION DES POURCENTAGES DES SIÈGES.

Pour pouvoir comparer l’évolution du nombre de sièges de chaque liste lors de 17 scrutins (quatre lors de l’entre-deux guerre, six autres avant la fusion des communes et sept depuis) répartissant au total 39 sièges lors des huit premiers scrutins, 41 sièges lors des élections de 1970 et de celles recommencées en 1971, 51 sièges à chacune des trois premières élections après la fusion des communes et 49 sièges dans le cadre des quatre dernières élections communales, il importe pour rendre les résultats comparables, de diviser le nombre de sièges obtenus par chaque liste par le total des sièges attribués lors du scrutin analysé.

L’évolution des pourcentages de sièges obtenus pendant plus de 90 ans au Conseil communal de la Ville de Liège n’avait jusqu’à présent pas été mise ainsi en lumière.

Année 21 26 32 38 46 52 58 64 70 71 76 82 88 94 2000 2006 2012
Socialistes 41 36 33 33 38 46 44 33 27 27 41 45 45 37 41 43 45
Chrétiens 31 36 36 36 38 28 36 18 20 27 27 20 20 24 20 14 14
Libéraux 28 23 18 18 10 21 18 33 34 32 14 22 24 20 22 24 22
PC/PTB 0 6 8 10 13 5 3 10 5 2 4 2 0 0 0 0 4
Ext-droite 0 0 5 15 0 0 0 0 0 0 0 0 0 8 0 2 0
DCL 0 0 0 0 0 0 0 5 0 0 0 0 0 0 0 0 0
RW 0 0 0 0 0 0 0 0 15 12 14 0 0 0 0 0 0
Écolo 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 12 12 10 16 12 14

MOYENNES SUR 17 SCRUTINS PS 39/ CHR. 26 / LIB 24 / AUTRES 12

Pendant ces neuf décennies sur cinq électrices ou électeurs de la Ville de Liège votant valablement aux scrutins communaux, près de deux ont voté socialiste, plus d’un chrétien et plus d’un libéral et moins d’un pour d’autres listes. Les bipartites contre les socialistes ne sont plus possibles depuis la fusion des communes ce qui a souvent permis au P.S. d’être maître du jeu des alliances même si des alternatives qui n’eurent pas lieu étaient arithmétiquement possibles en 1976 (PSC RLL RW) et en 1982 (UPL ECOLO) mais RLL puis ÉCOLO l’ont refusée.

Jean-Marie ROBERTI

Illustration Émile Digneffe

Ville de Liège : si les élections communales nous étaient contées … (8/9)

RAPPELS D’AUTRES VOTES NOMINATIFS.

Je peux notamment souligner quel est le score record tous scrutins confondus et mettre en lumière quelques-uns des duels les plus remarquables.

Je n’ai pas voulu remonter avant 1976 car la personnalisation des scrutins s’est davantage manifestée dans une entité plus large, celle résultant de la fusion des communes.

EN 1976 : J.-P. GRAFE DEVANCE É. CLOSE QUI DEVIENT BOURGMESTRE.

En 1976 lors de la fusion des communes le match entre les candidats classés en tête des deux principales listes le P.S. (21 élus) et le P.S.C. (14 élus) tourna à l’avantage du second Jean-Pierre Grafé obtenant alors 15.568 voix de préférence et devançant Édouard Close 13.005. Suivaient les deux autres têtes de liste Jean Gol (R.W.) 7.307 et Hubert Pirotte (R.L.L. ou Rassemblement libéral liégeois) 4.077.

Cette personnalisation généralisée était sans précédent et renforçait les leaderships. Les écarts avec leurs colistiers étant importants (ainsi le deuxième chez les socialistes était un jeune échevin venant de Jupille Jean-Pierre Digneffe 1.734 votes nominatifs). Mais le phénomène le plus remarquable à cette date (et rarement confirmé à un tel niveau) fut l’usage du stemblok ou vote bloqué en faveur de plusieurs candidats pour lesquels un nombre significatif d’électrices et d’électeurs votaient préférentiellement en bloc (le nombre de votes nominatifs sur une seule liste n’étant pas limité pour chaque électrice ou électeur).

C’est ainsi que Jean-Pierre Grafé dont le score personnel avait dans une large mesure permis le résultat du P.S.C., ne vit élire à ses côtés que deux autres candidats de sa tendance (Hector Magotte et Simon Thiry tandis que Mademoiselle Huberte Hanquet de la tendance centriste dite chez les paroissiens catholiques des sans famille sociaux-chrétiens, organisait avec succès (sans y participer) les élections du trio William Ancion, Michel Firket et Jacques Marneffe soutenus par Mademoiselle Juliette Noël, Mesdames Marie Franssen épouse Frédérick, Antoinette Kraft de la Saulx épouse Begasse de Dhaem et Simone Gortz épouse Jacobs ainsi que par Messieurs Jacques Gramme et Alain de Seny, Paul Remouchamps étant lui, le seul élu démocrate-chrétien.

EN 1982 : MICHEL FORET DEVANCE ÉDOUARD CLOSE QUI RESTE BOURGMESTRE.

En 1982 la volonté d’envoyer le P.S. dans la minorité se manifesta et échoua à nouveau. En l’absence de Jean-Pierre Grafé au sujet duquel le Président de la Chambre Jean Defraigne avait reçu une demande de levée d’immunité parlementaire, la tête de liste d’un cartel P.S.C-P.R.L. fut proposée à Jean Gol qui devenu récemment Vice-Premier Ministre, la confia à son collaborateur Michel Foret entré au Conseil communal par la suppléance et devenu Échevin en remplacement de Madame Langevin ; William Ancion était deuxième de cette liste d’Union pour Liège dont Jean Gol occupait la dernière place. Édouard Close lui conduisait une liste socialiste élargie au Rassemblement Populaire Wallon de l’avocat Jean Mottard et du sénateur Charles Minet et au Rassemblement wallon du Président Henri Mordant. P.S. + R.W. et R.P.W. = R.P.S.W. soit Rassemblement des Progressistes et Socialistes Wallons.

Comme l’avait fait Jean-Pierre Grafé en 1976 Michel Foret en 1982 devança Édouard Close aux voix nominatives mais au total des votes valables le RPSW obtenait 48.330 voix (40,8%) et l’U.P.L. (PRL + PSC) 43.452 voix (36,5%) les nouveaux venus écologistes dont les cœurs penchaient à gauche complétaient les résultats 13.871 voix (11,7%). D’où le collège R.P.S.W. ÉCOLO.

Le quotidien Le Soir du 11 octobre 1982 en page 9 fournit le top onze des votes nominatifs en faveur des candidats R.P.S.W. et U.P.L.(les électrices et électeurs Écolo personnalisant moins leurs suffrages leurs élus n’apparaissent pas dans ce classement) :

  1. Michel Foret (tête de liste U.P.L./P.R.L.) 10.671,
  2. Édouard Close (tête de liste R.P.S.W./P.S.) 9.693,
  3. Jean Gol (dernier candidat de la liste U.P.L./P.R.L.) 4.976,
  4. William Ancion (2ème de la liste U.P.L./P.S.C.) 3.948,
  5. Jean-Maurice Dehousse (dernier candidat de la liste R.P.S.W./ P.S.) 3.825,
  6. Michel Firket (U.P.L./P.S.C.) 3.756,
  7. Albert Lonnoy (R.P.S.W./R.W.-D.C.) 3.591,
  8. Jacques Marneffe (U.P.L./P.S.C.) 2.796,
  9. Hubert Pirotte (U.P.L./P.R.L.) 2.654,
  10. Jean-Pierre Digneffe (R.P.S.W./P.S.) 2.467,
  11. Jules Borsu (U.P.L./P.R.L.) 2.248.

EN 1988 : DEUXIEME PLACE POUR MICHEL FAWAY ÉLIMINÉ PAR ANDRE COOLS

En 1988, pour retrouver des interlocuteurs aux autres niveaux de pouvoir, un préaccord P.S.- P.S.C. fut conclu et trente ans après restait d’actualité.

Les oppositions internes chez les socialistes entre Perronistes (Dehousse, Happart & C°) et groupe de Flémalle d’André Cools avait conduit à un compromis : le siège de Bourgmestre d’Édouard Close devant être transmis dans la seconde partie de la mandature au Président de l’Union socialiste communale Michel Faway qui finalement ne devait pas l’obtenir, André Cools l’accusant faussement d’avoir détourné un milliard de francs belges au détriment du C.P.A.S. dont il était Secrétaire général. D’aucuns s’attendaient à des stembloks chez les socialistes pour les Perronistes ou pour les coolsiens, les uns cherchant à éliminer les autres. Il n’en fut rien, Avec 40 % des votes valables et 23 sièges les socialistes partagèrent entre leurs deux tendances leurs élus

Voici les votes nominatifs recueillis alors, vingt-deux élus obtenant plus 1.000 suffrages préférentiels :

  1. Édouard Close 9.995,
  2. Michel Faway 6.506,
  3. Michel Foret 6.079,
  4. Jean-Maurice Dehousse 5.278,
  5. Jean Defraigne 4.628,
  6. Luc Toussaint 4.610,
  7. Jean-Pierre Grafé 4.226,
  8. Jacques Marneffe 3.393,
  9. Michel Firket 3.006,
  10. William Ancion 2.870,
  11. Brigitte Ernst de la Graete 2.551,
  12. Paul Peeters 2.343,
  13. Nicole Struvay 2.313,
  14. Jean-Pierre Digneffe 2.152,
  15. Didier Reynders 1.999,
  16. Hector Magotte 1.474,
  17. Maggy Yerna 1.448,
  18. Hubert Pirotte 1.236,
  19. Anne-Marie Hanquet 1.227,
  20. Nicole Anoul 1.202,
  21. Henri Schlitz 1.157,
  22. Charles Minet 1.072.

Un petit nouveau obtenait il y a trente ans 764 votes nominatifs. Son nom ? Willy Demeyer….

EN 1994 : POUR LE MAYORAT ENTRE LE BOURGMESTRE SORTANT ET LE CANDIDAT À SA SUCCESSION, IL N’Y EUT PAS BESOIN DE PHOTO POUR LES DÉPARTAGER. 

Trois ans après l’assassinat d’André Cools, le Président du P.S. Philippe Busquin imposa une liste communale liégeoise où le Ministre fédéral de la politique scientifique Jean-Maurice Dehousse obtenait la première place tandis que le Bourgmestre sortant Henri Schlitz qui avait succédé à Édouard Close, domicilié à Aubel,  après un an d’intérim confié, non à un socialiste mais au P.S.C William Ancion. Perronistes et Coolsiens cherchèrent à s’éliminer mutuellement mais les 18 sièges conservés par les socialistes se répartirent équitablement entre les deux camps. Par contre le classement des élus sur base de leurs voix nominatives se passe de commentaires.

Voici ce top 10 :

  1. Jean-Maurice Dehousse (P.S.) : 13.316,
  2. William Ancion : 6.985,
  3. Michel Foret  (P.R.L.) : 5.479,
  4. Jean-Pierre Grafé (P.S.C.) : 4.787,
  5. Michel Firket (P.S.C.) 3.961,
  6. Didier Reynders (P.R.L.) 3.590,
  7. Jacky Morael (Écolo) : 2.423,
  8. Luc Toussaint (P.S.) : 2.303,
  9. Philippe Monfils (P.R.L.) 2.137,
  10. Henri Schlitz (P.S.) 1.258.

EN 2000 : DES ARABES D’ORIGINE REMPLACENT LES ÉLUS D’EXTRÊMEDROITE. 

Le Soir a publié les voix de préférence suivantes suite au scrutin du 8 octobre 2000

  1. Willy Demeyer: 12.414,
  2. Didier Reynders: 10.481,
  3. William Ancion: 5.713,
  4. Jean-Pierre Grafé: 5.243,
  5. Jacques Marneffe: 3.538,
  6. Michel Firket: 3.476,
  7. José Happart: 3.157,
  8. Brigitte Ernst de la Graete: 2.665,
  9. Christine Defraigne: 2.477,
  10. Jacky Morael: 2.353,
  11. Claude Émonts: 2.102,
  12. Philippe Monfils: 1990,
  13. Michel de Lamotte: 1.768,
  14. Olivier Hamal: 1.406,
  15. Fouad Chamas : 1. 377,
  16. Hector Magotte: 1.285,
  17. Jean-Maurice Dehousse: 1.276.

Le score du Bourgmestre élu au scrutin précédent est tombé au niveau de celui dont il avait été le successeur (Dehousse 1276, Schlitz 1258).

Trois nouveaux élus pour la première fois d’origine arabe (Fouad Chamas candidat d’ ouverture sur la liste P.S., d’origine libanaise), Messaouda Barkat, Écolo, d’origine sarahouie et Fatima Shaban, P.S., d’origine palestinienne) remplacèrent les conseillers du Front national et d’Agir qui n’obtinrent donc pas leur réélection après six ans passés aux côtés de 45 autres élus et de journalistes qui les ignorèrent.

EN 2006 : RECORD POUR DEMEYER: IL DEVANCE REYNDERS QUI PARTIRA À UCCLE.

Le scrutin communal liégeois de 2006 se bi-poralisa, le Vice-Premier ministre Didier Reynders jouant son va-tout communal liégeois en se présentant comme votre Bourgmestre face au Bourgmestre en fonction Willy Demeyer. Plus d’un tiers des électrices et des électeurs (36.249 votes nominatifs sur les 106.941 votes valables) concentrèrent leurs voix sur ces deux têtes de liste. Willy Demeyer établit dans ce contexte le score record des voix de préférence obtenues lors d’élections communales à Liège en obtenant 18.999 votes nominatifs soit 46,8 % des voix des électrices et électeurs du P.S. et en devançant 1.749 voix son concurrent Didier Reynders qui réussit un résultat au moins aussi remarquable puisqu’avec 17.250 votes nominatifs c’est 61,9 % des 27.873 voix libérales liégeoises qu’il obtint. Des taux de pénétration (votes nominatifs divisés par le total des votes valables) respectivement de 17,8 % et 16,1 %, sans précédent.

Le top dix des plus de 2.000 votes nominatifs en 2006 :

  1. Willy Demeyer (P.S.) 18.999,
  2. Didier Reynders (M.R.) 17.250,
  3. Michel Firket (CdH) 4.649,
  4. Christine Defraigne (M.R.) 3.992,
  5. Maggy Yerna (P.S.) 3.674,
  6. Bénédicte Heindrichs (Ecolo) 3.511,
  7. Jean-Pierre Grafé (CdH) 2.754,
  8. Jean-Claude Marcourt (P.S.) 2.294,
  9. Fouad Chamas (ouverture P.S.) 2.125,
  10. Nicole Struvay (P.S.) 2.002.

En fin de mandature, Didier Reynders choisissait de quitter Liège et la Wallonie pour Uccle et la Région bruxelloise où (en plus des Affaires étrangères) le Vice-Premier ministre supervise notamment la gestion des institutions culturelles fédérales.

DANS LES LIMITES DE LA VILLE DE LIÈGE, D’AUTRES VOTES NOMINATIFS. 

Un double record a été établi par José Happart, lorsqu’il obtint plus de 234 et de 308 mille voix lors des scrutins européens de 1984 et de 1989 avec sur le territoire de la Ville 21.536 puis 23.899 suffrages préférentiels. Ces résultats hors norme de l’ancien et éphémère Bourgmestre des Fourons sont d’autant plus remarquables qu’il n’était pas tête de liste du P.S. (place accordée à Ernest Glinne en 1984 et à Raymonde Dury en 1989). Tous scrutins confondus José Happart occupe les deux premières places du podium que Willy Demeyer complète.

L’affirmation selon laquelle Michel Daerden aurait pulvérisé tous les records lors de l’élection du Parlement wallon en juin 2009 n’est pas fondée au niveau de la Ville de Liège puisqu’il y avait obtenu 15.415 votes nominatifs).

Autre scrutin qui a retenu l’attention : celui qui a suivi en novembre pour la Chambre l’assassinat d’André Cools le 18 Juillet 1991. De la première place au Sénat Jean-Maurice Dehousse avait été relégué à la septième place (en principe non éligible) sur la liste P.S. pour la Chambre. Avec un seul mot d’ordre trouvé par Roger Dehaybe (Résister), Dehousse obtint 14.190 voix à Liège (38.827 dans l’arrondissement) devenant le premier élu socialiste à la Chambre en sautant Laurette Onkelinx et ses 3.690 voix de préférence à Liège et 19.266 dans l’arrondissement soit à peine plus de la moitié du septième candidat. Là aussi il y eut déménagement vers Bruxelles….

Les écarts en votes nominatifs entre le Bourgmestre Demeyer et le Ministre Marcourt aux deux derniers scrutins communaux étaient considérables (16.705 en 2006 avec 18.999 votes pour le premier et 2.294 pour le second et encore en 2012, 9.704 voix d’écart avec 13.067 voix de préférence pour le Bourgmestre et 3.363 pour le Ministre). Depuis la situation a évolué car quand les deux furent têtes de liste le premier pour la Chambre des Représentants et le second pour le Parlement wallon, l’écart au niveau de la Ville n’était plus que de 717 votes (12.712 pour le Bourgmestre, 11.995 pour le Ministre).

Ajoutons que la roche tarpéienne cette crête rocheuse du Capitole d’où l’on précipitait dans le vide ceux dont Rome, sous l’antiquité, voulait se débarrasser reste toujours aussi proche de la plus sacrée des sept collines où se trouvait le cœur des institutions religieuses et politiques du monde latin. Ainsi à Liège, aux communales de 2006, la liste du P.S. connut quelques surprises. L’Échevin Miguel Mévis obtint 1.132 voix de préférence ce qui le classa 22ème candidat du P.S. qui eut 21 élus, le dernier siège étant octroyé à un nouveau venu, un Rocourtois du nom de Roland Léonard qui allait devenir Échevin mais qui l’avait alors emporté de deux voix : 1.134.

Jean-Maurice Dehousse qui ne manquait pas de moyens notamment dans le cadre de l’I.G.I.L. (Intercommunale de gestion immobilière liégeoise) avait obtenu la présidence du Palais des Congrès et un secrétariat mais son mandat primaire de conseiller communal disparut avec ses 1052 votes nominatifs alors qu’il avait reçu la place plus confortable de la liste, la dernière. Et pour José Happart, ses 1.630 voix de préférence l’incitèrent à ne plus guère se présenter à l’élection du Conseil.

LE TOP CINQ DE 2012 SERA-T-IL CONFIRMÉ DANS LE DÉSORDRE EN 2018 ?

Après avoir souligné le stemblok efficace de trois échevins des sections socialistes des anciennes communes de la périphérie liégeoise – ce n’est, en effet, pas par hasard si Hupkens, Léonard et Fernandez de Bressoux, Rocourt et Wandre obtinrent respectivement 2.839, 2.838 et 2.801 votes nominatifs – nous vous renvoyons au paragraphe sur les préférences actuelles et à notre question : en 2018, dans le désordre, le top cinq (Willy Demeyer, Christine Defraigne, Raoul Hedebouw, Gilles Foret, Jean-Claude Marcourt) sera-t-il très différent ?

Jean-Marie ROBERTI

Illustration Michel Foret                                (à suivre)