A l’Étuve, cabaret PARIS à voir!

Au Théâtre de l’Étuve, Philippe Dengis a voulu donner sa vision  de Paris, non pas tel qu’il est, mais tel que je l’aime. Il a réussi son pari en créant PARIS, le mot et la chose, cabaret improbable avec la complicité d’Éve Brasseur, Christine Collignon, Philippe Bodart, Édouard Niles, Francesco Nobile et le pianiste Éric Closset. Le Paris que Philippe Dengis met en scène est le Paris de Montmartre, des cabarets à strip-tease, le Paris des poètes, des chansonniers, de Fernandel, d’Yves Montand, de Jacques Prévert, mais aussi du Paris sous les bombes. Toujours avec le sourire ou le rire franc, un brin de nostalgie…

Mélodies de toujours : Paris, c’est du champagne ! /Paris, c’est de l’amour… / C’est le pays de cocagne / Où le temps paraît trop court; / L’esprit, que l’on y gagne, / Au cœur chante toujours, / Car Paris c’est du champagne, / Du champagne et de l’amour ! ou encore Jolis bas noirs et blanches la dentelle / Trottins troussé et jupons retroussés /  Grandes cocottes ou frivoles donzelles / C’est tout cela qui fait notre Paris / C’est tout cela qui fait notre Paris.

Que du plaisir, que des plaisirs mais parfois Mon père, je m’accuse d’avoir fait ce que vous savez / Avec qui vous savez / D’abord il m’a troussée jusqu’où vous savez / Puis avec l’air que vous savez / Il a sorti ce que vous savez / Et là, il m’a demandé de lui faire ce que vous savez.

Nostalgie quelquefois : Il n’y a plus d’après / À Saint-Germain-des-Prés  / Plus d’après-demain, plus d’après-midi  / Il n’y a qu’aujourd’hui  / Quand je te reverrai  / À Saint-Germain-des-Prés

De la gravité aussi  lorsque le cabaret évoque le temps vieux de quelques septante-cinq ans et davantage où Paris a connu la guerre : Je twisterais les mots s’il fallait les twister / Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez / Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers / Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés / Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants / Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent.

Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ! Tout peut recommencer comme avant Paris, c’est du champagne ! /Paris, c’est de l’amour… et il est revenu le temps de chercher un millionnaire Je Cherche Un Millionnaire, / Un type chic qui voudrait bien d’moi, / Au moins une fois par mois.

De l’esprit mutin voire coquin, PARIS, le mot et la chose, cabaret improbable est à l’affiche de l’Étuve en février et début mars (1). C’est un spectacle à recommander tant il a de l’entrain et de la joie. Deux heures de pur bonheur et d’intense gaité.

  • (1) 15, 16, 22, 23 février 1, 2 mars à 20h15 et dimanche 24 février à 15h30 – Réservation : par SMS au 0492/ 56 29 10 ou par courriel à reservationetuve@gmail.com

La Belgian Consular Union est présidée par une femme.

De par le monde, il y a quelques vingt mille consuls honoraires dont, aux dires du ministre Reynders un peu plus de trois cents représentent la Belgique à l’étranger et cent quatre-vingt-cinq représentent nonante-sept nations dans notre pays. Pour être consul honoraire, il faut être choisi par le pays d’envoi et recevoir l’exequatur du pays d’accueil. Le pays d’envoi fait choix notamment d’une personne de bonne réputation, bien introduit dans la vie sociale et disposant de moyens propres suffisants car le consul honoraire n’a point d’honoraires.

Il y a six corps consulaires en Belgique ; Anvers (plus Limbourg), Flandre occidentale, Flandre orientale (plus Brabant flamand et Bruxellois néerlandophones), Hainaut, Liège (plus Luxembourg), Namur (plus Brabant wallon et Bruxellois francophones). Ces six corps consulaires forment la Belgian Consular Union (B.C.U.) affiliée à la Fédération de l’Union Européenne des Consuls ( F.U.E.C.H. ) ainsi qu’à la Fédération Internationale des Consuls et Associations Consulaires ( F.I.C.A.C. ) connue également comme World Federation of Consuls.

Durant le Congrès de la World Federation of Consuls qui s’est tenu à Bruxelles, début octobre dernier, l’Assemblée générale de la Belgian Consular Union a renouvelé son Conseil d’Administration composé de douze membres. Ont été élus, pour une durée de quatre ans, notamment Florence Roth, consule honoraire de la Confédération helvétique et Jean-Marie Roberti, consul honoraire des États-Unis du Mexique. Au cours de la même réunion, la B.C.U.  a octroyé le titre de membre d’honneur à Fernand Goffioul qui fut le consul honoraire du Royaume d’Espagne jusqu’en 2018. Au sein du Conseil d’Administration de la B.C.U., Fernand Goffioul a assumé la charge délicate du Protocole. Désormais, il partage ce titre de membre d’honneur de la Belgian Consular Union en compagnie des Liégeois Jean-Marie Mesters, ancien vice-président de la B.C.U., ancien Consul honoraire de la République d’Afrique du Sud, Peter van Ettro, ancien administrateur de la B.C.U., ancien Consul général honoraire du  Royaume des Pays-Bas et Albert Geradin, ancien administrateur de la B.C.U., ancien Consul honoraire de la République de Finlande. Il n’y a, actuellement, que treize membres d’honneur à la B.C.U. Autre décision de l’Assemblée générale, Frédéric-Charles Bourseaux, consul honoraire de la République d’Autriche pour la Communauté germanophone sera l’invité permanent à titre consultatif du Conseil d’Administration en qualité de délégué des consuls honoraires de la Communauté germanophone.

Le 5 octobre 2018, lors de la réception  au Sénat des congressistes de la World Federation of Consuls, la présidente, la Liégeoise Christine Defraigne a constaté que sur les vingt mille consulats honoraires, deux mille seulement étaient attribués à des femmes. Même constat au Palais d’Egmont,  lorsque Gönul Eken, présidente du Comité Femmes Diplomatie de la F.I.C.A.C., a déclaré : Pourquoi les femmes sont-elles nécessaires dans la diplomatie? En ce qui concerne l’habileté de la négociation, les femmes se sont avérées capables de décider de ce qui était dans leur intérêt, tout en formulant des jugements moraux rationnels. Étant donné que le processus de négociation nécessite de la patience, de la coopération, une écoute attentive et une compréhension mutuelle. Pour maintenir la paix, la volonté de négocier et de trouver des solutions est un trait inné chez les femmes. (…) Les diplomates doivent pouvoir représenter l’ensemble de la société sans inégalité de genre. Si la diplomatie est censée refléter toute la société!

Un (petit) pas vers l’égalité de genre a été accompli par le Conseil d’Administration de la Belgian Consular Union qui, le 23 janvier 2019, a porté à la tête de son Éxécutif, Monique De Decker-Deprez, consule honoraire de la République démocratique socialiste du Sri Lanka (notre photo). Le plafond de verre est brisé à la B.C.U. Ont été élus, du côté néerlandophone, le baron Jean-Jacques Haus, consul honoraire de la République de Lituanie, vice-Président de la B.C.U., et François Piers, consul honoraire de la République tunisienne, Trésorier de la B.C.U. et du côté francophone, Thierry  Dumoulin, consul honoraire de la République du Chili, vice-Président de la B.C.U. , Jean-Marie Roberti, consul honoraire des États-Unis du Mexique, Secrétaire Général de la B.C.U. et Robert Wtterwulghe, consul honoraire de la République de Maurice, Responsable du Protocole.

Théâtre Arlequin, « Le Fusible » rires garantis!

Près d’un millier de personnes ont assisté, le soir du Réveillon de Nouvel-An,  à la création en Belgique, en co-production avec le Forum, de la comédie Le Fusible par la Compagnie royale Théâtre Arlequin. À présent, la pièce est à l’affiche du théâtre situé dans la rue dédiée au berger lieurneusien devenu sculpteur à Paris, Henri-Joseph Rutxiel (1).  

Due à l’auteur bordelais Sylvain Meyniac, Le Fusible se déroule au 9ème étage d’un immeuble huppé où habite Paul Achard (Serge Swysen) et son épouse Valérie (Marie-Josée Delecour). Tout semble harmonieux. Paul et son associé Michel Deviné (Alexandre Tirelier) doivent se rendre, le lendemain, à Moscou pour conclure la vente, à bon prix, de leur entreprise à une société russe. En réalité – réalité connue du seul Michel, génie de l’informatique, naïf et gaffeur –  Paul, âgé de 45 ans,  a décidé de divorcer et, au lieu d’aller à Moscou, de partir à Bali en compagnie de sa maîtresse, l’avocate Valérie Nicolas (Delphine Dessambre) y passer un mois de vacances. Grain de sable, lorsque l’épouse de Paul leur annonce qu’elle aussi va, par le même vol, à Moscou en qualité de styliste de mode. Comment se tirer de cette situation d’autant qu’en parfait mari, Paul s’efforce de réparer le four qui doit permettre à Valérie la cuisson d’un gratin de brocoli au quinoa. Nous n’en dirons pas davantage de peur de déflorer l’intrigue. Cependant, ajoutons : un, le four explose, deux, Paul est indemne mais amnésique, trois, l’intervention d’un psychiatre, le docteur Cordel (Fabian Nicolaï) qui a conservé des lunettes à la mode des années septante, quatre, l’apparition d’une Russe Ilona Vianova (Maïté Wolfs).

Dans un décor de Frédéric Duchnik, José Brouwers réalise une mise en scène de ce spectacle faisant appel à des réelles aptitudes physiques allant des nombreuses chutes de Paul Achard aux acrobaties de Michel Deviné et du docteur Cordel. Mise en scène soutenue par la franche rigolade du public qui, durant la centaine de minutes de ce vaudeville, ne cesse de s’esclaffer de bon cœur.

Un public qui n’est pas ingrat. La preuve sur les réseaux sociaux. De l’échevine de l’État-Civil de Liège, Élisabeth Fraipont :  Très bonne représentation du Théâtre Arlequin avec « Le Fusible »…vive cette compagnie liégeoise de talent!  à Suzanne Denooz : Bien amusée en ta compagnie au théâtre en passant par Madeleine Kemeny : Une pièce drôle jouée au Théâtre Arlequin. Je ne puis que chaudement vous la recommander. Rires assurés ou encore par le peintre Philippe Waxweiler : Je vous recommande cette pièce très drôle et originale…

  • Compagnie royale Théâtre Arlequin – Location tél. 04 223 18 18 du lundi au samedi dès 11h ou par Internet  www.theatrearlequin.be (Visa/Mastercard) – Prix des places 22€ (Banquettes) et 20 € (Chaises) – Représentations : chaque vendredi et samedi à 20h30 en janvier et février ainsi que le samedi 1er mars , de même que le dimanche 27 janvier à 15h – Prochain spectacle : reprise de L’Évasion de Socrate d’Armel Job le 8, 9, 16 mars à 20h30 et le 17 mars à 15h.

Le Vieux-Liège a 125 ans.

À Liège, fin du XIXème siècle, le 20 février 1894, Charles-Jacques Comhaire fonde avec quelques amis Les Amis du Vieux-Liége connu aujourd’hui sous le nom de Vieux-Liège (1). Son objet social est l’étude du passé historique et artistique ainsi que des beautés naturelles du pays de Liège et leur sauvegarde, par des promenades, excursions et voyages, conférences, cours et toutes démarches éventuelles.

À l’époque, le nouvel hôpital de Bavière – inauguré en 1895 par Léopold II – est en construction sur les Prés-Saint-Denis. La question se pose ; que faire de l’ancien hôpital installé depuis 1603 dans la superbe maison en pierres construite au biez Saucy, en Outremeuse, par le banquier lombard Bernardin Porcini (Porquin),  maison acquise en 1584 par Ernest de Bavière, prince-évêque ? Les Amis du Vieux-Liége entendent sauver le patrimoine que représente la maison Porquin, les autorités communales au contraire veulent sa destruction. Dans leur lutte qui durera dix ans, ils seront soutenus par le député Henry Carton de Wiart. À la Chambre des représentants, le mercredi 23 mars 1904, celui-ci déplore le vote par le Conseil communal de la démolition prônée par l’échevin des Beaux-Arts, le libéral Alfred Micha. L’édilité liégeoise a voté pour la mort. C’est très regrettable, d’autant que Liège, ville jadis pittoresque par excellence, toute pleine de vieux pignons, d’amusantes ruelles, qui évoquaient un passé également pittoresque, peu à peu, perd ce qui lui reste de sa personnalité. On veut faire un « Vieux-Liége » en staff et en carton-pierre pour l’Exposition. C’est fort bien, mais comme il vaudrait mieux ne pas condamner d’anciens édifices! Le gouvernement n’interviendra-t-il pas, comme le souhaitent beaucoup de Liégeois, pour garder à l’antique cité de saint Lambert un des rares débris de son beau passé? En 1894, date de la création des Amis du Vieux-Liége, déjà, la chapelle attenante à la maison Porquin a été démolie et reconstruite à l’identique lors de l’édification du nouvel hôpital.

La première lutte des Amis du Vieux-Liége en faveur du sauvetage de la maison Porquin a été longue sans être couronnée de succès. Fort heureusement, cela ne les découragea point. Depuis 125 ans, ils mènent le combat en faveur de la sauvegarde d’un patrimoine architectural et archéologique en ayant comme devise Rien aymez s’il n’est connu, expression figurant sur une pierre encastrée dans un des murs de la vieille église de Saint-Étienne-au-Mont à Huy. En novembre 2019, une exposition retracera l’histoire du Vieux-Liège et ses actions en faveur du patrimoine tandis qu’au printemps 2019, plusieurs manifestations culturelles évoqueront ses luttes.

  • Société royale Le Vieux-Liège – 69 rue Hors-Château B-4000 Liège (Belgique) – site web www.levieux-liege.be – tél. 04 223 59 55

Revue « EVASION » au Trianon

À la mi-décembre, en compagnie de membres du Dernier Carré – le club des pensionnés de la RTBF-Liège -, nous avons assisté à une représentation de la revue Évasion au Théâtre du Trianon (1). Quel émerveillement, quel spectacle, quelle fantaisie, quel humour, quelle beauté – et que des beautés ! -, quel rythme. Nous avons été ravis, éblouis par tant de talents.

Nous faisons nôtre le final de la revue où l’ensemble de la troupe  déclare : C’est avec notre cœur / Et grand bonheur / Que nous vous accueillons / Les anges et les démons /Pour un plein d’émotions / Y a un paradis sur terre / Le monde entier vient s’y distraire / C’est coquin, câlin, bonheur, lutin / C’était vraiment divin / C’est avec notre humour / Que sans détour / Nous vous embarquions / Pour un paradis d’amour / Vous avez rêvé, dansé / Chanté, fêté, vibré et ris / C’était mieux qu’au paradis / Ce soir c’était la fête / On était tous en quête / D’évasion / Une soirée unique / Magique et féerique / Au Trianon / Les spectateurs sont heureux / Ont des étoiles plein les yeux / C’est canon ! / Des artistes de choc / Pour un show / D’évasions / C’est très chic.

  • Revue ÉVASION – samedi 5 et dimanche 6 janvier à 14 h 30 – au Trianon 20 rue Surlet, tél. 04 342 40 00 – Tarif unique 30 €, Groupes (minimum 10 personnes) 25 €

Question de langue …

La nuit du 31 décembre au 1er janvier s’appelle, au Nord du Royaume,  Nuit du Vieil An (Oudejaarsnacht) et, au Sud du Royaume, Nuit de Nouvel An.

Une simple constatation qui n’a rien de nouveau. Déjà, en 1912, le député Jules Destrée dans sa Lettre au Roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre a écrit : Mais il est une preuve plus caractéristique et plus décisive encore de la dualité foncière de Votre royaume, plus incontestable que celles qui se peuvent déduire du sol, des paysages, des activités, des tempéraments et des croyances, c’est la langue. Une langue est un trésor accumulé au cours des âges par une communauté humaine. Elle y a inclus le souvenir et l’écho de ses mœurs, de ses croyances, de ses douleurs. Elle éveille chez ceux qui la parlent des impressions confuses qui remontent aux jours incertains de l’enfance balbutiant sur les genoux maternels, et plus loin encore, des correspondances avec les ancêtres immémoriaux. Il y a du mystère dans l’attachement à la langue, parce qu’il tient moins à notre être raisonneur qu’à notre inconscient profond. Et ce n’est que lorsqu’on conçoit ainsi le problème, qu’on pense à ses millions de racines ténues qui s’enfoncent dans le passé le plus reculé, que l’on comprend le caractère sacré d’une langue, et combien sont délicates et insolubles par les seuls procédés de l’intelligence, les questions que son usage soulève.

Elections présidentielles à Madagascar

Les résultats officieux du second tour des présidentielles de Madagascar qui s’est déroulé le 19  décembre sont connus. Résultats officieux puisqu’ils peuvent encore être contestés par le candidat évincé. Dans un délai de neuf jours, les résultats officiels seront proclamés par la Haute Cour Constitutionnelle.

Andry Rajoelina (44 ans) a obtenu 2 587 750 voix tandis que Marc Ravalomanana (69 ans) n’en recueille que 2 061 051. Le taux de participation se limite à 48,09% des 9 913 599 électeurs inscrits, un taux moindre qu’au premier tour où celui-ci se montait à 53,9%.

Caractéristique de ce second tour, les deux candidats ont déjà été Président. Président depuis 2002, Marc Ravalomanana est renversé en 2009 par Andry Rajoelina, maire d’Antanarive. C’est dire si les deux hommes s’apprécient. L’aîné est entrepreneur en agro-alimentaire, patron du groupe Tiko. Le cadet, ancien disc-jockey, se fait un spécialiste de l’événementiel. Tous deux s’intéressent activement aux médias tant audiovisuels qu’écrits.

Aux couleurs blanches – rappel discret du lait, élément phare du groupe Tiko – la campagne électorale de Ravalomanana a dénoncé le putschiste Rajoelina. Je ne travaille pas pour moi ou m’enrichir,  je ferai tout pour faire de Madagascar un pays développé. Tandis que sous la couleur  orange, Rajoelina réplique vieillard prend ta retraite pour aller traire tes vaches. Je serai un président du petit peuple qui protège les pauvres. Vaste programme. Quatre-vingt pour cent de la population  – 26 millions de Malgaches – vit avec moins de un euro soixante par jour. Madagascar occupe la quatrième place parmi les pays les plus pauvres.

Union africaine, Union européenne et Organisation internationale de la francophonie ont envoyé des observateurs. Ceux -ci, en parfaits diplomates, félicitent le pays et son peuple de ces élections et appellent les deux candidats et leurs partisans à respecter le résultat et s’abstenir de tout acte de nature à engendrer des troubles. Bref, comme l’a dit la conférence des évêques catholiques de Madagascar accueillir humblement le vrai choix du peuple. Présent dans les sept régions de Madagascar et dans plus de neuf mille bureaux de votes sur un total de 24852, l’observatoire indépendant Safidy est plus sévère. Ainsi, il a constaté des cas de distribution d’argent dans 10,4% des communes, dans la majorité des cas, elles ont été pratiquées par les groupes de soutien du candidat N°13 (82,8% des cas) par rapport à 17,2% des cas par les groupes de soutien du candidat N°25. Au premier tour des élections, le 7 novembre, chacun des 36 candidats avait reçu un numéro. Le N°13 désigne Rajoeline, le N°25 Ravalomanana.

Ce dernier se rebiffe. Il a déposé plainte et réclame l’annulation pure et simple de ce scrutin. Il appelle chacun de ses électeurs à ne pas se laisser voler son vote et les convie à manifester ce week-end sur l’emblématique place du 13 mai. Faute d’un plafonnement des dépenses électorales, le paradoxe de l’élection présidentielle malgache est qu’elle est la plus couteuse dans un des pays les plus pauvres du monde.