Une appelation pas très excitante …

        On n’est jamais trop prudent. Le 6 février, « Liège 28 » titre « Désormais Victor Hugo est le symbole de la France à l’étranger ». Une dernière formalité demeure mais elle doit passer comme une lettre à la poste : l’adoption par le Sénat dont Victor Hugo a été membre à deux reprises. La lettre est restée en rade à la poste et nous contraint donc à infirmer notre information.

        Le 22 février 2010, le Ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner s’adresse aux sénateurs. « Hugo, c’est l’écrivain français le plus connu hors de nos frontières. C’est un point de ralliement entre la France et le reste du monde, et l’expression vivante de ce désir de France dont je parlais tout à l’heure.

C’est la confiance dans l’homme et la croyance dans le progrès. C’est la lutte contre l’esclavage et pour l’abolition de la peine de mort sur tous les continents. C’est le poète de la République et de la liberté, dont la statue a été abattue en 1942 par la collaboration.

C’est l’intuition du devoir d’ingérence et l’intuition de l’Europe. C’est, comme il l’énonce dans un texte sur la Serbie, « la conscience humaine [qui] prend la parole et donne aux gouvernements l’ordre de l’écouter. »

C’est celui qui se dresse contre tous les conformismes et tous les conforts de la pensée : partisan d’une Europe fédérale et fervent patriote ; anticlérical et mystique ; pacifiste et défenseur des luttes armées pour de justes causes ; vicomte et pair de France, s’élevant contre le travail des enfants.

Hugo, c’est un porte-drapeau et un porte-lumière ! Et puis je n’oublie pas, bien sûr, qu’il fut sénateur.

M. Yves Pozzo di Borgo, …De gauche ! »

        L’élu francilien Yves Pozzo di Borgo du groupe l’Union centriste a livré dans ces deux mots, la raison du refus de voir Victor Hugo être le symbole de France dans les Instituts culturels répartis à travers le monde. La vengeance étant un plat qui se mange froid, une majorité du Sénat actuel n’a pas pardonné les discours prononcés à sa tribune par Victor Hugo notamment celui s’élevant contre le travail des enfants ou celui souhaitant l’amnistie des communards de 1870.

        Le nom adopté par le Sénat est « Instituts français ». Sous le titre «Victor Hugo recalé comme ambassadeur», notre confrère Laurent Marchand dans « Ouest-France » de ce matin le déplore : « On pouvait, à bon droit, espérer voir les sénateurs donner enfin un nom et un visage à la culture française à l’étranger, à l’occasion du débat sur la réforme de la diplomatie culturelle ».