SPA: UN FESTIVAL ROYAL AUX SPECTACLES SANS TEXTE.

Si depuis l’an dernier, le mot Festival n’a plus été à Spa suivi par la précision de théâtre, c’est notamment parce que la proportion de spectacles dépourvus de texte a été augmentée. Ce qui au milieu de l’été, alors que de nombreux touristes flamands, néerlandais, allemands, voire anglais, résident dans la région, cette absence de contrainte linguistique devrait  les attirer pour autant que l’information leur parvienne dans leur langue (ce qui n’est pas simple à garantir).      

Ce vendredi 9 août, nous avons assisté à deux de ces spectacles sans texte, réinvités l’un et l’autre suite aux succès obtenus l’an dernier et que la mode actuelle qualifie de circassiens ou Tcherkesses (concernant les gens du cirque). Dans ce secteur culturel, on trouve (parfois) le meilleur. C’est le cas avec la création de Patrick Masset excellent metteur en scène mais dont la création de lumière est franchement gênante, en tout cas pour les spectateurs des premiers rangs à éblouir autrement.  Mais quelle époustouflante réussite que ce mariage des acrobaties et de l’opéra dans cette œuvre qui conduit à exorciser les peurs. Les deux porteurs, Denis Dulon et Guillaume Sendron, la voltigeuse Airelle Caen, presqu’aussi athlétique que ses partenaires masculins et la brillante cantatrice Julie Calbete sont de grands professionnels  qui excellent à alterner  violence et douceur poétique, en passant par un humour qui déclenche les rires du public (notamment lors de la prestation d’une spectatrice attirée sur la piste). La longue standing ovation qui clôtura cette représentation mérite de rester dans les mémoires.

Mais il n’y a pas que le meilleur ! François Rabelais débutait son Gargantua en écrivant que le rire est le propre de l’homme. Même quand il est bête ? Le niveau du spectacle de Xavier Bouvier et Benoît Devos est défini et localisé dans son titre Slips inside. Les pitreries de ces olibrius (comme aurait dit, en son château de Moulinsart, le capitaine Archibald Haddock) sont supportables dix minutes mais non une heure quart. Certes ces clowns circassiens sont des acrobates  spectaculaires mais leur volonté d’imposer d’incessants éclats d’un rire loin d’être du  meilleur goût conduit à ce que la comparaison de leurs  prestations athlétiques avec celles  de leurs prédécesseurs au Festival de Spa ne joue pas en leur faveur.      

Bref, ce vendredi 9 août comme le mercredi 7, notre soirée spadoise a fort bien débuté mais s’est moins bien terminée.      

Jean-Marie Roberti 

P.S. : Et quand j’écris bien commencée je ne tiens pas compte de la mise en place du public. Bloquer les entrées (même au-delà de l’heure précise du début du spectacle) conduit les spectateurs à s’agglutiner, voire à se bousculer, avant d’occuper des sièges ou des bancs peu confortables.

Une numérotation  préalable des places et l’ouverture de la salle avant l’heure de la représentation accroissent sans aucun doute  le travail du personnel mais, en dépit des difficultés à surmonter,  c’est à celui-ci d’être au service des spectateurs et non l’inverse.   

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