Une amitié artistique aux 125 ans du Vieux-Liège.

Le Vieux Liège a 125 ans (cfr Liège 28 du 6/1/19). 125 ans, ça se fête. Première manifestation au Musée de la Vie wallonne avec deux historiens de l’art Nadine de Rassenfosse – arrière-petite-fille du peintre Armand Rassenfosse – et Xavier Folville qui ont évoqué l’amitié artistique entre Gustave Serrurier-Bovy et Armand Rassenfosse devant une salle comble. Très comble même au point que la capacité de la salle a été inférieure au nombre de personnes désireuses d’assister à la conférence. Preuve que les combats du Vieux Liège n’ont jamais été vains, ils ont donné à la population le goût du patrimoine, rien aymez s’il n’est cognu.

Né en 1858, Gustave Serrurier entreprend à l’Académie des Beaux-Arts des études d’architecte. Étudiant, il vitupère la manière d’enseigner et il n’est pas certain qu’il ait acquis son diplôme. Architecte – le titre n’est pas protégé -, Gustave Serrurier est aussi commerçant. Au 38 rue de l’Université, il exploite avec sa femme Marie Bovy un commerce de produits exotiques et de meubles. Il est également industriel. Utopiste, On érige en vérité cette idée fausse que les modestes, les simples ne peuvent (…) posséder la jouissance artistique et que toute aspiration esthétique leur est impossible sinon interdite. (…) C’est à cette catégorie de travailleurs, que j’appelle artisans faute d’un vocable plus précis, que je voudrais montrer que l’art n’est nullement au service de la richesse seulement. […] Il faut que la grande masse participe à la vie artistique.

Utopiste, pas ébéniste, il présente, en 1884, à Bruxelles, au Salon de la Libre Esthétique un cabinet de travail, en 85, une chambre d’artisan. Production industrielle, en bois blanc, de meubles brevetés tout comme l’ameublement des maisons ouvrières à Cointe lors de l’Expo universelle de Liège en 1905. Il ouvre des succursales à Bruxelles, rue Neuve, à Paris, boulevard Hausmann, à  La Haye, à Nice. Il participe à l’Expo universelle de Saint-Louis aux États-Unis, en 1904.

L’année précédente, il édifie, au parc de Cointe, sa villa Art nouveau avec notamment une mosaïque d’Auguste Donnay, l’Aube. Séduit par le mobilier de Serrurier qui ne se bornait pas qu’au bois blanc, un Argentin lui confie, en 1908, la construction d’une grande villa à Mar del Plata. Toute la décoration intérieure a été conçue et réalisée à Liège et installée par des ouvriers liégeois. Bref, du Calatrava avant l’heure !

Cadet de Gustave Serrurier, Armand Rassenfosse est né en 1864. Après ses secondaires à Saint-Servais et à l’Athénée de Namur, il est voué à travailler dans le commerce paternel en Vinâve d’Île alors qu’il a l’âme d’un artiste. Autodidacte, il pratique la gravure.  Quand il rompt avec l’entreprise familiale, il est engagé par l’imprimeur Auguste Bénard où il rejoint Auguste Donnay et Émile Berchmans en qualité d’affichiste. On lui doit notamment une affiche vantant le genièvre la croix rouge !

Admirateur de Félicien Rops dès son adolescence, en septembre 1888, il s’enhardit – Rops a la réputation d’être inaccessible – à le voir dans son atelier parisien. Réaction de Rops vos estez d’Lîdge et le courant passe. Rops introduit Rassenfosse dans les milieux artistiques et littéraires parisiens. Ensemble, ils mettent au point une nouvelle pratique du vernis mou, le ropsenfosse. La complicité des deux artistes en dépit de la différence d’âge – 31 ans – est totale au point que Rassenfosse est l’exécuteur testamentaire de Rops. C’est un admirateur passionné de Rops, Eugène Rodrigue, président des Cent Bibliophiles, qui passe commande à Armand Rassenfosse de l’illustration des Fleurs du Mal, au tirage limité à 130 exemplaires. La quarantaine atteinte, Rassenfosse est tout entier à la beauté féminine, Poyette, Baudelaire et sa muse, Le peignoir jaune, Les lutteuses et autres Hiercheuse. Chaque modèle serait liégeoise pour autant que Rassenfosse ait suivi le conseil de Rops ; Prends garde aux Flamandes et aux Hollandaises. Fais des Liégeoises …

En 1899, délaissant le petit atelier que lui avait construit Gustave Serrurie dans sa vaste propriété, Rassenfosse confie à l’architecte liégeois Paul Jaspar l’érection de la maison familiale rue Saint-Gilles, au 366. Maison qui faillit de peu d’être démolie, dans les années septante, lors de l’édification de la piste de ski de l’autoroute Bruxelles-Liège. La maison est double, une partie habitation, une partie atelier. Double escalier, double passage … qui lui permettent de donner un accès discret tant aux modèles qu’aux amis artistes parmi lesquels James Ensor. Avec un siècle d’avance, Armand Rassenfosse réalise le rêve des milléniaux, séparer vie professionnelle et vie privée. Dans la partie atelier, une presse qu’utilisent également d’autres artistes tels Adrien de Witte, Auguste Donnay et du mobilier de Serrurier dont notamment un bureau aux multiples tiroirs. La maison-atelier qui, au dire de Paul Jaspar, est du style Vieux Liège du XVIIe siècle classée depuis 2009 au Patrimoine immobilier culturel de Wallonie. Avec son contenu, elle a été léguée par la petite-fille Claire de Rassenfosse à la Fondation Roi Baudouin pour en faire un lieu culturel.

La SNCB innove …

D’ordinaire, c’est après avoir commis une gaffe que l’on s’excuse. C’est le train-train habituel. La Société nationale des chemins de fer belges sort de ces rails et innove.

Pour preuves, ces deux courriels adressé l’un à 16h20 : Bonjour, suite à une erreur technique, vous avez reçu un e-mail intitulé « Bonjour, votre voyage s’est-il bien passé ? ». Veuillez ignorer le message reçu précédemment. Toutes nos excuses pour le désagrément. L’équipe SNCB international.

L’autre est parvenu cent quarante-neuf minutes plus tard, à 18h49 : ENQUÊTE  DE SATISFACTION Bonjour,  Nous espérons que votre voyage avec InterCity Pays-Bas s’est bien passé. Afin d’améliorer la qualité des services offerts à nos voyageurs, pourriez-vous participer à notre enquête de satisfaction (5 à 10 minutes) ? Les réponses obtenues dans le cadre de cette enquête seront traitées de façon anonyme.

Après avoir répondu à une quarantaine de questions, il vous est demandé si vous souhaitez tenter votre chance pour gagner un voyage aller-retour en 1ère classe pour deux personnes  en train InterCity Pays-Bas. Une véritable aubaine pour qui n’a jamais voyagé dans ce pays en train.

Vif, ironique, l’essai engagé du réunioniste Louis Nisse.

 Comment peut-on penser qu’un peuple qui a inventé les histoires belges, pensant ainsi qu’il existe des gens plus cons que lui, ce qui le rassure, s’intéressera à votre livre ? Telle a été la réponse d’un éditeur parisien au liégeois Nisse, auteur de Ma blessure française (1). Pourtant, Louis Nisse croyait avoir frappé à la bonne porte puisqu’une collection de cet éditeur Paroles singulières est vouée à des récits de vie, représentatifs d’un pays ou d’une région. Parfait résumé de Ma blessure française qui présente Liège, la Wallonie à la France en un propos attachant, vif, ironique et souvent mordant, n’épargnant personne, tant les pédants, les cuistres, les affairistes, les politicards, les faux-culs que les salopards de l’avis de Max Chaleil, directeur des Éditions de Paris.

Réunioniste depuis toujours – une de ses premières élocutions, à l’âge de 16 ans, au collège Saint-Servais a pour thème le réunionisme -, Louis Nisse estime n’avoir aucune chance d’être publié par les maisons d’édition belges, la plupart sont bruxelloises et, partant, belgicaines. Dès lors, horresco referens, l’auteur – à contrecœur – recourt à des multinationales américaines pour publier en ligne, mais (…) aucune maison française n’a osé prendre le risque.

Essai engagé et polyphonique divisé en cent-quinze chapitres dont certains ont été rédigés il y a une dizaine d’années, Ma blessure française est l’œuvre d’un érudit qui trouve reposant le commerce de gens intelligents ! (.. .) Les imbéciles m’angoissent. Mes vains efforts pour les amender m’épuisent, m’irritent, me donnent envie de les fustiger, réveillent ma violence et intolérance enfouies.

Ces chapitres sont d’inégales longueurs. Une vingtaine de pages est consacrée à  Liège, née du chant, chapitre à la mémoire de Jacques Stiennon, un chantre érudit de Liège et de son histoire. Liège qui durant dix-sept mois, d’août 1789 à janvier 1791, le temps de la Binamèye revolucion a été un état sans monarque. Deux ans avant toi, France. Liège qui, le 17 février 1793, vote le rattachement à toi. Pas à la France des rois, mais à celle de Valmy.  Après la victoire de Fleurus, nous les Liégeois, Français d’adoption, allions de nouveau accueillir en libératrice ton armée, celle de Sambre-et-Meuse. Nous dûmes bientôt déchanter, car (…) la République se conduisait chez nous comme en terre étrangère (…) Page noire. (Lors de ta Joyeuse Entrée, France, tu feras bien de nous restituer quelques -uns de ces trésors ! Pourquoi pas La conversion de Saint-Paul de Bertholet Flémal (…), la dalle funéraire de Jean de Coronmeuse (…), quelques précieux manuscrit de l’abbaye de Saint-Laurent ?).

Né en 1944, Louis Nisse est le fils d’Yvonne, une Béarnaise et d’Amédée, un Liégeois qui se sont rencontrés à Pau, lors de l’exode en 1940. En chemin, le Liégeois a croisé Georges Simenon, haut-commissaire aux réfugiés belges pour la Charente-Inférieure ayant  une piètre opinion de ceux dont il avait la charge. D’où altercation terminée à l’adresse du romancier par un sonore Vos-èstez come li coucou. Vos-avez pus d’bètch qui d’cou !   

Sa maman, sa sœur, ses grands-pères, grand-mères, oncles, tantes, cousins, cousines figurent dans cette autobiographie  rénovée. Louis Nisse ne dissimule rien : Henriette (…) on lui dit la cuisse hospitalière. Par moment, c’est quasi un Dallas liégeois-palois et son univers impitoyable. Décidément, elle n’avait jamais pardonné à Yvonne de lui avoir volé Amédée (…) J’adressai à Jeanne une lettre où je l’assassinais avec déférence, l’éviscérais avec douceur. Quant à son père qui lui parla si peu, pour l’évoquer, il faut que je recoure à d’autres qui en parlèrent. Tel ce docteur Baillen de l’Académie Royale Liégeoise de Billard qui note que roux comme le chien de Saint-Roch (…) il n’en continua pas moins à appuyer parfois un peu fort sur l’apéritif et sur le digestif et … Mme Nisse vient alors lui rappeler gentiment et discrètement qu’il est, lui aussi, marié sous le régime dictatorial.  En dépit de cet environnement familial, Louis Nisse estime que la carence de fraternité, le manque de contacts, même physiques, avec des garçons de mon âge, plomba ma vie sociale. Et empoisonna ma vie amoureuse.

Soixante ans d’école qui vont d’élève à Saint-Paul à professeur  à l’École européenne de Luxembourg. De Saint-Paul, Louis Nisse a notamment conservé des rédactions, un bulletin où  son instituteur observe qu’il est bavard ! jouette ! et un bon point sur lequel est marqué Naître, souffrir et mourir, voilà toute la vie de l’homme. Puis le secondaire chez les Jésuites suivi par la philologie romane à l’Unif de Liège. Une formation à laquelle s’ajoute l’expérience menant tout droit à cette œuvre littéraire, jubilatoire et poétique.

Je suis né dans l’église désaffectée de Saint-Hubert, transformée en maison sous l’Empire. L’appartement  des Nisse se trouvait au premier étage de cette église du XIIIème siècle qui fut rasée en 1975. Le drame de ma maison natale est emblématique du traitement qui fut réservé à maints quartiers anciens de Liège. Amoureux des anciennes demeures à pans de bois, Louis Nisse – paysan de Liège car son quartier Saint-Hubert est un village à trois minutes du centre de la ville – a été initié à l’architecture civile liégeoise par Joseph Delaxhe, président du Vieux-Liège.

J’ai rempli des cahiers entiers de descriptions et d’analyses des saccages et des pillages de notre patrimoine immobilier et mobilier (…) Qu’un tel furieux – il se nomme Jean Lejeune – ait pu imposer ce diktat en dit long sur nos édiles (…) grand est le désintérêt de la plupart pour la culture. Tes citoyens mesurent mal, France, leur chance d’avoir eu beaucoup de représentants lettrés – en dépit de récentes exceptions. Louis Nisse a milité dans des commissions pour l’inscription dans un plan d’aménagement du périmètre de l’église Saint-Hubert comme zone d’intérêt historique et archéologique. En dépit des promesses, échec. Et sur cet enjeu si fort pour moi, je perdais (…) C’était la volonté d’un échevin de l’urbanisme et des finances, peu sensible à la protection du patrimoine architectural et archéologique (…) Note, France, que j’évite de trop charger ce cher Bill, car il t’aime et est rattachiste – « rattachiste de raison », dit-il.

Comme il y a davantage dans deux têtes que dans une, terminons cette recension de Ma blessure française par l’opinion de Valmy – le bien nommé en l’occurrence – Féaux, ancien ministre-président de la Communauté française de Belgique, sur cet ouvrage : J’ai pris grand plaisir et grand intérêt à vous lire. […] Le plaisir de la lecture, c’est aussi la qualité de votre plume […] et la richesse de votre vocabulaire […]. Même les phrases souvent longues rebondissent tel un ruisseau sur ses cailloux et redeviennent fluides. Et puis les allers et retours dans le récit de votre vie sont vivifiants.

( 1) Sur liseuse, Ma blessure française – Louis Nisse – ISBN ISBN: 9781719860932  – 929 pages – 10€ 14

Sur liseuse Kindle, Ma blessure française – Louis Nisse – ISBN ISBN: 9781719860932  – 929 pages – 9€90

Ma blessure française – Louis Nisse – 610 pages – ISBN ISBN: 9781719860932   – livre broché – 20 € 04 – Amazon https://www.amazon.fr/Ma-blessure-Française-Louis-Niss€e/dp/1719860939

 

A l’Étuve, cabaret PARIS à voir!

Au Théâtre de l’Étuve, Philippe Dengis a voulu donner sa vision  de Paris, non pas tel qu’il est, mais tel que je l’aime. Il a réussi son pari en créant PARIS, le mot et la chose, cabaret improbable avec la complicité d’Éve Brasseur, Christine Collignon, Philippe Bodart, Édouard Niles, Francesco Nobile et le pianiste Éric Closset. Le Paris que Philippe Dengis met en scène est le Paris de Montmartre, des cabarets à strip-tease, le Paris des poètes, des chansonniers, de Fernandel, d’Yves Montand, de Jacques Prévert, mais aussi du Paris sous les bombes. Toujours avec le sourire ou le rire franc, un brin de nostalgie…

Mélodies de toujours : Paris, c’est du champagne ! /Paris, c’est de l’amour… / C’est le pays de cocagne / Où le temps paraît trop court; / L’esprit, que l’on y gagne, / Au cœur chante toujours, / Car Paris c’est du champagne, / Du champagne et de l’amour ! ou encore Jolis bas noirs et blanches la dentelle / Trottins troussé et jupons retroussés /  Grandes cocottes ou frivoles donzelles / C’est tout cela qui fait notre Paris / C’est tout cela qui fait notre Paris.

Que du plaisir, que des plaisirs mais parfois Mon père, je m’accuse d’avoir fait ce que vous savez / Avec qui vous savez / D’abord il m’a troussée jusqu’où vous savez / Puis avec l’air que vous savez / Il a sorti ce que vous savez / Et là, il m’a demandé de lui faire ce que vous savez.

Nostalgie quelquefois : Il n’y a plus d’après / À Saint-Germain-des-Prés  / Plus d’après-demain, plus d’après-midi  / Il n’y a qu’aujourd’hui  / Quand je te reverrai  / À Saint-Germain-des-Prés

De la gravité aussi  lorsque le cabaret évoque le temps vieux de quelques septante-cinq ans et davantage où Paris a connu la guerre : Je twisterais les mots s’il fallait les twister / Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez / Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers / Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés / Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants / Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent.

Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ! Tout peut recommencer comme avant Paris, c’est du champagne ! /Paris, c’est de l’amour… et il est revenu le temps de chercher un millionnaire Je Cherche Un Millionnaire, / Un type chic qui voudrait bien d’moi, / Au moins une fois par mois.

De l’esprit mutin voire coquin, PARIS, le mot et la chose, cabaret improbable est à l’affiche de l’Étuve en février et début mars (1). C’est un spectacle à recommander tant il a de l’entrain et de la joie. Deux heures de pur bonheur et d’intense gaité.

  • (1) 15, 16, 22, 23 février 1, 2 mars à 20h15 et dimanche 24 février à 15h30 – Réservation : par SMS au 0492/ 56 29 10 ou par courriel à reservationetuve@gmail.com

La Belgian Consular Union est présidée par une femme.

De par le monde, il y a quelques vingt mille consuls honoraires dont, aux dires du ministre Reynders un peu plus de trois cents représentent la Belgique à l’étranger et cent quatre-vingt-cinq représentent nonante-sept nations dans notre pays. Pour être consul honoraire, il faut être choisi par le pays d’envoi et recevoir l’exequatur du pays d’accueil. Le pays d’envoi fait choix notamment d’une personne de bonne réputation, bien introduit dans la vie sociale et disposant de moyens propres suffisants car le consul honoraire n’a point d’honoraires.

Il y a six corps consulaires en Belgique ; Anvers (plus Limbourg), Flandre occidentale, Flandre orientale (plus Brabant flamand et Bruxellois néerlandophones), Hainaut, Liège (plus Luxembourg), Namur (plus Brabant wallon et Bruxellois francophones). Ces six corps consulaires forment la Belgian Consular Union (B.C.U.) affiliée à la Fédération de l’Union Européenne des Consuls ( F.U.E.C.H. ) ainsi qu’à la Fédération Internationale des Consuls et Associations Consulaires ( F.I.C.A.C. ) connue également comme World Federation of Consuls.

Durant le Congrès de la World Federation of Consuls qui s’est tenu à Bruxelles, début octobre dernier, l’Assemblée générale de la Belgian Consular Union a renouvelé son Conseil d’Administration composé de douze membres. Ont été élus, pour une durée de quatre ans, notamment Florence Roth, consule honoraire de la Confédération helvétique et Jean-Marie Roberti, consul honoraire des États-Unis du Mexique. Au cours de la même réunion, la B.C.U.  a octroyé le titre de membre d’honneur à Fernand Goffioul qui fut le consul honoraire du Royaume d’Espagne jusqu’en 2018. Au sein du Conseil d’Administration de la B.C.U., Fernand Goffioul a assumé la charge délicate du Protocole. Désormais, il partage ce titre de membre d’honneur de la Belgian Consular Union en compagnie des Liégeois Jean-Marie Mesters, ancien vice-président de la B.C.U., ancien Consul honoraire de la République d’Afrique du Sud, Peter van Ettro, ancien administrateur de la B.C.U., ancien Consul général honoraire du  Royaume des Pays-Bas et Albert Geradin, ancien administrateur de la B.C.U., ancien Consul honoraire de la République de Finlande. Il n’y a, actuellement, que treize membres d’honneur à la B.C.U. Autre décision de l’Assemblée générale, Frédéric-Charles Bourseaux, consul honoraire de la République d’Autriche pour la Communauté germanophone sera l’invité permanent à titre consultatif du Conseil d’Administration en qualité de délégué des consuls honoraires de la Communauté germanophone.

Le 5 octobre 2018, lors de la réception  au Sénat des congressistes de la World Federation of Consuls, la présidente, la Liégeoise Christine Defraigne a constaté que sur les vingt mille consulats honoraires, deux mille seulement étaient attribués à des femmes. Même constat au Palais d’Egmont,  lorsque Gönul Eken, présidente du Comité Femmes Diplomatie de la F.I.C.A.C., a déclaré : Pourquoi les femmes sont-elles nécessaires dans la diplomatie? En ce qui concerne l’habileté de la négociation, les femmes se sont avérées capables de décider de ce qui était dans leur intérêt, tout en formulant des jugements moraux rationnels. Étant donné que le processus de négociation nécessite de la patience, de la coopération, une écoute attentive et une compréhension mutuelle. Pour maintenir la paix, la volonté de négocier et de trouver des solutions est un trait inné chez les femmes. (…) Les diplomates doivent pouvoir représenter l’ensemble de la société sans inégalité de genre. Si la diplomatie est censée refléter toute la société!

Un (petit) pas vers l’égalité de genre a été accompli par le Conseil d’Administration de la Belgian Consular Union qui, le 23 janvier 2019, a porté à la tête de son Éxécutif, Monique De Decker-Deprez, consule honoraire de la République démocratique socialiste du Sri Lanka (notre photo). Le plafond de verre est brisé à la B.C.U. Ont été élus, du côté néerlandophone, le baron Jean-Jacques Haus, consul honoraire de la République de Lituanie, vice-Président de la B.C.U., et François Piers, consul honoraire de la République tunisienne, Trésorier de la B.C.U. et du côté francophone, Thierry  Dumoulin, consul honoraire de la République du Chili, vice-Président de la B.C.U. , Jean-Marie Roberti, consul honoraire des États-Unis du Mexique, Secrétaire Général de la B.C.U. et Robert Wtterwulghe, consul honoraire de la République de Maurice, Responsable du Protocole.

Théâtre Arlequin, « Le Fusible » rires garantis!

Près d’un millier de personnes ont assisté, le soir du Réveillon de Nouvel-An,  à la création en Belgique, en co-production avec le Forum, de la comédie Le Fusible par la Compagnie royale Théâtre Arlequin. À présent, la pièce est à l’affiche du théâtre situé dans la rue dédiée au berger lieurneusien devenu sculpteur à Paris, Henri-Joseph Rutxiel (1).  

Due à l’auteur bordelais Sylvain Meyniac, Le Fusible se déroule au 9ème étage d’un immeuble huppé où habite Paul Achard (Serge Swysen) et son épouse Valérie (Marie-Josée Delecour). Tout semble harmonieux. Paul et son associé Michel Deviné (Alexandre Tirelier) doivent se rendre, le lendemain, à Moscou pour conclure la vente, à bon prix, de leur entreprise à une société russe. En réalité – réalité connue du seul Michel, génie de l’informatique, naïf et gaffeur –  Paul, âgé de 45 ans,  a décidé de divorcer et, au lieu d’aller à Moscou, de partir à Bali en compagnie de sa maîtresse, l’avocate Valérie Nicolas (Delphine Dessambre) y passer un mois de vacances. Grain de sable, lorsque l’épouse de Paul leur annonce qu’elle aussi va, par le même vol, à Moscou en qualité de styliste de mode. Comment se tirer de cette situation d’autant qu’en parfait mari, Paul s’efforce de réparer le four qui doit permettre à Valérie la cuisson d’un gratin de brocoli au quinoa. Nous n’en dirons pas davantage de peur de déflorer l’intrigue. Cependant, ajoutons : un, le four explose, deux, Paul est indemne mais amnésique, trois, l’intervention d’un psychiatre, le docteur Cordel (Fabian Nicolaï) qui a conservé des lunettes à la mode des années septante, quatre, l’apparition d’une Russe Ilona Vianova (Maïté Wolfs).

Dans un décor de Frédéric Duchnik, José Brouwers réalise une mise en scène de ce spectacle faisant appel à des réelles aptitudes physiques allant des nombreuses chutes de Paul Achard aux acrobaties de Michel Deviné et du docteur Cordel. Mise en scène soutenue par la franche rigolade du public qui, durant la centaine de minutes de ce vaudeville, ne cesse de s’esclaffer de bon cœur.

Un public qui n’est pas ingrat. La preuve sur les réseaux sociaux. De l’échevine de l’État-Civil de Liège, Élisabeth Fraipont :  Très bonne représentation du Théâtre Arlequin avec « Le Fusible »…vive cette compagnie liégeoise de talent!  à Suzanne Denooz : Bien amusée en ta compagnie au théâtre en passant par Madeleine Kemeny : Une pièce drôle jouée au Théâtre Arlequin. Je ne puis que chaudement vous la recommander. Rires assurés ou encore par le peintre Philippe Waxweiler : Je vous recommande cette pièce très drôle et originale…

  • Compagnie royale Théâtre Arlequin – Location tél. 04 223 18 18 du lundi au samedi dès 11h ou par Internet  www.theatrearlequin.be (Visa/Mastercard) – Prix des places 22€ (Banquettes) et 20 € (Chaises) – Représentations : chaque vendredi et samedi à 20h30 en janvier et février ainsi que le samedi 1er mars , de même que le dimanche 27 janvier à 15h – Prochain spectacle : reprise de L’Évasion de Socrate d’Armel Job le 8, 9, 16 mars à 20h30 et le 17 mars à 15h.

Le Vieux-Liège a 125 ans.

À Liège, fin du XIXème siècle, le 20 février 1894, Charles-Jacques Comhaire fonde avec quelques amis Les Amis du Vieux-Liége connu aujourd’hui sous le nom de Vieux-Liège (1). Son objet social est l’étude du passé historique et artistique ainsi que des beautés naturelles du pays de Liège et leur sauvegarde, par des promenades, excursions et voyages, conférences, cours et toutes démarches éventuelles.

À l’époque, le nouvel hôpital de Bavière – inauguré en 1895 par Léopold II – est en construction sur les Prés-Saint-Denis. La question se pose ; que faire de l’ancien hôpital installé depuis 1603 dans la superbe maison en pierres construite au biez Saucy, en Outremeuse, par le banquier lombard Bernardin Porcini (Porquin),  maison acquise en 1584 par Ernest de Bavière, prince-évêque ? Les Amis du Vieux-Liége entendent sauver le patrimoine que représente la maison Porquin, les autorités communales au contraire veulent sa destruction. Dans leur lutte qui durera dix ans, ils seront soutenus par le député Henry Carton de Wiart. À la Chambre des représentants, le mercredi 23 mars 1904, celui-ci déplore le vote par le Conseil communal de la démolition prônée par l’échevin des Beaux-Arts, le libéral Alfred Micha. L’édilité liégeoise a voté pour la mort. C’est très regrettable, d’autant que Liège, ville jadis pittoresque par excellence, toute pleine de vieux pignons, d’amusantes ruelles, qui évoquaient un passé également pittoresque, peu à peu, perd ce qui lui reste de sa personnalité. On veut faire un « Vieux-Liége » en staff et en carton-pierre pour l’Exposition. C’est fort bien, mais comme il vaudrait mieux ne pas condamner d’anciens édifices! Le gouvernement n’interviendra-t-il pas, comme le souhaitent beaucoup de Liégeois, pour garder à l’antique cité de saint Lambert un des rares débris de son beau passé? En 1894, date de la création des Amis du Vieux-Liége, déjà, la chapelle attenante à la maison Porquin a été démolie et reconstruite à l’identique lors de l’édification du nouvel hôpital.

La première lutte des Amis du Vieux-Liége en faveur du sauvetage de la maison Porquin a été longue sans être couronnée de succès. Fort heureusement, cela ne les découragea point. Depuis 125 ans, ils mènent le combat en faveur de la sauvegarde d’un patrimoine architectural et archéologique en ayant comme devise Rien aymez s’il n’est connu, expression figurant sur une pierre encastrée dans un des murs de la vieille église de Saint-Étienne-au-Mont à Huy. En novembre 2019, une exposition retracera l’histoire du Vieux-Liège et ses actions en faveur du patrimoine tandis qu’au printemps 2019, plusieurs manifestations culturelles évoqueront ses luttes.

  • Société royale Le Vieux-Liège – 69 rue Hors-Château B-4000 Liège (Belgique) – site web www.levieux-liege.be – tél. 04 223 59 55