« Justes parmi les Nations »

        Marcel et Célestine Arnoldy-Schyns, Jeanne Borboux-Lemaire, Mère Marie-Augustine, Adèle Brandt-Defourny, Albert Brandt, Maria Brandt, Valentine Moray-Humier ont désormais leur noms marqués sur le Mur d’Honneur dans le Jardin des Justes  au mémorial national de la Shoah en Israël à Yad Vashem. Tous ces habitants de la Province de Liège ont, durant la dernière guerre, au péril de leur vie, sauvé des Juifs d’une mort certaine dictée par le régime nazi. Hommage leur a été rendu au Palais provincial.   

        Le Président du Collège Provincial, André Gilles a notamment déclaré : « En accomplissant ces gestes remarquables et altruistes, les personnes reconnues comme « Justes parmi les Nations » ont en effet sauvé des êtres humains, mais également préservé notre conception du monde faite de tolérance et d’humanité. Ne les oublions jamais.  Honorons-les toujours ».

        André Gilles a également souligné que « en matière de devoir de mémoire, la Province de Liège allie depuis longtemps le geste à la parole, notamment en permettant que bon nombre de nos élèves et étudiants de notre réseau d’enseignement provincial puissent visiter, avec un encadrement approprié de témoins et d’historiens, les camps nazis dans lesquels la vie humaine n’avait plus de valeur ».        

        Avant de procéder à la remise des diplômes et de la médaille sur laquelle sont gravés les mots « Quiconque sauve une vie, sauve l’univers tout entier », madame Tamara Samash, ambassadeur d’Israël, constate : « C’est grâce à l’action des Justes, qu’un tiers de la population juive se trouvant en Belgique avant la guerre, a pu être sauvée. Nulle part ailleurs, autant de Juifs ne furent sauvés, proportionnellement. Les quelques 1500 Belges, qui à ce jour ont été reconnus comme JUSTES, ne reflètent pas suffisamment le grand élan de solidarité de ces citoyens modestes qui ont œuvré en faveur de leur prochain, au péril de leur vie. Ils étaient en effet beaucoup plus nombreux et YAD VASHEM, le Mémorial de l’holocauste à Jérusalem, nous a assigné comme devoir sacré de continuer à les rechercher inlassablement et à les honorer ».

        Moment émouvant lorsque Maurice Sztum se dit heureux de pouvoir publiquement rendre hommage « à mes Parents Marcel Arnoldy et Célestine Schyns (…) c’est avec courage que mon Père a décidé malgré les risques que cela comportait, de m’accueillir dans sa famille avec ses 7 enfants. J’ai été accueilli avec joie et considéré comme un des leurs, ce qui a facilité mon intégration dans une famille dont j’avais perdu le sens après la déportation de mes parents ».

        Moment poignant lorsque Dan Dagan recueilli au hameai de Monty, près de Charneux, dit n’avoir jamais oublié « l’altruisme de la famille Brandt-Defourny qui fût durant la guerre ma famille  dans le sens le plus réconfortant de ce mot. Famille protectrice et affectueuse qui était, pour le gosse éperdu et craintif que j’étais, une nécessité vitale durant les sombres années de l’occupation nazie ».         

        Cependant, jusqu’au procès d’Eichmann « et son influence éducative et morale sur la société israélienne », Dan Dagan confesse : « je ne voulais pas parler de cette terrible époque, je la reniais sans très bien savoir pourquoi. Je voulais croire qu’il était plus facile d’oublier que d’affronter ses souvenirs.

Puis vinrent les premières questions bien que timides mais spontanées et curieuses de mes propres enfants qui voulait tout connaître de mon enfance. Leurs premières réactions, au peu que j’osais leur dévoiler de ce que j’ai vécu durant la guerre, marquaient leur ébahissement et leur hésitation à croire que tout cela était en effet la réalité même de ces tristes années (…) l’occupation ennemie était une machine méticuleuse et bien organisée. Ce n’étaient pas de vains mots de dire que le moindre écart aux lois martiales était puni de mort ».