Ah quel 8 décembre que ce 8 décembre 2008 !

 

        Ce 8 décembre 2008 est décidément un jour chargé. Les musulmans sunnites célébrent l’Aïd el-Kebir – la grande fête – encore appelée Aïd al-Adah – fête du sacrifice – en souvenir d’Abraham.

        Depuis 1854, les catholiques considérent, comme dogme, que Marie a été conçue – un 8 décembre forcément avant JC – sans la tache du péché originel.

        Le 8 décembre marque également l’anniversaire – à une date se situant forcément après JC – d’une des meilleures scriptes de la RTBF, Geneviève Legros. A présent, elle est retraitée.

        Le 8 décembre 2008, dans la province du Québec, 5.738.811 d’électrices et d’électeurs sont appelés à renouveler leurs 125 députés au scrutin majoritaire uninomimal à un tour. Ils ont le choix entre 651 candidat(e)s. Les employeurs sont tenus d’accorder à leurs travailleurs quatre heures consécutives pour exercer leur droit de vote dans un des 21.315 bureaux électoraux. 

         Toujours, au Québec, ce même 8 décembre 2008, à 18h (heure locale) à la Grande Bibliothèque du Québec, boulevard Maisonneuve Est à Montréal, Jacques Godbout sera intronisé membre de l’Academie des Lettres du Québec www.academiedeslettresduquebec.ca. Cette Académie est plus récente que l’Académie française mais il convient de se souvenir que la ville de Québec n’a que 400 ans alors que Paris a célébré son bi-millénaire il y a déjà plus d’un demi-siècle. Jacques Godbout – 75 ans depuis peu – est à la fois romancier (« Salut Galarneau »et quantité d’autres), essayiste, poète, écrivain pour enfants (et plus spécialement pour ses petits-enfants « Mes petites fesses ») et cinéaste.

        Essayiste, en 1978, il publie la première version de « Murmure marchand ». L’oeuvre n’a pas vieilli d’une ride : « la télévision ne crée pas le « village global », mais « l’usine globale » : on y produit des consommateurs pour que les objets de la chaîne automatisée ne tombent dans le vide total. Intégration verticale totale (…) le murmure marchand rassure : le silence serait mort d’usine, ce qui est pire encore que mort d’homme. Tout renvoie à la télévision dont la lueur remplace la lumière des saisons et des jours (…)

Les savons, les dentifrices, les automobiles, les fourrures, les luminaires, les boissons, les restaurants de « fast-food », les disques pop, les nourritures préfabriquées pour hommes, chiens et chats occupent le principal temps d’antenne dans les minutes de bonheur électronique (…) L’empreinte qui marquera la vie du jeune consommateur, oie cendrée du marchandisage, sera indélébile comme le baptême (…) à la puberté il aura déjà une structure de pensée marchande ».

        Cinéaste, Jacques Godbout a tourné, à Herstal, aux abords de la FN, un reportage qui l’a conduit chez Gabriel, en Israël et en bien d’autres lieux où se fabriquent les armes.

        Dans « L’écrivain de province », publié au Seuil, il décrit la foire d’octobre de Liège : « Au coeur de la ville, une foire s’est illuminée. Les baraques rappellent les amusements qui circulent en province, chez nous, mais les forains ont l’accent de Charleroi et de Namur. Une attraction sur deux est un snack, on offre des frites à la mayonnaise, des gaufres, des crêpes, des glaces, des beignets, du nougat, tous les badauds ont quelque chose dans la bouche et regardent avec ennui les lumières qui scintillent. Les jeux de hasard sont nombreux. C’est une vaste tombola. Or un seul kiosque retenait vraiment les passants : le démarcheur astucieux avait installé trois appareils de télévision sur ses tablettes : les Liégeois à la foire mangeaient en silence devant l’écran où l’on diffusait un film américain. Cela invite à un commentaire sur le pouvoir de la télévision qu’il est préférable que je taise ».