Un calendrier riche de jours fériés en mai, autant de raisons supplémentaires d’admirer les richesses du Château de HARZÉ !

       Si l’avènement de Charlemagne a laissé entrevoir un IXème siècle radieux dans nos régions, rapidement la population a déchanté. Les invasions normandes et hongroises ont amené les habitants de Harzé à se protéger en édifiant une maison forte sur un piton rocheux. L’histoire n’a pas retenu le nom du seigneur à la base du projet mais des historiens (1) se passionnent pour ce territoire.

        Enclavé dans la principauté de Stavelot-Malmedy, le pays de Harzé fait partie du comté devenu duché de Luxembourg qui ne sera Grand-Duché que réduit à son format actuel.  La guerre de Trente ans (1618-1648) qui divise l’Europe, pire la déchire, et oppose initialement catholiques et protestants, puis États à États,  joue un grand rôle dans l’érection du Château de Harzé.

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        Dès le début du conflit, tout comme  nombre de Wallons dont Ernest de Suys, le seigneur de Harzé Albert de Ligne s’est engagé dans les troupes catholiques sous commandement de Jean ‘tSerclaes en soutien de Ferdinand II. Tous bataillent tant et plus, ils sont à la Montagne blanche et en bien d’autres lieux. Ernest de Suys prend du galon au point  de devenir  général d’artillerie en tête de l’arsenal impérial. En avril 1629, l’empereur Ferdinand II de Habsbourg le nomme baron de Tourabel.

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        Un mois plus tard, Albert de Ligne vend la seigneurie de Harzé à Ernest de Suys, baron de Tourabel. Ce guerrier est aussi un entrepreneur et homme de goût. Il tient la première de ces vertus de son aïeul savoyard Guido Suisse qui, le premier édifie aux Pays-Bas des digues en plantant des pieux à l’aide de maillets et la seconde de son grand-père Jacques – Jacobus Susius – humaniste, poète latin, ami de Juste-Lipse.  Ernest de Suys entreprend de remplacer la maison forte par un château dans un style de Renaissance mosane, classé, en 1965, monument historique par  la Commission royale des Monuments et sites.

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        Le blason inspiré des ouvrages de l’aïeul figure sur les murs du château et la devise familiale imaginée par le grand-père Portat constantia palmam se retrouve sur un tableau représentant le comte Ernest de Suys. Car  la constance à guerroyer de celui-ci lui mérite ce titre de comte du saint empire romain  germanique  attribué par l’empereur Ferdinand III de Habsbourg, le lundi 11 avril 1639.  Tandis que le guerrier se déploie sur les champs de bataille, sa maman Georgine de Lynden veille à l’édification du château de Harzé. Château où le comte séjourne peu, il est toujours en guerre ! Il y trouve la mort le jeudi 3 août 1645 à Nördlingen où les troupes françaises emmenées par Condé et Turenne infligent la défaite aux troupes impériales. Le corps du comte est ramené de Souabe à Stavelot où Ernest de Suys a souhaité être inhumé.

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        Depuis 1973, la Province de Liège a acquis le château de Harzé et ses dépendances. Elle en a confié la gestion à une ASBL  DTLV  qui regroupe  les Domaines touristiques du Vallon de la Lembrée. Des dépendances, DTLV  en a fait le Musée de la meunerie et de la boulangerie (2) et du Château, un lieu luxueux de séminaires résidentiels (3). Une partie de caves voutées abrite un restaurant La Ptite Auberge  (4) qui dispose d’une splendide terrasse.

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        La P’tite Auberge  est une halte le dimanche à l’heure du goûter pour les promeneur(e)s de ce beau pays de Harzé célébré par le poète Lucien RadouxC’est Harzé la jolie au fil de ses virages / Qui gerbe la culture en prisme de mirage / C’est pavillonchamps et ses versants de clarté / Où le bonheur s’égaille en reflets d’aparté / C’est Fy la solitaire à l’abri de ses chênes / Qui sourit toute seule en silence et sans gêne / C’est Priestet la sainte assise au mamelon / Qui domine partout les ombres des vallons.

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(1)    Citons notamment le docteur Louis Thiry (Histoire de l’ancienne seigneurie et commune d’Aiwaille et de la région d’Ourthe-Amblève),  Amédée Pollet  (HARZE dans le passé ou mille ans d’histoire), Pierre Ninane (Harzé, mon village – http://harze.e-monsite.com)

(2)     De mai à octobre, dimanche et jours fériés 14-18h. Ajout du samedi,  en juillet et août,  ouvert  13-18h et démonstration par des artisans.

(3)    info@chateau-harze.be  – Tél. 32 (0)4 246 63 63 

(4)    La P’tite Auberge – Tél: 00 32 (0)4 246 63 53 – Restaurant du mercredi midi au dimanche soir (sauf samedi midi). 

EUROVIDEO 2015 met Liège sur la carte de l’Europe de Donostia-San Sebastian à Kaliningrad !

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        En 1965, Sony met sur le marché un appareil qui va bouleverser notamment l’art et donner naissance à ce que l’on appelle vidéographie. Dès 1971, sous l’impulsion de Robert Forget, cinéaste à l’ONF (Office National du Film) s’ouvre au 1604, de la rue Saint-Denis, à Montréal, le siège de Vidéographe, un temple de la création. Il faut attendre 1975 avant que le terme vidéographie apparaisse dans les dicos français. Le terme vidéaste y fait son apparition en 1982.

         Les artistes se sont mis à l’art vidéo depuis bien avant. Ainsi, le Centre de production de la RTBF-Liège dirigé par Robert Stéphane a lancé dès 1976 Vidéographie, la première émission en Europe consacrée à l’art vidéo. Durant 135 émissions, téléspectatrices et téléspectateurs découvrent notamment les œuvres de Nam June Paik, Jean-Luc Godard, Jacques-Louis Nyst, Danièle Nyst, les frères Dardenne et autres Jean-Claude Riga, Jacques Charlier, Jacques Lizène, etc.

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        En 2003, l’ASBL Vidéographies avec s est fondée. Ancrée à Liège, elle vise à entretenir le mouvement des images et le choc des imaginaires. Ses objectifs sont de promouvoir la création, l’expérimentation et les arts numériques par l’organisation d’événements et la production d’émissions TV.

        En liaison avec Mons – capitale culturelle européenne 2015  avec Pilsen (jumelée avec Liège) – Vidéographies en partenariat avec le Ludwig Forum d’Aix-la-Chapelle, Duplex 100m² de Sarajevo et Tabakalera de Donostia-San Sebastian organisent les 17, 18 et 19 mars Eurovidéo 2015 (1). Sous ce nom, une compétition de jeunes créateurs européens qui, grâce à RTC-Télé Liège, sera diffusée dans quatre villes d’Europe et une de Russie, Kaliningrad de manière à ce que les téléspectatrices et téléspectateurs puissent décerner le Prix du public européen. Quant au Grand Prix Eurovidéo 2015, il est attribué par un jury de professionnels européens de l’art contemporain.

        Eurovidéo 2015 est aussi l’occasion de montrer une vingtaine de vidéos en provenance des États-Unis, de Corée du Sud, de Bosnie-Herzégovine, d’Allemagne, de Belgique, de Hollande. La salle du Théâtre de Liège durant les trois jours du Festival se métamorphose en Café Europa pop up. Un concept de Mons 2015, inspiré de la tradition des cafés, lieux emblématiques de la mixité sociale, le Café Europa est un lieu de convivialité connecté (…) Au Café Europa, on perçoit la valeur du do-it-yourself et de l’open source et la chance de redéfinir ensemble le lien social.

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(1)    Théâtre de Liège – Salle de l’œil vert – 20h

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PALMARÈS DE L’EUROVIDÉO 2015            

PRIX DU PUBLIC DES CAFÉS EUROPA (Liège, Mons, Donostia-San Sebastian, Skopje, Sarajevo, Kaliningrad)

Ex aequo : POINT OF VIEW  de Sasha Tatic ( Bosnie Herzegovine) et METE-O-ROLOGY  de Fernando Visokis et Thiago Parizi (Finlande).

 

PRIX DÉCERNÉS PAR LE JURY PROFESSIONNEL EUROPÉEN composé de Miriam Lowack (Aachen), Pierre Courtin (Sarajevo), Victor Iriarte Onate (Donostia-San Sebastian), Wolf Kuehr (Mons 2015), Zoé Tabourdiot (Mons 2015), Anne Francoise Lesuisse (Liège). Francoise Safin (Liège), Marc Emmmanuel Melon (Liège), Robert Stéphane (Liège)

Prix Innovation  LAGOS SAND MERCHANTS de Kahrima Ashadu (Pays Bas)

Prix Innovation  THIS IS BRITAIN de Pablo Saura (Grande Bretagne)

GRAND PRIX EUROVIDÉO 2015 : LE MAROC DE DEMAIN  de Younes Baba Ali (Belgique)

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Biographie du récipiendaire du Grand Prix EUROVIDÉO 2015monsieur Younes Baba-Ali

 

Né en 1986 à Oujda, au Maroc, Younes Baba-Ali vit dès le plus jeune âge à Nantes, où il fut initié à la création artistique par l’artiste polonais Ryc’ho Swierad Ryszard. Après ses études de graphisme à Nantes, il entame ensuite son cursus à l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, où il obtient son Diplôme National d’Art Plastique avec mention en 2008. Entre 2006 et 2008, il participe a divers événements artistique à Strasbourg, tel que l’exposition collective “3 days exhibition concept“ organisée par Frank Bragigand au CEAAC.

Par la suite, il réalise un séjour de 6 mois à Wroclaw, en Pologne, qui lui permit de travailler avec le centre d’Art des nouveaux Médias “Wro Art Center“ où il y réalisa l’installation vidéo intitulée “Différence“. Il fût ainsi invité par la curatrice polonaise Dorota Hartwitch dans ce même centre, pour une résidence de 3 mois qui lui permit de créer l’installation sonore “Horn Orchestra“ et de participer à la biennale “WRO 09“ avec l’installation “Sound Neon“. Depuis 2008 il participe à plusieurs expositions et biennales internationales, comme la Biennale “Art In Marrakech“; la BJCEM Biennale de Skopje, Macedoine; Sketch Gallery, Londres; “FIAV 09“, Catania, Sicile; “Brick+Mortar International Video Art Festival“, Greenfield, USA; “Espacio Menos Uno“, Madrid; “Loop Video Art Festival“, Barcelone; “Interférence“, Breda, Hollande; CEAAC, Strasbourg; “In-Sonora Sound Art Festival“, Madrid et “La Galerie du Syndicat Potentiel“, Strasbourg.

 

1914 : Août et septembre au jour le jour à Liège.

        Le vendredi 7 août 1914, l’agence de presse berlinoise Wolff  lance une dépêche : la forteresse de Liége est prise (…) Ce matin, à 8 heures, la forteresse était au pouvoir de l’Allemagne. Elle signale également que Guillaume II, a accordé pour ce haut fait d’arme, l’Ordre Pour le Mérite au général d’infanterie Otto von Emmich. Si, effectivement, Liège est aux mains des Allemands, la PLF (Position fortifiée de Liège) résiste, les forts tiennent bon. Le Tzar Nicolas félicite le Roi Albert et le Président Raymond Poincaré octroie la Légion d’honneur à Liège.

        Le mercredi 19 août 1914, le Nieuwe Rotterdamsche Courant annonce qu’à l’usine Cockerill, les ouvriers refusent de fabriquer des munitions pour les Allemands. Le colonel Keppel propose, en vain, d’augmenter leur salaire de 50%. En vue de les séduire, ce colonel leur signale avoir été  Attaché du Gouvernement allemand à l’Exposition de Liége. Effectivement, en 1905, il a succédé en qualité de Commissaire général de la section allemande à M. Riese – directeur général des Deutsche Waffen und Munitionsfabriken – décédé. Mais la présence allemande à l’Expo a été exclusivement d’ordre privé car le gouvernement Impérial crut devoir s’abstenir d’une participation officielle qui eut entraîné le monde industriel dans une entreprise dont le succès ne semblait pas devoir payer les frais !

        Le jeudi 20août 1914, le massacre de la Place de l’Université a lieu. Le commandement de la place de Liège, le major Bayer, s’en explique : c’est moi qui ai fait régner l’ordre le 20 août à Liège. Il le fallait bien, on tirait sur nous. Des Russes ont tiré à bout portant sur nos hommes. Réplique du conseiller communal socialiste Clajot : Singulière façon de vous venger en faisant massacrer des Espagnols et des Liégeois.     

        Le vendredi 21 août 1914, le bourgmestre Gustave Kleyer fait apposer cet avis à la population : Les portes d’entrée  des maisons doivent rester ouvertes toute la nuit. Les fenêtres de la façade vers la rue doivent être éclairées ; les volets, les persiennes, resteront relevés. La circulation cessera à partir de 7 heures (heure allemande) (6 h. belge).  Les cafés seront fermés à la même heure. En revanche, à Herve, autre affiche signée l’échevin Cajot et le juge de Francquen : PAR ORDRE DE L’AUTORITÉ ALLEMANDE  À partir de 8 heures du soir (7 h. belge) il ne peut plus y avoir de lumière aux fenêtres des maisons de la ville de Herve. La patrouille a ordre de tirer dans toute fenêtre éclairée, donnant sur la rue. L’Allemagne pratique l’heure d’été et Belgique pas. D’où, ce double horaire.

        Le mercredi 2 septembre 1914, pour la troisième fois, les Liégeois propriétaires de chevaux doivent venir, avec harnachement et selle, les présenter place Saint-Lambert. Le général Kolewe prévient : Pour tout cheval utilisable qui sera soustrait à cette revue, la ville aura à payer une amende de 1000 francs.

        Le samedi 5 septembre 1914, le pont de bateaux établi sur la Meuse à proximité du Pont des Arches est démantelé de sorte que la navigation des péniches est rétablie.

liebknecht.jpg         Le lundi 7 septembre 1914, le fils de Wilhelm Liebknecht, co-fondateur en 1863 du parti social-démocrate, Karl Liebknecht, député au Reichstag descend au Grand Hôtel, Place Verte. Sans nouvelle de son beau-frère Beba, un étudiant russe à l’Institut Montefiore, il vient s’enquérir de la situation auprès des camarades socialistes dont les députés  Léon Troclet, Joseph Bologne et le conseiller communal Clajot.  En compagnie des deux derniers, il se rend, le mardi, à Namur en passant par Andenne, ville martyre. Karl Liebknecht demande un rapport sur ces atrocités. Il obtient du colonel Renner, la libération d’Andennois, prisonniers à la Chartreuse. Au retour de Namur, le mercredi, il loge au Grand Hôtel et prévoit le lendemain de se rendre à la Maison de Peuple à Bruxelles en s’arrêtant à Louvain.

         Le jeudi 10 septembre 1914, à hauteur de Tirlemont, la voiture se trouve devant des soldats allemands qui déplorent la mort de trois des leurs, victimes de francs-tireurs. Déjà, des fermiers flamands sont arrêtés. Un interrogatoire approfondi – la présence parlementaire  a du bon – les disculpe. Les auteurs de l’embuscade sont des soldats belges. D’autres soldats belges surgissent. C’est la débandade du peloton germain. La voiture de Karl Liebknecht et ses deux cicérones liégeois parvient, via Wavre, à rejoindre, à 16h, la Maison du  Peuple où les attendent le SG du POB, Laurent Vandersmissen et Kamiel Huysmans, Secrétaire du Bureau socialiste international.Horta.jpg

Aux élections de 1912, le SPD a récolté plus d’un tiers des suffrages (110 parlementaires sur les 397du Reichstag) et le parti catholique – Zentrum – avec moitié moins de voix parvient à obtenir 91 sièges. Les socialistes belges reprochent à leur interlocuteur le vote de crédits militaires par des élus SPD. Karl Kiebknecht explose : est-ce que l’on peut vraiment croire que moi, Liebknecht, fils de  Wilhelm Liebknecht, je pouvais voter les crédits de guerre ? Après avoir trouvé le gite chez Huysmans, il ramène ses cicérones à Liège et leur donne une recommandation : un conseil, beaucoup de calme, beaucoup de prudence.

        Le samedi 12 septembre 1914, l’usine à gaz de la rue des Bayards fonctionne à nouveau. C’est un mieux pour les Liégeoises et Liégeois.

        Le lundi 14 septembre 1914, la circulation est autorisée jusqu’à 20h. (h. allemande). Il n’est plus nécessaire de laisser les fenêtres éclairées et les portes d’entrée ouvertes.

        Depuis l’arrivée des Allemands à Liège, la langue wallonne est de plus en plus pratiquée à Liège. Nos concitoyen(ne)s se méfient d’être entendu(e)s par des oreilles malveillantes lorsqu’ils commentent des faits de guerre telle la victoire de Joffre sur la Marne, rapportés par la presse étrangère importée clandestinement.

        Le jeudi 17 septembre 1914, il est interdit de conduire une voiture, une moto, un vélo sans un permis. De même, il est interdit, sous peine d’une amende de 3000 marks et de saisie de l’appareil, de photographier sans autorisation, autorisation systématiquement refusée.

        Le mardi 15 septembre 1914, à la Maison-Blanche à Washington, le Président démocrate Wilson reçoit la délégation belge conduite par le Ministre de la Justice, Henry Carton de Wiart.  Dans Souvenirs politiques, celui-ci écrit : Le Président nous apparut  de type professoral, plutôt sec avec « la longue mâchoire à double détente » suivant une formule assez fréquente chez ses concitoyens. L’accueil qu’il nous fit fut très digne. Je donnai lecture du message solennel dont nous avions soigneusement mesuré les termes. Dans sa réponse, et à l’accent même qu’il y mit, nous sentîmes que cet homme droit comprenait tout ce que la cause de la Belgique représentait du point de vue de la justice immanente. Il marqua en effet une sympathie attentive pour l’exposé que nous lui fîmes, et au cours duquel nous lui demandâmes notamment d’intervenir pour le ravitaillement de notre malheureux pays, menacé par la famine.

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        Le gouvernement de Broqueville a décidé, début septembre, l’envoi aux États-Unis d’une mission de cinq personnes dont Vandervelde et Hymans afin de contrer la yellow press. Celle appellation d’une presse populaire et très influente vient de Yellow Kid, une série assez vulgaire lancée, en 1896, par le magnat de presse William Hearst.  La yellow press dont de nombreux lecteurs sont des descendants d’émigrants allemands arrivés aux USA à bord des navires de l’Hamburg América Line, se montre favorable aux thèses austro-allemandes. Elle a notamment publié le télégramme du Kaiser déclarant avoir le cœur brisé par les événements de Louvain provoqués par les francs-tireurs belges parmi lesquels se trouvent des infirmières et des prêtres ! La yellow press critique la venue à la Maison-Blanche de la mission belge car elle la juge en contradiction avec la déclaration américaine du 4 août de s’en tenir à une neutralité stricte dans le conflit européen.  

 

 

 

De passage à Liège, le duc de Richelieu s’intéresse à la Binamêye revolucion.

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        Petit-neveu du Cardinal de Richelieu, Armand-Emmanuel du Plessis, duc du Richelieu sollicite en 1790, des autorités françaises issues de la Révolution un passeport pour remplir ses engagements. En effet, quoique Français, le duc s’est mis au service de la Russie. Potemkine a besoin  de ce jeune Français – né le jeudi 25 septembre 1766  – pour mener à bien la guerre contre l’Empire ottoman, conflit entamé en 1787 dans le but de permettre à la Russie d’accéder aux mers du Sud.

        Le passeport est octroyé. Le duc n’est pas considéré tel un émigré dont les biens sont saisis. En revanche, il promet de revenir  aussitôt la guerre finie et désire que les connaissances qu’il acquerra le mettent  à la portée de concourir un jour à la gloire de la patrie.

        Le duc se met en route. Le jeudi 2 septembre 1790, celle-ci l’amène à Liège une grande ville sur la Meuse : elle peut contenir trente mille habitants ; on ne peut pas dire qu’elle soit belle, mais elle est peuplée et vivante, ce qui fait qu’elle paraît assez agréable.

        Ce diplomate,  bon enfant des Lumières, tendance Fénélon et Montesqieu, est au courant de la Binamêye revolucion  du 18 août 1789. Cette révolution, qui, à juste titre, a attiré l’attention de l’Europe, est une des singularités de l’époque dans laquelle nous vivons.

        Le duc fait remonter les causes de cette Binamêye revolucion  à la position prise par le Prince-Évêque  Maximilien-Henri de Bavière. La source des différends des États et de l’Évêque est l’élection des magistrats. Jusqu’en 1684 le peuple a joui du droit de les élire. À cette époque un évêque qui était de la Maison de Bavière, et sûr par conséquent d’être soutenu dans ses entreprises, prétextant les troubles que ces élections occasionnaient, s’empara du droit de les nommer, et depuis ce moment les évêques ont toujours joui de cette prérogative.

        L’année dernière, la révolution de France ayant donné le branle à tous les esprits, la suite est connue.  La Chambre impériale de Wetzlaer s’en mêle et ordonne au roi de Prusse, en sa qualité de duc de Clèves, de faire marcher un corps de troupes contre les révolutionnaires principautaires. Mais surprise, ceux-ci reçoivent ses troupes en libérateurs. En effet, ils étaient à peine dans Liége que le Roi de Prusse fit faire à l’Évêque des propositions tendant à remettre les choses sur le pied où elles étaient avant 1684, ce qui était précisément le point de la contestation.

        Le Prince-Évêque Constantin-François de Hoensbroeck s’entête, dit non. La Chambre impériale de Wetzlaer s’obstine et envoie de nouvelles troupes. Telle est la situation au moment où le duc de Richelieu reprend  la route le samedi 4 septembre 1790.  De dessus cette hauteur, on a encore une très vue de la ville de Liége et de toute la vallée où elle est située. Le pays que l’on traverse est superbe et très peuplé, il est surtout fertile en pâturages et la quantité des bestiaux est énorme.

        Le duc de Richelieu arrive à temps en Russie pour participer  le mercredi 12 décembre 1790 à la bataille victorieuse d’Ismaël. La tzarine Catherine II lui remet une épée en or et le décore de l’ordre de Saint-Georges. En 1792, le traité de Iassy accorde la Crimée à la Russie.

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Charlemagne et Liège: il est grand temps d’aller voir cela au Grand Curtius !

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       S’il ne fait nul doute que Charlemagne soit mort, à Aix-la-Chapelle, le 28 janvier 814, d’une méchante pleurésie, le lieu de sa naissance reste indéterminé. Rien que dans la région liégeoise, Herstal et Jupille se disputent cet honneur. À l’inauguration de l’exposition Charlemagne et Liège (1), il s’est raconté que récemment, la ville d’Herstal a été très surprise d’entendre un participant à un colloque savant lui assurer que le concitoyen qu’elle revendique est né … aux abord de Paris ! Il vrai qu’en le présentant tel un homme d’État français, un autre biographe prétend qu’il est né au château de Saltzbourg dans la haute Bavière

      Retour à l’exposition Charlemagne et Liège organisée à l’initiative des Disciples de Charlemagne, une confrérie jupilloise philanthropique fondée à la Libération. Confrérie septuagénaire, sa devise : s’amuser pour faire plaisir aux autres. Michel Faway la préside.

     La présentation de la dynastie carolingienne ne fait pas mention qu’avant d’être sacré empereur d’Occident à Rome par le pape Léon III,  le jour de Noël 800, Charlemagne a été, en 768, sacré Roi de France, à Noyon. Évêché inauguré par Médard, un saint peu apprécié par les Disciples de Charlemagne vu ses rapports avec la pluie. Après Charlemagne, tous les Monarques de France (à l’exception de Napoléon 1er  et Louis XVIII) jusqu’à Charles X  ont choisi  Reims pour y être sacrés.  

      Autres pièces exposées : des carolus susceptibles d’intéresser les numismates et autres vestiges carolingiens.

      Signalons également la part généreuse faite à la statue équestre de Charlemagne.   Dans l’esprit du sculpteur Louis Jehotte, seule la place Saint-Lambert dégagée de tout débris de la Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert est digne d’accueillir son chef d’œuvre. Incontestablement, Liège conteste. Finalement, le chef d’œuvre est relégué à un endroit qui, à l’époque, se situe quasi à la campagne. Une citation latine accompagne les niches abritant les ancêtres de l’Empereur dont Pépin de Herstal : grand dans la guerre, plus grand encore dans la paix. Une paix qu’il n’a connu réellement qu’éternelle !  Charlemagne, un sacré gaillard qui aime les batailles, les femmes (cinq épouses, quatre concubines – aucune Liégeoise -, moult maîtresses), les arts, la vie quoi !

     Le jour de l’inauguration de la statue équestre, le chanteur de rue Joseph Mousset dit Hasserz, surnommé le Béranger liégeois y va d’une pasquèye célébrant l’Empereur qui tend la main, pour voir s’il pleut. Le personnage à la Daumier (2) du Béranger liégeois ajoute du comique à cet événement majeur du 19ème siècle. Rond come on tonê, frèzé come ine catche, avou ‘ne lêdenarène qui lî pindéve inte lès massales fî parèy qu’ine èssègne so l’ façåde d’ine gargote (rond comme un tonneau, grêlé comme un fruit au four, avec un laid nez qui lui pendait entre les joues tout juste à la manière d’une enseigne sur la façade d’une gargote).

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(1) Charlemagne et Liège – du 4 au 12/05 – salle polyvalente du Grand Curtius -10/18 h sauf le mardi accès gratuit

(2)   Extrait d’un texte de Daniel Droixhe (ULB et ULg) publié sur le site orbi.ulg.ac.be

… des députés VRAIMENT Européens !

       Dans un entretien accordé à notre confrère Les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), l’euro-parlementaire Daniel Cohn-Bendit affirme être un bâtard  européen. Il s’en explique : Je crois que j’ai su démontrer qu’avoir une identité européenne, une passion européenne, permettait de parler de l’Europe et de défendre des idées européennes sans passer par l’identification nationale. Je crois que c’est ça qui me différencie. Ça ne veut pas dire que je suis meilleur ! Mais ça me donne la possibilité de surfer autrement pendant les débats européens. Je suis beaucoup plus libre. Je parle de l’Europe en tant que citoyen européen et non pas en tant que Français ou Allemand. J’ai été élu deux fois en France et deux fois en Allemagne, je suis un bâtard. Je suis un bâtard européen et ça va très bien !

       Vu la nature du Parlement européen, ses besoins constants de trouver des compromis d’où se dégagent des majorités comme l’a très clairement expliqué l’euro-parlementaire De Keyser à un groupe de Liégeoises et de Liégeois venus à Strasbourg assister à l’ultime journée de la dernière session du Parlement élu en 2009, cette Assemblée a tout à gagner à l’arrivée en son sein de bâtards européens porteurs de valeurs démocratiques.

       À consulter les têtes de liste des divers partis présentant des candidat(e)s aux prochaines élections européennes dans la circonscription francophone belge, il semble que seule la liste des Fédéralistes démocrates francophones (FDF n° 6) présente une candidate à même de surfer autrement pendant les débats européens.(…) de parler de  l’Europe en tant que citoyen européen.  

      La tête de liste FDF est une Franco- Roumaine, Cristina Coteanu, quadrilingue (français, néerlandais, anglais, roumain). Diplômée de l’Université d’État Alexandru  Iuan Cusa de Iasi, Cristina Coteanu collectionne les titres universitaires dans pas moins de sept pays européens. Généralement, ces parcours académiques se terminent avec la mention latine magna cum laudae ce qui en français se traduit par la mention très bien. Pas étonnant dès lors qu’aujourd’hui, Cristina Coteanu  enseigne à l’ULB le droit européen, y dirige le Centre Bigwood (fondé en 1965 par le professeur éponyme) de l’Institut d’Études Européennes. Cristina Coteanu fait partie de l’association internationale d’avocats Philippe & Partners.

      Avant que la Roumanie ne fasse partie de l’Union Européenne à laquelle ce pays a adhéré le 1er janvier 2007, Cristina Coteanu a été Secrétaire d’État auprès de la Ministre de la Justice, Monica Macovei dans le gouvernement Cälin Popescu-Täriceanu. Quoique même pas quadragénaire, Cristina Coteanu a publié une douzaine d’ouvrages ayant trait à l’Europe et quantité d’articles sur le même thème. Sa campagne électorale, elle la fait uniquement via les réseaux sociaux. En effet, Cristina Coteanu n’a nul accès à la radio-télévision publique.

      Comme Liège 28 l’a relevé en primeur le 2 avril, un document (très) interne de la RTBF précise : Sont d’office invités, dans toutes les émissions d’interviews et de débats, (…) les partis suivants : PS, MR, ECOLO et CDH. Quant au FDF, la RTBF stipule : ce parti ne sera a priori pas invité aux émissions intéressant les assemblées où ce parti n’est pas représenté (débats relatifs au parlement européen et au parlement wallon), ni aux débats concernant les circonscriptions wallonnes du parlement fédéral. Il est à craindre que la hiérarchie ne s’oppose à une initiative des journalistes faisant valoir que Cristina Coteanu mérite d’être invitée vu son intérêt éditorial, journalistique et informatif.

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2014, l’année de toutes les commémorations.

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       Il y a bien sûr celles de la 1ère guerre mondiale où Liège joue un rôle primordial du début – la Ville de Liège obtient la Légion d’honneur dès le 7 août – à la fin. Première guerre mondiale connue aussi dans le monde anglophone sous l’appellation Flanders fields. Dénomination encore accrue dans les années à venir par la création, dans chacun des pays alliés, de jardins réalisés avec de la terre prélevées sur les lieux de bataille en Flandre occidentales.

      En 2014, commémoration de la mort de Charlemagne en 814. Un Charlemagne né à Herstal et non à Jupille. Frédéric Daerden, bourgmestre de Herstal et député européen jusqu’au 25 mai, veille à ce que chacun sache que sa ville a vu la naissance de ce véritable précurseur de l’Europe.

      En 2014, commémoration de la Bataille de Bouvines. Le 27 juillet 1214, le Roi de France Philippe-Auguste l’emporte sur l’empereur allemand Othon IV,  le Roi d’Angleterre Jean Sans Terre,  le comte de Flandres, Ferrand de Portugal et le comte de Boulogne Renaud de Damartin.

      En 2014, commémoration du septantième anniversaire de la libération du Royaume par les troupes alliées au sein desquelles se trouve la brigade Piron.

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      En 2014, commémoration de la Campagne de France menée par l’Empereur Napoléon contre les troupes des Coalisés. Au lendemain de la Bataille des Nations de Leipzig – le 13 octobre 1813 – les forces françaises sont exsangues. Bataille des Nations de Leipzig dont Martin Schulz, Président du Parlement européen, a dit : elle marque le tournant d’une époque tout en observant : on ne doit pas se faire des illusions quant à une chose. Les forces qui se soulèvent ici contre le parvenu, l’empereur     « auto-sacré », sont celles de l’ancien ordre (…)  Des monarques qui fondent encore en partie leur légitimité sur le droit divin.

     La Campagne de France oppose les 70.000 rescapés  de l’armée de Napoléon à plus de 300.000 soldats de Coalisés répartis en trois armées, celle de Bohème, celle de Silésie et celle du Nord.  Dans cette dernière, on trouve le 1er corps d’armée du général  von Büwol  qui s’empare de Liège – ville française depuis 1795 – le 20 janvier 1814. Mais qu’ont les von Bülow contre les Liégeoises et les Liégeois ? Cent ans après le général Frédéric-Guillaume von Büwol , un autre général Karl von Bülow menace, le 22 août 1914, de faire subir à Liège le sort d’Andenne, ville réduite en cendres avec  son autorisation. Déjà Liège a connu le massacre place de l’Université, le XX août.

      La Compagne de France se déroule davantage au sud-ouest de Liège, en Champagne-Brie où Napoléon en personne s’occupe de mener campagne. Ainsi, en 5 jours, il remporte 4 victoires : Champaubert, le 10 février, Montmirail-Marchais, le 11 février, Château-Thierry, le 12 février, Vauchamps, le 14 février. Autre victoire impériale, le 7 mars à Craonne. Mais ces victoires n’empêchent pas l’entrée des Coalisés à Paris le 31 mars 1814. Napoléon abdique le 6 avril. Il n’est plus Empereur. Il est le Roi de l’île d’Elbe. Il se raconte que les cosaques russes lors de l’occupation de Paris demandant à boire utilisent le terme russe bystro (= vite) d’où l’appellation bistrot. Le linguiste Alain Rey conteste cette origine : c’est une pure fantaisie en l’absence de toute attestation du mot à l’époque ou peu après. Alain Rey estime que bistrot provient peut-être de bistraud d’origine poitevine, désignant un petit domestique d’un marchand de vin !    

     De l’avis des experts en stratégie militaire, la Compagne de France est, avec la première campagne d’Italie, la meilleure des campagnes de Napoléon. Nombre de ces batailles sont reconstituées en 2014 – http://www.tourisme-champagne-ardenne.com – notamment à Montmirail-Marchais lors du congé de l’Ascension. Ces reconstitutions sont plus vraies que la réelle bataille. Nul ne peut prétendre jouer Napoléon sous peine d’être considéré usurpateur. Officiellement, il y a, dans le monde, trois personnes qui peuvent assumer le personnage de Napoléon dans les reconstitutions, un Français, un Américain, un Belge.  

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La campagne électorale européenne biaisée : le FDF systématiquement exclu !

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      Pour concrétiser ses objectifs et rapprocher les citoyennes et citoyens du projet européen, le MEB organise (… ) un programme d’activités diversifié et accessible à un large public est une phrase extraite du site Mouvement européen-Belgique. Incontestablement, un large public a assisté le 25 mars, dans le grand auditoire Godefroid Kurth de l’ULg à un débat sur le thème quelle politique sociale pour l’Union européenne aujourd’hui. Au vu des images diffusées sur Télé-Liège RTC, le large public se résume à vingt/vingt-cinq personnes.

      Ta voix compte annonce l’affiche initiale prévoyant cinq orateurs dont une seule femme, Cristina Coteanu, Roumaine tête de liste du Fédéralistes Démocrates Francophones (FDF). Le FDF a reçu un numéro – le 6 – lors du tirage au sort au Ministère fédéral de l’Intérieur. Une autre formation prétend être invitée. Le Mouvement européen-Belgique confronté à ce problème le résout en éliminant, purement et simplement, le FDF, le parti rejoint par Paul-Henri Spaak – un des Pères fondateurs de l’Europe -, un  parti présidé en son temps par Antoinette Spaak qui a été euro-parlementaire.

      Rebelote, le 27 mars, à l’auditoire Arcelor Mittal de HEC- ULg. Un public dix fois plus important. Une boisson gratuite est offerte. Le Vif/L’Express – page 2 du n° 3273, page 3 du n° 3272 de couverture – a annoncé les trois débats (Liège le 27 mars, Bruxelles le 3 avril, Namur le 5 avril) en collaboration avec Guido (société gantoise) et les Associations d’étudiants. Les pages de pub présente les cinq logos de partis invités cdH, écolo, FDF, MR, PS. C’est hélas une pub mensongère car n’ont pris la parole à Liège que des représentants des quatre partis dit traditionnels.

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      Une chape de plomb bien belge s’abat sur la démocratie à l’occasion des élections européennes. La démocratie se caractérise notamment par la possibilité d’alternance du pouvoir et le respect des minorités. L’ostracisme dont sont victimes les Fédéralistes Démocrates Francophones dans l’organisation des débats est également de mise dans les médias.

      Ainsi, un document (très) interne de la RTBF précise : Sont d’office invités, dans toutes les émissions d’interviews et de débats, (…) les partis suivants : PS, MR, ECOLO et CDH. Quant au FDF, la RTBF stipule : ce parti ne sera a priori pas invité aux émissions intéressant les assemblées où ce parti n’est pas représenté (débats relatifs au parlement européen et au parlement wallon), ni aux débats concernant les circonscriptions wallonnes du parlement fédéral . Brave fille, la RTBF ajoute : il pourrait toutefois y être invité, ponctuellement, en fonction de l’intérêt éditorial, journalistique et informatif  !!!!

      Quotidien de référence en Fédération Wallonie-Bruxelles,  Le Soir (305.041 exemplaires en 1956 – 90.718 en 2012) a organisé un grand débat sur plus d’Europe auquel ont participé les représentants des partis traditionnels. Le rédacteur en chef du Soir – Jurek Kuczkiewicz – a reçu une lettre ouverte de Cristina Coteanu – tête de liste Europe FDF. La Roumaine écrit notamment : Plus que jamais, aujourd’hui, l’Europe a besoin des vrais défenseurs, des nouveaux visages qui ne proviennent pas nécessairement des partis qui se transmettent le pouvoir depuis des décennies. (…) tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut regagner la confiance du citoyen afin qu’il participe de fait à la construction européenne (…) À ma connaissance, c’est la première fois dans l’histoire de l’Europe qu’un ressortissant d’un autre État membre (qui plus est de l’Europe de l’Est) est tête de liste sur une liste européenne d’un parti d’un État membre. Cristina Coteanu évoque un moment de sa vie ; j’étais directrice en charge des tous les pays de l’Europe de l’est, d’une organisation pan-européenne, en participant à la construction européenne à travers des actions concrètes. J’ai travaillé énormément pour votre pays (Belgique ou Pologne) ou pour le pays de vos parents.

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Prendre ses désirs pour des réalités …

       La newsletter des Médias Catholiques, Cathobel a publié ce vendredi matin un numéro spécial. Une seule information : Le Conseil de l’Europe tance la Belgique au sujet de l’euthanasie des enfants ! On y lit notamment : Ce jeudi, le Conseil de l’Europe a publié une forte critique envers le projet belge d’euthanasie des enfants. Une parole forte et inédite. Une déclaration écrite du Conseil de l’Europe, signée par des députés de plusieurs pays, estime que la Belgique se trompe lourdement (…) C’est la première fois qu’une instance internationale met si sévèrement en garde la Belgique au sujet de l’euthanasie des enfants malades. Aucun expert n’a pû être entendu par la Chambre des représentants. Celle-ci entendra-t-elle le Conseil de l’Europe ?

       Un lien placé par Cathobel permet de prendre connaissance de la  déclaration écrite du Conseil de l’Europe. Il s’agit de la Déclaration écrite n° 567 intitulée La légalisation de l’euthanasie pour les enfants en Belgique.

       Sous ce titre, il est écrit : Cette déclaration écrite n’engage que ses signataires. Autrement dit, le Conseil de l’Europe – organisation internationale regroupant  47 États européens dont la mission est la promotion de la démocratie, la protection les droits de l’homme et l’état de droit – n’a nullement tancé la Belgique au sujet de l’euthanasie des enfants.

       Les signataires de la déclaration écrite sont 58 parlementaires alors que l’organe délibérant  du Conseil de l’Europe – l’Assemblée Parlementaire  – se compose de 318 représentants et de 318 suppléants désignés par les parlements nationaux des États membres. À ne pas confondre cette Assemblée Parlementaire avec le Parlement Européen, organe parlementaire de l’Union européenne.

       Ces 58 parlementaires proviennent de 27 pays. 7 sont Britanniques, 5 émanent de la Fédération russe, 4 de l’Espagne,  4 de l’Italie et 4 de la Roumanie. Politiquement, 33 des signataires se revendiquent du groupe du Parti populaire européen – 394 membres, effectifs et suppléants confondus -, 10 du groupe socialiste – 194 membres, effectifs et suppléants confondus – et 10 du groupe des démocrates européens – 81 membres, effectifs et suppléants confondus.

La Joyeuse Entrée du Président Barroso à Liège.

         En une semaine, Liège a connu deux Joyeuses Entrées. La première vendredi dernier. Sa Majesté la Reine Mathilde est venue avec son mari rencontrer les Liégeoises et Liégeois. Aucun contestataire à cette visite hormis le temps de chien. Un moment hyper émouvant lorsque deux enfants aveugles ont rencontré, à La Lumière, Sa Majesté la Reine et son mari.

        La deuxième Joyeuse Entrée a constitué une première. Nous n’avons pas souvenir qu’en un peu plus d’un demi-siècle, un des douze Présidents de la Commission Européenne consacre une journée entière à la visite de notre ville. Certes, le Liégeois Jean Rey a été un merveilleux connaisseur de Liège. Il a même tenu l’orgue au temple protestant du quai Marcellis au temps des vacances du titulaire. Plus d’un Président est venu le temps d’une conférence, le soir, invité par une association ou l’autre.

        Le Président José-Manuel Barroso par sa Joyeuse Entrée a innové au point que l’euro-députée Véronique De Keyser dans un communiqué publié la veille – à 11h58 – a pu écrire cependant, j’ignore à quel titre le Président Barroso vient à Liège mais je m’en félicite. La visite a été quelque peu chahutée du genre Barroso dégage ou deux œufs lancés dans sa direction sur la scène du Théâtre de Liège. Ce sont là des non-évènements comme l’a assuré le journaliste Olivier Maroy.

       La première question du dialogue citoyen a été posée par une Frioulane d’Ougrée Nora Dall’Acqua qui s’intéresse au sort de la sidérurgie. Réponse lui est apportée ainsi qu’à d’autres questions posées notamment par des étudiants en Erasmus. Au fond, la Joyeuse Entrée du Président Barroso donne raison à un de ses prédécesseurs, le Liégeois Jean Rey qui a déclaré en son temps : L’Europe n’est pas seulement celle des Gouvernements, des Parlements ou des administrations. Ce doit être aussi celle des peuples, celle des travailleurs, celle de la jeunesse, celle de l’homme.

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