« Les médias sont-ils dangereux ? » … Fottorino et le 1 répondent;

 

Fottorino.jpg  Éric Fottorino, co-fondateur du 1

     Une vingtaine de journalistes, écrivains, sociologues, historiens, etc  ont rédigé, sous la direction d’Éric Fottorino, un opuscule Les médias sont-ils dangereux ? sous-titré Comprendre les mécanismes de l’information. Dans l’introduction de cet hors-série de la collection les 1ndispensables (1), Éric Fottorino explique pourquoi, il la pose : c’est qu’en effet la sphère médiatique – celle qui englobe la presse, la télé, la radio, mais aussi tous les réseaux sociaux via Facebook et Google – ne cesse de nous perturber. (…) Quant aux nouveaux média, cette presse en ligne qui ne vit que par le clic et la pub, d’autres règles en régissent le fonctionnement. On a découvert récemment le rôle des algorithmes, ces formules mathématiques qui « calculent » chacun de nous et nous exposent exclusivement à ce que nous aimons, pour ne pas dire à ce que nous « likons ».

    De quoi ne pas perturber ce prof’ de l’ULiège qui ayant   confié, sur FB, son désir de relire un livre, reçoit un courriel personnalisé d’Amazon avec une offre pour l’achat du bouquin. Le prof’ ne croit pas au hasard et a prévenu, sur FB, ceux qui pensent encore que nous ne sommes pas surveillés par les GAFA.

    Revenons à notre opuscule. Le journaliste Éric Scherer définit l’algorithme : c’est une recette de cuisine. Une séquence  d’instructions faite de formules concoctées par des informaticiens. L’algorithme filtre et choisit l’information que vous lirez (…) L’algorithme décidera de placer cette information dans votre fil d’actualité (news feed) en fonction de votre historique de navigation, de vos likes, de vos conversations avec vos amis, de vos réactions aux messages publicitaires. Mais en fonction aussi de nombreux critères inconnus. Les algorithmes sont de véritables boîtes noires dont personne ne connaît le fonctionnement, qui non seulement trient, mais choisissent et distribuent l’information.  

    D’autres textes courts mais incisifs permettent de mieux comprendre les mécanismes de l’information aujourd’hui en France. Fille aînée du capital, la presse n’est pas libre et ne l’a jamais été écrit Aude Lancelin, journaliste licenciée de l’Obs’ en 2016 à la demande de l’Élysée selon certaines sources. Dans les médias, les ressources du déni sont encore immenses, peu de journalistes veulent bien reconnaître, même portes fermées, les répercussions sur leur travail du rachat de leurs titres par de grands groupes industriels.

    Quant aux sondages, l’alpha et l’oméga de l’analyse politique, l’écrivain et journaliste Denis Jeanbar estime qu’ils livrent aux journalistes une donnée chiffrée qui leur permet de se parer des plumes de l’objectivité.

    Pour la bonne bouche, épinglons Les valets de l’Élysée. En juin 2010, Éric Fottorino, alors président du directoire du Monde, Nicolas Sarkozy lui fixe un rendez-vous à l’Élysée. Il était mécontent et me le fit savoir. À peine entré dans son bureau, je m’entendis traiter d’imbécile, pour la simple raison  que je n’obtempérais pas à son vœu : vendre à son ami Arnaud Lagardère le quotidien du soir et tout le groupe du Monde (…) que je présidais. À cette époque, nous avions besoin d’argent. Cent millions d’euros …la suite de la lecture dans Les médias sont-ils dangereux ?

 (1) Les médias sont-ils dangereux – en vente en Belgique 8,80 €

Pas de panique si vous allez en France. La France ne se limite pas à Paris, Lyon, Grenoble!

 

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      Depuis le lundi 12 juin, jour où paraît dans La Dernière Heure le texte suivant : Si vous partez en France cet été, il est grand temps d’acheter votre écovignette (…) Tous les véhicules, motos, voitures ou utilitaires, qu’ils soient immatriculés en France ou à l’étranger sont concernés. Cette vignette ronde les identifie selon leurs émissions polluantes (oxyde d’azote, particules). Depuis le 1er avril dernier, elle est obligatoire également pour les conducteurs étrangers. La vignette, d’un coût de 3,70 euros (4,80 € frais d’envois inclus vers la Belgique),peut être obtenue sur http://www.certificat-air.gouv.fr. Si vous n’en êtes pas équipés et que vous vous faites contrôler, il vous en coûtera pas moins de 68 € d’amende et même 135 € pour les poids lourds,la panique règne parmi les automobilistes du Royaume qui envisagent de rendre en France ou de la traverser. D’autant que La Libre, l’Avenir, Le Soir, RTBF ont repris l’information.

      Ces divers articles  nous paraissent prendre de larges libertés par rapport au décret du 29 juin 2016 instituant la vignette « Crit’air ». C’est une démarche volontaire, qui peut donner des avantages aux conducteurs, mais chacun est libre de prendre un certificat ou non. Tout le monde est concerné. Crit’Air n’est pas obligatoire pour utiliser son véhicule. Pour la majorité des automobilistes français il constitue un outil pédagogique destiné à développer le véhicule propre. Les collectivités rencontrant des problèmes de pollution aigüe pourront s’appuyer sur les certificats « Crit’air » afin d’adapter la circulation et améliorer durablement la qualité de l’air. Dans ces cas particuliers, le certificat pourra devenir indispensable pour circuler. Crit’Air est avant tout un outil au service des collectivités locales qui engagent des mesures volontaristes en faveur de la qualité de l’air. (…) Le prix d’un certificat est de 4,18 €, payable en ligne. Ce prix couvre les frais de fabrication et d’envoi du certificat, ainsi que les frais de gestion, dont le centre d’appels. Il ne s’agit pas d’une taxe et il n’y a pas de recettes pour le budget de l’État. (…)  Le certificat qualité de l’air est obligatoire pour circuler dans les zones à circulation restreinte instaurées par certaines collectivités (Paris) ou pour circuler lorsque le préfet instaure la circulation différenciée lors de certains épisodes de pollution.

       L’amélioration de la qualité de l’air est l’objectif de la création des zones à circulation restreinte (ZCR). La ville de Paris en créant, pour une durée de cinq ans, sa ZCR le 1er juillet 2016 entend  lutter tant contre la pollution de fond (accumulation de polluants dans l’atmosphère) que contre la pollution de proximité (exposition dans leurs déplacements quotidiens des piétons, cyclistes, automobilistes). Cette pollution de proximité est particulièrement importante dans les rues canyons, dont la configuration géométrique (faible largeur, hauteur des bâtiments) empêche la bonne ventilation.

    Paris n’a rien inventé puisqu’il existe près de deux cents zones de basses émissions en Europe, les premières datent de 1996 en Suède. Depuis 2008, en Allemagne, 53 ville ont introduit des ZCR, appelée également LEZ – Low Emission Zones. (1)

     La ZCR de Paris a également pour ambition de diminuer ou renouveler le parc automobile. Diminution par l’octroi de primes diverses aux Parisiens  qui prennent conscience que la voiture individuelle ou le deux-roues motorisé ne sont pas indispensables pour la plupart des trajets quotidiens. Renouvellement par l’acquisition de voiture propre (électrique, hydrogène hybride rechargeable, GNV).

   Le site officiel de la Ville de Paris précise : Dès lors que vous effectuez régulièrement ou occasionnellement un déplacement à Paris, vous devrez, comme tous les automobilistes parisiens, apposer la vignette Crit’Air sur votre véhicule. Si celui-ci ne correspond pas à une catégorie autorisée à circuler, il vous faudra privilégier, entre 8h et 20h les jours de semaine, les transports en commun, l’autopartage comme Autolib’, le covoiturage, voire le vélo. Ultime précision : L’interdiction de circuler vaut par ailleurs, sauf indication contraire, toujours du lundi au vendredi de 8h à 20h, bien que cela ne figure pas sur les panonceaux.

    En France, deux autres villes ont introduit les ZCR. Il s’agit de Lyon et de Grenoble. Depuis le 1er janvier 2017, le centre-ville élargi de Grenoble est devenu une Zone à Circulation Restreinte (ZCR) avec une interdiction de la circulation pour les véhicules de marchandises « non classés », du lundi au vendredi de 6 h à 19 h.

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(1) Pour tout déplacement en Europe, il est possible de le planifier en fonction des villes avec ZCR sur le site http://fr.urbanaccessregulations.eu/userhome/access-regulations-route-planner

1ère chaîne d’info de France, BFM TV HD virée de l’offre de base de Proximus !

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        En pleine campagne présidentielle française – campagne très suivie en Wallonie et  à Bruxelles – Proximus annonce que dès le 31/03, la chaîne d’information BFM TV HD ne sera malheureusement plus diffusée sur Proximus TV. Cette décision  mettra fin à quinze mois de diffusion sur le canal 277 de la première chaîne d’info de France, un titre qui, sur base des calculs d’audience de l’institut Mediamétrie, BFM TV HD détient depuis juin 2008 et dont elle a fait son slogan. C’est, en effet, le 1er janvier 2016 que Proximus a remplacé la chaîne privée allemande  ProSieben  par BFM TV HD dans son offre de base. Au vu de ce nouveau changement annoncé, le client de Proximus peut résilier son abonnement  à tout moment sans frais par écrit.

        L’an dernier, à pareille époque, Proximus annonce la suppression fin avril de la chaîne française KTO fondée en 1999 par le cardinal Jean-Marie Lustiger et diffusée en Belgique depuis 2011. Le 18 mars 2016, l’archevêque De Kesel et les évêques francophones lancent une pétition  contre cette décision unilatérale et inopinée. Des catholiques, des chrétiens, des agnostiques, des francs-maçons, des musulmans, des juifs, des intellectuels la signent. C’est à peine s’ils ne disent pas retro proximus !  Résultat, KTO occupe toujours le canal 299 et bien Malin qui l’en sortira !

        Ni KTO, ni BFM TV ne bénéficient du droit de distribution obligatoire (1) imposé par le Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Dès lors, Proximus met dans ses canaux les chaînes qu’il décide. Il peut également les retirer sans donner la moindre explication. C’est le fait du Prince. En ce qui concerne la suppression fin mars de BFM TV HD, Proximus semble compatir à la tristesse des téléspectateurs par l’adverbe malheureusement. Piètre consolation !

        Dans l’air du temps, Proximus entend être positif. Il précise plusieurs chaînes dans notre offre proposent le même genre de programmation sur l’actualité internationale : LCI (canal 274), CNN (canal 270), BBC World (canal 271), Euronews (canal 272) ou encore France 24 (canal 278). Il ne signale pas l’attribution d’un second canal (le 275) à France 24, filiale de la société publique France Médias Monde. Il omet également de citer la chaîne qatarie Al Jazeera  (canal 276).

        La logique de Proximus évoquant le même genre de programmation que BFM  TV HD constitue un mépris du travail spécifique des journalistes professionnels dans ces chaînes. Cette logique aboutit à nier l’intérêt de la pluralité des médias. Tous les mêmes  semble penser Proximus. Le citoyen soucieux d’être correctement informé a besoin d’avoir accès à plusieurs médias télévisuels car chacun d’eux a une sensibilité différente.

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(1) Bénéficient du droit de distribution obligatoire La Une, La Deux, La Trois, TV5, Eén, Ketnet/Canvas, la BRF et les services de télévision locale dans leur zone de couverture (Avis du CSA  du 20 mars 2014)

Présidentielles françaises: un point commun entre Hamon et Macron

 

 

 

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        Changer de banque n’est plus un problème pour les Françaises et Français victimes de phobie administrative. Depuis ce premier lundi de février, une disposition de la loi Macron est entrée en vigueur en France. Il suffit de signer dans la nouvelle banque un contrat de mobilité bancaire et vingt-deux jours plus tard au grand maximum le signataire est client de sa nouvelle banque. Celle-ci ayant pris en charge toutes les procédures à accomplir.

        Un cabinet d’avocats à la Cour d’Appel de Paris – A&B Apelbaum & Associés – vient de signaler que cette loi va plus loin que la loi Hamon de 2014, qui n’avait pas produit les effets escomptés tout en se posant la question Mr Macron aura-t-il plus de poids ? Comme Emmanuel Macron et Benoît Hamon briguent la magistrature suprême, les non-abstentionnistes disposent ainsi d’un élément supplémentaire pour déterminer l’efficacité d’un (hypothétique) futur Président de la République !

 

 

21 rue La Boétie

 

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        Si le cinéma emprunte souvent des thèmes à la littérature, il est plus rare qu’une expo s’inspire d’un livre. C’est le cas pourtant de l’expo 21 rue La Boétie (1) qui n’a vu le jour que grâce à la parution, en 2012, de l’ouvrage éponyme d’Anne Sinclair. De nationalité américaine, Anne Sinclair née à New-York a été bouleversée d’entendre un fonctionnaire français lui demander vos quatre grands parents sont-ils français ? Le fonctionnaire a demandé ce qu’autorise une loi française de 2009 en matière de nationalité. La phrase lui rappelle la Shoah et le destin de ceux qui, recherchés par les nazis, avaient choisi de partir et qui furent ensuite dépossédés, pillés, déchus de leur nationalitéPaul Rosenberg quitte la galerie d’art du 21 rue La Boétie pour New-York. Un gentil grand-père qui l’a toujours traitée, gamine comme une grande fille.

        J’ai eu soudain envie de revisiter ma légende familiale. Je me suis plongée dans les archives. J’ai retrouvé des correspondances entre Paul Rosenberg et ses peintres, exhumé des « papiers de famille », interrogé des proches et retourné sur les traces de sa famille  J’ai voulu comprendre l’itinéraire de ce grand-père lumineux, intime de Picasso, de Braque, de Matisse, de Léger, devenu paria sous Vichy. Ce grand-père fut un grand marchand. A Paris jusqu’en 1940, puis exilé à New York pendant la guerre. Il était français, juif et amoureux des arts. Ce livre raconte son histoire qui, indirectement, est aussi la mienne.

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        De la conception à la réalisation, l’exposition 21 rue La Boétie est l’œuvre de Tempora, une société fondée, en 1998, par le Liégeois Benoît Remiche. Après avoir fait les beaux jours de la Boverie, 21rue La Boétie s’en va à Paris, au musée Maillol, du 2 mars au 27 juillet 2017. Anne Sinclair est la marraine de l’exposition. Elle s’en explique au  Quotidien de l’Art (27/10/2017) : au début, j’étais à la fois émue et très dubitative, me demandant si cela était faisable, puis très enthousiaste bien évidemment. Je les ai accompagnés puisque mon livre a servi de guide aux commissaires (Elie Barnavi, Isabelle Benoit, Vincent Delvaux, François Henrard et Benoît Remiche)  qui ont effectué un gros travail de recherche pour retrouver les œuvres. J’ai donné mon avis et impulsé les recherches dans certaines directions, particulièrement du point de vue historique.

        Ça a de la gueule. Mon grand-père aurait adoré.  C’est une exposition à la croisée de l’art et de l’histoire. Elle retrace ce qu’a été le marché de l’art avant qu’il soit justement un marché. Mon grand-père était un marchand certes, mais surtout un admirateur forcené de ses artistes. Il disait « Je suis un passeur, mais je ne suis que ça ». Articulée en six chapitres,  l’expo présente notamment soixante-quatre tableaux qui sont passés à une époque ou l’autre à la galerie Paul Rosenberg. Deux de ceux-ci représentent  l’un, Marguerite, l’épouse de Paul, et sa fille Micheline vues par Pablo Picasso en 1918 et l’autre, de Marie Laurencin, Anne Sinclair à l’âge de quatre ans. J’ignorais qu’elle peignait toutes les femmes avec les yeux noirs en amande, mais j’ai dû le pressentir car c’est effrontément que je lui précisai : « Attention, hein, j’ai les yeux bleus ! » Je me rappelle son rire, sa promesse de ne pas les trahir, et elle me gratifia, de fait, de deux billes bleu lavande.

        21 rue La Boétie se révèle un grand succès. Une moyenne de plus de mille visiteurs par jour le premier mois. En marge de l’expo, d’autres activités sont prévues à la Boverie. Ainsi, ce 17 novembre, l’auteur de L’Homme de l’art. Daniel-Henry Kahnweiler, 1884-1979, Pierre Assouline va venir parler de marchands et collectionneurs d’art :Paul Rosenberg, Daniel-Henry Kahnweiler et les autres suivi d’une session de questions-réponses.       

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(1) 21 rue La Boétie – La Boverie, parc de la Boverie, 4020 Liège – 32 (0) 2/ 549 60 49 info@21ruelaboétie.com – tarifs de 1,25 € (art. 27) à 17 € (adulte), senior (+65) 14€, groupe 12  €, groupe scolaire 6 €, famille (2 adultes, 2 enfants) 48 € (6 € par enfant supplémentaire) – l’expo se termine le 29 janvier 2017 – heures d’ouverture : du mardi au vendredi  de 9.30 à 18.00, week-end 10.00 à 18.00, ouvert jours fériés sauf 25/12 et 01/01/2017, fermé le lundi sauf 26/12 et 02/01/2017. Visite guidée 85 €/guide pour 1h30 de visite, maximum 20 personnes, disponible en français, anglais, allemand, néerlandais. 

CE QUE LE PAYS DE LIÈGE DOIT Á LA MEUSE …qui ne fut jamais un long fleuve tranquille

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        À l’âge de huit ans, Robert-Armand Planchard tombe en amour avec la Meuse. Sous la direction  des professeurs Alexandre Delmer – le père du canal Albert et Fernand Dehousse, sa thèse de fin d’études,  Le rôle de la Meuse dans la Communauté européenne du charbon et de l’acier a été, vu sa qualité, publié à grand tirage. En note infrapaginale, il est précisé que l’ouvrage, paru en 1955 aux Éditions Buteners, est complètement épuisé. L’auteur dispose encore d’une copie !

       Soixante et un ans plus tard, le directeur honoraire du port autonome de Liège ayant joué un certain rôle dans l’évolution des choses au plan fluvial européen et surtout belge a pensé, au soir de sa vie, à résumer tout ce qu’il a vécu, ressenti et perçu quant au rôle joué par la Meuse  à  Liège auquel Robert-Armand Planchar se sent viscéralement très attaché par sa famille de charbonniers, naguère maîtres de fosses au plantchî de Montegnée, d’où partit en 1716, la grand’route dite Branche Planchar construite par Pier Planchar (1657-1737) depuis Bolsée, Glain, Saint-Nicolas, Saint-Gilles et Ans vers le bas-port de Jemeppe-sur-Meuse (2). La boucle est bouclée.

        La Meuse est avec le Rhin et l’Escaut un des fleuves ayant réussi à inscrire leurs trouées Sud-Nord au travers des collines et des monts du massif schisteux rhénan. Dans ce combat qui a duré des millénaires, la Meuse s’est vue subtiliser la plupart de ses affluents au point que Georges Sand écrit La Meuse elle-même n’est ni large ni imposante et, cependant, elle coule dans une large vallée, beaucoup plus large qu’il faut. Le géographe Paul Vidal de La Blache évoque cette fille ruinée dans son palais démesuré.

        Le Pays de Liège y trouve trois avantages ; le premier, la vallée très large est susceptible d’accueillir les larges implantations de populations industrielles, le deuxième, la Meuse reste « haute » très longtemps d’où aujourd’hui, elle est réserve d’eau propre à la consommation alors qu’Escaut et Rhin deviendront des égouts aux eaux mortes, la troisième, sa pente hydraulique moyenne (0,48 m par km) a permis une « régularisation » facile pour éviter que, à l’étiage, la navigation mosane devienne difficile. Moralité, avec de telles grandes qualités, la Meuse devait tout naturellement engendrer à Liège un ensemble industriel et fluvial de très grande importance.

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      En quelques soixante pages, l’auteur résume l’évolution du leudicus vicus mosan en portus dès le VIème siècle, un modeste portus que Notger va transformer en opulente cité lacustre, en unissant par des ponts les nombreuses îles liégeoises et en doublant superficie et sécurité de la cité par l’érection d’une enceinte muraillée (…) Les accostages et bas-ports vont se développer rapidement au sein de cet archipel, unifié et protégé, pour en faire un portus aux mille et une possibilités de charger/décharger. Ce trafic fluvial va des matériaux de construction à la houille, au vin, au bois, aux céréales, au sel, aux armes, etc. La Meuse est la grande artère de ce pays, le courant vital de ce pays si magnifiquement varié. Il n’y a pas que le mercantile qui domine, le spirituel y a un rôle essentiel au point que Liège, capitale politico-religieuse, est surnommé l’Athènes du Nord.  

        Annexée de son plein gré à la France en 1795, la Principauté de Liège n’est point ressuscitée vingt ans plus tard par le Congrès de Vienne qui se charge pourtant de restaurer l’ordre ancien. Le Congrès de Vienne rattache la Principauté de Liège aux Pays-Bas. Elle tombait ainsi aux mains bataves dans une sorte de salmigondis voulu par les Anglais et voué, à terme, au démembrement et à lente putréfaction.

        La création de la Belgique, à partir de 1830, allait faire de la Meuse la modeste servante d’Anvers et de la Belgique et asservir le bassin liégeois aux objectifs anversois. On va voir comment. En cent cinquante pages, Robert-Armand Planchar  raconte les faits comme il les a vécu, ressenti et perçu.  Il y a eu des bourdes diplomatiques dont la première, et non la moindre, date de 1854. Elle est commise par un triple bourgmestre de Liège, Guillaume-Ferdinand  Piercot alors qu’il est ministre de l’Intérieur. Il y a eu les tenants du romantisme portuaire franco-belge, comme Jean-Maurice Dehousse, José Happart, des Liégeois, ou André Baudson, un Hennuyer, ce qui se comprend mieux, prêchaient, à ce temps, pour qu’Anvers et Rotterdam cédassent le pas à Dunkerque.

        Il y a eu des victoires comme, en 1937, la création du Port autonome de Liège voulu par Georges Truffaut.  En tout cas, créer le port, dès maintenant, c’est travailler pour l’avenir de la région déclare le conseiller communal Bounameau. Autre victoire, le Canal Albert en 1939 mais il a fallu attendre 2015 pour que soit érigée, à Lanaye, une quatrième écluse permettant le passage des bateaux de 9000 tonnes en provenance ou destination des pays de Nord et de l’Est de l’Europe.

        Le charme et le mérite de Robert-Armand Planchar est d’appeler un chat … un chat et de ne pas tourner autour du pot. C’est ce qui fait tout l’intérêt politico-stratégique de Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille.  Un franc-parler bien dans la ligne de son premier patron, Jean Rey, qui, en 1957, a déclaré : Chacun sait, ou devrait savoir, que la Belgique a toujours été bornée au Sud par la France et bernée au Nord par les Pays-Bas.

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(1) Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille – Robert-Armand Planchar – Édition Noir Dessin Production – 234 pages – 15€

(2) Les Planchar et l’introduction des « pompes à feu » de Thomas Newcomen en Principauté de Liège – Cfr Liège 28 du 6/12/2010

 

Janvier 2017, première ligne ferrée électrique d’Afrique opérationnelle de Djibouti à Addis-Abeba

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        En novembre, à Djibouti, deuxième étape de l’inauguration de la nouvelle voie ferrée reliant cette ville portuaire à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie. La première étape de l’inauguration a eu lieu dans cette ville en début octobre. À en croire La Nation, journal djiboutien : la cérémonie inaugurale fut particulièrement longue. Il est vrai que cette ligne est historique. Il s’agit de la première voie ferrée électrique du continent africain. Elle sera opérationnelle dès janvier 2017. Son tracé est parallèle à l’ancienne ligne mise en service le 17 juin 1917 qui, au fil des ans, a dépéri au point qu’aujourd’hui, elle se limite à un tronçon de 207 kms entre Dire Dawa et Galilée, deux villes éthiopiennes.

        L’initiateur de cette nouvelle ligne a été Ismaïl Omar Guelleh, le Président de la République de Djibouti. Sa réalisation, prévue en quatre ans, est l’œuvre des Chinois qui l’ont accomplie avec six mois d’avance. Vingt ans ont été nécessaires pour construire la ligne de 1917 !  Le train de la Renaissance et de la prospérité – long de 752 kms 700 – a un coût – 230 milliards de yuans – financés par la Chine.

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        Le train de la Renaissance et de la prospérité est vu par certains comme le premier maillon d’une Transafricaine allant de Djibouti à Douala, sur la côte Ouest. Les chiffres parlent : un dénivelé de 2 400 mètres, altitude d’Addis-Abeba, et Djibouti ; 41 locomotives et 1171 wagons destinés au fret et aux passagers ; vitesse 90 km/heure pour des convois fret de 3 500 tonnes, 120 km/heure pour les trains de passagers tandis qu’il faut trois jours par la route ; un personnel de 2 000 personnes.

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         Le train de la Renaissance et de la prospérité va être exploité par les Chinois durant les cinq premières années, le temps de former le personnel. Les informations à bord sont trilingues : amharique, la langue de l’Éthiopie, anglais et chinois. Il est à noter qu’en dépit des multiples avatars connus  depuis 1917, la Compagnie ferroviaire, à l’origine CFE (Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien),  a réussi à conserver, parmi son personnel, la langue française comme langue de travail. Ce qui est remarquable. La nouvelle Compagnie préfère substituer l’anglais au français et imposer le chinois. Qui paie les violons choisit la musique !

PHOTOS : 1- Ismaïl Omar Guelleh, Président de la République de Djibouti  2- Locomotive Éthiopian Railways 3- Ouvriers chinois