LE JOUR OÙ SIMENON FAILLI ÊTRE CANDIDAT CONSEILLER COMMUNAL.

Lorsque fin de l’année 1919, est fondé le journal La Wallonie socialiste – le mot socialiste disparaît en 1923 -,  Isi Delvigne entend recruter d’excellents  journalistes. Il a l’œil attiré par une jeune recrue embauchée par la Gazette de Liége dont la plume paraît excellente. Il l’invite à le rencontrer.

Quelques cinquante ans plus tard, la jeune recrue dont le nom est Georges Simenon s’en souvient comme si c’était hier. Voici ce qu’il a raconté à notre confrère Guy Fontaine qui eut l’occasion de l’interviewer  dans sa série Portrait wallon à la TV : Un jour, Isi Delvigne qui était le rédacteur en chef de la Wallonie, qui était, en même temps, un des chefs du Parti socialiste à Bruxelles, au Parlement, m’a fait venir et m’a demandé d’entrer à La Wallonie. Il m’offrait le double de ce que je touchais à la Gazette de Liège. Et en plus de çà, avec comme prime que deux ans après, aux élections municipales, je serais sur la liste socialiste. C’était très tentant mais ça voulait dire que je me destinerais à une carrière politique. Parce qu’après avoir été conseiller communal, vous savez comment ça va, on essaye la députation et ainsi de suite. Alors, j’ai refusé. Mais je suis resté très bon ami avec tous ceux de la Wallonie et ils ont toujours été très gentils avec moi.

Si Simenon avait accepté les propositions d’Isi Delvigne, le soir du 24 avril 1921, vraisemblablement élu, il aurait célébré l’accession du Parti Ouvrier Belge au rang de la première formation au sein du Conseil communal de Liège.  Un séisme aux yeux de la bourgeoisie liégeoise selon Jean-Marie Roberti.

Les politiques n’ont jamais été la tasse de thé de Georges Simenon :  Ils croient être importants mais ils ne le sont pas du tout. Pour la bonne raison que ceux qui dirigent le monde, ce ne sont pas les présidents ou n’importe quel ministre ou haut-fonctionnaire et ambassadeurs, etc. Ce sont les grandes sociétés internationales et les banques, les grandes banques. En réalité, le rôle même des chefs d’États est très faible.

Ville de Liège : si les élections communales nous étaient contées … (9/9)

ÉVOLUTION PAR LISTES DES POURCENTAGES DES VOTES VALABLES LORS DES DIX-SEPT ÉLECTIONS AU SUFFRAGE UNIVERSEL DES CONSEILS COMMUNAUX DE LA VILLE DE LIÈGE DE 1921 À 2012 – LISTES AYANT OBTENU DES SIÈGES

Année 21 26 32 38 46 52 58 64 70 71 76 82 88 94 2000 2006 2012
Socialistes 38 33 31 32 37 42 42 31 24 24 37 41 40 33 35 38 38
Chrétiens 31 35 32 23 36 28 34 19 19 23 25 37** 22 22 20 14 14
Libéraux 29 24 17 19 13 20 19 29 34* 30* 14 37** 18 20 21 28 21
COM/PTB 8 9 11 14 8 5 11 7 6 6           6
Écolo                       12 11 11 15 12 12

*Les élections de 1970 furent annulées et recommencée en 1971. En 1970 et en 1971, il y deux listes libérales : le PLP, 8% et 3% et la liste dissidente du Bourgmestre Destenay, 26 % et 27% ;

**En 82, les 37% des chrétiens et libéraux sont à diviser en deux. Leur liste d’Union pour Liège ayant obtenu 21 sièges, 11 chrétiens et 10 libéraux.

AUTRES POURCENTAGES DE LISTES AYANT EU DES ÉLUS

Extrême droite : 7% en 32 Parti national, 16% en 38 Rex, 5% en 94 et 4% en 06 FN, 6% en 94 Agir

Démocratie Chrétienne. 8 % en 64

Rassemblement Wallon. 15% en 70, 12% en 71, 14% en 76

RÉSULTATS DES ÉLECTIONS COMMUNALES À LIÈGE DE 1921 À 2012 L’ÉVOLUTION DE LA RÉPARTITION DES POURCENTAGES DES SIÈGES.

Pour pouvoir comparer l’évolution du nombre de sièges de chaque liste lors de 17 scrutins (quatre lors de l’entre-deux guerre, six autres avant la fusion des communes et sept depuis) répartissant au total 39 sièges lors des huit premiers scrutins, 41 sièges lors des élections de 1970 et de celles recommencées en 1971, 51 sièges à chacune des trois premières élections après la fusion des communes et 49 sièges dans le cadre des quatre dernières élections communales, il importe pour rendre les résultats comparables, de diviser le nombre de sièges obtenus par chaque liste par le total des sièges attribués lors du scrutin analysé.

L’évolution des pourcentages de sièges obtenus pendant plus de 90 ans au Conseil communal de la Ville de Liège n’avait jusqu’à présent pas été mise ainsi en lumière.

Année 21 26 32 38 46 52 58 64 70 71 76 82 88 94 2000 2006 2012
Socialistes 41 36 33 33 38 46 44 33 27 27 41 45 45 37 41 43 45
Chrétiens 31 36 36 36 38 28 36 18 20 27 27 20 20 24 20 14 14
Libéraux 28 23 18 18 10 21 18 33 34 32 14 22 24 20 22 24 22
PC/PTB 0 6 8 10 13 5 3 10 5 2 4 2 0 0 0 0 4
Ext-droite 0 0 5 15 0 0 0 0 0 0 0 0 0 8 0 2 0
DCL 0 0 0 0 0 0 0 5 0 0 0 0 0 0 0 0 0
RW 0 0 0 0 0 0 0 0 15 12 14 0 0 0 0 0 0
Écolo 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 12 12 10 16 12 14

MOYENNES SUR 17 SCRUTINS PS 39/ CHR. 26 / LIB 24 / AUTRES 12

Pendant ces neuf décennies sur cinq électrices ou électeurs de la Ville de Liège votant valablement aux scrutins communaux, près de deux ont voté socialiste, plus d’un chrétien et plus d’un libéral et moins d’un pour d’autres listes. Les bipartites contre les socialistes ne sont plus possibles depuis la fusion des communes ce qui a souvent permis au P.S. d’être maître du jeu des alliances même si des alternatives qui n’eurent pas lieu étaient arithmétiquement possibles en 1976 (PSC RLL RW) et en 1982 (UPL ECOLO) mais RLL puis ÉCOLO l’ont refusée.

Jean-Marie ROBERTI

Illustration Émile Digneffe

Ville de Liège : si les élections communales nous étaient contées … (8/9)

RAPPELS D’AUTRES VOTES NOMINATIFS.

Je peux notamment souligner quel est le score record tous scrutins confondus et mettre en lumière quelques-uns des duels les plus remarquables.

Je n’ai pas voulu remonter avant 1976 car la personnalisation des scrutins s’est davantage manifestée dans une entité plus large, celle résultant de la fusion des communes.

EN 1976 : J.-P. GRAFE DEVANCE É. CLOSE QUI DEVIENT BOURGMESTRE.

En 1976 lors de la fusion des communes le match entre les candidats classés en tête des deux principales listes le P.S. (21 élus) et le P.S.C. (14 élus) tourna à l’avantage du second Jean-Pierre Grafé obtenant alors 15.568 voix de préférence et devançant Édouard Close 13.005. Suivaient les deux autres têtes de liste Jean Gol (R.W.) 7.307 et Hubert Pirotte (R.L.L. ou Rassemblement libéral liégeois) 4.077.

Cette personnalisation généralisée était sans précédent et renforçait les leaderships. Les écarts avec leurs colistiers étant importants (ainsi le deuxième chez les socialistes était un jeune échevin venant de Jupille Jean-Pierre Digneffe 1.734 votes nominatifs). Mais le phénomène le plus remarquable à cette date (et rarement confirmé à un tel niveau) fut l’usage du stemblok ou vote bloqué en faveur de plusieurs candidats pour lesquels un nombre significatif d’électrices et d’électeurs votaient préférentiellement en bloc (le nombre de votes nominatifs sur une seule liste n’étant pas limité pour chaque électrice ou électeur).

C’est ainsi que Jean-Pierre Grafé dont le score personnel avait dans une large mesure permis le résultat du P.S.C., ne vit élire à ses côtés que deux autres candidats de sa tendance (Hector Magotte et Simon Thiry tandis que Mademoiselle Huberte Hanquet de la tendance centriste dite chez les paroissiens catholiques des sans famille sociaux-chrétiens, organisait avec succès (sans y participer) les élections du trio William Ancion, Michel Firket et Jacques Marneffe soutenus par Mademoiselle Juliette Noël, Mesdames Marie Franssen épouse Frédérick, Antoinette Kraft de la Saulx épouse Begasse de Dhaem et Simone Gortz épouse Jacobs ainsi que par Messieurs Jacques Gramme et Alain de Seny, Paul Remouchamps étant lui, le seul élu démocrate-chrétien.

EN 1982 : MICHEL FORET DEVANCE ÉDOUARD CLOSE QUI RESTE BOURGMESTRE.

En 1982 la volonté d’envoyer le P.S. dans la minorité se manifesta et échoua à nouveau. En l’absence de Jean-Pierre Grafé au sujet duquel le Président de la Chambre Jean Defraigne avait reçu une demande de levée d’immunité parlementaire, la tête de liste d’un cartel P.S.C-P.R.L. fut proposée à Jean Gol qui devenu récemment Vice-Premier Ministre, la confia à son collaborateur Michel Foret entré au Conseil communal par la suppléance et devenu Échevin en remplacement de Madame Langevin ; William Ancion était deuxième de cette liste d’Union pour Liège dont Jean Gol occupait la dernière place. Édouard Close lui conduisait une liste socialiste élargie au Rassemblement Populaire Wallon de l’avocat Jean Mottard et du sénateur Charles Minet et au Rassemblement wallon du Président Henri Mordant. P.S. + R.W. et R.P.W. = R.P.S.W. soit Rassemblement des Progressistes et Socialistes Wallons.

Comme l’avait fait Jean-Pierre Grafé en 1976 Michel Foret en 1982 devança Édouard Close aux voix nominatives mais au total des votes valables le RPSW obtenait 48.330 voix (40,8%) et l’U.P.L. (PRL + PSC) 43.452 voix (36,5%) les nouveaux venus écologistes dont les cœurs penchaient à gauche complétaient les résultats 13.871 voix (11,7%). D’où le collège R.P.S.W. ÉCOLO.

Le quotidien Le Soir du 11 octobre 1982 en page 9 fournit le top onze des votes nominatifs en faveur des candidats R.P.S.W. et U.P.L.(les électrices et électeurs Écolo personnalisant moins leurs suffrages leurs élus n’apparaissent pas dans ce classement) :

  1. Michel Foret (tête de liste U.P.L./P.R.L.) 10.671,
  2. Édouard Close (tête de liste R.P.S.W./P.S.) 9.693,
  3. Jean Gol (dernier candidat de la liste U.P.L./P.R.L.) 4.976,
  4. William Ancion (2ème de la liste U.P.L./P.S.C.) 3.948,
  5. Jean-Maurice Dehousse (dernier candidat de la liste R.P.S.W./ P.S.) 3.825,
  6. Michel Firket (U.P.L./P.S.C.) 3.756,
  7. Albert Lonnoy (R.P.S.W./R.W.-D.C.) 3.591,
  8. Jacques Marneffe (U.P.L./P.S.C.) 2.796,
  9. Hubert Pirotte (U.P.L./P.R.L.) 2.654,
  10. Jean-Pierre Digneffe (R.P.S.W./P.S.) 2.467,
  11. Jules Borsu (U.P.L./P.R.L.) 2.248.

EN 1988 : DEUXIEME PLACE POUR MICHEL FAWAY ÉLIMINÉ PAR ANDRE COOLS

En 1988, pour retrouver des interlocuteurs aux autres niveaux de pouvoir, un préaccord P.S.- P.S.C. fut conclu et trente ans après restait d’actualité.

Les oppositions internes chez les socialistes entre Perronistes (Dehousse, Happart & C°) et groupe de Flémalle d’André Cools avait conduit à un compromis : le siège de Bourgmestre d’Édouard Close devant être transmis dans la seconde partie de la mandature au Président de l’Union socialiste communale Michel Faway qui finalement ne devait pas l’obtenir, André Cools l’accusant faussement d’avoir détourné un milliard de francs belges au détriment du C.P.A.S. dont il était Secrétaire général. D’aucuns s’attendaient à des stembloks chez les socialistes pour les Perronistes ou pour les coolsiens, les uns cherchant à éliminer les autres. Il n’en fut rien, Avec 40 % des votes valables et 23 sièges les socialistes partagèrent entre leurs deux tendances leurs élus

Voici les votes nominatifs recueillis alors, vingt-deux élus obtenant plus 1.000 suffrages préférentiels :

  1. Édouard Close 9.995,
  2. Michel Faway 6.506,
  3. Michel Foret 6.079,
  4. Jean-Maurice Dehousse 5.278,
  5. Jean Defraigne 4.628,
  6. Luc Toussaint 4.610,
  7. Jean-Pierre Grafé 4.226,
  8. Jacques Marneffe 3.393,
  9. Michel Firket 3.006,
  10. William Ancion 2.870,
  11. Brigitte Ernst de la Graete 2.551,
  12. Paul Peeters 2.343,
  13. Nicole Struvay 2.313,
  14. Jean-Pierre Digneffe 2.152,
  15. Didier Reynders 1.999,
  16. Hector Magotte 1.474,
  17. Maggy Yerna 1.448,
  18. Hubert Pirotte 1.236,
  19. Anne-Marie Hanquet 1.227,
  20. Nicole Anoul 1.202,
  21. Henri Schlitz 1.157,
  22. Charles Minet 1.072.

Un petit nouveau obtenait il y a trente ans 764 votes nominatifs. Son nom ? Willy Demeyer….

EN 1994 : POUR LE MAYORAT ENTRE LE BOURGMESTRE SORTANT ET LE CANDIDAT À SA SUCCESSION, IL N’Y EUT PAS BESOIN DE PHOTO POUR LES DÉPARTAGER. 

Trois ans après l’assassinat d’André Cools, le Président du P.S. Philippe Busquin imposa une liste communale liégeoise où le Ministre fédéral de la politique scientifique Jean-Maurice Dehousse obtenait la première place tandis que le Bourgmestre sortant Henri Schlitz qui avait succédé à Édouard Close, domicilié à Aubel,  après un an d’intérim confié, non à un socialiste mais au P.S.C William Ancion. Perronistes et Coolsiens cherchèrent à s’éliminer mutuellement mais les 18 sièges conservés par les socialistes se répartirent équitablement entre les deux camps. Par contre le classement des élus sur base de leurs voix nominatives se passe de commentaires.

Voici ce top 10 :

  1. Jean-Maurice Dehousse (P.S.) : 13.316,
  2. William Ancion : 6.985,
  3. Michel Foret  (P.R.L.) : 5.479,
  4. Jean-Pierre Grafé (P.S.C.) : 4.787,
  5. Michel Firket (P.S.C.) 3.961,
  6. Didier Reynders (P.R.L.) 3.590,
  7. Jacky Morael (Écolo) : 2.423,
  8. Luc Toussaint (P.S.) : 2.303,
  9. Philippe Monfils (P.R.L.) 2.137,
  10. Henri Schlitz (P.S.) 1.258.

EN 2000 : DES ARABES D’ORIGINE REMPLACENT LES ÉLUS D’EXTRÊMEDROITE. 

Le Soir a publié les voix de préférence suivantes suite au scrutin du 8 octobre 2000

  1. Willy Demeyer: 12.414,
  2. Didier Reynders: 10.481,
  3. William Ancion: 5.713,
  4. Jean-Pierre Grafé: 5.243,
  5. Jacques Marneffe: 3.538,
  6. Michel Firket: 3.476,
  7. José Happart: 3.157,
  8. Brigitte Ernst de la Graete: 2.665,
  9. Christine Defraigne: 2.477,
  10. Jacky Morael: 2.353,
  11. Claude Émonts: 2.102,
  12. Philippe Monfils: 1990,
  13. Michel de Lamotte: 1.768,
  14. Olivier Hamal: 1.406,
  15. Fouad Chamas : 1. 377,
  16. Hector Magotte: 1.285,
  17. Jean-Maurice Dehousse: 1.276.

Le score du Bourgmestre élu au scrutin précédent est tombé au niveau de celui dont il avait été le successeur (Dehousse 1276, Schlitz 1258).

Trois nouveaux élus pour la première fois d’origine arabe (Fouad Chamas candidat d’ ouverture sur la liste P.S., d’origine libanaise), Messaouda Barkat, Écolo, d’origine sarahouie et Fatima Shaban, P.S., d’origine palestinienne) remplacèrent les conseillers du Front national et d’Agir qui n’obtinrent donc pas leur réélection après six ans passés aux côtés de 45 autres élus et de journalistes qui les ignorèrent.

EN 2006 : RECORD POUR DEMEYER: IL DEVANCE REYNDERS QUI PARTIRA À UCCLE.

Le scrutin communal liégeois de 2006 se bi-poralisa, le Vice-Premier ministre Didier Reynders jouant son va-tout communal liégeois en se présentant comme votre Bourgmestre face au Bourgmestre en fonction Willy Demeyer. Plus d’un tiers des électrices et des électeurs (36.249 votes nominatifs sur les 106.941 votes valables) concentrèrent leurs voix sur ces deux têtes de liste. Willy Demeyer établit dans ce contexte le score record des voix de préférence obtenues lors d’élections communales à Liège en obtenant 18.999 votes nominatifs soit 46,8 % des voix des électrices et électeurs du P.S. et en devançant 1.749 voix son concurrent Didier Reynders qui réussit un résultat au moins aussi remarquable puisqu’avec 17.250 votes nominatifs c’est 61,9 % des 27.873 voix libérales liégeoises qu’il obtint. Des taux de pénétration (votes nominatifs divisés par le total des votes valables) respectivement de 17,8 % et 16,1 %, sans précédent.

Le top dix des plus de 2.000 votes nominatifs en 2006 :

  1. Willy Demeyer (P.S.) 18.999,
  2. Didier Reynders (M.R.) 17.250,
  3. Michel Firket (CdH) 4.649,
  4. Christine Defraigne (M.R.) 3.992,
  5. Maggy Yerna (P.S.) 3.674,
  6. Bénédicte Heindrichs (Ecolo) 3.511,
  7. Jean-Pierre Grafé (CdH) 2.754,
  8. Jean-Claude Marcourt (P.S.) 2.294,
  9. Fouad Chamas (ouverture P.S.) 2.125,
  10. Nicole Struvay (P.S.) 2.002.

En fin de mandature, Didier Reynders choisissait de quitter Liège et la Wallonie pour Uccle et la Région bruxelloise où (en plus des Affaires étrangères) le Vice-Premier ministre supervise notamment la gestion des institutions culturelles fédérales.

DANS LES LIMITES DE LA VILLE DE LIÈGE, D’AUTRES VOTES NOMINATIFS. 

Un double record a été établi par José Happart, lorsqu’il obtint plus de 234 et de 308 mille voix lors des scrutins européens de 1984 et de 1989 avec sur le territoire de la Ville 21.536 puis 23.899 suffrages préférentiels. Ces résultats hors norme de l’ancien et éphémère Bourgmestre des Fourons sont d’autant plus remarquables qu’il n’était pas tête de liste du P.S. (place accordée à Ernest Glinne en 1984 et à Raymonde Dury en 1989). Tous scrutins confondus José Happart occupe les deux premières places du podium que Willy Demeyer complète.

L’affirmation selon laquelle Michel Daerden aurait pulvérisé tous les records lors de l’élection du Parlement wallon en juin 2009 n’est pas fondée au niveau de la Ville de Liège puisqu’il y avait obtenu 15.415 votes nominatifs).

Autre scrutin qui a retenu l’attention : celui qui a suivi en novembre pour la Chambre l’assassinat d’André Cools le 18 Juillet 1991. De la première place au Sénat Jean-Maurice Dehousse avait été relégué à la septième place (en principe non éligible) sur la liste P.S. pour la Chambre. Avec un seul mot d’ordre trouvé par Roger Dehaybe (Résister), Dehousse obtint 14.190 voix à Liège (38.827 dans l’arrondissement) devenant le premier élu socialiste à la Chambre en sautant Laurette Onkelinx et ses 3.690 voix de préférence à Liège et 19.266 dans l’arrondissement soit à peine plus de la moitié du septième candidat. Là aussi il y eut déménagement vers Bruxelles….

Les écarts en votes nominatifs entre le Bourgmestre Demeyer et le Ministre Marcourt aux deux derniers scrutins communaux étaient considérables (16.705 en 2006 avec 18.999 votes pour le premier et 2.294 pour le second et encore en 2012, 9.704 voix d’écart avec 13.067 voix de préférence pour le Bourgmestre et 3.363 pour le Ministre). Depuis la situation a évolué car quand les deux furent têtes de liste le premier pour la Chambre des Représentants et le second pour le Parlement wallon, l’écart au niveau de la Ville n’était plus que de 717 votes (12.712 pour le Bourgmestre, 11.995 pour le Ministre).

Ajoutons que la roche tarpéienne cette crête rocheuse du Capitole d’où l’on précipitait dans le vide ceux dont Rome, sous l’antiquité, voulait se débarrasser reste toujours aussi proche de la plus sacrée des sept collines où se trouvait le cœur des institutions religieuses et politiques du monde latin. Ainsi à Liège, aux communales de 2006, la liste du P.S. connut quelques surprises. L’Échevin Miguel Mévis obtint 1.132 voix de préférence ce qui le classa 22ème candidat du P.S. qui eut 21 élus, le dernier siège étant octroyé à un nouveau venu, un Rocourtois du nom de Roland Léonard qui allait devenir Échevin mais qui l’avait alors emporté de deux voix : 1.134.

Jean-Maurice Dehousse qui ne manquait pas de moyens notamment dans le cadre de l’I.G.I.L. (Intercommunale de gestion immobilière liégeoise) avait obtenu la présidence du Palais des Congrès et un secrétariat mais son mandat primaire de conseiller communal disparut avec ses 1052 votes nominatifs alors qu’il avait reçu la place plus confortable de la liste, la dernière. Et pour José Happart, ses 1.630 voix de préférence l’incitèrent à ne plus guère se présenter à l’élection du Conseil.

LE TOP CINQ DE 2012 SERA-T-IL CONFIRMÉ DANS LE DÉSORDRE EN 2018 ?

Après avoir souligné le stemblok efficace de trois échevins des sections socialistes des anciennes communes de la périphérie liégeoise – ce n’est, en effet, pas par hasard si Hupkens, Léonard et Fernandez de Bressoux, Rocourt et Wandre obtinrent respectivement 2.839, 2.838 et 2.801 votes nominatifs – nous vous renvoyons au paragraphe sur les préférences actuelles et à notre question : en 2018, dans le désordre, le top cinq (Willy Demeyer, Christine Defraigne, Raoul Hedebouw, Gilles Foret, Jean-Claude Marcourt) sera-t-il très différent ?

Jean-Marie ROBERTI

Illustration Michel Foret                                (à suivre)

Ville de Liège : si les élections communales nous étaient contées … (7/9)

Les votes nominatifs, dits de préférence, au niveau de la Ville de Liège de 1976 à 2014.

En Belgique, les votes qui s’expriment en faveur d’un(e) ou de plusieurs candidat(e)s d’une même liste servent à déterminer l’ordre des élu(e)s et des suppléant(e)s de ces listes. Précédemment cette répartition s’effectuait après que le pot des votes en case de tête de la liste ait été réparti (jusqu’au chiffre déterminant chaque élection des candidats les mieux classés).

Chez nous, en Région Wallonne, à l’avenir cet effet dévolutif de ces votes en case de tête sera supprimé.

Dès à présent, si la confrontation entre listes de candidats pour déterminer le nombre d’élus est importante ce qui le devient tout autant c’est la lutte interne entre celles et ceux des candidats de chaque liste qui veulent âtre élu(e)s. L’autorité des partis diminue et les candidats importants sont entourés de partisans comme si chacun(e) privilégiait son écurie électorale personnelle.

Bien entendu les résultats des un(e)s et des autres en votes nominatifs ne servent pas seulement à se faire élire mais déterminent en outre un certain rapport de forces entre principaux élus, certain(e)s pouvant apparaître de ce fait comme incontournables.

Le nombre de votes nominatifs dépend aussi du nombre de colistiers aux divers scrutins. Moins il y a de concurrence plus le score peut être élevé. De même certaines places sur la liste (en particulier surtout la première mais aussi la dernière place).

Dans le district électoral que forme la ville de Liège aux cinq scrutins actuels, le nombre de candidats pour chaque liste complète est le suivant :

Provinciales (2012) : 10

Européennes (2014) 14 : 8 effectifs et 6 suppléants

Chambre (fédérale) (2014) 24 : 15 effectifs et 9 suppléants

Parlement wallon (2014) 26 : 13 effectifs et 13 suppléants

Communales (2012) : 49

LES PRÉFÉRENCES ACTUELLES.

Voici un hit-parade des dix meilleurs scores en voix nominatives aux trois scrutins de 2014 au niveau de la Ville de Liège (E=Européennes, C= Chambre (fédérale) et W= Parlement wallon) :

  1. Willy Demeyer (C) 12.712
  2. Jean-Claude Marcourt (W) 11.995
  3. Marie Arena (E) : 10.278
  4. Louis Michel (E) 9.571
  5. Christine Defraigne (W) 8.143
  6. Daniel Bacquelaine (C) 7.010
  7. Frédérique Ries (E) 4.847
  8. Marie-Dominique Simonet (W) 4.691
  9. Julie Fernandez-Fernandez (C) 4.592
  10. Raoul Hedebouw (C) 4.449

Aux provinciales de 2012 sur le territoire de la Ville, le top dix était le suivant :

  1. Paul-Emile Mottard 7.884
  2. Katty Firquet 7.558
  3. Miguel Fernandez 4.479
  4. Marc Yerna 3.935
  5. Matthieu Content 3.340
  6. Dominique Drion 3.213
  7. Gérard Georges 2.569
  8. Jean-Denis Lejeune 2.551
  9. Valérie Derselle 2.306
  10. Nathalie Rutten 2.273

Enfin voici le classement aux communales liégeoises de 2012 des seize élus qui ont obtenu plus de 2.000 voix nominatives :

  1. Willy Demeyer 13.067
  2. Christine Defraigne 6.776
  3. Raoul Hedebouw 4.085
  4. Gilles Foret 3.425
  5. Jean-Claude Marcourt 3.363
  6. Anne Delvaux 3.361
  7. Maggy Yerna 3.140
  8. Michel Firket 3.089
  9. Jean-Pierre Hupkens 2.839
  10. Roland Léonard 2.838
  11. Julie Fernandez-Fernandez 2.801
  12. Bénédicte Heindrichs 2.795
  13. Fouad Chamas 2.504
  14. Benoit Drèze 2.452
  15. Hassan Bousetta 2.276
  16. Michel Faway 2.051.

Question : en 2018, dans le désordre, le top cinq sera-t-il très différent ?

Jean-Marie ROBERTI

Illustration Willy Demeyer                                              (à suivre)

Ville de Liège : si les élections communales nous étaient contées … (6/9)

VILLE DE LIÈGE SEPT SCRUTINS DEPUIS LA FUSION DE COMMUNES 1976 2012

  1)10 OCTOBRE 1976 2) 10 OCTOBRE 1982 3) 9 OCTOBRE 1988
  VOIX % SIEGES VOIX % SIEGES VOIX % SIEGES
Inscrits 153,166 100,00 51 139.504 100,00 51 131.431 100,00 51
Déposés 141.245 92,20   127.107 91,11   115.026 47,50  
Blancs & Nuls 6.217 4,06   8.133 5,83   7.499 6,52  
Valables 135.028 88,16   118.974 85,88   107.527 81,81  
                   
PSB/RPSWI/PS 49.954 37,00 21 48.483 40,75 23 43.093 40,08 23
  Socialistes & progressistes wallons
PLP/UPL/PRL/MR 18.731 13,87 7 43.452 36,52 21 23.295 21,66 12
  Libéraux et sociaux-chrétiens
PSC/UPT./CdH 33.946 25,14 14 ci-dessus 19.833 18,44 10
ECOLO 0 0 0 13.871 11,66 6 12.177 11,32 6
PCB 7.804 5,78 2 5.270 4,43 1 3.265 3,04 0
R. WALLON 19.571 14,49 7       972 0,90 0
DEMO CHR 3.3376 2,50 0 3.918 3,29 0      
PTB. 350 0,26 0 277 0,23 0 369 0,34 0
UP. en 76 POS en 88 1.296 0,96 0       401 0,37 0
U.D.R.T en 82 PFN (ext dr} en 88   1.936 1,63 0 3.165 2,94 0
Divers 4 en 1982 & EN (ext dr) en 88   1.767 1,49 0 957 0,89 0
MAJORITÉS 68.685 50,87 28 62.354 52,41 29 62.926 58,52 33
  Socialistes et Libéraux RPSW et ECOLO Socialistes & PSC/CdH

 

 

  4) 9 OCTOBRE 1994 5) 8 OCTOBRE 2000 6) 8 OCTOBRE 2006
  VOIX % SIEGES VOIX % SIEGES VOIX % SIEGES
Inscrits 125.601 100,00 49 126.616 100,00 49 130.228 100,00 49
Déposés 105.839 87,27   106.178 83,86   113.127 86,87  
Blancs & Nuls 5.736 5,42   6.261 5,90   6.186 5,47  
Valables 100.103 79,70   99.917 78,91   106.941 82,12  

 

PS 32.588 32,55 18 34.804 34 ,83 20 40.605 37,97 21
PRL/MR 19.734 19,71 10 21.238 21,26 11 27.873 26,06 14
PSC/CDH 21.799 21,78 12 19.489 19,51 10 15.360 14,36 7
ECOLO 11.119 11,11 5 15.414 15,43 8 13.078 12,23 6
FN (ext.-droite) 5.003 5,00 2 3.182 3,18 0 4.477 4,19 1
AGIR (ext.-droite) 6.188 6,18 2            
PTB 644 0,64 0 775 0,78 0 1.544 1,45 0
PC 1.087 1,09 0 1.484 1,49 0 1.366 1,28 0
Divers (ext.-droite) 448 0,45 0 1.025 1,03 0 1.633 1,53 0
5,3 puis 3 autres 1.493 1,49 0 2.506 2,51 0 995 0,93 0
MAJORITÉS 54.387 54,33 30 54.293 54,34 30 55.965 52,33 28
  PS – PSC PS – PSC/CDH PS – CDH
  • y compris des ressortissants de 27 Etats de l’U.E.dès 2000 puis d’autres étrangers aussi dès 2006

 

  7) 14 OCTOBRE 2012  
  VOIX % SIEGES  
Inscrits 130.995 100,00 49      
Déposés 105.167 80,28        
Blancs & Nuls 6.911 6,57        
Valables 98.256 75,24        

 

PS 37.289 37,95 22      
PRL/MR 20.819 21,19 11      
CdH 13.769 14,36 7            
ECOLO 12.021 12,23 6  
PTB+ 6.297 3,41 2  
VEGA (verts de gauche) 3.534 3,60 1  
Extr.Droite (UP) 2.135 2,17 0  
Parti des pensionnés 2.392 2,43 0            
MAJORITÉS 51.058 51,96 29            
  PS / CDH    

 

QUELLE PARTICIPATION AUX 7 SCRUTINS COMMUNAUX LIÉGEOIS DE 1976 A 2012 ?

Scrutins tous les six ans % absences justifiées ou non Evolution de ces % d’année en année % de Blancs et Nuls % de qui n’ont pas voté valablement
    1976    7.80 4.06 11.86
1982 8.89 + 1.09 5.83 14.72
1988 12.50 + 3.61 6.52 19.02
1994 15.73 + 2.23 5.42 21.15
2000 16.14 + 0.31 5.90 22.04
2006 13.13 – 3.01 5.47 18.60
2012 19.72 +6.59 6.57 26.29

 

Jean-Marie ROBERTI

Ville de Liège : si les élections communales nous étaient contées … (5/9)

La fusion des communes

Le Gouvernement Tindemans – De Clercq – Van den Boeynants et son Ministre de l’Intérieur, l’ancien Maire de Virton, feu Joseph Michel imposèrent par l’arrêté royal du 17 septembre 1975, ratifié (de justesse) par la loi du 30 décembre de la même année, la fusion des 2.359 communes du Royaume de Belgique qui devinrent le 1er janvier 1977 à 0 heure 596 (305 en Flandre, 262 en Wallonie et l9 à Bruxelles), ce chiffre de 596 devenant 587 le 1/1/84 par la fusion de neuf communes anversoises.

À part le secrétaire d’État à l’Économie wallonne Jean Gol, il est curieux de constater que les Ministres liégeois Jean-Pierre Grafé, Jean Defraigne et Francois Perin quittèrent ce gouvernement le 4 octobre 1974, le 31 juillet 1975 et le 8 décembre 1975 dates auxquelles ils furent remplacés par le Bruxellois Henri – François Van Aal, le Luxembourgeois Louis Olivier et le Namurois Michel Toussaint.

Que signifiait fusionner des communes ?

Faire par exemple une nouvelle ville avec les anciennes communes d’Angleur, de Bressoux, de Chênée, de Glain, de Grivegnée, de Jupille, de Liège, de Rocourt et de Wandre ?

Non, évidemment, cela aurait été bien trop simple et n’aurait pas servi les intérêts électoralistes des partis de la majorité gouvernementale. Ainsi dans le cas de Liège, cette fusion a entraîné douze rectifications des limites communales dont six contenant chacune plus de cent habitants. Le quartier résidentiel Chênéen de Mehagne fut rattaché à Chaudfontaine, plus de 40 % de la commune d’Ougrée (quelques 8.000 habitants et 7 des 19 conseillers) furent rattachés à Liège c’est-à-dire Sclessin (où est situé le stade du Standard) sur la rive gauche de la Meuse et une partie de Cointe ainsi que, sur la rive droite, la partie ougréenne du domaine universitaire liégeois du Sart-Tilman , les hameaux Wandruziens de la Motte ct de Chefneux firent partie de Blégny et les autres changements concernent notamment des rues ou parties de rues d’Ans-bas, de Saint-Nicolas et de Vottem. Bref, vous comprendrez que dans ces conditions, il était malaisé d’estimer la représentativité des listes en présence en octobre 1976.

En périphérie

Vous connaissez les rapports de forces établis en l971 au niveau de la ville de Liège (soit 41 sièges 13 Libéraux, 11 Socialistes, 11 Sociaux-Chrétiens, 5 Rassemblement wallon et 1 Communiste).

Voyons si les chiffres confirment qu’en périphérie de la future entité municipale, pour un tiers des électrices et des électeurs, le P.S.B. était bien dominant en 1970.

À Angleur : les voix se répartissent entre quatre listes : 3.560 votes pour le P.S.B. de Charles Davin et Henri Schlitz soit 43 % et 8 des 15 sièges, PLP et PSC 2951 (6 sièges), RW. 988 (1 siège), P.C.B. 753.

À Bressoux : P.S.B. 3213 votes (soit 39 % et 7 sièges sur 16), P.S.C. 2398 (5 sièges), le Bourgmestre socialiste dissident Bassleer 1140 (2 sièges), P.L.P. 1005 (1 siège et le poste de Bourgmestre grâce à une alliance avec le P.S.B.), P.C.B. 480, pas de Rassemblement wallon.

À Chênée : P.S.B. du Bourgmestre Charles Goossens et de Hubert Wégimont avec 3838 voix (49,7 % et 8 sièges sur 15) Cartel P.L.P. – P.S.C. ct R.W. 3.207 (7 sièges), P.C.B. 677 (aucun siège)

À Glain : C’est sans élection que le Bourgmestre Raymond Bayot avait obtenu un conseil communal composé de 11 Socialistes, 1 Communiste et 1 Social – Chrétien sans que ce soit déjà la dictature du prolétariat.

À Grivegnée : (principale ancienne commune périphérique avec plus de 23.000 habitants) le Bourgmestre Nicolas Struvay (grand-père de feu Nicole) et le Sénateur Edmond Cathenis obtenaient en 1970 un collège socialiste homogène avec 7.205 voix (48,3 % et 11 sièges sur 19) face à 2612 voix libérales (3 sièges), 2.285 sociale-chrétiennes (3 sièges), 2.089 pour un cartel D.C.-R.W. (2 sièges) et 724 communistes.

À Jupille : La première place des socialistes du Bourgmestre Alfred Putzeys et du plus jeune des échevins qu’était alors Jean-Pierre Digneffe (3.243 voix 48,9 % 9 sièges sur 15) avait été confirmée devant le P.S.C. 1.490 voix (3 sièges), le P.L.P. 1.341 (3 sièges) et le P.C.B. 562 .

À Rocourt, déjà hesbignonne : L’affrontement P.S.B. P.S.C. avait été favorable aux sociaux-chrétiens qui avec 1.572 voix (54,58 % et 7 sièges sur 13) devançaient les socialistes 1.308 voix (6 sièges).

À Sclessin : étaient domiciliés sept des 19 conseillers d’Ougrée : 4 P.S.B. dont alors feu le Bourgmestre Destexhe et un conseiller de trois des quatre autres partis mais une estimation en voix est discutable.

À Wandre, le Bourgmestre Jules Pirotte obtenait une large majorité absolue des socialistes (1.987 voix 54,8 % et 9 sièges sur 13 devant les démocrates-chrétiens 741 voix (2 sièges), les libéraux 496 (1 siège) et les communistes 404 (1 siège).

Ces résultats conduisirent en 1976 a des appréciations selon lesquelles la première place au scrutin du 10/10/1976 reviendraient aux socialistes avec arithmétiquement sur la base des scores de 1970, 18 sièges qui se réduiraient à 16 environ vu la popularité des Grafé, Defraigne et Gol plus grande que celle des candidats têtes de listes dans les anciennes communes de la périphérie.

On sait que cette prévision fut infirmée par le scrutin qui apporta 21 sièges aux socialistes qui même avec les communistes restaient pourtant minoritaires face au total des sièges du P.S.C., des libéraux et du Rassemblement wallon.

Jean-Marie ROBERTI

Illustration futur Stade du Standard                                     (à suivre)

Ville de Liège : si les élections communales nous étaient contées … (4/9)

… suite des scrutins jusque en 1971

E.1946

Les premières élections communales liégeoises après la seconde guerre mondiale donnèrent les résultats suivants :

Socialistes      33.895 voix     36,54 %          15 sièges,

Chrétiens        33.589 voix     36,21 %          15 sièges,

Libéraux         12.051 voix     12,99  %         4 sièges,

Communistes 13.230 voix     14,26 %          5 sièges.

Après quatre ans et quatre mois d’occupation, de résignation ou de résistance, après la joie de la Libération le 8 septembre 1944, après les épreuves meurtrières suscitées par la contre-offensive von Runstedt et par les bombes volantes, après la capitulation nazie le 8 mai 1945 et la confirmation des horreurs des camps de concentration ainsi que lors d’une répression de l’incivisme à géométrie variable (les plus riches s’en tirant souvent beaucoup mieux que les petits parfois victimes de circonstances historiques telles que la valse des nationalités dans nos cantons de l’est), le retour aux urnes sur le plan local paraît à Liège avoir été clair. Il n’y eut que quatre listes : celles des deux grands partis le P.S.B. et le P.S.C. qui firent jeu égal chacun obtenant 15 des 39 sièges tandis que les communistes devançaient les libéraux de 1.079 voix et d’un siège, leur cinquième qui leur permettait d’obtenir une majorité de 20 sur 39 avec le P.S.B. Celui-ci continua à indisposer ses bonzes bruxellois en nouant au niveau communal l’alliance de gauche conclue au niveau provincial.

Pendant douze ans le Bourgmestre de Liège fut l’avocat Paul Gruselin, personnage rigoureux qui se retira en 1958 sur les bords de l’Ourthe avec une réputation de misanthrope.

Quant à l’Échevin communiste de la Culture, Paul Renotte (1906-1966), professeur à l’Académie des Beaux-Arts de la Ville de Liège, il remarqua la dégradation de la statue dite des Trois Grâces que sculpta à 70 ans, en 1697, Jean Del Cour pour orner le sommet du Perron et élever la pomme de pin (symbole de l’unité de la nation liégeoise) et la croix (liée au caractère épiscopal de notre Principauté). Aujourd’hui, c’est la copie qu’en réalisa Paul Renotte qui se trouve place du Marché, l’original de Del Cour étant protégé au Grand Curtius après avoir été mieux mis en valeur à l’Hôtel de Ville.

F. 1952 

Alors qu’une candidature bruxelloise hostile empêchait Liège de devenir le siège de la C.E.C.A. (Communauté européenne du charbon et de l’acier) et après les durs affrontements de la question royale en août 1950 et à la veille du déclenchement de la guerre scolaire, les options majoritaires des Liégeois ne laissèrent guère de doute : ils renforcèrent les anticléricaux puisque les Libéraux doublèrent leur nombre de sièges au détriment du P.S.C, les Socialistes eux, dans un climat de guerre froide (et parfois chaude comme en Corée) se détachant en première place au détriment des communistes, la répartition des 39 sièges (18, 11, 8, 2) se passant de commentaires.

Socialistes      39.364 voix     41,81 %          18 sièges,

Chrétiens        26.205 voix     27,84 %          11 sièges

Libéraux         19.252 voix     20,45 %          8 sièges

Communistes  7.633 voix       7,83 %            2 sièges.

G. 1958

Six ans plus tard les sociaux-chrétiens reprirent un siège à chacun des trois autres partis :

Socialistes           38.393 voix     41,83 %          17 sièges,

Chrétiens             30.950 voix     33,74 %          14 sièges,

Libéraux              17.139 voix     18,68 %          7 sièges,

Communistes       4584 voix        5,00 %            1 siège.

Il y a soixante ans alors que se déroulait à Bruxelles l’Expo en compensation de laquelle Liège avait été autorisée à emprunter pour construire le Palais des Congrès inauguré alors et à se jumeler avec une des Villes (Lille, Rotterdam, Cologne, Turin et … Esch-sur-Alzette) de chacun des cinq autres Etats ayant l’année précédente signé à Rome le traité instituant un Marché commun, c’est sous l’impulsion de jeunes alors très à droite comme Jean-Pierre Grafé, que le P.S.C. reprit du poil de la bête et  proposa le maïorat à l’ancien ministre libéral des Colonies, l’avocat Auguste Buisseret. Avec le Ministre d’État Maurice Destenay à l’instruction publique, l’historien de notre Université Jean Lejeune aux travaux, Jean-Pierre Grafé aux services sociaux, Jean Raymond, Premier Échevin à l’État civil etc…, ce Collège allait devoir affronter des événements comme ceux de la grève de l’hiver 1960-61 contre des mesures jugées de régression sociale et pour le fédéralisme.

H. 1964

Six ans plus tard, les 75 % de votes valables du P.S.B. et du P.S.C. descendirent à 50 % :

Socialistes                       26.181 voix     31,22 %          13 sièges,

Chrétiens                         16.028 voix     18,9 %            7 sièges,

Libéraux                          24584 voix      28,99 %          13 sièges,

Communistes                  9095 voix        10,72 %          4 sièges,

Démocratie chrétienne   6.583 voix       7,76 %            2 Sièges.

Nouveau séisme électoral : les socialistes en conflit avec les renardistes de la F.G.T.B. wallonne perdent 10% des votes valables et 4 de leurs 17 sièges. Ils sont rejoints en nombre de sièges par les Libéraux (d’Omer Vanaudenhove : Mon parti c’est mon pays) qui dépassent allègrement le P.S.C. et chez lesquels à Auguste Buisseret avait succédé Maurice Destenay entouré d’une équipe dynamique comprenant Georges Goldine, Hubert Pirotte, Joseph América… sans oublier Madeleine Langevin car Moi j’aime bien Madame Langevin.

Sous l’impulsion de René Beelen qui avait pris le risque de déstaliniser en Belgique avant le XXème congrès du parti communiste de l’Union soviétique, les communistes se redressèrent alors passant de 5 à 10 % des voix et d’un à quatre sièges.

I. 1970 (sur 41 sièges et non 39)

En 1970, alors que les incompatibilités entre dirigeants liégeois du Parti Socialiste Belge et du Mouvement Populaire Wallon s’atténuent, le Rassemblement Wallon conduit par François Perin et Jean Gol obtient néanmoins d’emblée six sièges au Conseil communal tandis que chez les Libéraux c’est la scission entre orthodoxe du P.L.P. et l’équipe du Bourgmestre Destenay, échaudée par l’annexion des Fourons au Limbourg et la scission de l’Université de Louvain aux cris de Walen buiten !. La liste du Bourgmestre malgré la présence d’une liste officielle du P.L.P. conduite par l’Échevin Tilman chargé de l’enseignement communal confirme que les Liégeois préfèrent les rebelles puisqu’ils donnent 12 sièges à Maurice Destenay, onze aux Socialistes conduits par l’Échevin des Travaux Charles Bailly et … 2 à l’Échevin P.L.P. Tilman. Le P.S.C. regagne un siège au moment où la Démocratie Chrétienne autonome disparaît et que  les communistes perdent la moitié de leurs 4 sièges.

Voici les scores de ce scrutin de 1970 :

Socialistes                       19.447 voix     23,60 %          11 sièges,

Chrétiens                         15.383 voix     18,66 %          8 sièges,

Libéraux                          6.273 voix       7,62 %            2 sièges

(Liste P.L.P. officielle de l’Échevin sortant Tilman),

Communistes                  5.469 voix       6,64 %            2 sièges,

Rassemblement wallon   12.314 voix     14,94 %          6 sièges,

Libéraux                          21.584 voix     26,19 %          12 sièges

(Liste libérale liégeoise du Bourgmestre Destenay),

Parti vitaliste de Frère Alfred 1.162 voix dont à défaut de siège il compte se servir pour se faire entendre.

Suite à une plainte de quatre candidats P.S.C. non élus, la Députation permanente du Conseil provincial avait par quatre voix (le Gouverneur Clerdent et ses membres socialistes, les trois sociaux-chrétiens s’abstenant) validé les élections communales du 11 Octobre 1970 à Liège. Mais ensuite écrit le C.R.I.S.P. le Conseil d’Etat annulera les élections liégeoises en se basant uniquement sur le fait que les électeurs non convoqués (ou trop tard) auraient pu modifier la dévolution des sièges au sein d’une même liste. Le P.S.C. était mécontent du fait que l’Union socialiste communale de Liège ait lors d’un vote serré (200 voix contre 185) de son assemblée générale préféré une alliance PSB Destenay (11 + 12 = 23 / 41) à une tripartite P.S.B., P.S.C. et P.C.B.(11 + 8 + 2 sièges = 21/41). L’option prise en 1970 ne fut pas remise en cause en 1971.

J. 1971 (suite à l’annulation du scrutin de 1970)

Quasi du Bis repetita placent :

Socialistes                       19.781 voix     24,43 %          11 sièges,

Chrétiens                         18.331 voix     22,77 %          11 sièges,

Libéraux                             2.809 voix       3,49 %            0 siège

(Liste P.L.P. officielle conduite par M. Houssa),

Communistes                  4.567 voix       5,67 %            1 siège,

Libéraux                          21.690 voix     26,94 %          13 sièges

(Liste libérale liégeoise du Bourgmestre Destenay),

Rassemblement wallon   9.327 voix       11,59 %          5 sièges,

Frère Alfred dont le score a plus que doublé (2.436 voix soit plus de 3%) pour défendre le pain gris.

L’alliance P.S.B. 11 Liste Destenay 13 (+1) gagne un siège (24/41) et le P.S.C. 3 tandis que le R.W. et le P.C.B. en perdent un et que le P.L.P. officiel est enterré à Liège (- 2 = 0). Au décès du Bourgmestre Maurice Destenay, c’est le Socialiste Charles Bailly qui le remplace lui qui, dans sa jeunesse, s’engagea en Espagne dans les Brigades internationales anti-franquistes et devint officier mitrailleur chez les trotskystes du POUM (le parti ouvrier marxiste). Cela ne conduisit pas à la Révolution mais au sein du Royaume, aux fusions de communes imposées aux socialistes minoritaires et qui se révélèrent trop petites pour les grandes choses et trop grandes pour les petites.

Jean-Marie ROBERTI 

Illustration Maurice Destenay                                         (à suivre)