« NÉFERTITI EN BIKINI », quatrième roman de la Liégeoise Claire HUYNEN.

HUYNEN Néfertiti.GIF

        Liégeoise vivant à Paris, Claire Huynen publie son quatrième roman Néfertiti en bikini (1). Le titre est insolite, le roman ne l’est pas moins. Il relate un voyage organisé en Egypte, une croisière sur le Nil. À bord du Cleopatra.  Offert à Jo par sa mère, ce voyage à deux – et cela nous permettra de passer un peu de temps toutes les deux – est marqué dès le début, par la malchance. La mère est victime d’une entorse la condamnant à rester à bord du Cleopatra. Jo que sa mère s’obstine à appeler de son prénom Josèphe, n’a guère d’affection pour elle. Pourquoi ? Le thème n’est guère développé par l’auteure. Le roman raconte une histoire à vous dégoûter des vacances même si elles sont organisées par Magic’Vacances, un très bon tour-opérateur.  

        Passionnée d’égyptologie, l’héroïne Jo subit les visites en groupe de lieux qu’elle aimerait voir seule. Prendre le temps à Karnak de détailler chaque colonne, y jouer un cache-cache fabuleux avec dieux et pharaons. Hélas, le guide ratatinait les dieux. Il dressait un abrégé du panthéon égyptien en méthode Assimil. L’ironie de l’auteure est rosse, voire féroce à en devenir inoubliable.

        Si lors d’un voyage ultérieur, dans votre groupe un mutant  – il jaugeait aux pixels et à la résolution -, une vieille impotente – faisait taire son asthme et reprenait la marche, le corps offensé –, un facétieux – un soldat de la blague – ou un râleur – qui fait campagne – feront leur apparition, loin de pester, vous sourirez in petto en vous référant à Néfertiti en bikini. Idem quand votre guide se présentera, nouvelle référence, mon nom est Osman. Pour vous, les Français, c’est facile, c’est comme le boulevard Haussmann.  Claire Huynen avec son humour subtil et son style léger transforme le tout en une fantaisie incitant au voyage, même au voyage en groupe.

        Ce livre – à lire avant de partir en vacances ou durant celles-ci – est une vue lucide sur le tourisme actuel. La semonce essentielle, répétée inlassablement, était pourtant celle dont le danger la séduisait le plus : ne vous perdez pas. […] Mais elle savait que tous les passagers avaient un billet de retour. Que le seul vrai danger était d’être en retard pour le dîner.

(1)   Néfertiti en bikini – Claire Huynen – Éditions Le Cherche midi – Paris – 146 pages – 14 € 50

HUYNEN Senior.GIF

 

 

 

HUYNEN Rencontre.GIF

HUYNEN Marie.GIF

L’art épistolaire : l’art des câlins et des malins de la Bafouille Incontinente !

Je pense à toi tout le temps

        En prélude à la Saint-Valentin, le 21 janvier a été décrétée – par qui, mystère, par Charlie ? – la journée des câlins. L’occasion rêvée pour envoyer des cartes  via la Poste. Les spécialistes des cartes envoyées par courriel se sont précipitées sur ce nouveau filon ; Envoyez des cartes attendrissantes à vos proches. Des câlins, des bisous, des mots doux : exprimer sa tendresse, c’est bon pour le moral. Le made in France est de rigueur ; toutes ces cartes sont créées et imprimées dans notre centre de production basé en France. Chaque carte a un coût, 0.99€, mais la livraison est gratuite. Déposés à la Poste, le lundi 19, les câlins vont arriver à destination le mercredi 21. Le commerce est le commerce. Toujours du neuf…comme un célèbre magasin de jouets l’a longtemps affiché sur sa vitrine au 9 rue de l’Université.

        Journée des câlins ou pas, nombre de Liégeois(e)s, aiment pratiquer l’art épistolaire. Elles/Ils le renouvellent sans cesse au point que depuis trente ans, une revue La Bafouille Incontinente (1) accueille leurs lettres sur des thèmes aussi sérieux ou délirants que d’écrire à Jules César ou Jeanne d’Arc. Dans sa dernière livraison La Bafouille Incontinente a adressé un courrier à l’inventeur du zéro. Point n’est besoin d’écrire telle une marquise pour oser le plaisir de bafouiller.

        Comme le plaisir se partage et croît du même coup, chaque parution trimestrielle est suivie d’une lecture par les auteur(e)s (2). Le public devenu le destinataire déniche les subtilités du texte Si le texte plaît, chacun(e) se sent couvert(e) de câlins. La marquise n’a-t-elle point écrit : c’est une chose plaisante à observer que le plaisir qu’on prend à parler, quoique de loin, à une personne que l’on aime, et l’étrange pesanteur qu’on trouve à écrire aux autres.

 

 (1)    Contact : Marcelle Imhauser – rue du Général De Gaulle 200/82  Liège 4020 –
marcimhauser@hotmail.com

(2)    19 février, 18h, à l’Aquilone, 25, Bd Saucy, 4020 Liège – PAF gratuite -. Revue: 5€

 

Invitée d’Edmond Blattchen, le 13 décembre, Stéphanie Janicot, auteure de la Mémoire du Monde.

Janicot.jpg

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         Sous le règne d’Aménophis III, la romancière française Stéphanie Janicot fait naître Mérit-Sophia, l’héroïne de sa trilogie La mémoire du monde. Dotée de l’immortalité, Mérit-Sophia traverse trois millénaires et rencontre nombre de dieux.

         Quoi de plus naturel qu’Edmond Blattchen – producteur de noms de dieux – reçoive l’ancien mannequin breton – née à Rennes la veille de 68. D’autant qu’en janvier 2015, parait  son essai intitulé  Dieu est avec vous … (sous certaines conditions) (1) à propos duquel Stéphanie Janicot déclare heureusement, j’ai une certaine capacité à faire les questions et les réponses. Autrement dit, je peux donner mes mots à Dieu, puisqu’Il en manque (.. .). Dieu n’est pas bavard, mais il a accepté que je le sois pour deux. Merci.  

        Stéphanie Janicot, invitée de noms de dieux (2) a choisi au chapitre image de l’émission : le bulldozer charriant les cadavres, extrait de Nuit et Brouillard. Au chapitre objet, elle présente celui qu’elle porte d’habitude à son majeur, une bague. Cette bague a toute une histoire qui en fait sa valeur.

        En fin d’émission alors qu’Edmond Blattchen remercie Stéphanie Janicot d’être venue sur le plateau de noms de dieux, celle-ci le félicite remarquables lectures et remarquables questions!

 

(1)    Dieu est avec vous … (sous certaines conditions) – Stéphanie Janicot – Albin Michel – à paraître le 11 janvier – 72 pages.

Janicot bis.jpg

(2)    Diffusion  le samedi 13 décembre 2014 sur « la deux » vers 22h45. Rediffusion dans la boucle de nuit  sur « la deux » du mardi 16 au mercredi  17 décembre vers 0h30. Sans oublier, la possibilité de voir l’émission durant une semaine sur le Net, en cliquant sur www.ladeux.be/revoir

noms de dieux.jpg

Osons DISON et son Centre Culturel !

 

Dison blason.jpg

        Commune limitrophe de Verviers, la troisième ville de la province de Liège, Dison, fusionnée avec Andrimont en 1976, a une longue histoire qui la voit accueillir, au début de la révolution industrielle, des entreprises tout en conservant des pâturages. Pas étonnant qu’aujourd’hui sur son site Internet, Dison se présente entre ville et campagne. Située dans le département de l’Ourte (numéroté 96), Dison est érigée en commune en 1797. La première administration s’installe au premier étage de la sacristie de la chapelle vouée à Saint-Fiacre.

        En 1830, des Disonnais participent à la Révolution de septembre. Ce qui vaut à Dison l’honneur de recevoir le drapeau 1830  aux nouvelles couleurs nationales. Ce drapeau est distribué avec parcimonie. Sur les 2739 communes que compte le Royaume à l’époque, 98 seulement reçoivent l’étendard rappelant leur courage et leur détermination à faire triompher la Révolution.

        En 1914, la palme du plus jeune volontaire de guerre semble devoir être attribué au matricule 156/7674 du 6e Régiment d’Artillerie, Joseph Meessen, né à Dison le 6 décembre 1900. À son retour de guerre, son papa, distillateur à Thimister, crée le Bitter de la Victoire.

        Dison est une commune où il fait bon vivre, dont la population  y croît. En 2004, 13.961 habitants dont 8%61de non-Belges, en 2013, 15.368 habitants dont  12%59 de non-Belges. Le Bourgmestre Yvan Ylieff, en charge du mayorat depuis la fusion en 1976 mais déjà bourgmestre d’Andrimont depuis 1972 est le fils cadet d’un Bulgare immigré. Yvan Iliev Brastinkoff, contraint à l’exil suite à l’insurrection du 23 septembre 1923 à Sofia, expulsé de France, entré tôt en résistance contre le fascisme et le nazisme,  époux d’une Liégeoise catholique de gauche qui lui donne cinq enfants dont Yvan, licencié en histoire de l’ULg, député et ministre.

        Dison a un centre culturel (1) aux activités variées tel un itinéraire 14-18, dans la région avec Georges Zeyen dimanche prochain ou en octobre, découverte de  Bruges sous un angle original : la vie des soldats de la Première guerre Mondiale.

        En collaboration  avec le CRVI et l’ADL, le Centre Culturel de Dison organise Des Hauts Débats (2). Le premier invité n’est autre que François Gemenne qui face à la presse verviétoise aborde le thème Immigration, problème ou solution? François Gemenne est chercheur en science politique à l’université de Liège (CEDEM) et à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (CEARC). Il est expert associé au CERI (Centre d’études et de recherches internationales). Associé au CNRS depuis 1967, le CERI est devenu en 2002 une Unité mixte de recherche (UMR) sous la double tutelle de Sciences Po et du CNRS. François Gemenne a la réputation – depuis un certain passage a Salut les Terriens – de ne pas pratiquer la langue de bois. Dison, un régal, le 18 septembre !

 

(1)    Centre Culturel de Dison – 2 rue des Ecoles B-4820 Dison –  087 / 33 41 81

(2)    Jeudi 18 septembre 2014 – 19h – Salle Le Tremplin (rue du Moulin, 30a – 4820 Dison – à côté de l’Intermarché)  – P.A.F. : 2€ – Infos et réservations : 087/33 41 81 – info@ccdison.be

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 4/4

        À la pointe de l’aube toute l’équipe se retrouve sur la plage et notre danseuse Nilavali ( Lumière de lune“) est parfaite dès la deuxième prise .

        Vêtue d’une tunique rouge, d’un voile porté sur les épaules, d’un pantalon resserré au niveau des chevilles, Nilavali dompte la caméra. Le regard souriant, les cheveux ceints d‘une couronne dorée, une ceinture de bijoux éclatants ainsi que la point rouge (le Tikka) situé au milieu du front, nous transportent dans un univers presqu‘irréel. Seul le son du ressac de la mer ramène à la réalité.

        La séquence tournée entre chien et loup sera encore plus magique dans la mesure où Nilavali manipulera le flambeau comme un lingam confié par quelque divinité du panthéon hindou.

        Bogdan et moi étions certains que ces deux séquences et notre rencontre avec la famille des pêcheurs tamouls serait un gage de succès pour le court-métrage.

        Ceylan, le Sri Lanka nous a apporté à la fois de merveilleux souvenirs mais aussi le cauchemar persistant des misères de la nuit.

^^^^^^^^

Ainsi prend fin le feuilleton où l’Oncle Bob – Robert Lombaerts (cfr Liège 28 du 5 juillet 2014) – a raconté ses aventures vécues aux Philippines et au Sri Lanka.  

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 3/4

        Sous le choc nous sommes prêts à oublier l’idée de la séquence de danse. Aucun de nous n’a cependant envie d’abandonner.

        Le réceptionniste de l‘hôtel nous indique qu’une danseuse Tamoul va se produire dans les jardins de l’hôtel et que nous pouvons peut-être la contacter. Nous assistons au spectacle installés confortablement en dégustant des patties, ces croquettes épicées fourrées de légumes ou de lentilles accompagnées par des bières locales, une Mandalay pour moi et une Three coins pour Bogdan. La danseuse de petite taille est cependant gracieuse, souriante .Elle évolue comme un oiseau dans l’espace ; son corps flexible décrit des arabesques.

        Bogdan demande à notre serveur très stylé de bien vouloir inviter la jeune femme à notre table. Je lui apprends le but de notre rencontre et mon souhait de la voir danser sur la plage à l’aube et au coucher du soleil. L’idée de jouer avec un flambeau tout en dansant la séduit. Professionnelle, elle veut poser ses conditions financières; ce que je comprends parfaitement. C’est là que Bogdan intervient avec ses finesses, ses astuces pour préserver un budget toujours trop étriqué. Après quelques tractations, la jeune danseuse accepte les conditions après avoir exigé le payement d’une journée entière ; ce que Bogdan, tombé sous le charme de l’actrice d’un jour a fini par accepter.

                (à suivre)

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 2/4

        Le chauffeur empeste l’alcool, à l’air bougon et semble comprendre notre désir de trouver une danseuse tamoul pour figurer dans une séquence de début et de fin d’un court-métrage.

        Il acquiesce et nous nous retrouvons dans un véhicule préhistorique avec un plancher troué par la rouille qui rend le sol visible. Nous nous rendons compte que les freins de la voiture sont hors d’usage et qu’il utilise le frein à main pour s’arrêter. Une conduite follement dangereuse nous transporte en dehors de la ville. L’inquiétude nous gagne car nous nous souvenons de la tentative de vol vécue la veille au marché.

        Cet homme nous guide vers un bâtiment isolé, faiblement éclairé par une lanterne rouge. Nous pénétrons dans un lieu glauque, sordide, sinistre. Je pense au roman de Maupassant‘‘ La Maison Tellier‘‘ en pire. Nous sommes assis sur une banquette verdâtre au plastique déchiré. Là aussi une lumière rouge. Pareil à un feu de signalisation, elle passe du rouge au vert et notre chauffeur nous fait signe de le suivre. Jamais je ne pourrai oublier cette vision horrible. Une sorte de grande chambre sur un sol en terre battue. Des vieilles femmes décharnées, édentées, au dos courbé, tentent un vague sourire.

        Un seul désir, quitter au plus vite cette zone d’abattage, d’esclavage, oublier ce chauffeur qui nous a fait découvrir les misères de la nuit plus terribles que celles du jour.

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 1/4

         Lors de la réalisation d’un film il importe d’attirer l’attention du spectateur dès les premières images et les premiers sons. Accrocher en surprenant, par exemple, par un pré-générique dynamique et une action inédite sont des éléments que le scénariste, le réalisateur; voire le producteur peuvent apporter à tout type de film qu’il s’agisse de fictions ou de documentaires; de longs ou de court métrages.

        En ce qui me concerne, j’aime le principe d’une boucle qui débute et termine le sujet abord. Je déteste les prises de vues conventionnelles même dans ces courts-métrages touristiques à caractère promotionnel. Il est possible de faire des choix où les individus et leurs actions sont aussi présents que les paysages ou les édifices .

        J’ai suggéré à mon ami Bogdan de débuter le film par une vingtaine de secondes où l‘on découvrirait une danseuse indienne exécutant quelques pas à la pointe de l’aube, sur la plage au bord de la mer. Le court-métrage se terminerait par la même danseuse filmée entre chien et loup; cette lumière particulière que j’affectionne avant la tombée brutale et rapide de la nuit. Je la voyais danser au milieu d’un cercle de feu.

        Elle même utiliserait un flambeau qu’elle inclurait dans la danse en l’apprivoisant. Sur une image arrêtée se déroulerait le générique. Nous avons souvent partagé des goûts identiques et mon ami n’a fait aucune objection à ma proposition.

        Ses seuls soucis où je retrouve le producteur ; le prix de la danseuse et où la trouver. Notre première décision, s’adresser à un chauffeur de taxi, a été mauvaise.

Feuilleton : RENCONTRE AVEC LES TAMOULS DU LITTORAL par Oncle Bob 3/3

        En attendant de nous revoir pour partir en mer, Arvalan nous donne quelques conseils si nous fréquentons les plages de cocotiers.

        On peut parfois y trouver des serpents venimeux et il y a intérêt à faire attention où l’on pose les pieds.

        Généralement ces animaux ne sont pas agressifs sauf s’ils se sentent menacés.

        Nous quittons nos hôtes pour passer quelques heures à la plage attentifs aux serpents mais aussi aux crabes aux pinces tranchantes.

        Le lendemain après avoir suivi Arvalan et Arivâli dans une partie de pêche fructueuse; alors que la nuit tombe rapidement, nos hôtes nous guident vers un petit temple caché par une épaisse frondaison d’arbres.

        Nous pénétrons dans ces lieux sacrés où le chef de famille va diriger la cérémonie.

        C’est au son d’une clochette censée appeler les divinités peintes ou sculptées à s’insérer dans leur image que débute la célébration du culte.

        Cette cérémonie du ‘‘puja‘‘ est commune aux tamouls du Sri Lanka et aux Hindous du Continent Indien.  Après l’appel aux divinités la famille allume des bougies et fait brûler de l’encens. L’épouse d’Arvalan et sa fille disposent des guirlandes de fleurs odoriférantes, déposent des fruits, du riz et remplissent des coupes d’eau tout en invoquant les divinités. J’en reconnais une, Ganesh, ce dieu à tête d’éléphant, porte bonheur dans ce panthéon hindouiste où l’homme n’est pas au centre de l’univers mais constitue l’un des éléments du cosmos. Après ce moment à la fois familial et rituélique nous regagnons la maison communautaire. Un repas nous y attend. Au menu, les crevettes grillées accompagnées du riz traditionnel. Une surprise de dimension pour Patrice et Eduardo.

        Ils ont des couverts et leurs portions de crevettes sont décortiquées. Bogdan et moi partageons le plat de nos hôtes qui sourient aux regards ébahis de nos collègues.

        Quelle leçon d’écoute, d’observation et de respect de la part de cette famille Tamoul pour ces étrangers, voyageurs éphémères accueillis dans la plus grande dignité !

puja.jpg

Feuilleton :RENCONTRE AVEC LES TAMOULS DU LITTORAL par Oncle Bob 2/3

        Chaleureux il nous invite à partager son repas composé de crevettes fraîchement pêchées accompagnées du riz, nourriture de base.

        Arvalan nous explique que la famille Tamoul est constituée comme un véritable clan avec un système social strict où le communautaire prime sur l’indépendance.

        Hindouistes sur le plan religieux, les Tamouls ont mal perçu la suprématie du bouddhisme comme religion d’État. Les trois millions de Tamouls, toutes religions confondues ont été défavorisés par rapport à une bourgeoisie locale cingalaise et un pouvoir asocial, privilégiant une économie ultra libérale tout en menant le pays d’une main de fer.

        Le fils aîné Arvâli poursuit des études secondaires et rêve de rejoindre les Tamouls de France ou de la Réunion. Pour lui, il n’y a ucun d’espoir d’obtenir une fonction intéressante dans son propre pays.

        L’épouse d’Arvalan et l’une de ses filles apportent deux énormes plats, l’un de riz, l’autre de crevettes parfaitement grillées dont les épices flattent les narines.

        Ici on se sert de la main droite pour prendre la nourriture. J’observe que Bogdan ce vieux complice baroudeur, comme moi, est tout à fait à l’aise mais nos équipiers manifestent des difficultés à adopter les coutumes locales.

        Je prends conscience que la famille Tamoul mange les crevettes dans leur entièreté, têtes comprises. Je suis évidemment leur exemple comme Bogdan qui a toujours respecté les traditions même s’il avait des difficultés à les assimiler.

        Par contre Patrice et Eduardo ne parviennent pas à se conformer aux usages. Arvalan et Arvâli observent nos comportements en silence.

        Nous nous accordons sur le fait de suivre une partie de pêche en mer et Bogdan s’arrange sur le plan financier avec le chef de famille pour le défrayer.

        Comme nous avons gagné sa sympathie il nous suggère de filmer une cérémonie d’offrandes qu’il pratique avec sa famille dans un petit temple hindou à l’abri de tous les regards. C’est avec plaisir que nous accueillons cette proposition.