Bis repetita placent pour quebecor: apres le lock-out, en 2007, au Journal de Québec voici, en 2009, le lock-out au Journal de Montréal !

        En avril 2007, le 22, (cfr Liège 28), la rédaction du « Journal de Québec » a été « lock-outée » par Quebecor. Deux jours plus tard, les « lock-outés » ont répliqué en sortant, tout au long du conflit, un gratuit « Média Matin Québec ». Le conflit a duré 436 jours.

        Aujourd’hui, lock-out au « Journal de Montréal » appartenant au même groupe de presse présidé par Pierre-Karl Péladeau. Les exigences patronales portent sur plus de deux cents points. Ce qui aboutit selon le syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal à « une convergence illimitée ».

        Selon notre confrère Paul Cauchon du « Devoir » : « au coeur de ce conflit, on trouve la nouvelle réalité d’un grand groupe qui possède plusieurs médias et plusieurs plates-formes de diffusion, et qui veut se donner les moyens de mieux faire circuler les contenus d’une plate-forme à l’autre.  (…) Une grande salle de nouvelles intégrée au sein du même groupe de presse pour alimenter plusieurs plates-formes, c’est intéressant pour autant que cela puisse enrichir la couverture journalistique,(…) Le citoyen ne gagne pas grand-chose si cette convergence sert plutôt à répéter ad nauseam les mêmes informations sur de nouveaux supports, et si cette information est superficielle et peu fouillée parce que l’on aura privilégié la vitesse de livraison à la réflexion ».

        Les 253 personnes touchées par ce lock-out ont décidé de montrer leur capacité de prendre le virage numérique. Ils ont créé, illico, le site http://www.ruefrontenac.com du nom de la rue où sont situés les bureaux du Journal de Montréal. C’est un clin d’œil au site français rue89. C’est surtout une référence historique à Louis de Buade, comte de Frontenac, qui, le 16 octobre 1690, a renvoyé l’émissaire anglais, venu lui proposer la reddition de la ville de Québec assiégée, par ces mots : « quant à votre général, qu’il sache que je n’ai point de réponse à lui faire que par la bouche de mes canons et à coups de fusil ; qu’il apprenne que ce n’est pas de la sorte qu’on traite un homme tel que moi ». Les Anglais se sont repliés en 1690 !