« Oui, l’Afrique nous dit merde … et c’est bien fait ! » SIMENON 1932

Actuellement le temps de la décolonisation des espaces publics est à la mode. Mais lorsque l’air du temps était aux colonies et aux empires coloniaux, notre compatriote Georges Simenon se révélait être anticolonialiste.

Dans son ouvrage « Gaston Gallimard », Pierre Assouline narre l’évènement paru dans « Voilà », un hebdomadaire lancé par l’éditeur parisien. « En 1932, Georges Simenon y publie un grand reportage à la suite d’un voyage effectué l’année précédente en Afrique. Le retentissement de cette charge anti-colonialiste est tel auprès du public que, quelque temps plus tard, Simenon n’obtient pas de visa du gouvernement français pour retourner sur le continent noir. Il faut dire qu’il n’a pas été très tendre avec les partisans de l’Empire. »

À l’époque, au cinéma, était diffusé un film « L’Afrique qui parle » relatant la croisière noire de Citroën. Simenon sous-titre son article « L’Afrique vous parle, elle vous dit merde ». Conclusion de l’article : « Oui, l’Afrique nous dit merde … et c’est bien fait ! »  

Un record, Liège-Matin célèbre un demi-siècle d’existence!

Il y a un demi-siècle j’ai eu l’honneur d’être la première voix de Liège-Matin. Une occasion de raviver quelques souvenirs d’époque. Le titre de l’émission est l’œuvre de Robert Stéphane, le patron du Centre de Production de Liège. Comme la couverture est la province et vu le moment de la diffusion,  je lui ai proposé  Province-Matin, sa réaction a été immédiate non Pierre, LIÈGE-MATIN. Et hop, c’est parti pour un demi-siècle et davantage.

En reportage au Québec, en 67, ce qui m’a marqué est l’importance accordée à la météo et j’ai trouvé que ce ne serait pas mal d’avoir une rubrique consacré au temps. Évidemment, pas question d’avoir un spécialiste, alors, à la pharmacie Sadzot, – on dirait du Hergé – j’ai acheté un thermomètre. Valeur : 30 francs, à imputer sur ma cassette personnelle, pas question de rentrer une note de frais. Mon confrère Henri Baudoin, engagé comme ma consœur Francine Vanberg, dans l’aventure Liège-Matin, l’a placé à l’extérieur de la fenêtre du bureau, le 204, d’André Mignolet, notre secrétaire de rédaction. Avant de descendre en studio, chacun de nous passe relever la température, première information qui ouvre le journal. Le premier octobre 68, il faisait 17 degrés.

En décrochage d’une émission de musique populaire du Centre de Production de Mons, Liège-Matin est prévu de 8h30 à 8h40. Le premier, le mardi 1er octobre 1968, commence à 8h30 55 secondes. La ponctualité est de rigueur dès le 2 octobre. L’information majeure est la contestation estudiantine à l’école normale de Jonfosse. Le mai 68 liégeois démarre, l’Univ de Liège embraye quelques jours plus tard dont les leaders sont Ludo Wérix et Guy Quaden. Pas de son extérieur  dans le premier numéro. Le Nagra est encore une denrée rare à la RTB en 68. Cela change quand la matinale, fille naturelle du journal, présentée par Roger Francel, va survenir en 1972, sous la houlette de Jean-Marie Peterken, avec les nouveaux journalistes, les Malpas, Blattchen, Couchard, etc.

Au pays du péket est apparu un gin, le LièGin …

   Depuis trois ans, tous les derniers vendredis du mois, la Maison de la Presse et de la Communication convie ses membres et leurs invité.e.s à partager le pot du mois. Réunion conviviale agrémentée de la participation d’un viticulteur ou d’un brasseur local. Le champ s’est étendu à la découverte d’un alcool, le LièGin, créé par un Calidifontain Romain Jans (1). Hommage au péket, ce gin est à base d’arômes de fruits rouges et noirs.

   Tous les ingrédients figurent sur la bouteille Chiara qui contient le précieux liquide. Ceux-ci vont de l’angélique aux zestes de lime et d’oranges en passant par le genévrier, la coriandre, les myrtilles, les mûres, le cassis, la réglisse, etc. Ce gin est constitué d’ingrédients issus de l’agriculture biologique validé par Certisys, organisme de contrôle et de certification.

   Le LièGin est l’objet d’une quadruple distillation d’alcool de grains à la distillerie fondée en 1836 à Raeren par Pierre Radermacher. Disponible dans plus de soixante magasins spécialisés dont deux au Grand-Duché de Luxembourg, cet alcool  est apprécié sur les réseaux sociaux : parce que je suis une vraie liégeoise, parce que j’aime ma ville et parce que j’aime le gin, il était normal que je possède le LièGin

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(1) Romain Jans – 18 Route de l’Abbaye, Beaufays – Tél.: 0474  49 85 78 – www.liegin.be

… à propos de la retransmission sur le net de la séance publique du Conseil communal.

    En suite de la publication du texte relatif à la retransmission sur le net de la séance publique du Conseil communal, la responsable de la Communication, Laurence Comminette nous adressé un aimable courriel qui nous a permis de corriger une erreur factuelle.

    Ce courriel nous le partageons avec notre lectorat :  Bonjour Pierre, Quelques petits éléments concernant ta publication sur la retransmission du Conseil: – la qualité de la retransmission, je ne partage pas ton avis et ça va à l’encontre des retours qu’on a qui sont très positifs.- Concernant liege.be, il y a eu deux choses: un petit souci au lancement où on a perdu quelques secondes et il semble par ailleurs qu’il y ait quelques personnes qui sont passées par le site et chez qui cela ne fonctionnait pas.  Ce qui tu le comprendras fait partie des aléas d’une première mais c’était très limité au niveau de l’impact: des échos qu’on a et des tests effectués pendant le live, cela ne concerne qu’un nombre très limité de personnes. – Il n’y a pas eu de retransmission sur Facebook néanmoins, les statistiques font état d’un pic de connexion à 800 et la moyenne s’est maintenue entre 250 et 300 selon le premier décompte. Belle journée.

    Ce courriel montre qu’à propos d’un même fait, la vision d’un communicant et la vision d’un journaliste professionnel  peuvent diverger. Ce qui est heureux. Lorsque les visions ne divergent pas, le journaliste a fait preuve de paresse en se contentant d’un copier-coller émanant du communicant.

    En ce qui concerne la qualité de la retransmission, celle-ci sur notre écran d’ordi, au début, a été entrelardée de  coupure de son et d’apparition à l’image  d’un quasi-cercle blanc. À plusieurs reprises, celui-ci a entouré le nez de noss Willy. Si l’image prête à sourire, ce n’est pas le but recherché ! Heureusement, nous n’avons été que quelques-uns à souffrir de ce désagrément qui s’est estompé au fil du temps.

    Actuellement, la vidéo liégeoise est disponible sur YouTube, mais point sur www.liege.be. Or, ce site est normalement le lieu où citoyennes et citoyens rencontrent les édiles communaux ainsi que tous les services administratifs de la Ville. 

    Liège n’est cependant pas la première ville de Wallonie à retransmettre les séances publiques du Conseil communal.  Mons le fait depuis octobre 2017 sur son site www.mons.be. Ainsi, la vidéo de la séance du 15 janvier 2018 est disponible jusqu’à la prochaine réunion du Conseil.  La publication de cette page officielle de la Ville de Mons a été vue 24563 fois. Pour mémoire, la population de Mons est d’environ 95000 personnes sans compter les shapiens et étudiants en kot. 

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© Francis Carlier

Retransmission de la séance publique du Conseil communal : Liège peut mieux se réinventer!

    Dans son communiqué de vendredi dernier, le Collège communal dit avoir procédé aux démarches nécessaire pour aboutir à une retransmission de qualité sur www.liege.be via la chaîne YouTube de la Ville. Ce lundi 29 janvier à 18h30, pour la retransmission de la séance publique du Conseil communal, il serait inexact de dire que la qualité ait été au rendez-vous. Certes, la qualité s’est améliorée au fur et à mesure de la durée de la retransmission qui s’est arrêtée brutalement à 23h10, cette vidéo n’est pas disponible.

    Quant à celles et ceux qui ont choisi de regarder la retransmission sur www.liege.be, leur sort a été pire. Sur leur écran, avec une très belle vue du port de yachts, deux inscriptions : Suivez, en direct, les débats du Conseil communal de la Ville de Liège du 29 janvier 2018 à 18h30 et en attente de Ville de Liège 29 janvier à 18h30. L’attente a été longue et vaine. En effet, la retransmission s’est effectuée sur YouTube.

    L’audience a culminé à 272 personnes, stabilisée aux environs de 250 durant les trois premières heures puis une chute vertigineuse au point d’atteindre 14 personnes alors que Maggy Yerna aborde ses points à l’ordre du jour de la séance publique. En résumé, Liège peut mieux se réinventer !En

Les séances publiques du Conseil communal de Liège diffusées sur www.liege.be

     Innovation au Conseil communal de Liège. Dès ce lundi 29 janvier, à 18h30, la séance publique du Conseil communal est retransmise dans son intégralité sur le site officiel de la  Ville www.liege.be. Déjà, une expérience-pilote a eu lieu en 2013.

    Dorénavant, il n’est plus nécessaire de se rendre à la Violette pour suivre les débats communaux. C’est incontestablement un progrès qui rapproche citoyennes et citoyens de leurs mandataires élus. C’est le miracle d’Internet. Comme le note l’Académicien Michel Serres dans une communication sur les nouvelles technologies : la distance n’est plus seulement réduite, elle est abolie ; l’espace n’est plus seulement raccourci, il est annulé. Je suis simultanément – quel que soit l’endroit où je me trouve – en tout point du monde par le moyen de l’outil numérique qui tient dans ma main (http://academie-francaise.fr/actualites/communication-de-m-michel-serres-0).

    Ce lundi, 190 points sont inscrits à l’ordre du jour du Conseil communal mais seulement 88 le sont dans la séance publique, les autres sont traités lors de la séance à huis-clos. Le point 1 est l’acceptation de la démission de la conseillère Véronique De Keyzer (PS) et son remplacement par Anne Fievet (PS). Le point 88 est l’approbation des points portés à l’ordre du jour de l’Assemblée générale extraordinaire du 6 février 2018 de l’intercommunale « PUBLIFIN ».

  Les travaux du Conseil communal ont été préparés la semaine précédente par les commissions permanentes. Les prochaines dates retenues pour le premier semestre de 2018 sont les lundis 26 février, 26 mars, 30 avril, 28 mai et 25 juin.  

« Les médias sont-ils dangereux ? » … Fottorino et le 1 répondent;

 

Fottorino.jpg  Éric Fottorino, co-fondateur du 1

     Une vingtaine de journalistes, écrivains, sociologues, historiens, etc  ont rédigé, sous la direction d’Éric Fottorino, un opuscule Les médias sont-ils dangereux ? sous-titré Comprendre les mécanismes de l’information. Dans l’introduction de cet hors-série de la collection les 1ndispensables (1), Éric Fottorino explique pourquoi, il la pose : c’est qu’en effet la sphère médiatique – celle qui englobe la presse, la télé, la radio, mais aussi tous les réseaux sociaux via Facebook et Google – ne cesse de nous perturber. (…) Quant aux nouveaux média, cette presse en ligne qui ne vit que par le clic et la pub, d’autres règles en régissent le fonctionnement. On a découvert récemment le rôle des algorithmes, ces formules mathématiques qui « calculent » chacun de nous et nous exposent exclusivement à ce que nous aimons, pour ne pas dire à ce que nous « likons ».

    De quoi ne pas perturber ce prof’ de l’ULiège qui ayant   confié, sur FB, son désir de relire un livre, reçoit un courriel personnalisé d’Amazon avec une offre pour l’achat du bouquin. Le prof’ ne croit pas au hasard et a prévenu, sur FB, ceux qui pensent encore que nous ne sommes pas surveillés par les GAFA.

    Revenons à notre opuscule. Le journaliste Éric Scherer définit l’algorithme : c’est une recette de cuisine. Une séquence  d’instructions faite de formules concoctées par des informaticiens. L’algorithme filtre et choisit l’information que vous lirez (…) L’algorithme décidera de placer cette information dans votre fil d’actualité (news feed) en fonction de votre historique de navigation, de vos likes, de vos conversations avec vos amis, de vos réactions aux messages publicitaires. Mais en fonction aussi de nombreux critères inconnus. Les algorithmes sont de véritables boîtes noires dont personne ne connaît le fonctionnement, qui non seulement trient, mais choisissent et distribuent l’information.  

    D’autres textes courts mais incisifs permettent de mieux comprendre les mécanismes de l’information aujourd’hui en France. Fille aînée du capital, la presse n’est pas libre et ne l’a jamais été écrit Aude Lancelin, journaliste licenciée de l’Obs’ en 2016 à la demande de l’Élysée selon certaines sources. Dans les médias, les ressources du déni sont encore immenses, peu de journalistes veulent bien reconnaître, même portes fermées, les répercussions sur leur travail du rachat de leurs titres par de grands groupes industriels.

    Quant aux sondages, l’alpha et l’oméga de l’analyse politique, l’écrivain et journaliste Denis Jeanbar estime qu’ils livrent aux journalistes une donnée chiffrée qui leur permet de se parer des plumes de l’objectivité.

    Pour la bonne bouche, épinglons Les valets de l’Élysée. En juin 2010, Éric Fottorino, alors président du directoire du Monde, Nicolas Sarkozy lui fixe un rendez-vous à l’Élysée. Il était mécontent et me le fit savoir. À peine entré dans son bureau, je m’entendis traiter d’imbécile, pour la simple raison  que je n’obtempérais pas à son vœu : vendre à son ami Arnaud Lagardère le quotidien du soir et tout le groupe du Monde (…) que je présidais. À cette époque, nous avions besoin d’argent. Cent millions d’euros …la suite de la lecture dans Les médias sont-ils dangereux ?

 (1) Les médias sont-ils dangereux – en vente en Belgique 8,80 €

Anne BERT : « Mon tout dernier été fut le plus beau humainement parlant, fraternel. »

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    Le hasard fait (parfois) bien les choses. En novembre 2012, les chemins du blog Impermanence  et celui de Liège 28 se sont croisés. Un contact téléphonique avec Anne Bert, auteure érotique et éditrice entre autres d’Impermanence, aboutit au jumelage des deux blogues. Un même goût de la vie, une identique aspiration à la liberté nous a rassemblés. Depuis 2012, Liège a droit de cité dans la région de Saintes et  les lectrices et lecteurs de Liège 28 ont un accès direct à Impermanence Près de deux cents textes sont disponibles.
 
    Sur ce blog : je parle de mes propres livres, mais aussi de  parutions, récentes ou non, de livres  qui ont souvent pour sujet l’intime des hommes et des femmes (…) Des billets d’humeur, sur l’actu,  mais aussi des textes inspirés de ce que je vois.. Bref, ici donc un peu de tout ce qui fait et défait le temps.
 
    Rédigeant la recension de Cinquante Nuance de Grey, Anne Bert s’interroge : La question, finalement, est de savoir si le succès commercial de ce livre érotique témoigne d’un succès littéraire, de la reconnaissance d’un talent d’écrivain. Est-ce le succès de l’esprit (oui, parce que même s’il s’agit de cul, il faut de l’esprit pour pouvoir en parler et l’écrire) ou bien le succès d’un concours de circonstances et d’un marketing bien orchestré après la révélation du désir des femmes qu’on leur parle de sexe et d’histoire de prince charmant venant les réveiller d’un coup de fouet et d’une bonne fessée ? Mais la réponse importe-t-elle dans ce maelstrom  de dollars et  cette dissolution des belles lettres ? Les fesses chauffées à blanc sont de braise et l’incendie se propage partout où le tiroir-caisse fait bling bling, film, comédie musicale, godemichés, parfums, lingerie, cartes de vœux, bijoux de cul et de cou, jeux de société, carnets intimes, et pourquoi pas prochainement pieds de cochonou et langue de porc à effigie du beau Christian et du savon pour laver la foufoune à celle d’Anastasia, si ça fait du blé ? Ahlala…cette horreur m’évoque Cyrano…il disait … »Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non ! Non ! C’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! -‘ Ce qui sonne bien, non pas dans l’escarcelle des éditeurs, mais dans le creux de mon oreille.
 
    Début 2016, coup de massue, Anne Bert écrit : J‘ai appris en octobre 2015 que j’étais atteinte de la maladie de Charcot autrement dite SLA (Sclérose Latérale amyotrophique). Cela réoriente mes priorités, et stoppe mes fonctions de directrice de collection chez Numeriklivres. Désormais j’utilise un logiciel vocal et notes audios sur ce blog. 
 
    Ses priorités sont  la lutte pour obtenir le droit à choisir une aide active à mourir en phase terminale de maladie ou en cas de maladie incurable et de souffrances physiques et psychologiques insupportables, que ce soit par euthanasie ou par  suicide assisté. Elle écrit dans ce sens à tous les candidats à la Présidentielle, lance une pétition qui récolte plus d’un quart de million de signataires, se résout à se faire euthanasier en Belgique. Dans Le Figaroun médecin ironise sur le tourisme euthanasique ! Anne Bert est décédée ce lundi. 
 
    Son combat continue. En ce mois d’octobre, Fayard publie son  livre ultime,Le tout dernier été. Un ouvrage qui est  une réflexion sur la fin de vie, sur la liberté, la mort et sur notre devoir d’introspection, mais aussi sur la joie et le goût de vivre Portant un regard sur cet été, Anne Bert de conclure : Mon tout dernier été fut le plus beau humainement parlant, fraternel.

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De 1928 à 1985, inventaire des archives de la Radiodiffusion Télévision Belge (RTB).

     

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      Depuis le 1er août 2017, 420 mètres linéaires d’archives papiers de la RTB inventoriés par Flore Plisnier se trouvent aux Archives générales du Royaume (1). L’essentiel couvre la période de 1950 à 1980 englobant également l’Institut national de Radiodiffusion (INR) et l’Institut des services communs (ISC). Le document le plus ancien remonte à 1928, deux ans avant la création de l’INR par la loi du 18 juin 1930 – première émission le 1er février 1931 diffusée depuis la rue de Stassart.

      Tout en conservant l’essentiel des archives de la RTB, les Archives générales du Royaume n’en ont pas l’exclusivité. Ainsi l’Institut d’histoire ouvrière économique et sociale (IHOES) conserve des archives de Jacqueline Saroléa, féministe, syndicaliste et collaboratrice au centre de production de Liège.

      Que trouve-t-on dans les 9623 dossiers répertoriés dans l’inventaire ? De tout, de la chemise consacrée à la correspondance avec la Reine Élisabeth (1953-1956) à la SA COBRIMO (1964) – il s’agit d’un dossier relatif à un litige en matière de publicité sur antenne – en passant par l’affaire François Perin (1961-1965) – il s’agit d’un recours au Conseil d’État de François Perin, chargé de cours à l’ULG, contre une décision de la RTB relative à l’émission « 9 millions »  ou encore les quatre pièces relatives aux émissions interdites sur antenne (1960-1972).

      Outre les rapports mensuels d’activités (1961-1978) du centre de production de Liège on trouve trace de diverses émissions telles Liège-Matin (1968), Du sel sur la queue (1980-1984), Magazine F (1969-1975), Vivre sa ville (1970-1971), Contraste (1966-1978) avec en prime une chemise comprenant un dossier relatif aux protestations à l’encontre de l’émission « Contrastes » (1969-1972). Notons encore en 1963 le dossier relatif à l’inauguration des nouvelles installations de la RTB à Liège (Palais des Congrès), ou  ceux relatifs aux émissions sur les travailleurs étrangers et immigrés (1964-1972) ou à la grève du centre de production de Liège en janvier 1971 (1970-1971)  sans oublier l’enquête administrative au studio de Liège (1961). Pour cette enquête, remarque : non consultable jusqu’en 2050.

      En principe, les archives de plus de 30 ans versées aux Archives de l’État sont publiques et librement consultables. Toutefois, la législation sur la protection de la vie privée n’autorise la communication de l’identité des individus ou de toute information permettant d’identifier une personne que si ( …) les intéressés sont décédés, ou s’ils ont donné leur accord préalable à la publication de leur nom. D’où cette prudence à l’égard de certains dossiers.

      Les relations entre le service public de radiodiffusion et la notions d’archives n’ont pas toujours été parfaites à en juger cette note, datant de juillet 1953, de la direction administrative au comité de direction : À l’heure actuelle, nos archives n’ont d’archives que le nom. Alors que les documents devraient y être classés comme les livres dans une bibliothèque, ils sont pour la plupart entassés dans divers espaces dont l’affectation aux archives est un véritable non-sens. Cela finit par s’améliorer petit à petit.

      Néanmoins, de l’avis de Flore Plisnier, il faut attendre les années 1990 pour que la RTBF se rende compte que ses archives audiovisuelles peuvent avoir une valeur autre qu’utilitaire. Cependant, cette prise de conscience vise avant tout à une rentabilité économique de ces archives (…) Les autorités publiques prendront tardivement conscience de la nécessité de sauvegarder ces archives. Même si l’impératif de conservation apparaît déjà (ou seulement) dans les contrats de gestion depuis 2001, il faut attendre la déclaration de politique communautaire 2004-2009 pour que cette action soit officiellement reconnue. En 2009, afin de mettre en œuvre un plan de sauvegarde, la SA Sonuma est instituée à laquelle la RTBF cède la propriété de la totalité de ses archives audiovisuelles.

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(1) Archives générales du Royaume (AGR) – 2 rue de Ruysbroeck 1000 Bruxelles – Flore Plisnier Inventaire des archives de la radiodiffusion télévision belge (RTB) 1928-1985 – Publication n° 5742 – Version papier 20 € (plus frais d’envoi) – Téléchargement gratuit – http://arch.arch.be

Le journaliste professionnel Edmond Blattchen, Chevalier de l’Ordre de la Couronne.

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      Par arrêté-royal du 5 mai 2017, il a plu à Sa Majesté le Roi  Philippe, en reconnaissance des services rendus par le journaliste professionnel Edmond Blattchen de lui conférer la décoration de Chevalier de l’Ordre de la Couronne. Il convient d’ajouter que c’est sur proposition du Ministre Daniel Bacquelaine que le Roi a agi. La remise de la décoration par le Ministre Bacquelaine a eu lieu dans les salons de l’Hôtel de Maître du Cercle de la Société Littéraire.
 
      Le Ministre prend plaisir à rappeler le parcours admirable d’Edmond Blattchen entré à 22 ans dans cette vénérable maison de service public jusqu’à sa pension. Je note au passage votre départ à la retraite après l’âge de 65 ans, soit une incarnation de notre réforme des pensions et je ne peux que vous en féliciter ! L’itinéraire professionnel de Blattchen va de l’information régionale à Contraste, de Chansong aux émissions d’À Suivre et de L’Écran témoin avant qu’apparaisse, en 1992, le magazine mensuel au titre un rien provocateur noms de dieux.
 
    (…) C’est le début d’une nouvelle aventure qui fera date dans le paysage audiovisuel belge et qui continue à faire sens aujourd’hui où le nom de Dieu est prétexte à tant d’atrocités, tant de brutalité à travers le monde. (…) Mais les entretiens que vous menez avec l’empathie et la rigueur journalistique que l’on vous reconnaît sont loin de se confiner aux seules questions de religion. On y traite de philosophie, de morale ou même d’éthique au gré des évolutions de notre société. Votre invité se confie sur sa vision de l’avenir, sur notre système et les valeurs qui le guident ou ne le guident plus. (…) Durant 55 minutes, vous nous avez fait partager des discussions passionnantes offrant à chacun de nous à la fois repères et perspectives. Le décor est esthétiquement sobre, volontairement dépouillé, afin que seule la densité du contenu puisse émerger et marquer les esprits. (…) Dans une société en proie aux troubles, l’Homme a plus que jamais besoin d’un cadre moral, de repères voire de références philosophiques.
 
     Un constat de Daniel Bacquelaine : Les nouveaux philosophes se nomment de nos jours média et réseaux sociaux. Qu’on le veuille ou non, ce sont eux qui sont les dépositaires ou plutôt les substituts de l’éducation et de la culture. Je regrette parfois que la télévision en particulier sacrifie la réflexion à la distraction sur l’autel d’une logique concurrentielle et consumériste. Face à ce constat, « noms de dieux » incarnait et incarne toujours, décidément et à mon sens, une émission de service public au sens propre du terme qui sensibilise par-delà les sensibilités. (…) Alors que nos valeurs deviennent de plus en plus floues, l’émission « noms de dieux » que vous avez présentée pendant presque un quart de siècle aura poussé ses fidèles… téléspectateurs à la réflexion. À votre manière, c’est au vivre-ensemble que vous avez contribué.
 
      Après avoir félicité Edmond Blattchen, le Ministre des Pensions lui remet les insignes de Chevalier de l’Ordre de la Couronne, une Croix de Malte à cinq branches émaillées de blanc entre lesquelles sont disposés des rayons rectilignes. Si l’Ordre de la Couronne est la plus prestigieuse distinction obtenue par notre confrère, il convient de se souvenir que la Province de Liège lui a accordé, en 1982, le Prix des Jeunes Talents. Ensuite, il a été honoré des Prix Richelieu, Scriptores christiani, Ex-libris, chaque fois pour l’ensemble de son œuvre.
 
      Prenant la parole, Edmond Blattchen se montre surpris de la situation, recevoir une Médaille de l’Ordre de la Couronne, Place de la République française : comment ne pas saisir en cet instant, l’ironie qui fait coïncider, dans une cacophonie inaudible, « La Brabançonne », et « La Marseillaise ». La suite de son discours est l’expression de son cœur, l’expression de remerciements à toutes celles et ceux qui ont contribué à le rendre tel qu’il est en ce moment. Sa gratitude va à Anne Hislaire, à Robert Stéphane, Henri Mordant et tant d’autres et se clôture par cet hommage : j’en termine avec ceux qui m’ont donné plus que tout, puisqu’ils  m’ont donné … la vie : ma mère, Aline, la troisième des filles et des cinq enfants de Laure et de Jules Likin, le boulanger d’Engis,  et Edmond Blattchen, mon père, simple employé des Cristalleries du Val Saint-Lambert en journée, et courtier en assurances le soir. Tout au long de sa vie modeste, discrète, paisible, mon père, à sa manière, fut un héros : ma plus grande fierté c’est celle-là : je suis, en effet, un fils de résistant ! Mon Dieu, le vrai, c’était lui ! Merci !

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©SPF Affaires étrangères & Jean-Pol Schrauwen