Ville de Liège : si les élections communales nous étaient contées … (5/9)

La fusion des communes

Le Gouvernement Tindemans – De Clercq – Van den Boeynants et son Ministre de l’Intérieur, l’ancien Maire de Virton, feu Joseph Michel imposèrent par l’arrêté royal du 17 septembre 1975, ratifié (de justesse) par la loi du 30 décembre de la même année, la fusion des 2.359 communes du Royaume de Belgique qui devinrent le 1er janvier 1977 à 0 heure 596 (305 en Flandre, 262 en Wallonie et l9 à Bruxelles), ce chiffre de 596 devenant 587 le 1/1/84 par la fusion de neuf communes anversoises.

À part le secrétaire d’État à l’Économie wallonne Jean Gol, il est curieux de constater que les Ministres liégeois Jean-Pierre Grafé, Jean Defraigne et Francois Perin quittèrent ce gouvernement le 4 octobre 1974, le 31 juillet 1975 et le 8 décembre 1975 dates auxquelles ils furent remplacés par le Bruxellois Henri – François Van Aal, le Luxembourgeois Louis Olivier et le Namurois Michel Toussaint.

Que signifiait fusionner des communes ?

Faire par exemple une nouvelle ville avec les anciennes communes d’Angleur, de Bressoux, de Chênée, de Glain, de Grivegnée, de Jupille, de Liège, de Rocourt et de Wandre ?

Non, évidemment, cela aurait été bien trop simple et n’aurait pas servi les intérêts électoralistes des partis de la majorité gouvernementale. Ainsi dans le cas de Liège, cette fusion a entraîné douze rectifications des limites communales dont six contenant chacune plus de cent habitants. Le quartier résidentiel Chênéen de Mehagne fut rattaché à Chaudfontaine, plus de 40 % de la commune d’Ougrée (quelques 8.000 habitants et 7 des 19 conseillers) furent rattachés à Liège c’est-à-dire Sclessin (où est situé le stade du Standard) sur la rive gauche de la Meuse et une partie de Cointe ainsi que, sur la rive droite, la partie ougréenne du domaine universitaire liégeois du Sart-Tilman , les hameaux Wandruziens de la Motte ct de Chefneux firent partie de Blégny et les autres changements concernent notamment des rues ou parties de rues d’Ans-bas, de Saint-Nicolas et de Vottem. Bref, vous comprendrez que dans ces conditions, il était malaisé d’estimer la représentativité des listes en présence en octobre 1976.

En périphérie

Vous connaissez les rapports de forces établis en l971 au niveau de la ville de Liège (soit 41 sièges 13 Libéraux, 11 Socialistes, 11 Sociaux-Chrétiens, 5 Rassemblement wallon et 1 Communiste).

Voyons si les chiffres confirment qu’en périphérie de la future entité municipale, pour un tiers des électrices et des électeurs, le P.S.B. était bien dominant en 1970.

À Angleur : les voix se répartissent entre quatre listes : 3.560 votes pour le P.S.B. de Charles Davin et Henri Schlitz soit 43 % et 8 des 15 sièges, PLP et PSC 2951 (6 sièges), RW. 988 (1 siège), P.C.B. 753.

À Bressoux : P.S.B. 3213 votes (soit 39 % et 7 sièges sur 16), P.S.C. 2398 (5 sièges), le Bourgmestre socialiste dissident Bassleer 1140 (2 sièges), P.L.P. 1005 (1 siège et le poste de Bourgmestre grâce à une alliance avec le P.S.B.), P.C.B. 480, pas de Rassemblement wallon.

À Chênée : P.S.B. du Bourgmestre Charles Goossens et de Hubert Wégimont avec 3838 voix (49,7 % et 8 sièges sur 15) Cartel P.L.P. – P.S.C. ct R.W. 3.207 (7 sièges), P.C.B. 677 (aucun siège)

À Glain : C’est sans élection que le Bourgmestre Raymond Bayot avait obtenu un conseil communal composé de 11 Socialistes, 1 Communiste et 1 Social – Chrétien sans que ce soit déjà la dictature du prolétariat.

À Grivegnée : (principale ancienne commune périphérique avec plus de 23.000 habitants) le Bourgmestre Nicolas Struvay (grand-père de feu Nicole) et le Sénateur Edmond Cathenis obtenaient en 1970 un collège socialiste homogène avec 7.205 voix (48,3 % et 11 sièges sur 19) face à 2612 voix libérales (3 sièges), 2.285 sociale-chrétiennes (3 sièges), 2.089 pour un cartel D.C.-R.W. (2 sièges) et 724 communistes.

À Jupille : La première place des socialistes du Bourgmestre Alfred Putzeys et du plus jeune des échevins qu’était alors Jean-Pierre Digneffe (3.243 voix 48,9 % 9 sièges sur 15) avait été confirmée devant le P.S.C. 1.490 voix (3 sièges), le P.L.P. 1.341 (3 sièges) et le P.C.B. 562 .

À Rocourt, déjà hesbignonne : L’affrontement P.S.B. P.S.C. avait été favorable aux sociaux-chrétiens qui avec 1.572 voix (54,58 % et 7 sièges sur 13) devançaient les socialistes 1.308 voix (6 sièges).

À Sclessin : étaient domiciliés sept des 19 conseillers d’Ougrée : 4 P.S.B. dont alors feu le Bourgmestre Destexhe et un conseiller de trois des quatre autres partis mais une estimation en voix est discutable.

À Wandre, le Bourgmestre Jules Pirotte obtenait une large majorité absolue des socialistes (1.987 voix 54,8 % et 9 sièges sur 13 devant les démocrates-chrétiens 741 voix (2 sièges), les libéraux 496 (1 siège) et les communistes 404 (1 siège).

Ces résultats conduisirent en 1976 a des appréciations selon lesquelles la première place au scrutin du 10/10/1976 reviendraient aux socialistes avec arithmétiquement sur la base des scores de 1970, 18 sièges qui se réduiraient à 16 environ vu la popularité des Grafé, Defraigne et Gol plus grande que celle des candidats têtes de listes dans les anciennes communes de la périphérie.

On sait que cette prévision fut infirmée par le scrutin qui apporta 21 sièges aux socialistes qui même avec les communistes restaient pourtant minoritaires face au total des sièges du P.S.C., des libéraux et du Rassemblement wallon.

Jean-Marie ROBERTI

Illustration futur Stade du Standard                                     (à suivre)

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