De châteaux en châteaux.

Inscrit depuis 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco comme paysage culturel vivant le Val de Loire attire le tourisme à la découverte des septante neuf châteaux de la Vallée des Rois. En 2019, l’engouement est encore plus grand. Cinq centième anniversaire de la mort, le 2 mai, de Léonard de Vinci au Clos Lucé à Amboise où il résidait, depuis 1516, à l’invitation de François 1er. Il y amène La Joconde, le Saint-Jean Baptiste, la Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne. Cette année, la Pinacothèque du Vatican a prêté la tapisserie tissée en Flandre qui reprend le thème de l’Ultima Cena, fresque de Léonard de Vinci au couvent de Santa Maria delle Grazie à Milan. C’est la première fois depuis le XVIe siècle que cette tapisserie quitte le Vatican pour un pays étranger. À Amboise, la tapisserie est dégagée de la vitre qui la protège à la Pinacothèque du Vatican.

À l’initiative du Dernier Carré – club des retraités de l’ancien Centre de Production de la RTBF-Liège – nous sommes partis en car direction Tours d’où nous rayonnerons vers divers châteaux dont Chambord, Cheverny, Villandry, Blois, Chaumont, Chenonceau. Nous n’avons pas tout vu. Ainsi, dans ce dernier, nous n’avons point vu un pont à bascule en état de fonctionnement (qui) permet d’accéder à un vaste grenier (…) aménagé en couvent au début du XVIIe  siècle. Ce pont intérieur apparaît comme un passage entre le monde terrestre et le monde spirituel, entre les hôtes laïques du château et les religieuses installées au grenier (1).  Ces religieuses, des Capucines, se sont installées à Tours en 1634.

À Chambord, notre guide Thibaut Fourrier nous a expliqué que ce château dont la construction  commence en 1520 est le signe du prestige acquis par François 1er au lendemain de la bataille de Marignan en 1515 par la signature du Concordat de Bologne en 1516. Reconnu par le Pape Léon X comme fils aîné de l’Église, le Roi de France dispose du droit d’aînesse à l’égard des autres souverains. En outre, il dispose du droit de désigner les archevêques, les évêques, les abbés à charge pour le pape de leur conférer l’investiture canonique. Symbole de son pouvoir et de sa grandeur, François 1er n’habitera jamais Chambord dont le domaine entièrement clôturé a une superficie équivalente à Paris intra-muros.

La cour du Roi a  la réputation d’être érudite. Un diplomate, Hubert Thomas de Liège, raconte : les lectures qui s’y faisaient, les matières qui s’y traitaient, les entretiens qu’on tenait étaient si instructifs que même le plus savant trouvait encore de quoi y apprendre (…) entendre parler le Roi, quoiqu’il parlât avec peine et qu’on ne l’entendit qu’avec beaucoup d’attention, ses maladies lui ayant fait perdre la luette. Prince d’un génie presque universel si l’on excepte la langue latine qu’il ignorait.

Nous avons prolongé notre séjour en optant pour la formule gîtes dans les dépendances d’un château du XVIe siècle, La Roche Berthault (2). Situé dans un parc de vingt ha de forêt de feuillus dans lesquels les locataires des gîtes sont libres de se promener, ce château est la propriété d’un ancien diplomate belge. Dans un rayon de cinquante kilomètres de La Roche Berthault se trouvent la majorité des lieux à visiter dans le Val de Loire. Ainsi Montrésor – la plus petite commune de Touraine, 91 ha, 341 habitants en majorité  polonais – qui, outre son château, recèle de beaux gisants en sa collégiale d’un  Village préféré des Français. Ainsi la cité royale de Loches où, en 1539, Charles-Quint rencontre François 1er  avant de se précipiter à Gand pour mater ses sujets en révolte contre l’impôt. Nihil novi sub sole !

 La Roche Berthault est le nom d’un château édifié aux abords de l’an mil sur un promontoire et confié à un dénommé Berthault ayant charge de surveiller le chemin qui mène à l’Espagne. À l’époque, autour du premier millénaire, le comte d’Anjou Foulque Nerra n’a de cesse de guerroyer  contre le comte de Blois pour s’assurer de la conquête de la Touraine. Fin stratège, il n’a rien de la colombe. Violent, craint de Dieu et redouté du diable, il n’a de cesse de se faire pardonner. Infernal, il redoute l’enfer. Quatre pèlerinages à Jérusalem occupé par les Arabes. Au retour du quatrième, il meurt à Metz. Il est enterré à l’abbaye de Beaulieu qu’il a fait construire en rémission de sa cruauté.   

(1)  extrait du Guide secret des Châteaux de la Loire – Florence Macquarez – Editions Ouest-France. Dans la même collection,  Guide secret de Bruxelles.  

(2) Château La Roche Berthault (photo en-tête ©FCW) – Commune de Ciran 37240 en Indre-et-Loire – http://www.larocheberthault.fr/

Dans le canton de Ninove, un vote sur trois Vlaams Belang!

Des 810.177 suffrages récoltés par le Vlaams Belang en pays flamand et à Bruxelles-Capitale, il y a lieu de soustraire les 18.077 suffrages engrangées par ce parti dans les cinq circonscriptions  wallonnes.

La province du Hainaut procure 8.246 voix au Vlaams Belang, soit 1.13%  des suffrages exprimés dans cette province. Il s’agit d’un score supérieur à la Liste Destexhe (8.177), au Collectif citoyen (7.992), à La Droite ex-aequo avec Agir (chaque liste 5.916), à Lutte ouvrière (5.735), à Nation (5.341), au Parti communiste belge (1.626). 

La province du Luxembourg procure 1.517 voix au Vlaams Belang, soit 0.89% des suffrages exprimés dans cette province. Il s’agit d’un score supérieur à La Droite (1.440), à Nation (1.176).

La province du Brabant wallon procure 2.097 voix au Vlaams Belang, soit 0.85% des suffrages exprimés dans cette province. Il s’agit d’un score supérieur  à Wallonie insoumise (2.088), à La Droite (1.460), à Turquoise (626).

La province de Namur procure 2.124 voix au Vlaams Belang, soit 0.70% des suffrages exprimés dans cette province. Il s’agit d’un score supérieur à Nation (1.929), à Agir (1.682).

La province de Liège procure 4.093 voix au Vlaams Belang, soit 0.66% des suffrages exprimés dans cette province. Il s’agit d’un score supérieur à La Droite (3.949), à Wallonie insoumise (3.266), à Nation (2.137).

Avec ses 18 député.e.s, le Vlaams Belang est le deuxième parti de Flandre. Cependant dans 24 cantons situés dans les provinces de Flandre occidentale, de Flandre Orientale et de Limbourg, il devance la NVA. Douze de ces cantons sont en Flandre occidentale : Izeghem, Oostrozebeke, Ypres, Dixmude, Gistel, Harelbeke, Hooglede, Menin, Roulers, Vleteren, Wervik, Zonnebeke. Huit de ces cantons sont en Flandre orientale : Assenede, Eeklo, Brakel, Grammont, Herzele, Ninove, Renaix, Zele. Quatre de ces cantons sont au Limbourg : Maaseik, Maasmechelen, Peer, Tongres.

Si le vote des Belges à l’étranger ne met ni le Vlaams Belang, ni la NVA en tête de leur formation favorite, il en est tout autrement dans le canton de Ninove. Sur 39.278 votes valables, le Vlaams Belang en recueille 13.156 soit 33.49%. Autrement dit, un électeur ou une électrice sur trois du canton de Ninove vote Vlaams Belang !  

LE SOIXANTIEME FESTIVAL DE SPA, DES « PÉPITES » MAIS ENCORE …

Axel De Booseré, directeur, nous annonce s’être « lancé à la recherche de pépites » pour une « édition anniversaire exceptionnelle » où « le théâtre restera au cœur du Festival ».

Très bien même si on ne  croit toujours pas que c’est par souci de promotion de la Monarchie que les mots « Festival de théâtre » ont été remplacés par « Festival Royal ».

Par ailleurs,  si c’était l’Opéra ou la Musique classique qui se trouvaient « au cœur du Festival »,  personne ne comprendrait que Bach, Mozart, Beethoven ou que Verdi, Wagner, Rossini ou Mozart à nouveau soient condamnés au silence.

Sophocle, Racine, Shakespeare, Claudel, Beckett, Aristophane, Molière, Jarry, Arrabal, Tchékhov, Audiberti, Brecht, Genet, Pinter, Eschyle, Anouilh, Hugo, Montherlant, de Ghelderode, Pirandello, Corneille, Beaumarchais, Marivaux, Musset, Wesker, Rostand, Giraudoux, Guitry, Ionesco, Feydeau, Courteline, Labiche, Fo, Obaldia, Goldoni, Sartre, Camus, T.S.Eliot, etc, etc…. n’auraient-ils pas produits quelques pépites ?  

De grands textes à faire servir par des comédiens respectueux de leur lettre et de leur esprit ?

Ces « pépites » ne se découvriront  en tout cas pas cette année cet été à Spa où je ne connais aucun des auteurs à l’affiche si ce n’est David Van Reybrouck, journaliste, historien, archéologue dont j’ai dévoré les 600 pages de sa passionnante histoire du « Congo »  et dont j’ai lu avec beaucoup intérêt l’essai intitulé « Contre les élections ».

Pourquoi cette absence de dramaturges connus ? C’est ce que nous aurions demandé à l’époque où les conférences de presse étaient encore un dialogue entre les invitants et les journalistes professionnels. Aujourd’hui il apparaît incongru de poser des questions lors d’un « show » de présentation où le directeur du festival livre pour chaque spectacle des témoignages de producteurs, de metteurs en scène et d’interprètes ou bien a recours à des vidéos. Dans ces conditions, pas question de questions ! Seuls les applaudissements polis étaient de mise. En effet, l’ordre du jour ne comprenait pas d’examen de la situation du Festival, de sa subsidiation par la Fédération Wallonie-Bruxelles, de ses recettes propres (plus de 10.000 entrées en 2018, 2.000 de plus voulues cette année), du rôle de la Ville de Spa après le départ de son Bourgmestre Joseph Houssa qui préside toujours le Conseil d’administration du Festival.  

Il me semble très probable que l’absence d’auteurs majeurs dans la programmation du Festival est en partie liée à des raisons budgétaires car beaucoup de leurs pièces nécessitent une distribution qui dépasse le petit nombre de comédiens requis par les spectacles sélectionnés. Le respect des barèmes et de la législation sociale n’autorise plus en effet à faire n’importe quoi avec n’importe qui sous le prétexte de la promotion de la culture.

La recherche de pépites conduit à un patchwork alors qu’il nous semblerait préférable de fixer une ligne pour donner au Festival une originalité et une cohérence. Par exemple la mise en valeur de ce qui en Wallonie sert l’art dramatique : un auteur comme  Armel Job, un théâtre comme l’Atelier Jean Vilar de Louvain-la-Neuve (qui programme Brecht et Shakespeare, Cyrano et L’homme de la Mancha, Garcia Lorca et Tchékov, etc…), une compagnie comme les Baladins du Miroir, les potentialités nouvelles offertes par la rénovation et le développement de l’Emulation à Liège, le travail des Conservatoires, les relations théâtre cinéma où les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne  lauréats de la mise en scène au Festival de Cannes sont Wallons et Liégeois etc… 

Cette année à Spa il n’y a plus de coopération privilégiée – comme ce fut la cas pendant quarante ans – avec un Théâtre alors  national (qui surtout aux débuts du Festival de théâtre de Spa pratiquait une politique de décentralisation abandonnée aujourd’hui par une institution devenue essentiellement bruxelloise) ou bien avec ensuite l’Atelier théâtral Jean Vilar de Louvain-la-Neuve. On joue désormais avec tout le monde y compris la Communauté flamande comme lors de spectacles importants du Festival : « Evidences inconnues», « Horses », « Fidelis Fortibus » et « Para », production du K.V.S. le théâtre flamand de Bruxelles, Royal comme le Festival de Spa.

Le spectacle anniversaire de celui-ci nous apportera lors de deux représentations  le même soir d’exceptionnelles surprises musicales et audiovisuelles. Manifestement il ne s’agira pas de dégager des perspectives d’avenir au départ d’un bilan critique des directions de Jacques Huisman  pendant plus d’un quart de siècle (1959-1986), puis après le « flop » de Jean-Claude Drouot en 1987, la reprise de Billy Fasbender et André Debaar (1988-1998) et à partir de 1999 l’animation d’Armand Delcampe (1999-2015) d’abord accompagné par  Jacques De Decker et Jean-Claude Idée puis par Cécile Van Snick qui restée seule à la barre en 2016-2017 eut la chance de voir la Ministre de tutelle Joëlle Milquet qui avait dans les faits décidé la suppression du Festival, être en avril 2016 privée de ses fonctions ministérielles et remplacée par une Spadoise d’origine Alda Gréoli qui, elle, accepta de doter le Festival ‘un nouveau contrat programme. 

Contrat suffisant ? That is the question.  D’autant qu’il est resté nécessaire de produire des œuvres réalisables avec des moyens très modestes. 

Ceci dit, nous n’allons pas exposer en long et en large   les 29 spectacles (généralement représentés au moins deux fois) qui se dérouleront en huit lieux pendant douze jours du 7 au 18 août . Cirque, danse et musique complèteront une majorité de représentations théâtrales. 

Quand on connaît le nombre de touristes flamands, néerlandais et allemands présents l’été à Spa c’est une excellente idée que d’avoir veillé à ce que près d’un tiers des spectacles soit accessible au public non francophone. 

Si j’avais une préférence à formuler, elle irait à la pièce de David Van Reybrouck »Para » non seulement parce qu’elle est jouée par un comédien Bruno Vanden Broecke ayant obtenu le « Louis d’Or » du meilleur acteur aux Pays-Bas mais aussi et surtout parce qu’elle se base  sur une recherche de deux ans menée par l’auteur dans les archives et auprès des participants à l’intervention militaire belge en Somalie en 1992 et 1993. Connaissant par la lecture de son essai historique sur le Congo la rigueur et la profondeur du travail préparatoire de Van Reybrouck, je ne doute pas du caractère décapant de la pièce qui sera jouée les 14 et 15 août prochain à Spa.

Pour ce spectacle comme pour plusieurs autres, je vous conseille vivement de réserver des places le plus tôt possible car il est au Festival de Spa fréquent que le théâtre fasse salle comble.

Pour prendre connaissance de tout le programme et effectuer les réservations, il suffit de vous rendre sur le site http://www.royalfestival.bequi est de grande qualité sous la responsabilité de Madame Justine Donnay, chargée de la communication.

Bon Festival spadois

Jean-Marie ROBERTI.

Liège, variation électorale depuis octobre 18.

Il est tentant de comparer le résultat des diverses formations qui se sont présentées en octobre 2018 aux communales de Liège avec le résultat qu’elles ont obtenu sept mois plus tard aux trois scrutins de mai  2019. Le canton électoral de Liège correspond à la Ville de Liège.

Les résultats varient selon les scrutins : Europe, Chambre, Région. Globalement, selon une vision optimiste qui magnifie les gains les plus spectaculaires et choisit la perte qui fait le moins mal, il est permis de dire que, par rapport au mois d’octobre 18, Écolo a progressé de 61.60 % (Europe),  Défi de 25.15 % (Europe), le PTB de 23.25% (Chambre). En revanche, le PS a perdu 12.35% (Europe), le CdH 10.29% (Région), le MR 9.49% (Chambre).

Dans le détail, par rapport au scrutin d’octobre 18, le PS perd à l’Europe 3.742 suffrages (12.35%), à la Chambre 4.475 suffrages (14.82%), à la Région 5.232 suffrages (17.27%).

Le MR perd à l’Europe 3.243 suffrages (18.32%), à la Chambre 1.681 suffrages (9.49%), à la Région 3.555 suffrages (20.09%).

Le CdH perd à l’Europe 1.255 suffrages (18.83%), à la Chambre 877 suffrages (13.16%), à la Région 686 suffrages (10.29%).

Vert Ardent – cartel Écolo-Demain – gagne à l’Europe 8.957 suffrages (61.60%),  à la Chambre 6.966 suffrages (47.91%) , à la région 4.634 suffrages (31.87%).

DéFI gagne à l’Europe 894 suffrages (25.15%), à la Chambre 411 suffrages (11.56%), à la Région 423 suffrages (11.90%).

Le PTB gagne à l’Europe 2.705 suffrages (16.82%), à la Chambre 3.739 suffrages (23.25%), à la Région 2.049 suffrages (12.74%).

Hit-parade électoral

Au hit-parade des voix de préférence aux élections fédérales qui porte sur les cinquante meilleurs scores, les Flamands l’emportent sur les francophones par 36 à 14. Seuls quatre parlementaires dépassent la barre des 100.000 votes nominatifs. Premier de cordée, Jan Jambon (187.826) suivi d’Élio Di Rupo (125.009), Théo Francken (122.738) et Tom Van Grieken (122.232) soit 2 NVA, 1 PS et 1 Vlaams Belang.

En huitième et neuvième position, deux liégeois : Frédéric Daerden (54.898) et Raoul Hedebouw (49.852). Le PS  l’emporte sur le PTB par 5.046 voix. Un troisième liégeois figure en 34ème position, le MR Daniel Bacquelaine (27.220). Trois hennuyers sont également à l’honneur. Outre Di Rupo, le MR Denis Ducarme (24.959) en trente-huitième position et la CdH Catherine Fonck (19.333) en quarante-septième places. Maxime Prévot, président du CdH, dont le siège était incertain en extrapolant le dernier sondage publié fait une spectaculaire remontada en occupant la vingt-huitième position (31.757).

La NVA prend la part du lion avec 12 mentions suivi du CD&V (8 mentions). Vlaams Belang et Open VLD sont ex-aequo (5 mentions). À noter la belle place du S.pa qui réussit à placer dans ce hit-parade quatre de ses neuf parlementaires qui lui reste des treize qu’il avait dans la précédente législature.

La débâcle de Liège.

Au prétexte que tant à la Région, au Fédéral ou à l’Europe, le Cdh forme une équipe soudée, ce parti indique dans son tract électoral comment bien voter. Nous vous recommandons de voter pour un maximum de candidats de nos listes. Si vous votez pour tous les candidats, chacun recevra une voix pleine et entière. Dans sa sagesse, le législateur n’a pas voulu que l’électrice, l’électeur soit confronté.e à un choix cornélien. Moralité, le nombre de votes de préférence est supérieur à celui des bulletins marqués en faveur d’un ou plusieurs candidats. À ces bulletins s’ajoutent les bulletins marqués en tête de liste pour former le chiffre électoral déterminant le nombre d’élu.e.s. Les votes de préférence jouent un rôle dans la dévolution des sièges attribués à la liste. Ainsi, aux élections communales du 18 octobre 2006, Jean-Pierre Grafé classé en quarante-neuvième position obtient le deuxième siège du CdH.

Au dernier scrutin communal de Liège, le PS a obtenu 25.191 bulletins marqués en faveur d’un ou plusieurs candidats alors qu’il obtient 57.217 votes de préférence soit plus du double, 2.27. Le MR a un chiffre légèrement supérieur, 2.50. Le classement des autres partis en lice : PTB 2.72, DéFI 2.78, CdH 3.31, ex-aequo Vert Ardent et VEGA 3.70.

Ce qui signifie qu’au sein de l’électorat optant pour le vote de préférence, celui du PS vote en faveur de 2 candidat.e.s 27 tandis que celui de VEGA vote en faveur de 3 candidat.e.s 70. Ce qui signifie aussi que la réalité des voix de préférence ne correspond pas à celle affichée. Ainsi, les 11.293 voix attribuées à Willy Demeyer sont à diviser par 2.27 soit 4.975 voix et les 1.300 voix attribuées à François Schreuer sont à diviser par 3.70 soit 352 voix. Compte tenu de ce que chaque personne dans tout électorat ne se comporte pas individuellement de la même manière, les chiffres corrigés sont susceptibles de plus ou moins légères réductions ou augmentations.

Autrefois, c’est-à-dire il y a cinquante, soixante ans, le vote en tête de liste avait la cote. Depuis, le vote préférentiel l’emporte. Généralement, les partis signalent les deux manières de voter valablement, la tête de liste et le vote préférentiel pour un ou plusieurs candidats. Le CdH innove en ne mentionnant pas la tête de liste et en recommandant de voter pour un maximum de candidats voire pour tous les candidats.

Un vent de panique paraît régner au CdH. Il est vrai qu’en extrapolant sur base du dernier sondage Ipsos-Le Soir-RTL-VTM-Het Laatste Nieuws, le politologue Pascal Delwit, professeur à l’ULB,  prévoit que le président du CdH, Maxime Prévot ne serait pas élu député fédéral dans la circonscription électorale de Namur. À cela s’ajoute la débâcle de Liège. En vingt-quatre ans, du 9 octobre 1994 au 14 octobre 2018, le PSC reconverti en CdH est passé de 12 sièges à 3 sièges au Conseil communal de Liège, 75% de perte en cinq scrutins !   

Pourtant, en octobre 2018,  le CdH a présenté une liste de nouvelles têtes en quête d’un mandat électif et parmi ces têtes une ministre, Vice-Présidente du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Vice-Présidente du Gouvernement wallon. On allait voir ce qu’on allait voir. La ministre a fait 581 voix de préférence. 581 à diviser par 3.31 soit moins de 200 voix. Comme il vaut mieux faire envie que pitié, le CdH en recommandant à chaque membre de son électorat de voter pour un maximum de candidats voire pour tous, les candidat.e.s y compris la ministre Vice-Présidentes aurait pu se targuer de 5.202 voix, score des bulletins marqués en faveur d’un ou plusieurs candidats obtenus par le CdH le 14 octobre 2018 !

Les élections du 26 mai.

26 mai, jour d’élection pour près de huit millions d’électeurs – 3.870.047 hommes et 4.119.755 femmes – âgés de 18 ans ou davantage. Selon leur lieu de résidence, le choix de scrutin varie. Si ces personnes habitent la Région wallonne ou flamande, elles émettent trois suffrages, un pour le Parlement wallon ou flamand, un pour la Chambre des représentants et le troisième pour le Parlement européen. Pour les personnes qui habitent les neuf communes de la Province de Liège constituant la Communauté germanophone du Royaume, à ces scrutins s’ajoutent l’élection des vingt-cinq membres du Parlement de la Communauté germanophone.

Enfin, pour les personnes habitant la Région de Bruxelles-Capitale, c’est un peu plus complexe. Si elles optent – peu importe leur langue d’usage – pour le rôle linguistique néerlandais ou français, le nombre d’élus diffère. Le choix du rôle linguistique néerlandais permet d’élire les dix-sept membres au Parlement bruxellois, les six membres au Parlement flamand, les douze membres du Collège électoral néerlandais au Parlement européen. Le choix du rôle linguistique français permet d’élire les septante-deux membres au Parlement bruxellois, les huit membres du Collège électoral français au Parlement européen. Le corps électoral bruxellois procède à l’élection des quinze membres bruxellois  à la Chambre des représentants.

Le 26 mai 2019, les personnes habitant la Région de Bruxelles-Capitale – 588.203 inscrits sur les listes électorales – auront à la Chambre, le choix entre douze listes. Le 25 mai 2014, le choix était beaucoup plus large. À l’époque, vingt-deux listes briguaient les suffrages bruxellois. Une formation politique qui compte actuellement treize parlementaires à la Chambre, le S.PA (Socialistische partij anders) ne figure pas parmi les douze listes de 2019. Il est vrai qu’en 2014, le S.PA n’avait recueilli que 9.613 suffrages. L’électorat socialiste flamand de la Région de Bruxelles-Capitale est orphelin de son parti. Le PS emmené par l’enfant de Beyne-Heusay, Ahmed Laaouej a néanmoins sur ses listes un candidat S.PA, Mohamed Adahchour, de manière à ce que l’électorat socialiste flamand ne s’égare point vers une des cinq listes flamandes adversaires des socialistes.

La Constitution belge prescrit ; le vote est obligatoire et secret. Il est interdit de voter hors l’isoloir. L’isoloir est un passage obligé. Qui refuse d’y entrer est noté comme absent. Cette personne rejoint le camp des abstentionnistes qui, en dépit de l’obligation constitutionnelle, excède les dix pour cent du corps électoral. Ce camp était inférieur à sept pour cent en 1985. Dix pour cent, le chiffre paraît minime, il représente une population avoisinant les sept cent mille personnes. Il est étonnant que les formations politiques héritières des partis qui ont entamé, au dix-neuvième siècle, le combat en faveur du suffrage universel – le SU comme on disait à l’époque –  ne mène pas durant leur campagne électorale, en même temps, une lutte contre l’absentéisme, fléau social.

En principe, huit jours après la proclamation des élu.e.s, il appartient au procureur du Roi d’établir la liste des électeurs qui n’ont pas pris part au vote. Ceux-ci sont appelés par simple avertissement devant le tribunal de police qui statue sans appel. Une première absence est punie d’une réprimande ou d’une amende de cinq à dix euros ce qui oblige l’abstentionniste à payer, compte tenu des décimes additionnels, quarante à quatre-vingts euros. En cas de récidive, l’amende est de dix à vingt-cinq euros. Le multirécidiviste est rayé des listes électorales pour dix ans et pendant ce laps de temps, il ne peut recevoir aucune nomination, ni promotion, ni distinction, d’une autorité publique.  

Les électrices et électeurs ayant un empêchement légitime à leur devoir d’aller voter ont la possibilité de donner procuration à une autre personne pour aller voter à leur place dans son bureau électoral. Le fait notamment d’être malade, infirme, prisonnier, étudiant, en voyage à l’étranger constituent des empêchements légitimes qui doivent être attestés de diverses manières.

Le bulletin de vote prend la forme papier dans trois-cent nonante-six communes du Royaume et la forme du vote électronique avec preuve papier dans cent quatre-vingt-cinq communes réparties pour cent cinquante-sept en Région flamande, dix-neuf en Région de Bruxelles-Capitale et neuf en Communauté germanophone. Sur papier ou en vote électronique avec preuve papier, le vote est valable émis en case de tête de la liste ou en vote préférentiel pour un ou plusieurs candidats effectifs et/ou suppléants. Sur un bulletin portant vote de liste et vote préférentiel, il n’est pas tenu compte du vote de liste.

Hormis le Parlement européen qui exige de ses candidat.e.s d’avoir l’âge de vingt et un ans, tous les autres scrutins du 26 mai sont ouvert à la candidature dès l’âge de dix-huit ans. Chacune des élections du 26 mai a sa propre législation. Ainsi, le Parlement wallon connaît l’apparentement dans les provinces de Hainaut, de Namur et de Liège. Ainsi, le Parlement de la Communauté germanophone et le Parlement bruxellois n’ont point de candidat.e.s suppléant.e.s.

PARLEMENT EUROPÉEN.

Sur trois des sept listes du Collège électoral français du Parlement européen figurent des anciens présidents de parti, Benoît Lutgen au CdH, Olivier Chastel au MR, Paul Magnette au PS.

À la différence des anciens présidents qui se sont mis en première place de leur liste, l’actuel président du DéFI, Olivier Maingain, a choisi de pousser la liste emmenée par Benoît Cassart, éleveur bovin à Porcheresse, secrétaire général de la Fédération du commerce de bétail et viande, licencié en sciences économiques de l’UCLouvain.

Quant à l’épouse du président du Parti Populaire (PP), Mischaël Modrikamen, la secrétaire-générale Yasmine Dehaene, est tête de liste de ce parti.

Confondant quelque peu les élections européennes avec la course cycliste Bordeaux-Paris, Paul Magnette a signalé qu’élu il ne siègerait pas. En quelque sorte, installé sur son derny, Magnette entraîne dans son sillage Marc Tarabella, parlementaire européen depuis 2004 !

Les neuf communes germanophones situées en province de Liège forment le Collège électoral germanophone. Outre les six partis représentés au Parlement de la Communauté – CSP, ProDG, SP, PFF, Vivant, Ecolo -, un septième parti, Dier Animal, est candidat aux élections. En l’absence d’une présentation de liste par les parlementaires, la formalité prévoyant le recours aux électeurs pour le faire nécessite deux cents signatures à récolter parmi les 49.441 électeurs du Collège électoral germanophone tandis qu’il en faut cinq mille dans les deux autres Collèges.

À l’exception de deux candidats ayant réalisé le plus mauvais score en 2014, le Christlich Soziale Partei (CSP) présente aux élections du 26 mai 2019 une liste identique à celle du 25 mai 2014 qui valut à Pascal Arsimont le siège de l’unique député européen germanophone de Belgique.

L’électorat de langue allemande a dû attendre les élections du 12 juin 1994 et l’instauration du Collège électoral germanophone pour obtenir un élu germanophone. Ce premier élu a été le CSP Martin Grosch qui a siégé durant vingt ans.  

Au contraire des autres scrutins qui nécessitent la nationalité belge pour se porter candidat.e., les élections européennes sont ouvertes à chacun.e de nationalité d’un pays de l’Union européenne âgé.e de 21 ans. Trois partis – Ecolo, MR, DéFI – jouent la carte de liste transnationale. Directrice associée du Lisbon Council, un groupe de réflexion spécialisé dans les politiques européennes d’innovation, Stéphanie Lepczynski, française d’origine polonaise, est candidate Écolo. Candidat MR à une place de combat, Nicolas Barnier, fils du négociateur du Brexit, est l’assistant parlementaire à l’Assemblée nationale de Grégory Besson-Moreau, député LREM de l’Aube. Chez DéFI, la candidate Véronique Lederman, directrice générale du Service social juif est française, docteur en sciences de gestion.

 Si dans tous les pays de l’Union européenne, la représentation proportionnelle est de mise tout comme l’exigence de cinq pour cent des suffrages exprimés pour participer à la répartition des élus, chaque pays est libre de choisir le système de vote. La plupart dont la Belgique ont choisi la liberté de voter pour un ou plusieurs candidats d’une liste, cinq pays – Allemagne, Espagne, France, Hongrie, Roumanie – pratiquent le système des listes closes c’est-à-dire que les électeurs ne peuvent pas changer l’ordre des candidats sur les listes.

PARLEMENT WALLON.

Pour l’élection du Parlement wallon, le nombre de circonscriptions électorales est passé de treize à onze par la fusion de Charleroi et Thuin ainsi que celle des deux circonscriptions du Luxembourg. Il y a le même nombre de candidatures à la suppléance qu’il y a de candidat.e.s titulaires. En province de Liège, il y a trois circonscriptions électorales, Liège, Verviers et Huy-Waremme qui élisent respectivement treize parlementaires, six et quatre soit un total de vingt-trois personnes dans un Parlement de septante-cinq membres.

Treize listes sont en lice dans la circonscription de Liège. Trois nouvelles listes présentent des candidat.e.s ayant concouru sous d’autres casaques en 2014. La liste 24, Wallonie Insoumise a, en troisième place effective un ancien candidat de MG. La liste 26, Demain a trois ancien.ne.s  candidat.e.s de VEGA. La liste 13, Listes Destexhe a un ancien élu du PP, Pierre-André Puget. Les trois autres listes nouvelles – liste 20, Dier Animal, liste 23, Nation, liste 25, Collectif citoyen – présentent des candidat.e.s parlementaires pour la première fois. Seule parmi les listes nouvelles, la liste 26, Demain présente une liste complète de vingt-six candidat.e.s titulaires et suppléant.e.s.

Parmi les sept listes ayant participé au scrutin du 25 mai 2014, toutes présentent des listes complètes et l’une a changé de nom. La liste 11, DéFI, la nouvelle appellation du parti d’Olivier Maingain, est emmenée par Camille Périlleux. Pas moins de sept femmes – Véronica Crémasco (Écolo), Alda Greoli (CdH), Vanessa Cibour (PP), Camille Périlleux (DéFI), Alice Bernard (PTB), Leticia Knevels (Nation), Abigael Lechanteur (CC) – sont en tête de liste à Liège. Aucune circonscription ne fait mieux. La circonscription la plus machiste est celle de Charleroi-Thuin où seule une femme emmène une des treize listes.

Toutes les candidatures de DéFI sont nouvelles. Sur Listes Destexhe, vingt-cinq têtes sont nouvelles. Au PP, vingt-quatre nouvelles têtes, deux anciennes candidates. Au PTB, vingt-deux nouvelles têtes, quatre anciennes. L’élu PTB en 2014, le Blégnytois Frédéric Gillot est laissé sur la touche. Deuxième titulaire au PTB en 2014, Sophie Lecron est candidate aux européennes. Au CdH, vingt nouvelles têtes, six anciennes. L’actuelle cheffe de groupe CdH au Parlement wallon, Marie-Dominique Simonet est candidate aux européennes. Écolo aligne également vingt nouvelles têtes et six anciennes. Le PS présente dix-neuf nouvelles têtes et sept anciennes. Hassan Bousetta est candidat aux européennes. Venant de la onzième place où elle avait été élue suppléante, Zoé Istaz-Slangen est devenue, le dix décembre 2018, la plus jeune députée wallonne. Classée en 2014 sixième suppléante, elle obtient en 2019 la deuxième place en suppléance. Le MR aligne dix-huit nouvelles têtes et huit anciennes.

CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS.

Les dix provinces et la Région de Bruxelles-Capitale constituent les circonscriptions électorales fédérales. L’élément neuf de la campagne est la présence dans les cinq provinces wallonnes d’une liste du parti flamand d’extrême-droite, le Vlaams Belang. Liste incomplète au niveau des candidats effectifs – un seul candidat – mais complète au niveau des candidat.e.s suppléant.e.s – six – le nombre requis. Quel est le but poursuivi par le VB ? Il tient du symbole. Sa présence en Wallonie est incongrue mais le VB considère incongrue la présence en Flandre d’une liste DéFI. En ajoutant le financement des voix recueillies en Wallonie à sa dotation obtenue en Flandre, le VB réalise un transfert Sud Nord alors qu’il demeure adversaire des transferts du Nord vers le Sud.  Un sou est un sou se dit le VB. C’est toujours bon à prendre !

Quinze listes sont en lice pour recueillir les suffrages des sept cent septante sept mille quatre cent dix-huit personnes appelées à voter en province de Liège. Sur les deux cent soixante-cinq candidat.e.s de la cuvée 2019, il n’y en a que vingt-sept qui étaient déjà présents à l’un des trois scrutins de 2014. Le renouveau politique ou le dégagisme des anciens a très largement joué lors de l’élaboration des listes.

Chez Écolo, cinq rescapés : Sarah Schlitz, Khalid Hamdaoui, Nicolas Parent, Matthieu Content, Muriel Gerkens. Cinq rescapés également au CdH : Vanessa Matz, Jean-Paul Bastin, Thierry Ancion, Christine Servaes, Benoît Drèze. Le MR est davantage conservateur : Daniel Bacquelaine, Kattrin Jadin, Philippe Goffin, Mélissa Trevisan, Françoise de Laminne de Bex, Katty Firquet, Magali Dock, Jean-Claude Meurens, Laura Iker, Gilles Foret. Le PP conserve son unique élu à la Chambre Aldo Carcaci auquel il adjoint Sabine Snyders. Deux rescapés également au PTB : Raoul Heudebouw, Rafik Rassaa. Au PS, trois rescapé.e.s placé.e.s aux trois premières places de la liste : Frédéric Daerden, Julie Fernandez-Fernandez, Christophe Lacroix.