L’oeil critique de Montreal sur les FrancoFolies de Spa.

        Journaliste québécois, Sylvain Cormier n’est pas « l’envoyé spécial » du « Devoir » à Spa. Son journal a l’élégance de dire « Sylvain Cormier est l’invité de l’organisme Wallonie-Bruxelles Musiques aux FrancoFolies de Spa ». Ca a le mérite d’être clair.

        Extrait des articles ; « l’oeil ne pouvait pas ne pas lire ce qui s’imposait au regard: la publicité, ici, ou plutôt le sponsoring, est Dieu et maître, et ne donne pas dans la discrétion. Couvrant la presque totalité de l’immense façade du majestueux bâtiment des anciens Thermes (où le tsar de la sainte Russie lui-même en personne alla faire ses ablutions), une toile gigantesque faisait la réclame de la loterie nationale belge en trois mots géants: Win For Life. Pas besoin d’Elvis pour penser big ».

        Autre extrait ; « Chanter en français, c’est bien, mais chanter son français en anglais, c’est mieux. Je me disais ça l’autre soir, alors qu’Anaïs, sur la plus grosse scène du Village Francofou (le romantique parc des Sept Heures, version enclos à bestiaux plus ou moins ados), nous refaisait le coup de son Bad Blues Player. Sur le mode parodique, of course, on avait compris (…) Mais devant ces milliers de sardines en pot, j’étais moins sûr. Les musiciens d’Anaïs menaient la claque, les gens scandaient joyeusement le refrain leitmotiv avec l’accent belge: «I’m a bad blues player / Bad as I can be.».

        Ou encore « On est moins patients envers tous ces jeunes groupes belges (The Aim, Dope Skwad et autres Soldout), pour lesquels la question de la langue ne semble pas se poser: entre flamand, wallon et français, le choice is on ne peut plus clair. Difficile, en cela, de ne pas considérer les artistes d’expression française comme des résistants ».

        Les articles de Sylvain Cormier sont parfois  sévères, parfois enthousiastes : « Difficile de ne pas apprécier aussi un Saule, capable de se gagner avec ses Pleureurs le même Village Francofou qu’une Pascale Picard ou The Aim, avec le meilleur d’un esprit bédé belge à la Dupuy et Berberian. Impossible de ne pas applaudir un Samir Barris, lui aussi auteur-compositeur belge pur jus, montant tranquillement mais sûrement les échelons de la renommée, qui donne en solo comme en groupe une chanson qui ne se pose pas non plus la question de la langue: c’est en français qu’un chanteur de la communauté française de Belgique chante, et cela va de soi ».

        Sylvain Cormier a l’esprit critique à savoir « le discernement juste et fin des beautés et des défauts d’un ouvrage » !

 

 

3 commentaires sur “L’oeil critique de Montreal sur les FrancoFolies de Spa.

  1. Membre du Dope Skwad, je m’amuse du fait que ce Sylvain Cormier déplore qu’on ait choisi la langue anglaise. Il aurait juste fallu creuse un poil plus, pourquoi pas en écoutant ne serait-ce qu’un morceau de notre répertoire. Il aurait réalisé que malgré notre nom, on s’exprime exclusivement en français. Un français où se cotoient les anglicismes et néologismes avec du language plus soutenu, en phase avec une époque qu’il est un peu facile de réduire à la médiocrité de « la plèbe » d’ailleurs. Soit, qu’il continue à faire ses beaux mots autosatisfait, le net sert aussi à ça…

    J'aime

  2. Ce commentaire atteste du fossé entre l’artiste et le critique, peu importe l’artiste ou le critique.
    Ce commentaire ouvre le débat.
    Le débat, c’est la démocratie.

    Pierre André

    J'aime

  3. Je ne connais pas le « Dope Skwad ». Désolée, question de génération sans doute. Le regard et l’oreille de Sylvain Cormier sont intéressants parce qu’il a vu en entendu ce que nous ne remarquons même plus: l’anglicisation rampante. « Ton français file à l’anglaise » dit une récente brochure de Maison de la Francité.
    Aujourd’hui,en Belle Gique, chanter en français c’est faire de la résistance. Il a raison ce Québécois !

    J'aime

Les commentaires sont fermés.