Catherine Jendrzejczyk, lauréate du Prix du Corps Consulaire de la Province de Liège 2017-2018

Lors de la remise du Prix du Corps Consulaire de la Province de Liège 2017-2018, le recteur Albert Corhay s’est réjoui du partenariat existant entre l’université et cette association forte de 45 Consulats. Réussir son internationalisation et la renforcer supposent nécessairement d’agir au niveau local. Et cela est particulièrement vrai pour une université qui compte 5400 étudiants étrangers, près de 850 doctorants étrangers et un peu moins de 600 chercheurs et académiques originaires d’un autre pays. L’internationalisation d’une université repose également sur la place qu’elle confère à l’analyse du fait international et à la recherche en la matière. Participer à cette dynamique est clairement un des objectifs de ce prix. Et j’invite le Corps consulaire à poursuivre, voire à renforcer, ce type d’initiatives, notamment pour les étudiants en cours d’études. Il convient en effet de les éveiller aux relations internationales, de faire connaître l’action diplomatique et de transmettre une passion.

Le jury composé de trois membres du Corps consulaire (MM Dodelinger auquel on doit la création de ce Prix, Goffioul, Géradin) et de trois membres de l’ULiège (MM Hermans, président, Raxhon, Quentin) a proclamé lauréate du Prix, Madame Catherine Jendrzejczyk. Titulaire, entre autres, d’un master en Sciences politiques à l’ULiège, Madame Catherine Jendrzejczyk a traité de l’évolution de la question kurde en Syrie dans le nouveau contexte international au Moyen-Orient.

Un sujet d’une brûlante actualité. La bataille de Kobané qui a vu, en janvier 2015, la victoire des Kurdes syriens sur l’État islamique a-t-elle augmenté leur poids politique et leurs revendications fédératives. Dans la première partie de son travail,  Madame Catherine Jendrzejczyk  répond : assurés du soutien diplomatique et militaire de la communauté internationale dans leur lutte face aux forces terroristes de l’État islamique, les Kurdes syriens ont par ailleurs vu augmenter la légitimité de leurs revendications fédératives. La seconde partie examine notamment la perspective d’une fédéralisation éventuelle de l’État syrien et l’impact d’une telle option sur l’équilibre régional du Moyen-Orient. Quant à la troisième partie de l’ouvrage, elle est un approfondissement de la résistance kurde syrienne vis-à-vis de l’État islamique à l’échelle nationale, régionale et internationale.

La persévérance et la vaillance des Kurdes syriens vont-elles s’avérer payantes ?  La réponse est  oui non ou non oui. Dans ses conclusions, Madame Catherine Jendrzejczyk note que ces aspirations autonomistes sont actuellement fortement contrecarrées par les exigences du droit international et l’hostilité  des puissances régionales. Considérée comme une menace de déstabilisation majeure du système international, la sécession est effectivement exclue par le droit international. Il est alors fort peu probable que les Kurdes syriens puissent pousser leurs revendications jusqu’à la reconnaissance d’une indépendance de jure. Par contre, l’hypothèse d’une fédéralisation de l’État syrien permettrait une indépendance de fait de la communauté kurde syrienne, décentralisée du régime de Damas. Toutefois, la menace de susciter un phénomène d’émulation ne pouvant être totalement écartée, les puissances régionales dotées d’une communauté kurde risquent de s’opposer âprement à un tel projet.  

Photo © Michel Houet ULiège

De vraies nouvelles et pourtant rien ne va plus vite qu’une fausse nouvelle !

Fondateur du théâtre Arlequin, José Brouwers en est à sa trente-sixième création littéraire, un recueil de nouvelles Rien ne va plus vite qu’une fausse nouvelle (1). Un titre inspiré de Sacha Guitry qui, après avoir mis en concurrence mot d’esprit et fausse nouvelle, a accordé la victoire à cette dernière. Les quatorze récits – cent quarante-quatre mille cent dix signes, espace compris, au total – ont eu pour premiers lecteurs les membres du Royal Tennis Club de Liège dans leur revue AD (Avantage Dehors).

La nouvelle  est un genre difficile, exigeant. Certains romanciers, et non des moindres, estiment que son art est plus compliqué que le leur. Si dans l’absolu, une nouvelle compte de cinq à vingt-cinq mille signes, il est rare que deux nouvelles ait un score identique de signe espace compris. C’est pourtant le cas dans le recueil de José Brouwers ; Fausses nouvelles et La messe de minuit sont à égalité – six mille quatre cent quatre-vingt-un signes, espace compris. Hasard ou coquetterie d’auteur ?

José Brouwers a la plume locale. Tout, ou presque tout, se déroule à Liège, dans des décors familiers. Ainsi, on y retrouve, à la Taverne berlinoise, un professeur qui ressemble étrangement à un autre, constitutionnaliste éminent. D’ailleurs, l’un et l’autre se prénomment François ! L’érudition de José Brouwers le conduit à un style léger, voire coquin. Il évoque, tantôt, Mae West qui, à la fin d’un slow, murmure de deux choses l’une…ou vous êtes armé ou je vous fais beaucoup d’effet, tantôt Clémenceau, à la vue d’un couple dansant le tango se demande pourquoi diable  font-ils ça debout ?

Érudition sans pédanterie dans ce conte pour grands enfants qui met en scène deux peintres, Tamara de Lempicka et Philippe Waxweiler. L’une a dit parmi une centaine de tableaux, vous pouvez toujours reconnaître les miens. L’autre peut le dire. À l’étal du libraire, parmi la centaine de couvertures illustrant les livres, chacun.e peut reconnaître Rien ne va plus vite qu’une fausse nouvelle illustré du Carré graphique de Waxweiler !    

(1) Disponible à la librairie Livre aux Trésors – tél/fax : + 32 (0)4 250 38 46 – Place Xavier Neujean 27A, B-4000 Liège – mél : info@livreauxtresors.be

Verviers, 29 et 30 juin, les Musicales Guillaume Lekeu 2018.

Lors des premières Musicales Guillaume Lekeu, leur fondatrice Madame Gillard a rappelé qu’au début du vingtième siècle, un critique a écrit il est permis d’espérer qu’un jour prochain on rallumera la flamme de cette courte mais fulgurante destinée – à Verviers, à Bruxelles, à Paris, peu importe – pourvu que soit sauvé des poussières de l’oubli ce qui est immortel dans son œuvre. Si le jour prochain n’est venu qu’un siècle plus tard – et c’est donc aujourd’hui 5 juillet 2012 que naît le festival qui lui est dédié – il est permis de dire qu’autrefois, Lekeu a conquis Verviers, où il introduit ses amis parisiens, à leur septième édition, les Musicales Guillaume Lekeu (1) contribuent à rendre à Verviers sa dimension musicale internationale.

La verviétoise Eliane Reyes a fait sienne les concerts-lectures, un concept qui associe dans un même spectacle musique – Eliane Reyes est une pianiste virtuose – et parole. Ainsi, elle a présenté la raison des sortilèges en compagnie du philosophe Michel Onfray et de Jean-Yves Clément  évoquant leur rapport à la musique. À Verviers, Valses poétiques (2), c’est cinq siècles de poésie avec Patrick Poivre d’Arvor tandis qu’Eliane Reyes interprétera sept valses de Chopin et six de Granados. De sa voix télégénique, PPDA fera entendre  J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre (Baudelaire), J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité (Desnos), Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame (Ronsard), Les roses de juillet pleuvront sur les chemins (Derème), Souvenez-vous qu’à mon âge / Vous ne vaudrez guère mieux  (Corneille).

Parmi les quatre concerts (3) prévus le second jour des Musicales, il en est un quasi à cent pour cent verviétois et vraiment à mille pour cent international, de Vieuxtemps à Maurane. Toutes les œuvres sont dues à des compositeur.e.s de Verviers, de Claude Luypaerts dite Maurane à son papa Guy-Philippe en passant par Henri Vieuxtemps, Guillaume Lekeu et David Reyes. En juin 2018, création mondiale en piano solo par Eliane Reyes de Tocca-Tango, opus que Guy-Philippe Luypaerts lui a dédié en 1995 en souvenir de quelques pas de tango esquissés sur la scène du Conservatoire lors de la remise des Chapuis.

Interprètes de ces compositeur.e.s, Eliane Reyes et Laurence Koch, arrière-petite-fille du liégeois Henri Koch. Elles ont en commun d’être montées sur scène à l’âge de cinq ans. Ce qui les différencie de Guillaume Lekeu. Nul souvenir ne nous enseigne qu’il se soit distingué prématurément. Tout au contraire nous montre en lui l’enfant sage et appliqué, apprenant le piano et le violon, mais ne se signalant point par des dispositions particulièrement brillantes, et rien ne nous permet de prévoir qu’un jour prochain la flamme pure du génie incendiera sa jeune intelligence et la fera resplendir. Autre point commun, leur carrière internationale. Ainsi, en novembre 2017, lors de la visite d’État au Japon de S.A.R. le Grand-Duc de Luxembourg et S.A.R. la Princesse Alexandra, elles ont donné un récital en l’honneur de LL.MM. l’Empereur et l’Impératrice du Japon au Palais d’Akasaka.

 VERVIERS Japon

(1) Musicales Guillaume Lekeu – Réservation : tous les jours, 9h 17h, Maison du Tourisme de Verviers info@paysdevesdre.be, tél 087/30.79.26 ou au Centre culturel, lundi au vendredi, 10h 12h30, 13h30 17h30 billetterie@ccverviers.be, tél 087/39.30.60 – Prix : 29/06 25€, 30/06 25€, pass 2 jours 40€ – Accès gratuit pour les moins de 18 ans.

(2) Valses poétiques – 29/06 – 20h – Espace Duesberg, Bd des Gérardchamps 7c.

(3)  Quatre concerts pour 25€ – 30/6 – 15h30 : Concert des Jeunes Talents de notre Région – 17h : De Vieuxtemps à Maurane – 19h : La Reine Élisabeth – 21h : Concert « Piazzola & Grieg » – Espace Duesberg, Bd des Gérardchamps 7c

Incroyable, « Mon enfance sous l’occupation nazie ».

Au Québec,  début avril, est paru un ouvrage de Michel Prenovost intitulé Mon enfance sous l’occupation nazie (1). Ce livre est le récit d’un secret d’enfant qu’Aimé Schmitz a conservé durant plus de septante-cinq ans. Aimé Schmitz est né en 1933 d’un père luxembourgeois, Lucien, émigré au Saskatchewan (Canada) et d’une mère française, Gilberte. La famille est de retour en Belgique, à Gouvy, peu avant que n’éclate la seconde guerre mondiale.

Gouvy est situé dans les Ardennes profondes au nord de la province du Luxembourg. Au début de la guerre, le papa d’Aimé est cordonnier tandis que son grand-père tient un commerce de meubles. Quelques mois plus tard, le papa ouvre, à proximité de la Kommandantur, un café en face la gare. Fréquenté tant par les Allemands que par des  cotcheux, cet établissement prospère grâce à l’entregent d’Antoinette, une Liégeoise engagée comme serveuse. En réalité, ce bistrot est une couverture de l’armée blanche. Aimé a entendu l’expression, son grand-père lui explique : il y a des choses qu’il vaut mieux ignorer. Si on te pose ces questions, tu dis que tu ne sais rien, que tu ne sais même pas ce qu’est l’armée blanche. Moins on en sait, mieux c’est pour nous. C’est  compris ?

Mais, un jour, la Gestapo fouille le bistrot et ses dépendances, Lucien et Antoinette sont arrêtes. Ils sont libérés quelques jours plus tard, le café est mis sous scellés,  interdit d’y entrer sous peine de mort. Contrainte de déménager, la famille Schmitz  s’installe a Rettigny, un village voisin. Le papa d’Aimé se sert parfois de lui comme agent de liaison ou le charge d’observer certains mouvements de l’ennemi. Les temps sont durs, la famille est dispersée. Au début de l’été 44, Aimé accompagne son père au campement des résistants. Il y apprend notamment à remplir des chargeurs. Un jour, contre son gré, il assume seul la garde de deux prisonniers rexistes. Qu’est-ce que je vais faire s’ils se détachent? — Tue-les, répond Alex. Une balle dans la tête. Tu prends ton P38, tu enlèves le cran de sûreté et tu appuies sur la gâchette. Tu les tues! Et l’enfant est amené à commettre ce double meurtre. Je place cette histoire au plus profond de ma conscience et décide d’y enfermer à double tour le souvenir de cet épisode de ma vie. Je retourne à Gouvy où je retrouve mon grand-père, qui n’a rien su de mon aventure. Incroyable, ce récit de l’octogénaire Aimé Schmitz à Michel Prenovost, récit à estampiller par la critique historique.

Une scolarité perturbée, Aimé n’a rien d’une mauviette. Il a le poing facile. Aussi, je deviens malgré moi un dur à cuire. Le coup de poing asséné sur le nez d’Anglebert m’a fait prendre conscience que jamais plus on ne me marchera sur les pieds. Jamais. Impulsif, il a tout d’une tête brûlée au point qu’au lendemain de la grande grève de 60-61, il décide de s’exiler au Canada, terre de grands espaces. Au lieu d’un exil, c’est un retour au    pays car né au Canada, il est Canadien ! Apaisé, il exerce différents boulots dont celui de moniteur dans une école de tir…

 

(1) Mon enfance sous l’occupation nazie – Édition Les Intouchables (Québec) – Auteur Michel Prenovost d’après le récit d’Aimé Schmitz – 250 pages – ISBN: 978-2-89485-776-9 Peut être commandé à la librairie dédiée au livre québécois : TULITU 55 rue de Flandre, 1000 Bruxelles – librairie@tulitu.eu

Du 8 au 19 Août à Spa, le théâtre n’a plus la priorité à l’affiche d’un « ROYAL Festival ».

Le cinquante-neuvième Festival de Théâtre de Spa n’aura pas lieu.

Nous avions soutenu Armand Delcampe et le Bourgmestre de Spa Joseph Houssa dans leur lutte contre la suppression de ce Festival voulue par la Ministre bruxelloise Joëlle Milquet qui semblait l’avoir emporté quand Armand Delcampe dut démissionner.

Un double hasard vint renverser le cours de choses. Tout d’abord la mise en cause judiciaire de la gestion de son cabinet entraina la démission de cette ministre.

Ensuite son remplacement fut dans le domaine culturel confié à Alda Greoli d’origine spadoise. Cela valut au Festival de Théâtre de Spa qui recevait en 2016, 204.600 euros de subventions, d’obtenir un contrat programme de cinq ans (de 2018 à 2022) d’un montant de 300.000 euros par an (soit 1,5 millions pour le quinquennat).

Certes, c’est vraiment peu de chose à côté des 35 millions quinquennaux d’un Théâtre national qui ne décentralise plus. Et la Ministre Greoli continue injustement à accorder à Bruxelles dans ce domaine 70 % des subventions localisables alors que cela devrait être la proportion à attribuer à la Wallonie.

Le nouveau directeur du festival de théâtre de Spa (dont la présidence est assurée depuis 42 ans par le bourgmestre Houssa qui termine cette année son ultime mandature), Axel de Booseré a pu cette année redémarrer avec des moyens moins indécents que ses prédécesseurs.

Il a présenté non sans brio ce 23 mai ce qu’il appelle un  grand bazar,  à savoir un programme exposé dans une petite brochure de 48 pages où les références à Jacques Huisman, André Debaar et Billy Fasbinder ainsi qu’à Armand Delampe dès 1999 n’apparaissent plus et où le mot  théâtre disparaît lui-même du titre de l’institution. On nous annonce du Cabaret, du Cirque, de la Danse, de l’Opéra, de la Magie, de l’Humour, des Marionnettes, etc. Et du théâtre ?

En douze jours, à quarante et une représentations de vingt-deux spectacles principaux dans une demi-douzaine de lieux s’ajoutent une bonne vingtaine d’autres initiatives : trois spectacles pour enfants, quatre stages, un atelier et un théâtre gestuel, une référence aux sports, deux lectures, six concerts et  after musicales  et quatre rencontres. Et du théâtre ?

Certes, mais bien peu. Axel de Booseré écrit avoir vu pour préparer sa programmation plus de 150 spectacles. Combien de grands textes dramatiques a-t-il lu cette année ? En Avignon de Jean Vilar à Gérard Philippe en passant par Maria Casarès ou Geneviève Page, le mot d’ordre était  être d’humbles serviteurs de grands textes. Les servir ne pas s’en servir. De Molière à Shakespeare, d’Anouilh à Brecht, les auteurs les plus marquants semblent oubliés comme si, en musique classique, nos ensembles philharmoniques ignoraient Mozart ou Beethoven. Un Feydeau, des imprécations d’Hugo Claus en fin de vie et un rappel de Louis Jouvet ou une mise en cause de l’orthographe, n’est-ce pas trop peu pour les amateurs de théâtre. En principe les arts de la scène en Fédération  Wallonie Bruxelles subventionnent du théâtre adulte,  pas nécessairement des spectacles de variétés.

Page suivante, vous trouverez de l’intérêt à  toutes les choses géniales  un one-man show de François-Michel van der Rest qui interprétera l’auteur britannique Duncan MacMillan. Consultez le programme, allez voir ce qui risque de vous plaire. Consultez le site http://www.royalfestival.be  même si, comme nous, vous regretterez que le désir de faire du neuf à tout prix élimine de cette adresse deux mots que nous continuons à préférer à Royal Festival. Ce sont Théâtre et Spa qui sont ceux qui, depuis 59 ans, assurent la fidélité d’un public républicain ou monarchiste qui vient en août au théâtre à Spa.

Jean-Marie Roberti

 

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Le premier texte paru dans Liège 28 paraphrase Dostoïevski qui a écrit j’étais maladivement cultivé, comme il convient à un homme de notre époque. Paru à 9h35, le lundi 29 août 2005, Liège 28 déclare je suis modérément cultivé, comme …

Cette modération semble avoir plu puisque depuis bientôt treize ans, lectrices et lecteurs ont été nombreu.ses à lire Liège 28 via l’adresse http://liege28.skynetblogs.be. Mais cette adresse est appelée à disparaître le 30 juin. Proximus a décidé de mettre un terme à ce service.

Liège 28 ne disparaît pas pour autant. Il a trouvé un autre hébergeur WordPress qui vous donne accès à Liège 28 à l’adresse https://liege28.blog.