Une carte blanche noircie par les rédactions en chef des deux journaux dit « de référence » en Communauté française de Belgique. (édition bis due au mic-mac)

        Une carte blanche intitulée « Un journalisme mis au pas » rédigée par neuf personnalités universitaires ou médiatiques proposée, à l’occasion du licenciement brutal de quatre signatures du « Vif-L’Express » se heurte à l’interdiction de publication par les rédactions en chef du « Soir » et de « La Libre ». Il n’en faut pas davantage pour mettre en émoi le MMF (monde médiatique francophone) d’autant que les auteurs de la carte blanche refusée sont généralement publiés con amore par Béatrice Delvaux et Michel Konen. Ces deux personnes-clés de la « presse de référence » s’opposent à la publication dans leurs organes – tirage cumulé au 3ème trimestre 2008 (chiffres CIM) : 161.660 exemplaires soit un recul de 10.596 par rapport au 3ème trimestre 2007 – de cette carte blanche dont l’intégralité est publiée sur le site http://www.ajp.be

        Est-il peccamineux d’écrire : « l’éditeur du Vif  n’est pas le seul à déposséder ainsi la rédaction de sa capacité à penser ses priorités et à définir ses champs d’action. En Belgique comme à l’étranger, trop d’entrepreneurs de presse choisissent, parfois sus le prétexte de difficultés économiques, d’appauvrir les contenus, de réduire les effectifs, de se priver de plumes critiques et d’esprits libres, de mettre au placard des talents fougueux, et de préférer des chefs et sous-chefs soumis » ?

        Est-il peccamineux d’écrire : « La crise financière, la chute des revenus publicitaires, la diversification technologique des médias et des investissements qu’elle réclame ne pourront jamais justifier à nos yeux que le journalisme soit réduit à sa seule valeur économique, que les journalistes ne soient plus les chiens de garde de la démocratie mais seulement de petits soldats zélés chargés de vendre des contenus formatés pour les impératifs commerciaux à court terme »?

        Est-il peccamineux d’écrire : « Nous avons besoin de rédactions expérimentées, en effectif suffisant, libres et indépendantes. Comme nous avons davantage besoin de matière grise, d’expertise, de culture et de réflexion journalistique étayée que de mise en scène spectaculaire de papiers consensuels et vulgarisés à  l’extrême pour plaire au plus grand nombre » ?

 

         Oui disent, en choeur, Béatrice Delvaux et Michel Konen. Non disent, avec leur coeur, les lecteurs qui s’en vont chercher ailleurs leur information.