Le Vieux-Liège a 125 ans.

À Liège, fin du XIXème siècle, le 20 février 1894, Charles-Jacques Comhaire fonde avec quelques amis Les Amis du Vieux-Liége connu aujourd’hui sous le nom de Vieux-Liège (1). Son objet social est l’étude du passé historique et artistique ainsi que des beautés naturelles du pays de Liège et leur sauvegarde, par des promenades, excursions et voyages, conférences, cours et toutes démarches éventuelles.

À l’époque, le nouvel hôpital de Bavière – inauguré en 1895 par Léopold II – est en construction sur les Prés-Saint-Denis. La question se pose ; que faire de l’ancien hôpital installé depuis 1603 dans la superbe maison en pierres construite au biez Saucy, en Outremeuse, par le banquier lombard Bernardin Porcini (Porquin),  maison acquise en 1584 par Ernest de Bavière, prince-évêque ? Les Amis du Vieux-Liége entendent sauver le patrimoine que représente la maison Porquin, les autorités communales au contraire veulent sa destruction. Dans leur lutte qui durera dix ans, ils seront soutenus par le député Henry Carton de Wiart. À la Chambre des représentants, le mercredi 23 mars 1904, celui-ci déplore le vote par le Conseil communal de la démolition prônée par l’échevin des Beaux-Arts, le libéral Alfred Micha. L’édilité liégeoise a voté pour la mort. C’est très regrettable, d’autant que Liège, ville jadis pittoresque par excellence, toute pleine de vieux pignons, d’amusantes ruelles, qui évoquaient un passé également pittoresque, peu à peu, perd ce qui lui reste de sa personnalité. On veut faire un « Vieux-Liége » en staff et en carton-pierre pour l’Exposition. C’est fort bien, mais comme il vaudrait mieux ne pas condamner d’anciens édifices! Le gouvernement n’interviendra-t-il pas, comme le souhaitent beaucoup de Liégeois, pour garder à l’antique cité de saint Lambert un des rares débris de son beau passé? En 1894, date de la création des Amis du Vieux-Liége, déjà, la chapelle attenante à la maison Porquin a été démolie et reconstruite à l’identique lors de l’édification du nouvel hôpital.

La première lutte des Amis du Vieux-Liége en faveur du sauvetage de la maison Porquin a été longue sans être couronnée de succès. Fort heureusement, cela ne les découragea point. Depuis 125 ans, ils mènent le combat en faveur de la sauvegarde d’un patrimoine architectural et archéologique en ayant comme devise Rien aymez s’il n’est connu, expression figurant sur une pierre encastrée dans un des murs de la vieille église de Saint-Étienne-au-Mont à Huy. En novembre 2019, une exposition retracera l’histoire du Vieux-Liège et ses actions en faveur du patrimoine tandis qu’au printemps 2019, plusieurs manifestations culturelles évoqueront ses luttes.

  • Société royale Le Vieux-Liège – 69 rue Hors-Château B-4000 Liège (Belgique) – site web www.levieux-liege.be – tél. 04 223 59 55

Question de langue …

La nuit du 31 décembre au 1er janvier s’appelle, au Nord du Royaume,  Nuit du Vieil An (Oudejaarsnacht) et, au Sud du Royaume, Nuit de Nouvel An.

Une simple constatation qui n’a rien de nouveau. Déjà, en 1912, le député Jules Destrée dans sa Lettre au Roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre a écrit : Mais il est une preuve plus caractéristique et plus décisive encore de la dualité foncière de Votre royaume, plus incontestable que celles qui se peuvent déduire du sol, des paysages, des activités, des tempéraments et des croyances, c’est la langue. Une langue est un trésor accumulé au cours des âges par une communauté humaine. Elle y a inclus le souvenir et l’écho de ses mœurs, de ses croyances, de ses douleurs. Elle éveille chez ceux qui la parlent des impressions confuses qui remontent aux jours incertains de l’enfance balbutiant sur les genoux maternels, et plus loin encore, des correspondances avec les ancêtres immémoriaux. Il y a du mystère dans l’attachement à la langue, parce qu’il tient moins à notre être raisonneur qu’à notre inconscient profond. Et ce n’est que lorsqu’on conçoit ainsi le problème, qu’on pense à ses millions de racines ténues qui s’enfoncent dans le passé le plus reculé, que l’on comprend le caractère sacré d’une langue, et combien sont délicates et insolubles par les seuls procédés de l’intelligence, les questions que son usage soulève.

Deux villages dans l’enfer de la Grande Guerre.

Les commémorations officielles de la Grande Guerre sont closes. Cependant  le souvenir demeure. Sur base de deux documents inédits, Paul-Henry Gendebien retrace la vie de deux villages dans l’enfer de la Grande Guerre (1). Dans l’un, le village de Maissin, les faits se sont déroulés le 22 août 1914 et dans l’autre, le village de Marbaix-La-Tour, le 23 août. L’histoire les range sous le nom de batailles des frontières. Cette bataille est quelque peu éclipsée par la bataille de la Marne.

Or, l’armée française connut des pertes sans précédent dans toute son histoire, et cela au cours de la seule journée du 22 août. Plus de 25000 hommes, dont 17000 en province de Luxembourg et le reste dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et en Lorraine (…) En comparaison, c’était l’équivalent des soldats perdus durant les huit années de guerre d’Algérie, de 1954 à 1962 (…) D’août 1914 à novembre 1918, 1400000 soldats français périrent, soit près de neuf cents en moyenne par jour. Parmi les morts du 22 août, l’écrivain Ernest Psichari, petit-fils d’Ernest Renan,  ainsi que le gendre – le capitaine Paul Bécourt – et Germain, le fils du maréchal Foch, le vainqueur de la bataille de la Marne.

À Marbaix-La-Tour, dès le début du conflit, sœur Anne-Marie, une religieuse infirmière d’Ham-sur-Heure a été chargée d’établir une ambulance, soit un établissement hospitalier civil, temporaire ou seront donnés les premiers soins, au château de la Pasture, propriété du député Léon Gendebien. Ses notes inédites vont d’août à décembre 1914, le temps d’existence de l’ambulance de La Pasture. Son récit commence la veille de la bataille, les soldats français sont en nombre et se préparent au combat creusant des tranchées tandis que les populations effrayées, fuyaient avec raison leurs demeures (…) le spectacle était lamentable, la terreur avait saisi ces pauvres gens, la fuite des uns entraînant celles des autres.

La bataille du 23 août vécue par un jeune soldat français : ainsi, pendant l’après-midi, les balles, shrapnels et obus pleuvaient sur les bâtiments (…) nous répondions le plus possible aux Allemands, bien qu’étant très inférieurs en nombre. Nous tirâmes le plus longtemps par les meurtrières faites au mur du jardin potager, dans la direction du bois. De cet endroit, nous avons fait tomber des milliers d’hommes. À l’issue de la bataille, l’ambulance est saturée, le nombre de lits préparés étant de beaucoup insuffisant, nous avions descendu tout ce que le château contenait de literie, et de même, bien des objets qui, en temps ordinaire, avaient une autre destination, tels que canapés, banquettes, coussins, etc. Parmi les blessés allemands, le baron von Strombeck et un nommé Rumkorff, officier porte-drapeau.  Aucun médecin pour soigner ces blessés, tant français qu’allemands, tout au plus de la morphine. Un général allemand, revolver au poing, veut interdire aux sœurs de soigner les blessés français.Réponse des sœurs : nous les soignerons tous, nous ferons notre devoir.

Sœur Anne-Marie souhaite la venue d’un médecin civil, ceci lui est refusé.  Le 25 août, visite de trois officiers supérieurs allemands dont un, le plus jeune, est très courtois. Voyant qu’il avait certainement quelque pouvoir, nous lui demandons de bien vouloir nous envoyer un médecin militaire, ce qu’il promit assez facilement. Il lui est également demandé le transfert  des grièvement blessés dans un hôpital. Rapidement, un médecin militaire allemand se présente, il vient, nous dit-il, pour obéir à l’ordre reçu. Et le 27 août, des voitures et des camions venaient de Charleroi chercher tous les blessés que nous voulions leur confier. Le jeune officier courtois n’était autre que le prince August-Wilhelm – un des fils du Kaiser Guillaume II – venu rendre visite au baron von Strombeck, son aide de camp.

Les blessés français demeurent à l’ambulance de La Pasture au sein d’une soldatesque allemande avide de vin, de jumelles et de cartes d’état-major. Aussi, chaque fois qu’on nous amenait un officier blessé, ils se précipitaient pour les leur enlever et les dévaliser. Fin septembre, ordre a été donné à toutes les ambulances d’amener  tous leurs blessés à l’École moyenne  de Charleroi  d’où ils seraient dirigés sur l’Allemagne (…) Tous nos blessés étaient  bien tristes, à la pensée de nous quitter pour aller achever leur guérison en pays ennemi. Des nouvelles rassurantes parviennent à la Noël, les blessés sont regroupés en une grande paroisse et ils ont au moins les secours de la religion pour les soutenir dans leur pénible et si longue captivité.

Rien qu’à Maissin,  600 habitants dont 9 sont tués le 22 août, la bataille livrée dans ce village et aux environs vit la mort de près de 200 officiers et de plus de 7500 soldats français et allemands. Paul Pirson (5 ans) et son papa faillirent périr dans l’incendie de la maison où ils s’étaient réfugiés. Leur logis a été détruit. Les faits ont tellement marqués l’enfant de cinq ans qu’à l’âge de quatre-vingts ans, l’abbé Paul Pirson les racontent comme si il les avait vécu la veille.  Et puis, nous entrâmes. Pas besoin d’ouvrir la porte, il n’y en avait plus. Après deux ou trois pas, quel spectacle ! Quelle horreur ! Des cadavres, des blessés hurlant. Deux dans le couloir. Le gris ne bougeait plus, le bleu gémissait. Et dans la grande pièce : du sang, ces cris plaintifs, des hommes déchiquetés, l’un d’eux décapité (…) Et tout cela au milieu d’un salon réduit en miettes (…) descendus à la cave, j’y ai retrouvé mon cheval à bascule. Intact. Je ne savais pas que je le voyais pour la dernière fois. Mon père était effondré. Il restait là, comme hébété, la tête entre les mains. Il répétait : « Mon Dieu ! Mon Dieu ! »

Réfugiés un temps à Libin, puis à Redu, la vie reprend à Maissin.  Début 1915,  l’école dont l’instituteur est le papa de Paul est rouverte. Ouvrir l’école, rien de plus facile, mais y amener les élèves fut une croisade épuisante. Les gamins, ça aide dans la maison ou dans la ferme. Alors, l’école, on ne veut pas en entendre parler… L’instruction obligatoire qui s’en souciait ? C’était une idée de gens de la ville qui, eux, avaient « les moyens ».

Maissin a sa Kommandatur installée chez l’hôtelier Guyot  qui  entend l’allemand mais se garde bien de le parler avec ses hôtes. Guyot  forme un couple d’espions avec le comte de Ridremont qui, à bord de son épicerie roulante, sillonnait le pays depuis Wellin jusqu’à Bertrix et de Saint-Hubert  à  Paliseul. L’occupant n’y a vu que du feu, tout comme les gens du pays d’ailleurs.

Durant ces années d’occupation,  la vie continue monotone et répétitive à Maissin. On avait réinstallé un  jeu de quilles, grande distraction du dimanche. On y jouait pour de l’argent : des pfennigs et des marks. Seul l’argent de l’occupant avait cours… Un bistrotier organise un bal. Scandale : « C’est le plus court chemin vers l’enfer » tonnait le curé. De chemin, il en est encore question, en 1917, quand les Allemands démantèlent les voies du tram au départ  de Poix-Saint-Hubert  jusqu’au terminus de Bouillon.  Avec les rails, ils emportaient aussi les wagons. Quelque chose qu’ils voulaient décisif se préparait sûrement ! Les habitants de Maissin et les landsturms dela Kommandatur se réjouirent du départ des dérailleurs. La joie des habitants de Maissin fut à son comble, en novembre 1918, lorsque landsturms et autres troupes allemandes s’en retournèrent dans leur pays.

  • 1914-1918 Deux villages dans l’enfer de la Grande Guerre  – Paul-Henry Gendebien – ÉditionsWeyrich – 204 p – 13€50

Le Corps consulaire reçu par Delen Private Bank.

Récemment, le Ministre des Affaires étrangères de la République de Maurice, Son Excellence Monsieur Seetanah Lutchmeenaraidoo a visité, en privé, la ville de Liège. En compagnie des consuls honoraires wallons du Belgian Consular Union (BCU), il a notamment participé à la visite des locaux de la Delen Private Bank situé boulevard d’Avroy, à deux pas du Pont d’Avroy qui durant dix siècles a surplombé un bras de la Meuse.

C’est en 1922 que le Crédit Anversois – une banque qui, bien avant la Grande guerre, a entrepris une politique d’expansion – commande à Carlos Thirion l’édification de son siège liégeois. Carlos Thirion appartient à une lignée d’architectes de Verviers. Que ce soit l’Harmonie, le Grand Théâtre, la Gare, etc etc, c’est du Thirion ! En 1913, son père Charles a construit le siège verviétois du Crédit Anversois. À Liège, Carlos opte pour le style néomosan avec des moellons de grès et de calcaires. Au sous-sol, est installée la salle des coffres. Fin des années trente, emporté par la tourmente bancaire, le Crédit Anversois fait faillite. En 1943, Oscar de Schaetzen, un passionné d’orfèvreries liégeoises, acquiert l’immeuble pour y installer sa banque créée en 1928. En 1994, Delen Private Bank reprend la banque de Schaetzen dont le fondateur est mort en 1985.

Delen Private Bank rénove profondément le bâtiment liégeois tout comme l’ont été les sièges de Gand et de Bruxelles. Cette banque affectionne  avoir pour sièges des immeubles de caractère. Ces bâtiments uniques symbolisent la vision à long terme transgénérationnelle de la banque. Cette philosophie permet, en même temps, de protéger et de conserver la richesse du patrimoine belge.

Les étages supérieurs auxquels les hôtes de la Delen Private Bank ont eu accès sont consacrés à l’histoire économique de la Ville et de la Province de Liège au fil des années à partir de documents d’époque. Quant à la salle du Conseil, elle est décorée de scènes évoquant les saisons et signes du zodiaque du peintre anversois du XVIIIème siècle Pieter Snyers, un clin d’œil à André Delen qui, en 1936, s’est établi à Anvers comme agent de change.

LE JOUR OÙ SIMENON FAILLI ÊTRE CANDIDAT CONSEILLER COMMUNAL.

Lorsque fin de l’année 1919, est fondé le journal La Wallonie socialiste – le mot socialiste disparaît en 1923 -,  Isi Delvigne entend recruter d’excellents  journalistes. Il a l’œil attiré par une jeune recrue embauchée par la Gazette de Liége dont la plume paraît excellente. Il l’invite à le rencontrer.

Quelques cinquante ans plus tard, la jeune recrue dont le nom est Georges Simenon s’en souvient comme si c’était hier. Voici ce qu’il a raconté à notre confrère Guy Fontaine qui eut l’occasion de l’interviewer  dans sa série Portrait wallon à la TV : Un jour, Isi Delvigne qui était le rédacteur en chef de la Wallonie, qui était, en même temps, un des chefs du Parti socialiste à Bruxelles, au Parlement, m’a fait venir et m’a demandé d’entrer à La Wallonie. Il m’offrait le double de ce que je touchais à la Gazette de Liège. Et en plus de çà, avec comme prime que deux ans après, aux élections municipales, je serais sur la liste socialiste. C’était très tentant mais ça voulait dire que je me destinerais à une carrière politique. Parce qu’après avoir été conseiller communal, vous savez comment ça va, on essaye la députation et ainsi de suite. Alors, j’ai refusé. Mais je suis resté très bon ami avec tous ceux de la Wallonie et ils ont toujours été très gentils avec moi.

Si Simenon avait accepté les propositions d’Isi Delvigne, le soir du 24 avril 1921, vraisemblablement élu, il aurait célébré l’accession du Parti Ouvrier Belge au rang de la première formation au sein du Conseil communal de Liège.  Un séisme aux yeux de la bourgeoisie liégeoise selon Jean-Marie Roberti.

Les politiques n’ont jamais été la tasse de thé de Georges Simenon :  Ils croient être importants mais ils ne le sont pas du tout. Pour la bonne raison que ceux qui dirigent le monde, ce ne sont pas les présidents ou n’importe quel ministre ou haut-fonctionnaire et ambassadeurs, etc. Ce sont les grandes sociétés internationales et les banques, les grandes banques. En réalité, le rôle même des chefs d’États est très faible.

Ville de Liège : si les élections communales nous étaient contées … (9/9)

ÉVOLUTION PAR LISTES DES POURCENTAGES DES VOTES VALABLES LORS DES DIX-SEPT ÉLECTIONS AU SUFFRAGE UNIVERSEL DES CONSEILS COMMUNAUX DE LA VILLE DE LIÈGE DE 1921 À 2012 – LISTES AYANT OBTENU DES SIÈGES

Année 21 26 32 38 46 52 58 64 70 71 76 82 88 94 2000 2006 2012
Socialistes 38 33 31 32 37 42 42 31 24 24 37 41 40 33 35 38 38
Chrétiens 31 35 32 23 36 28 34 19 19 23 25 37** 22 22 20 14 14
Libéraux 29 24 17 19 13 20 19 29 34* 30* 14 37** 18 20 21 28 21
COM/PTB 8 9 11 14 8 5 11 7 6 6           6
Écolo                       12 11 11 15 12 12

*Les élections de 1970 furent annulées et recommencée en 1971. En 1970 et en 1971, il y deux listes libérales : le PLP, 8% et 3% et la liste dissidente du Bourgmestre Destenay, 26 % et 27% ;

**En 82, les 37% des chrétiens et libéraux sont à diviser en deux. Leur liste d’Union pour Liège ayant obtenu 21 sièges, 11 chrétiens et 10 libéraux.

AUTRES POURCENTAGES DE LISTES AYANT EU DES ÉLUS

Extrême droite : 7% en 32 Parti national, 16% en 38 Rex, 5% en 94 et 4% en 06 FN, 6% en 94 Agir

Démocratie Chrétienne. 8 % en 64

Rassemblement Wallon. 15% en 70, 12% en 71, 14% en 76

RÉSULTATS DES ÉLECTIONS COMMUNALES À LIÈGE DE 1921 À 2012 L’ÉVOLUTION DE LA RÉPARTITION DES POURCENTAGES DES SIÈGES.

Pour pouvoir comparer l’évolution du nombre de sièges de chaque liste lors de 17 scrutins (quatre lors de l’entre-deux guerre, six autres avant la fusion des communes et sept depuis) répartissant au total 39 sièges lors des huit premiers scrutins, 41 sièges lors des élections de 1970 et de celles recommencées en 1971, 51 sièges à chacune des trois premières élections après la fusion des communes et 49 sièges dans le cadre des quatre dernières élections communales, il importe pour rendre les résultats comparables, de diviser le nombre de sièges obtenus par chaque liste par le total des sièges attribués lors du scrutin analysé.

L’évolution des pourcentages de sièges obtenus pendant plus de 90 ans au Conseil communal de la Ville de Liège n’avait jusqu’à présent pas été mise ainsi en lumière.

Année 21 26 32 38 46 52 58 64 70 71 76 82 88 94 2000 2006 2012
Socialistes 41 36 33 33 38 46 44 33 27 27 41 45 45 37 41 43 45
Chrétiens 31 36 36 36 38 28 36 18 20 27 27 20 20 24 20 14 14
Libéraux 28 23 18 18 10 21 18 33 34 32 14 22 24 20 22 24 22
PC/PTB 0 6 8 10 13 5 3 10 5 2 4 2 0 0 0 0 4
Ext-droite 0 0 5 15 0 0 0 0 0 0 0 0 0 8 0 2 0
DCL 0 0 0 0 0 0 0 5 0 0 0 0 0 0 0 0 0
RW 0 0 0 0 0 0 0 0 15 12 14 0 0 0 0 0 0
Écolo 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 12 12 10 16 12 14

MOYENNES SUR 17 SCRUTINS PS 39/ CHR. 26 / LIB 24 / AUTRES 12

Pendant ces neuf décennies sur cinq électrices ou électeurs de la Ville de Liège votant valablement aux scrutins communaux, près de deux ont voté socialiste, plus d’un chrétien et plus d’un libéral et moins d’un pour d’autres listes. Les bipartites contre les socialistes ne sont plus possibles depuis la fusion des communes ce qui a souvent permis au P.S. d’être maître du jeu des alliances même si des alternatives qui n’eurent pas lieu étaient arithmétiquement possibles en 1976 (PSC RLL RW) et en 1982 (UPL ECOLO) mais RLL puis ÉCOLO l’ont refusée.

Jean-Marie ROBERTI

Illustration Émile Digneffe

Ville de Liège : si les élections communales nous étaient contées … (8/9)

RAPPELS D’AUTRES VOTES NOMINATIFS.

Je peux notamment souligner quel est le score record tous scrutins confondus et mettre en lumière quelques-uns des duels les plus remarquables.

Je n’ai pas voulu remonter avant 1976 car la personnalisation des scrutins s’est davantage manifestée dans une entité plus large, celle résultant de la fusion des communes.

EN 1976 : J.-P. GRAFE DEVANCE É. CLOSE QUI DEVIENT BOURGMESTRE.

En 1976 lors de la fusion des communes le match entre les candidats classés en tête des deux principales listes le P.S. (21 élus) et le P.S.C. (14 élus) tourna à l’avantage du second Jean-Pierre Grafé obtenant alors 15.568 voix de préférence et devançant Édouard Close 13.005. Suivaient les deux autres têtes de liste Jean Gol (R.W.) 7.307 et Hubert Pirotte (R.L.L. ou Rassemblement libéral liégeois) 4.077.

Cette personnalisation généralisée était sans précédent et renforçait les leaderships. Les écarts avec leurs colistiers étant importants (ainsi le deuxième chez les socialistes était un jeune échevin venant de Jupille Jean-Pierre Digneffe 1.734 votes nominatifs). Mais le phénomène le plus remarquable à cette date (et rarement confirmé à un tel niveau) fut l’usage du stemblok ou vote bloqué en faveur de plusieurs candidats pour lesquels un nombre significatif d’électrices et d’électeurs votaient préférentiellement en bloc (le nombre de votes nominatifs sur une seule liste n’étant pas limité pour chaque électrice ou électeur).

C’est ainsi que Jean-Pierre Grafé dont le score personnel avait dans une large mesure permis le résultat du P.S.C., ne vit élire à ses côtés que deux autres candidats de sa tendance (Hector Magotte et Simon Thiry tandis que Mademoiselle Huberte Hanquet de la tendance centriste dite chez les paroissiens catholiques des sans famille sociaux-chrétiens, organisait avec succès (sans y participer) les élections du trio William Ancion, Michel Firket et Jacques Marneffe soutenus par Mademoiselle Juliette Noël, Mesdames Marie Franssen épouse Frédérick, Antoinette Kraft de la Saulx épouse Begasse de Dhaem et Simone Gortz épouse Jacobs ainsi que par Messieurs Jacques Gramme et Alain de Seny, Paul Remouchamps étant lui, le seul élu démocrate-chrétien.

EN 1982 : MICHEL FORET DEVANCE ÉDOUARD CLOSE QUI RESTE BOURGMESTRE.

En 1982 la volonté d’envoyer le P.S. dans la minorité se manifesta et échoua à nouveau. En l’absence de Jean-Pierre Grafé au sujet duquel le Président de la Chambre Jean Defraigne avait reçu une demande de levée d’immunité parlementaire, la tête de liste d’un cartel P.S.C-P.R.L. fut proposée à Jean Gol qui devenu récemment Vice-Premier Ministre, la confia à son collaborateur Michel Foret entré au Conseil communal par la suppléance et devenu Échevin en remplacement de Madame Langevin ; William Ancion était deuxième de cette liste d’Union pour Liège dont Jean Gol occupait la dernière place. Édouard Close lui conduisait une liste socialiste élargie au Rassemblement Populaire Wallon de l’avocat Jean Mottard et du sénateur Charles Minet et au Rassemblement wallon du Président Henri Mordant. P.S. + R.W. et R.P.W. = R.P.S.W. soit Rassemblement des Progressistes et Socialistes Wallons.

Comme l’avait fait Jean-Pierre Grafé en 1976 Michel Foret en 1982 devança Édouard Close aux voix nominatives mais au total des votes valables le RPSW obtenait 48.330 voix (40,8%) et l’U.P.L. (PRL + PSC) 43.452 voix (36,5%) les nouveaux venus écologistes dont les cœurs penchaient à gauche complétaient les résultats 13.871 voix (11,7%). D’où le collège R.P.S.W. ÉCOLO.

Le quotidien Le Soir du 11 octobre 1982 en page 9 fournit le top onze des votes nominatifs en faveur des candidats R.P.S.W. et U.P.L.(les électrices et électeurs Écolo personnalisant moins leurs suffrages leurs élus n’apparaissent pas dans ce classement) :

  1. Michel Foret (tête de liste U.P.L./P.R.L.) 10.671,
  2. Édouard Close (tête de liste R.P.S.W./P.S.) 9.693,
  3. Jean Gol (dernier candidat de la liste U.P.L./P.R.L.) 4.976,
  4. William Ancion (2ème de la liste U.P.L./P.S.C.) 3.948,
  5. Jean-Maurice Dehousse (dernier candidat de la liste R.P.S.W./ P.S.) 3.825,
  6. Michel Firket (U.P.L./P.S.C.) 3.756,
  7. Albert Lonnoy (R.P.S.W./R.W.-D.C.) 3.591,
  8. Jacques Marneffe (U.P.L./P.S.C.) 2.796,
  9. Hubert Pirotte (U.P.L./P.R.L.) 2.654,
  10. Jean-Pierre Digneffe (R.P.S.W./P.S.) 2.467,
  11. Jules Borsu (U.P.L./P.R.L.) 2.248.

EN 1988 : DEUXIEME PLACE POUR MICHEL FAWAY ÉLIMINÉ PAR ANDRE COOLS

En 1988, pour retrouver des interlocuteurs aux autres niveaux de pouvoir, un préaccord P.S.- P.S.C. fut conclu et trente ans après restait d’actualité.

Les oppositions internes chez les socialistes entre Perronistes (Dehousse, Happart & C°) et groupe de Flémalle d’André Cools avait conduit à un compromis : le siège de Bourgmestre d’Édouard Close devant être transmis dans la seconde partie de la mandature au Président de l’Union socialiste communale Michel Faway qui finalement ne devait pas l’obtenir, André Cools l’accusant faussement d’avoir détourné un milliard de francs belges au détriment du C.P.A.S. dont il était Secrétaire général. D’aucuns s’attendaient à des stembloks chez les socialistes pour les Perronistes ou pour les coolsiens, les uns cherchant à éliminer les autres. Il n’en fut rien, Avec 40 % des votes valables et 23 sièges les socialistes partagèrent entre leurs deux tendances leurs élus

Voici les votes nominatifs recueillis alors, vingt-deux élus obtenant plus 1.000 suffrages préférentiels :

  1. Édouard Close 9.995,
  2. Michel Faway 6.506,
  3. Michel Foret 6.079,
  4. Jean-Maurice Dehousse 5.278,
  5. Jean Defraigne 4.628,
  6. Luc Toussaint 4.610,
  7. Jean-Pierre Grafé 4.226,
  8. Jacques Marneffe 3.393,
  9. Michel Firket 3.006,
  10. William Ancion 2.870,
  11. Brigitte Ernst de la Graete 2.551,
  12. Paul Peeters 2.343,
  13. Nicole Struvay 2.313,
  14. Jean-Pierre Digneffe 2.152,
  15. Didier Reynders 1.999,
  16. Hector Magotte 1.474,
  17. Maggy Yerna 1.448,
  18. Hubert Pirotte 1.236,
  19. Anne-Marie Hanquet 1.227,
  20. Nicole Anoul 1.202,
  21. Henri Schlitz 1.157,
  22. Charles Minet 1.072.

Un petit nouveau obtenait il y a trente ans 764 votes nominatifs. Son nom ? Willy Demeyer….

EN 1994 : POUR LE MAYORAT ENTRE LE BOURGMESTRE SORTANT ET LE CANDIDAT À SA SUCCESSION, IL N’Y EUT PAS BESOIN DE PHOTO POUR LES DÉPARTAGER. 

Trois ans après l’assassinat d’André Cools, le Président du P.S. Philippe Busquin imposa une liste communale liégeoise où le Ministre fédéral de la politique scientifique Jean-Maurice Dehousse obtenait la première place tandis que le Bourgmestre sortant Henri Schlitz qui avait succédé à Édouard Close, domicilié à Aubel,  après un an d’intérim confié, non à un socialiste mais au P.S.C William Ancion. Perronistes et Coolsiens cherchèrent à s’éliminer mutuellement mais les 18 sièges conservés par les socialistes se répartirent équitablement entre les deux camps. Par contre le classement des élus sur base de leurs voix nominatives se passe de commentaires.

Voici ce top 10 :

  1. Jean-Maurice Dehousse (P.S.) : 13.316,
  2. William Ancion : 6.985,
  3. Michel Foret  (P.R.L.) : 5.479,
  4. Jean-Pierre Grafé (P.S.C.) : 4.787,
  5. Michel Firket (P.S.C.) 3.961,
  6. Didier Reynders (P.R.L.) 3.590,
  7. Jacky Morael (Écolo) : 2.423,
  8. Luc Toussaint (P.S.) : 2.303,
  9. Philippe Monfils (P.R.L.) 2.137,
  10. Henri Schlitz (P.S.) 1.258.

EN 2000 : DES ARABES D’ORIGINE REMPLACENT LES ÉLUS D’EXTRÊMEDROITE. 

Le Soir a publié les voix de préférence suivantes suite au scrutin du 8 octobre 2000

  1. Willy Demeyer: 12.414,
  2. Didier Reynders: 10.481,
  3. William Ancion: 5.713,
  4. Jean-Pierre Grafé: 5.243,
  5. Jacques Marneffe: 3.538,
  6. Michel Firket: 3.476,
  7. José Happart: 3.157,
  8. Brigitte Ernst de la Graete: 2.665,
  9. Christine Defraigne: 2.477,
  10. Jacky Morael: 2.353,
  11. Claude Émonts: 2.102,
  12. Philippe Monfils: 1990,
  13. Michel de Lamotte: 1.768,
  14. Olivier Hamal: 1.406,
  15. Fouad Chamas : 1. 377,
  16. Hector Magotte: 1.285,
  17. Jean-Maurice Dehousse: 1.276.

Le score du Bourgmestre élu au scrutin précédent est tombé au niveau de celui dont il avait été le successeur (Dehousse 1276, Schlitz 1258).

Trois nouveaux élus pour la première fois d’origine arabe (Fouad Chamas candidat d’ ouverture sur la liste P.S., d’origine libanaise), Messaouda Barkat, Écolo, d’origine sarahouie et Fatima Shaban, P.S., d’origine palestinienne) remplacèrent les conseillers du Front national et d’Agir qui n’obtinrent donc pas leur réélection après six ans passés aux côtés de 45 autres élus et de journalistes qui les ignorèrent.

EN 2006 : RECORD POUR DEMEYER: IL DEVANCE REYNDERS QUI PARTIRA À UCCLE.

Le scrutin communal liégeois de 2006 se bi-poralisa, le Vice-Premier ministre Didier Reynders jouant son va-tout communal liégeois en se présentant comme votre Bourgmestre face au Bourgmestre en fonction Willy Demeyer. Plus d’un tiers des électrices et des électeurs (36.249 votes nominatifs sur les 106.941 votes valables) concentrèrent leurs voix sur ces deux têtes de liste. Willy Demeyer établit dans ce contexte le score record des voix de préférence obtenues lors d’élections communales à Liège en obtenant 18.999 votes nominatifs soit 46,8 % des voix des électrices et électeurs du P.S. et en devançant 1.749 voix son concurrent Didier Reynders qui réussit un résultat au moins aussi remarquable puisqu’avec 17.250 votes nominatifs c’est 61,9 % des 27.873 voix libérales liégeoises qu’il obtint. Des taux de pénétration (votes nominatifs divisés par le total des votes valables) respectivement de 17,8 % et 16,1 %, sans précédent.

Le top dix des plus de 2.000 votes nominatifs en 2006 :

  1. Willy Demeyer (P.S.) 18.999,
  2. Didier Reynders (M.R.) 17.250,
  3. Michel Firket (CdH) 4.649,
  4. Christine Defraigne (M.R.) 3.992,
  5. Maggy Yerna (P.S.) 3.674,
  6. Bénédicte Heindrichs (Ecolo) 3.511,
  7. Jean-Pierre Grafé (CdH) 2.754,
  8. Jean-Claude Marcourt (P.S.) 2.294,
  9. Fouad Chamas (ouverture P.S.) 2.125,
  10. Nicole Struvay (P.S.) 2.002.

En fin de mandature, Didier Reynders choisissait de quitter Liège et la Wallonie pour Uccle et la Région bruxelloise où (en plus des Affaires étrangères) le Vice-Premier ministre supervise notamment la gestion des institutions culturelles fédérales.

DANS LES LIMITES DE LA VILLE DE LIÈGE, D’AUTRES VOTES NOMINATIFS. 

Un double record a été établi par José Happart, lorsqu’il obtint plus de 234 et de 308 mille voix lors des scrutins européens de 1984 et de 1989 avec sur le territoire de la Ville 21.536 puis 23.899 suffrages préférentiels. Ces résultats hors norme de l’ancien et éphémère Bourgmestre des Fourons sont d’autant plus remarquables qu’il n’était pas tête de liste du P.S. (place accordée à Ernest Glinne en 1984 et à Raymonde Dury en 1989). Tous scrutins confondus José Happart occupe les deux premières places du podium que Willy Demeyer complète.

L’affirmation selon laquelle Michel Daerden aurait pulvérisé tous les records lors de l’élection du Parlement wallon en juin 2009 n’est pas fondée au niveau de la Ville de Liège puisqu’il y avait obtenu 15.415 votes nominatifs).

Autre scrutin qui a retenu l’attention : celui qui a suivi en novembre pour la Chambre l’assassinat d’André Cools le 18 Juillet 1991. De la première place au Sénat Jean-Maurice Dehousse avait été relégué à la septième place (en principe non éligible) sur la liste P.S. pour la Chambre. Avec un seul mot d’ordre trouvé par Roger Dehaybe (Résister), Dehousse obtint 14.190 voix à Liège (38.827 dans l’arrondissement) devenant le premier élu socialiste à la Chambre en sautant Laurette Onkelinx et ses 3.690 voix de préférence à Liège et 19.266 dans l’arrondissement soit à peine plus de la moitié du septième candidat. Là aussi il y eut déménagement vers Bruxelles….

Les écarts en votes nominatifs entre le Bourgmestre Demeyer et le Ministre Marcourt aux deux derniers scrutins communaux étaient considérables (16.705 en 2006 avec 18.999 votes pour le premier et 2.294 pour le second et encore en 2012, 9.704 voix d’écart avec 13.067 voix de préférence pour le Bourgmestre et 3.363 pour le Ministre). Depuis la situation a évolué car quand les deux furent têtes de liste le premier pour la Chambre des Représentants et le second pour le Parlement wallon, l’écart au niveau de la Ville n’était plus que de 717 votes (12.712 pour le Bourgmestre, 11.995 pour le Ministre).

Ajoutons que la roche tarpéienne cette crête rocheuse du Capitole d’où l’on précipitait dans le vide ceux dont Rome, sous l’antiquité, voulait se débarrasser reste toujours aussi proche de la plus sacrée des sept collines où se trouvait le cœur des institutions religieuses et politiques du monde latin. Ainsi à Liège, aux communales de 2006, la liste du P.S. connut quelques surprises. L’Échevin Miguel Mévis obtint 1.132 voix de préférence ce qui le classa 22ème candidat du P.S. qui eut 21 élus, le dernier siège étant octroyé à un nouveau venu, un Rocourtois du nom de Roland Léonard qui allait devenir Échevin mais qui l’avait alors emporté de deux voix : 1.134.

Jean-Maurice Dehousse qui ne manquait pas de moyens notamment dans le cadre de l’I.G.I.L. (Intercommunale de gestion immobilière liégeoise) avait obtenu la présidence du Palais des Congrès et un secrétariat mais son mandat primaire de conseiller communal disparut avec ses 1052 votes nominatifs alors qu’il avait reçu la place plus confortable de la liste, la dernière. Et pour José Happart, ses 1.630 voix de préférence l’incitèrent à ne plus guère se présenter à l’élection du Conseil.

LE TOP CINQ DE 2012 SERA-T-IL CONFIRMÉ DANS LE DÉSORDRE EN 2018 ?

Après avoir souligné le stemblok efficace de trois échevins des sections socialistes des anciennes communes de la périphérie liégeoise – ce n’est, en effet, pas par hasard si Hupkens, Léonard et Fernandez de Bressoux, Rocourt et Wandre obtinrent respectivement 2.839, 2.838 et 2.801 votes nominatifs – nous vous renvoyons au paragraphe sur les préférences actuelles et à notre question : en 2018, dans le désordre, le top cinq (Willy Demeyer, Christine Defraigne, Raoul Hedebouw, Gilles Foret, Jean-Claude Marcourt) sera-t-il très différent ?

Jean-Marie ROBERTI

Illustration Michel Foret                                (à suivre)